‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale (volume 3)Chapitre 25 sur 56 · III · texte numérisé non relu

III

Quand on veut mesurer une grande quantité de grains, on emploie souvent, pour activer l’opération, un vase de grandeur arbitraire, après avoir déterminé sa capacité en kila; on donne à ce vase le nom de farrah. De même, pour mesurer l’huile de coco, on se sert, depuis quelques années, d’une sorte de cruche, nommée tonggui ou m’tonggui , qui contient ordinairement 6 men ou 1/2 frazela; mais le tonggui , pas plus que le farrah, ne sont des mesures légales.

A part les grains et le sel , presque tous les objets, bois d’ébène et de sandal compris, se vendent au poids (kan’di, frazela ou men) ; cependant les bois de construction se vendent à la kourdja, de même que les peaux et le poisson salé. Le bois à brûler est vendu en petits fagots ; les cocos, au cent ou au mille.

Les mesures linéaires sont le feteur (distance comprise de l’extrémité du pouce à celle de l’index tous deux tendus et écartés), l’empan chebeur, la coudée d'râ (1), la brasse 6d/iy le pied anglais foot commence à être usité dans les constructions maritimes. Le pas est quelquefois employé pour évaluer de petites distances et les mesures agraires. Ces dernières sont le rnlia et Y oukambâa pour Mombase, Lâmou et Patta ; à Zanzibar, on n’en fait pas usage. Le m’iia est une surface de 800 pas de long sur 200 de large ; V oukambâa est le 1/4 du m'iia.

11 n’y a pas de mesure itinéraire exacte en usage dans le pays; la longueur de la roule entre deux points plus ou moins éloignés s’estime approximativement par le nombre

(1) La coudée a été trouvée, en moyenne, de 48 à 49 centimètres chez les Soumal, qui sont généralement grands, et de 45 centimètres chez les Souahhéli.

de journées ou d’heures qu’on met à la parcourir. On comprend à combien d’erreurs on est exposé avec un pareil mode d’estimation, car la rapidité de la marche dépend non seulement de la charge du voyageur, qui peut être plus ou moins grande ou même nulle, mais elle dépend encore de la nature des terrains à traverser.

Eu égard à ces diverses circonstances, le chemin fait dans une heure peut varier d’un mille et demi à quatre milles, suivant qu’il a été parcouru par une caravane se réglant sur le pas des chameaux chargés, ou qu’il a été suivi par un bon marcheur.

On comprendra, d’après ce que j’ai dit des poids et mesures légalement établis, combien le système en est incomplet et se prête à la fraude. On m’a, d’ ailleurs , assuré que la plupart des marchands, surtout dans le commerce de détail, avaient, chez eux, outre les poids légaux, des poids plus forts et plus faibles, dont ils se servent alternativement selon qu’ils achètent ou vendent , et que les mesures légales n’étaient là que pour être exhibées au besoin, par exemple en cas d’enquête faite par l’autorité locale.

Dans ce tableau du mouvement commercial de la partie de l’Afrique orientale située au nord du cap Delgado, j’ai eu principalement pour but d’en expliquer le mécanisme et les diverses ramifications, et, pour le rendre moins fastidieux, j’en ai écarté certains détails tout pratiques. Les commerçants ayant h traiter sur les lieux devront consulter, à ce point de vue, le rapport autographié de M. Loarer, dont plusieurs exemplaires ont été envoyés aux diverses chambres de commerce de France.

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