CHAPITRE XL
Description du pays des Soumal-;MedjeurUDe. — Caraclères physiques de ses habitants. — Costume des deui seies.
La presqu'île de Hhafouo appartient au territoire des Medjeurtine (i), l'une des populations qui» sous le nom générique de Soumal (2) , occupent , à la partie orientale de l'Afrique, cet espace triangulaire dont les trois sommets sont Zeïla, Guardafui et l'embouchure du Djoub. Il ne paraît pas que les Medjeurtine aient adopté un nom pour désigner leur pays : celui de Daroud, prononcé quelquefois par eux quand ils sont questionnés à ce sujet, ne serait autre, d'après les traditions soumal , que le nom du premier descendant ou continuateur: d'un certain Adji, chef d'une noble famille arabe qui , obligé de fuir son pays, aborda sur la côte d'Adel , où il prêcha et propagea l'islamisme. Ses
(1) Le mot Medjeurtine aurait, suivant un voyageur anglais, le lieutenant Crutteodeo, le sens de chéri, bien aimé (tbe^beloved ooe); mais, d'après les informations prises à ce sujet par l'interprète de la mission, le sens véritable de ce mot serait pudique, timide.
(3) Le nom de Soumal , affecté à plusieurs peuples, n'est pas un nom de nation, mais bien celui d'une race. Cette race ceimprend trois grandes familles principales : les Soamai-Adji , dont les Medjeortioe font partie ; les Soumal-Haoniya et les Soumal-Rabhan'onioe. Les dâaiis relatifs aux deux dernières trouveroat place dans la dcscriptioB des points de leur territoire qui ont été visités par Teipédition. v jc,;<i-,->-
descendants continuèrent son œuvre et devinrent chefs de nouvelles tribus (1), dont l'une a été la souefae de la population medjeurtine. Cette population se noontre très-fière de son origine arabe et repousse avec dédain la supposition qu'elle ait pu provenir de quelque tribu galla.
Le pays des Medjeurtine comprrad la vaste étendue de côtes ayant pour bornes, au sud, le village de GuerAad, à une dizaine de lieues au delà de Ras-el-Khil; au nord, le village de Raô, Bendeur-Zyada des Arabes. Les Soumal disent qu'un peu à l'ouest de ce point, non loin du rivage, s'élève une double chaîne de montagnes^ laissant entre elles une vallée profonde. Dans cette vallée, limite naturelle dti pays da
(1) Adji eut ponr fils Denrr, dont les nombreax enfants furent : Denrrkobeléh, Deuniliogaeiir, Deudbens, Sâlhorsean, GAdseon, M'hhained, Doubronr, Gouré, Idânoggueur, Gnenrouéni, Gueurdedoub, Habenr-Aouël, Habenr-Garhhadjeas , Habeur-TouldjaalU , Aïssé-Medoubé, Djébril-Aboqueur, Houssein-Aboqueur.
SAlborseun et Doobrour donnèrent naissance h deux tribus qui , arec une partie des enfants de M'hbamed, s'établirent au loin, sur le littoral désigné depuis par le nom de Bar-el-Benadir, et y formèrent la population dite Biémal ; les tribus des autres enfants de Deurr occupent le iMTitoire compris entre Zeïla et Bendenr-Djé'did.
Une fille de Deurr épousa un Arabe, qui eut d'elle quatre enfants ; cet Arabe, désigné sous le nom de Darond par les Sonmal, s'appelait Cheikhabd-er-Rhaman-ben-Djabarti-ben-Ismaë}. Ses quatre enfants furent Koublallahh, Meurrihl\àn', louceuf et Tanadé.
De Koublallahh naquirent Kombé etKoumadé, qui engendrèrent, chacun, plusieurs enfants. Kombé en eut quatre , parmi lesquels Beorti- Kombé et Guéri-K(»Bbé. De Heurti proTiennent les fondateurs des tribus suivantes : Medjeurtine, Ouarsangueli , Loulbabauté, Deuch'chiché, Thin'leh et Gobtan'leb. Le littoral du pays peuplé par les enfants de HeoKti s'étend depuis Hobbia, au sud, jusqu'à un point situé à une journée de marcbe en deçà de Ben<ienr>Djédid, au nord; i l'intérieur, ils sont bornés par les Habenr-Gadeur au snd-sud-ouest , les Menrrihhin' au sudooaest, les Oogadine et les Idear h l'ouest.
La descendance de Gaéri«Kombé est représentée par une seule tribu,
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c6té de l'ouest, surgit et coule, du sud au nord, uncours d'eau nommé Qoeram, qui, à deux journées de la c6te, sort d'un plateau du paya des Medieurtine^ à un endroit qu'on appelle Derorr. Quoi qu'il en soit, on doit considérer le territoire des Medjeurti ne comme borné, à l'ouest, par celui des Ouarsanguéli ; au sud-ouest , par les Loulbaban'té ; au sud, par celui des Meumhbàn' et celui des Habeur-Gadeur, subdivision des Gourgaté, l'une des sii principales divieions des Soumal-Haouiya. Il aurait, d'après ces indications, quatrevingt-dix lieues en longueur, et quarante-cinq dans sa plus grande largeur. . v
Au dire des indigènes, le pays, complélement dénué de lacs, d'étangs et de cours d'eau permanents, serait formé d'une succession^ de plateaux montagneux très-élevés, laissant entre eux de profondes vallées, dans lesquelles, lors de la saison pluvieuse, des torrents se précipitent des montagnes. Mais celui de la vallée de Nougal, et un autre nommé Djeuhèl, qui coule de Derorr vers l'est, aux environs de Hhafoun, sont lès seuls considérables. '*■'
Le territoire des Medjeurtine présente un développement de près de cent quatre-vingts lieues de côtes, et cet immense
celle des Guéri, qui habile un petit territoire liiDitrophe de celui des Ideur.
Les enfants de Koumadé furent Ougadine , Habëusgoul , Beurteri et Guélimis, dont les tribus se sont répandues vers l'ouest jusqu'au Onébi- Denoq et le pays galla.
Meurribhân' fut la souche de la population du même nom, qui comprend à 'peu près dix mille Ames. ^
Les familles de lonceuf et de Tanadé ont composé deux antrés petites tribus, aujourd'hui de deux cents à trois cents âmes chacune : la prentière se tient aux environs de Guerâad, l'autre occupe un territoire ouclavé dans le pays des Medjeurtine.