‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 32 sur 101 · CHAPITRE VIU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIU

Aperça historique sur Socotra. — Moaillage à la baie de Chaëb. — Départ de cette baie. — Arrirée à Abd^l-Kouri.

L'île de Socotra est mentionnée, dans les écrits de Ptolémée, sous le nom de Dyoscorida, mot qui, d'après Uuet, ne serait qu'une corruption de Diou-Socotora [diou, mot hindou qui signifie île (1)]. L'auteur du Périple de la mer Erythrée la cite sous le même nom et ajoute qu'elle était soumise au roi du pays de l'encens. J'ai déjà dit ailleurs, d'après les auteurs anciens (2), qu'Alexandre, en ayant fait faire la reconnaissance, y avait établi une colonie de Grecs destinée à la cùUure de l'aloès, que cette île produisait en qualité supérieure à celle des autres pays. Le moine Cosmas nous apprend que les Ptolémées, successeurs d'Alexandre, y avaient également envoyé des colons. Il raconte qu'ayant débarqué à Socotra il s'est entretenu avec quelques-uns

(1) « Les Grecs, qoi doonaient anx noms étrangers Finfleiion de lear x iangne, ayant corrompa cenz de Dioo-Socotra, c'esl>4-wre tle Socotora, " et en ayant formé celui de DioscuriaSt d'autres l'ont appelée, par une « semblable erreur, l'Ile de Dioscoride. » (Huit, Histoire du commerce et de ta navigation de$ anciens, page 56.)

(2) Voyes PhUostorçims , histoire de l'Église. — Belation des vogages arabes et persans dans VInde et à la Chine (traduction de M. Bein«ad, Chaîne des chroniques), lirre n, page 139 et suiranttt. >- Géographie (VÉdrisi , traduction de M. A. Jaubert, tome I*', page 47.

des habitants qui, alors, parlaient la langue grecque, et il ajoute qu'il s'y trouvait un grand nombre de chrétiens (1). Les traditions du christianisme paraissent s'être maintenues parmi cette population plusieurs siècles après le triomphe de l'islamisme dans toutes les contrées voisines de l'Arabie, et quoique l'île elle-même fût soumise à la domination politique des Arabes de Feurtok ou Fartaque : elles y étaient ena)re vivautes, a» eomB»encemenl du xvi* sièete, quand les Portugais y arrivèrent.

J'ai rappelé, au livre iv de la I" partie, la découverte de Socotra par le capitaine Diogo Fernandes Perelra en i 505 , et sa conquête par Tristan da Cunha en 1507. La flotte de ce dernier avait mouillé sur la côte nord de l'île, dans la baie où est aujourd'hui située Tamarid , et que les relations portugaises de l'époque nomment baie de Zoko (2). Du reste, voici les particularités transmises, par fes his-

(1) Topographia ehristiana, livre m, pages 178 et 179.

(2) En rapprochant les détails donnés sur Zqko, par les historiens portugais, de ceux qu'on trouve dans les récits des premiers voyageurs anglais relativement à Tamarid , on demeure convainca de l'identité de ces deux points. Pins récemment encore, dans S«n cixjrforation de Socotra, le lieuteuaut Wellsted a pu découvrir les vestiges du séjoui des Portugais aux environs de Tamarid. Ou lit, à ce sujet, dans sa relation, les passages suivanits : « En arrière de Tamarid, auprès da Djebel-Rnmmel ,

« on voit les ruines d'un fort portugais Dans le voisinage de ce fort,

c on me signala qn^qnes boulets d'arbres qui caehaimt l'endroit où « étaient déposés- te» restes des Frenghi (Frants), ei non loin te village de « Sôk, » '

La grande analogie qni existe entre le nom de Sôk et eehii da Zoko permet de penser que le village actael n'est avtEo qM Faociennc Zoko, qni fut sans doat^ abandonné» en mémt temp&fue se posait Tamarid. Il me parait non noina YiaiseeabltUe qie ce nom de Zoko on Soko (qui , je oroia, signifie aarc^é) a dû eatrer comne radieai dans la formation de Diou-Socotra, lom par lequel on désignait autrefois l'Ut dont il s'agit-

toriens de cette nation, snr fétart ée Tîle et de ses habitants quand Tristam da Coiba y arrifa. « Life est sté- (( rile non-seolement en plantes , mais même en arbres , (( à l'exceptioB de quelques yallées qoi sont à Tabri des « rents de la mer; dans ces vallées se tronvent des palce miers et de si bons aloès, que l'excellence de la snb- (( stance qu'on en tire lui a fait donner le nom d' aloès suc- « cotrin ; ses ports les plus fréquentés sent, outre Zoko, (( qui est habité par les Maures, Calencer (pour Galan'sié) (( à l'ouest, et Béni à l'orient : les habitants n'ont jamais (( perdu leur grossièreté naturelle. Les hommes joignent c( beaucoup de douceur à leur sauvagerie, et les femmes y c( sont si viriles, qu'elles vont à la guerre, comme on \e ra- « conte des Atnazones : elles leur ressemblent encore par « la liberté qu'elles se donnent de prencbe des orangers « qui arrivent dans l'île pour en avoir des enfants, lors- « qu'elles n'en ont point avec leurs maris. » Faria prétend même qu'elles employaient la sorcellerie pour les attirer. (( Les habits des indigènes de Socotra sont une sorte de « gros drap et des peaux; leurs logements, des caves; leurs « armes , des bâtons et des pierres. Ils sont sujets du roi u arabe de Caxen (Kechen) . Le seul culte pratiqué dans l'île t( est celui des chrétiens ^acobi tes, tel qu'il existe chez les <( Abyssins. Les hommes y portent tous le nom d'un apôtre c( et presque toutes les femmes celui de Marie (I). Ils ado- (( rent la croix et la portent sur leurs habits. Le sommet de

U) Quelques commeotateurs ont, avec raison, sigoalé Terreur com^ mise ici par les premiers exploratears, savoir : que le mot m'ria, dimi- Dutif du mot arabe m'ra, qu'ils prirent pour le nom de U viwge et pour le prénom d'au grand nombre de £unmes, est le mot par kqoel les indigènes désignent tout individu da sexe fémiaia.

-vm

c< leurs églises est orné de ce signe du christianisme. Ils « font dans ces églises la. prière trois fois par jour, en lan- « gage chaldéen , et par des versets alternatif , comme (( dans un chœur. La polygamie passe chez eux pour un <( grand crime, malgré l'exemple des Mahométans leurs « voisins (1). »

L'occupation de Socotra par les Portugais ne dura guère plus de quatre ans, et, quand ils se retirèrent, l'île retomba sous la domination arabe. Il est difficile de préciser l'époque de cette reprise de possession : un passage de Dapper (2) donnerait à penser qu'elle durait eu lieu peu après le départ des Portugais; il ajoute que les Turcs, déjà maîtres d'Aden, s'emparèrent de l'île en 1538, mais qu'ils la rendirent plus tard au chérif. Cependant il paraîtrait que les Arabes n'y étaient pas encore rentrés lorsque , en janvier 1541 , la flotte d'Ëstevam da Gama y toucha, en allant dans la mer Rouge. On lit, en effet, dans le journal de dom Joâo de Castro (5), qui commandait l'un des navires de cette flotte, le passage suivant : a Ils (les habitants de Socotra) (( n'ont ni roi, ni gouverneur, ni prélat, ni personne dont a ils reconnaissent l'autorité. Ils vivent entre eux comme « les bètes sauvages , sans aucune forme de justice ni de « gouvernement. » Le même journal reproduit les particularités mentionnées ci-dessus au sujet de l'existence de la foi chrétienne et de certains signes extérieurs du culte au sein de cette' population.

(1) Voir Décodas da Atia de Barros, — Asia de Faria, — Osorius, etc.

(2) Voy« V Afrique de Dapper, page 405.

(3) BoUiTO em que te eontem a viagem que Fixeram os Portttguetet no anno de 1541 , etc.; tK>r dom Jo2o de Castro. Page 17.

Pendant de longues années ensuite, la connaissance des événements qui purent se produire à Socotra échappe à l'histoire : cette !Ie ne fut plus, sans doute, abonlée qu'accidentellement par des navires portugais que le l>e8oin d'eau obligeait d'y relâcher, efpar des bateaux arabes se rendant aux ports du Zangnebar. C'est seulement dans les relations des voyages aux Indes orientales entrepris, par les AngTate, au commencement du xvii* siècle qu'on retrouve son nom et quelques données sur sa situation politique et sa population.

En i591 , James Lancaster avait frayé aux Anglais la route des mers orientales, ouvrant à sa nation cette carrière de richesse et de gloire qu'elle a parcourue d'une manière si brillante^. Plusieurs expéditions , armées en même temps pour la guerre et pour le commerce , suivirent celle de Lancaster et explorèrent diverses parties de la mer des Indes, dans le but d'y fonder des comptoirs; celles qui furent dirigées vers la mer Rouge abordèrent maintes fois à Socotra. On lit, dans le journal du marchand anglais William Finck, qui y toucha en l'an 1607, que, depuis une centaine d'années, l'île avait été Soumise par le sultan de Rechen, et qu'elle était gardée par des soldats arabes obéissant à ce sultan ; des églises surmontées de croix y existaient encore.

En 1610, la flotte de sir Henry Middleton mouilla devant la ville de Tamarid ; les journaux de l'expédition donnent des détails qui confirment ou développent le récit de William Finck; en voici un extrait : « Le 25 , l'amiral fit des- « cendre Fennel, avec un cortège honorable, pour offrir au

a roi quelques présents. Us cansisUieot ea une fnèce de tt drap, UB gcèelât d'argent et une lame d'épée, quifurest « reçu» avec des téma%Da£|e& de recopuaissajuce et des «f- « fpes de services. ^ .

« Sir Henry se rendit lui-même à terre ie jour suivant, a accompagné de ses jpriocipaux marchands et d'une garde <i bien armée. Quelques insulaires, q^i s'étaient présentés <i pour le recevoir, le conduisirent ^u palais du r<M, qui se « nommait Omar-èen-Saïd. Ce prince parut à la porte de sa a chambre, à l'arrivée des Anglais, et les faisant entrer fort

<c civilement, il pressa l'amiral de s'asseoir près de lui

(( Il lui dit qu'il ne lui restait point d'aloès à lui offrir^ parce <( qu'il avait envoyé toute sa provision à son père, qui était « roi de Fartakdans l'Arabie Heureuse, et qui faisait sa ré-

« sidence à Kechen II s'excusa au^i auprès de l'amiral

« de ne pouvoir le recommander par lettre au gouverneur « d'Aden, à cause de la guerre qui régnait en ce moment « entre ce dernier et le roi son père. Omar4)en-Saïd n'a que « des Arabes pour sa garde et pour la défense de l'ile. Les c( anciens habitants, qui sont des chrétiens jacobites, vivent « dans le plus bas esclavage.

« Les principales productions de l'île consistent en soco- « tri nés, qui s'extraient du suc d'une faerbe fort semblable à ce la sempervive d'Espagne, mais dont on ne fabrique guère « par an plus d'un tonneau; en sang -dragon, dont les « Anglais achetèrent quelques livres, et en dattes, dont les « habitants composent leur pain. Les bœufs, les vaches, « les boucs, les chèvres, les moutons et les poules qu'on y « rencontre, sont tous d'une petite taille, à cause de la se-

« cheresse du terpoir. Le bois y est Irès-cher, ea égard à « sa rcHPeké i^). <»-m^M<x^:H'a ,-^Ih i 'i- -rs-^i mî ïfî'*.;r ^:^

JDewton-^ i;a^ita^e -du Peppet^om^ I'ihi des Taisseaax de l'eipéditiOB , ae put s'assttrer si l'Ile renferaiatt d'autres productions; nais il jugea par lout ce qui «'offrit i ses yeux qu'elle n'était composée que 4e reche et 4e pierre, et conçut ime fort mauvaise opiftiou 4e sa fertilité, --é ^ ^ -? -

Deux ans plus tar^ , en 1612, nue nouvelle flotte commandée par Jokn Satrm jeta l'aucre devait Tamarid. La re lation de S«'f is n'offre aucune |)articiilarité ioléressante ou qui n'ait été déjà «ignidée; mais le journal 4e Thomas Roë, envoyé, à titre d'ambassadeur, auprès du Mogoi ,et passager mr l'un des navires, fait mention de deux bateaux nouilles dans la rade comme appartenant au roi de l'île ; on y trouve aussi rindici^on d'une église abandonnée, à quelque distance de Tamarid , et dans laquelle on voyait encore des images et un autel surmonté d'une croix. <( Les Bédouins (( actuels, » dit Thomas Aoë , à propos de la population de Socotra, ce sont les anct^is èabitantsde l'Hequi se retirèrent (( dans les mont^nes, lors 4e son invasion par les Arabes ; (( le cbeikh éluda les questions «ur ces indigènes, craignant (( qu'il ne vint à l'esprit de leurs coreligionnaires de les (( ren4re indépendaots (2}. )>

Vers le même t^nps, plusieurs navires hollandais abordèrent de meule à Socotra. Le contact fréquent 4es insulaires avec les commerçants de (^tte nation et ceux de l'Angleterre a«rait,5ans doute, s'il s'était prolongé, déterminé cer-

(1) Voir VHUtoire dês voyages de l'abbé Prévost, tome XVII, liv. it, pages 4, 51 et 52.

(2) Voyez MiHoire des voy<Ves.

taines améiioratioDS dans l'état social des habitanls de S6cotra. Mais les trois grandes puissances marHimes qni se disputaient le monopole du commerce des Indes orientales choisirent bientôt, pour yider leurs différends, 4^ antre théâtre que la mer d'Arabie. Les ports de Socotra fôrent, dès lors, abandonnés des Européens, et ses relations eitérieures se bornèrent, comme par le passé , à la visite annuelle de trafiquants arabel; ^ ^'*^ ■ * ^' ^*^"» *

A partir de cette ^^ue, nous ne ccMinaissons plus rien de Socotra jusqu'en 1800, année dans laquelle les OaaUiab]! y Srent une descente. On sait qqe, vers la fin du xvm* ft^; cle, ces fougueux réformateurs de l'islamisme avaioit, par la force des armes, soumis à leurs dogmes la majeure partie de l'Arabie. Du rivage sud de cette presqu'île où ils s'étaient établis , ils passèrent sur l'île de Socotra, e^ en ravagèrent le littoral , pillant les villages et détruisant les tombeaux ; après quoi ils se retirèrent. J

Enfin, en 1854, une ère nouvelle sembla s'ouvrir pour Socotra, par l'établissement d'un poste anglais à Tamarid. La compagnie des Indes, préoccupée, depuis longtemps, de la nécessité de se créer des communications plus rapides et plus directes avec la métropole par la voie de Suez, peasa que Socotra offrait, eu égard à sa position intermédiaire, une escale commode pour des paquebots, et elle résolut d'en obtenir la concession du sultan de Kechen, sous la dépendance de qui l'île se trouvait encore. Mais les négociations tentées à cet effet par l'agent anglais, le capitaine Haines, ne purent amener le chef arabe à céder à la compagnie le territoire qu'elle convoitait. Cette opposition avait été prévue. Dans les déterminations politiques de l'honorable

compagnie les eiigeoces de l'intérêt national ne s'arrêtent pas toojonra de?aBt an« infraction au droit des gens; et, pour le cas dont il s'agit^ i'^nploi de la force devait, au besoin, mettre fin aux hésitations ou au maaYais vouloir du vieux raltan. Des troupes qui avaient été expédiées de Bombay en même temps que le négociateur 4ébarquèrent à Tamarid et s'y établirent bon |^é mal gré. Mais la fièvre vint au secours des Arabes et sévjt cruellengœnt centre le personnel de l'expédition. Le désappointement qui en résulta pour le gouvernement anglo-indien, et les difficultés qu'il y aurait, d'ailleurs, pendant plusieurs mois de l'année, à faire de la baie de Tamarid une station de paqu^Mts, le portèrent à rechercher un lieu plus favorable à la réalisation de ses projets. L'acquisition du port d'Àden s'ensuivit bientôt, et le poste de Tamarid fut évacué.

A part ce qu'il y a d'odieux dans la violation du droit par la force brutale., on peut , en se plaçant à un point de vue supérieur , le progrès désirable de la civilisation dans l'humanité, regretter pour les indigène de Socotra l'iosuccès de la tentative des Anglais. L'influence qu'ils auraient infailliblement prise sur cette population et la direction qu'ils lui auraient imprimée l'eussent peut-être arrachée h sa barbarie séculaire et à la misère dont il semble impossible de la voir sortir tant qu'elle sera livr^ à elle-même. Or cette île n'offre aucun des avantages qui engageraient une puissance européenne à y fonder une colonie soit agricole, soit commerciale : la stérilité do sol s'oppose à toute culture ; le manque de ports ne permet pas de songer à en faire un entrepôt de commerce ; de plus , l'insalubrité de ses côtes en a toujours rendu la résidence fatale aux Européens qui

oint essayé de s'y établir. Socotra pafatt donc désoraiftis etnh damnée à rester sous la éonainatlon de linéique petit prince de r Arabie, et ses hiÉHtants, jinqu'ici déEèérités de la civilisation, n'y seront initiés qu'A la suRe des modifioations, nécessairement fort lentes, que ie temps doit apporter dans l'état politique et social de la péninsule. '

Quant è présent, le sidtan de Kechen n'y exerce ses droits de souveraineté qu*en y entretenant un délégué, et en faisant hii-mème, chaque année, vm voyage a Ta*iarid, pour y lever l'impôt et prendre sa provision de bois, de ghi, d'aloès et autres produits de l'iie.

Au moment où le Bucouëdic stationnait à Galan'sié, le prince était à Tamarid. Outre les motifis ordinaires de sa visite annuelle, il y venaft choisir une femme du pays. li était alors âgé de vingt-huit ans et avait succédé à son père deux on trois années auparavant, n n'est pas aimé des naturels de Socotra, à cause de ses exactions continuelles. On m'avait dit que le sultan de Kecheo reconnaissait comme son suzerain le sultan de Mascate , et que ce -denaier était ainsi autorisé à compter Socotra au nombre de ses possessions ; mais les indigènes m'ont affirmé qu'il n'en était rien, et qu'il n'avait jamais existé aucun rapport de ce genre entre les deux souverains ; la conduite tenue par les Anglais, quand ils voulurent prendre position à Socotra, donne, en effet, toute apparence de vérité à cette affirmation. Si l'île avait dépendu réellement du sultan de Mascate, c'est à lui, toujours si soumis à leurs exigences, qu'ils se fussent adressés pour obtenir la cession qu'ils désiraient. Du reste, les Arabes de la localité, considérant Syed Saïd comme un prince puissant, parlent de lai avec grand respect, et ils le

y«rrai0nt VDloDtief»^ «an» nul doute, y SMJb^ier^pn 91AQri0 à c^U^ 4u 6i))t«|i 4e Kechen.

La imp Ç|9Wt s^iur à^ Jhneouidic à G^n'sié m'«oapèc}ia de 111e rep)#re à ^ftOM^rid et de foire dei» 4:our8|es i»m l'iotérieor 4e llie. Le lecteur curieux de plu» «pipl^ renseigoements sur So^tra le^ trouvera dao9 ««9 i«iatioD publiée par le lieutenant Wellsted de la parjnç de ri»4e, ^ la suit^ de V exploration qu'H en fît dana les premi^s mois de iS54.

Nous avions mouillé le matin dans )a baie de Oalan'sié. «t je devais la quitter le leudemaio. Le soir, on envoya seioer; la pècbe £ut peu abondante et ne fwjrnit qu'un repas pour l'équipage. L'epdroit avait été mal choisi , e^ la seine fut déchirée par les coraux; c'est sur le plateau de sable qui s'avance au large de Ras-Galao'sié qu'il aurait fallu opérer.

Dmi les vingt > quatre heures, le Ji>aromètre a marqué 0»,76Ç, et le thermomètre 29%5, 30% 30% 319% mu heures accoutuQkées.

Les observations que nous avons faites à Galan'sié placeraient la mosquée du village par 12° A^ 44" latitude nord et ëlMâ' 59" longitude est.

Le 17, au matin, nous mîmes sous voile avec une petite brise de l'est à l'est-sud-est» et je conduisis le brick dans la baie de Cbaëb, où, deux heures après, nous laissions tomber l'ancre par 16 mètres, fond de sable, relevant lUs-Bedou au nord 7** est et Ras-Cbaëb au sud 68" ouest.

Un bateau arabe y était mouillé ; son naçodah vint aussitôt me voir. Parti de M'Kellé pour aller prendre du guano sur l'îlot de Saboyna, il y avait débarqué quelques hommes pour préparer le chargement, et de là s'était transporté à

Cbaëb dans te but d'y faire des pro?isioDS. Cette fois encore, mon espoir de trouver un pilote pour la côte fut déçu, mais on m'assura que je l'aurais facilement à la baie de Hhafonn. Le nacodah ne sut me donner, relativement à cette baie, aucun renseignement positif, si ce n'est que les habitants en étaient rusés et menteurs, et qu'il ne fallait pas compter sur leurs promesses.

Le calme qui survint vers le soir m'obligea de rester à l'ancre plus longtemps que je ne le voulais; on en profita pour jeter la seine, qui fournit encore un repas de poisson à l'équipage.

De toutes les baies de l'île, la baie de Cbaëb est celle qui offre le plus d'abri contre la mousson de nord-est, et, pendant toute sa durée, l'on peut y mouiller avec sécurité; le contraire a lieu naturellement lorsque règne la mousson du sud-ouest. Son étendue, d'un cap à l'autre, est de huit milles ; mais, par suite du peu de concavité que présente la côte entre ces deux caps, elle n'a pas, à proprement parler, de profondeur. Les terres qui la bordent sont d'une désolante stérilité et complètement dépourvues d'aiguades.

Danslesvingt-quatreheures,le baromètre marqua 0" 765; le thermomètre, 29% 29%5, 29" et 29%5.

Le 18, à minuit, une petite fraîcheur s'étant fait sentir de l'est, nous appareillâmes sous toutes voiles, et, mettant le cap à l'ouest-sud-ouest, nous gagnâmes le large. Au jour, l'île Abd-el-KOuri fut aperçue par les vigies. Vers huit heures, on la voyait du pont sous l'aspect de deux îles très-élevées ; la faiblesse de la brise durant toute la matinée nous en avait à peine rapprochés à midi. A cette heure, notre position fut ainsi déterminée : latitude observée, 12° 27' 40" nord; Ion-

gitude observée, 50* 40' est. Nous avions eu, pour les douze heures précédentes , une différence nord de 2' et une différence ouest de 5' entre l'estime et l'observation. ?ers deux heures de l'après-midi , la brise augmenta un peu , et nous gouvernâmes de manière à passer au sud de la pointe est de l'île. Mais, comme je le reconnus après une série de relèvements, nous subissions l'influence d'un courant portant plus au nord que nous ne l'avions éprouvé auparavant ; le résultat de la comparaison entre le point estimé et la position donnée par le relèvement indiquait, en cinq heures quarante-cinq minutes, un courant de 9 milles au nord 15° ouest, c'est-à-dire de près de 2 milles à l'heure.

Au soir, nous étions encore trop loin d'Abd-el-Kouri pour en distinguer les contours; et, jugeant qu'il me serait au moins difficile de trouver de nuit un mouillage dont j'ignorais la position, je dus attendre au lendemain à le chercher; i nous manœuvrâmes, dès lors, de manière à nous maintenir i au vent de l'île.

Dans les vingt-quatre heures, le baromètre marqua constamment 0»,765, et le thermomètre 29%5, 29%5, 28%5, 28°.

Le 19, à quatre heures du matin, nous fîmes route à l'ouest sous toutes voiles. Quand le jour permit d'apercevoir Abd-el-Kouri , nous en étions à environ quinze milles, et la brise devint si faible, que nous ne pûmes les franchir dans la matinée. Les observations de midi accusèrent une différence de 22 milles, au nord 4" ouest avec l'estime des vingt-quatre heures précédentes : la variation calculée était de 4° nord-ouest. Le point observé nous mettait, en outre, sur la carte, plus ouest que nous ne l'étions réellement par

'' ■;;-*?:*^'2s^;»çyîy?ïif

rapport a l'ite, c6 qui me fit âouter de l'eiactitâée ée lA position qu'elle y occupait. iNonâ éohtiâuèiâes âe gohfetuét de dsanière à ranger son extrémité est« et, à deal^ beùfes, ayant pris des séries lorsque noas en Côiâpions le méridien 1 nous eûmes pour longitude de cette pointe 50* 7* 20", ce qui la plaçait 9' jplns ouest qu'elle ne Tétait sur notre carte (1).

Peu après, nou^ longions la cÔte sud de l'île, avec une faible brise du nord-est à l'est-nord-est ; mais le courant nous portait sensiblement à l'ouest ; or il y avait flot en ce moment : on serait donc autorisé à croire que les courants de marée suivent ici la même direction que sur la côte sud de Socotra. Nous avions déjà dépassé plusieurs caps sans découvrir de baie, lorsque, à quatre heures, étiant à environ sept milles dans l'ouest de la pointe sud-est, au pied d'un morne très-élevé, nous vîmes s'ouvrir peu à peu une anse assez étendue, au fond de laquelle des hauteurs sablonneuses se montraient à mesure que nous avancions. Ces apparences étant conformes aux indications d'Horsburgb, quant à la baie signalée dans cette partie de l'île par le capitaine Owen, je fis immédiatement gouverner pour y entrer. La sonde donna 32 mètres, à environ deux milles et demi de la pointe est. A partir de cet endroit, la profondeur diminua graduellement de 50 à 16 mètres , sur gravier et roche molle. Nous laissâmes tomber l'ancre par ce dernier fond à environ huit cents mètres de terre.

Le soir même , j'allai examiner le pourtour de la baie ;

(1) Nous n'avions à bord que la carte, publiée, en 1840, par le dépôt de la marine; fttr celle de 1845, la positictt d'Abd'd-Konri a été rectifiée.

j'y trouvai une petite crique où l'on pouvait aborder aisément et qui fut choisie comme débarcadère. Il était déjà fort tard pour prendre tout de suite connaissance du terrain environnant; je remis donc cette exploration au lendemain.

Page 1