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littoral n'fùffre pas un port; mais on troave plusieurs mouillages de mousson sur la partie comprise entre G uerâad et Ras- Assir. A l'ouest de ce dernier jusqu'à Bendeur-Zyada, on peut jeter l'ancre sur toute la côte pendant la mousson de sud-ouest, et même toute l'année, en certains points. Voici quelques indications sur cette côte du nord (4) :
L'extrémité nord-est de l'Afrique, que les cartes indiquent sous le nom de Guardafui, est appelée par les indigènes Assir ou Ras-Assir. Le promontoire qu'ils nomment Guardafui, ou plutôt lerdefoon, est une terre élevée de 700 mètres au-dessus de la mer, peu saillante quant à la direction générale de la côte, et située à onze milles dans le sud de Ras-Assir, dont la hauteur n'est que de 274 mètres. Lorsqu'on vient du sud ou de l'ouest, disent les pilotes, la terre qui avance plus que toutes les autres vers Je \&T^e est Ras-Assir. La difiérence des méridiens calculée par le lieutenant Carless entre ce cap et la pointe sud-est de la presqu'île de Hbafoun étant de 4' 50" ouest, et nos observations plaçant cette dernière par 49" 3' 55" , il en résulte que, pour nous, la longitude de Ras-Assir serait de 49° 0' 45" est.
A quatre lieues dans l'ouestde Ras-Assir, est un cap nommé Bérida. Dans la baie que celui-ci forme avec le précédent, on a un très-bon mouillage pendant la mousson de sudouest. On peut s'y procurer du bétail et du bois à brûler, apporté par les habitants de la vallée de Toheum , située entre le plateau d'Ierdefoun et celui d'Assir. A environ six
(1) Pour la descriptioo des côtes au nord de la presqu'île, j'ai contrôlé et complété les renseignements que m'avaient donnés les patrons de bateaux, à l'aide des travaux hjdrograpbiqQf s exécutés, en 1838, par le lieutenant Carless, de Vindian navy.
lieues de Bérida est une nouvelle pointe basse, sablonneuse et garnie de quelques arbres ; on la nomme Ras-Aloûla : c'est le point le plus septentrional de toute cette côte et celui qu'Horsburgh désigne sous le nom de Ras-Mette. Il est par 11" 59' de latitude et 48" 30' 50" de longitude (1). Entre ce cap et le précédent, la côte est bordée d'un banc de roche qui s'avance à plus d'un mille au large et au delà duquel seulement on a des fonds de sable. Dans la partie correspondante du rivage on trouve partout de l'eau potable en creusant à un ou deux mètres, et, à un peu moins de deux lieues, dans Test de Ras-Aloûla, il existe plusieurs puits de bonne eau. Sur le côté ouest de ce dernier est le village de même nom, dont le mouillage est considéré comme le meilleur de cette côte pendant la mousson de nord-«st.
Àloûla est entièrement composée de huttes; sa population ordinaire peut être de deux cents âmes, principalement femmes et enfants; les hommes, sauf quelques pêcheurs, voyagent à l'intérieur la majeure partie de l'année, et ne reviennent au rivage qu'aux époques où le commerce les y attire, c'est-à-dire au commencement et à la fin de la mousson de sud-ouest : un millier d'individus y sont alors réunis. Aloûla ne possède que de mauvaise eau, mais on s'y procure facilement beaucoup de bétail et un peu de bois à brûler. Les bateaux mouillent devant le village par o et 7 mètres, sur un fond de corail qui s'étend jusqu'à trois cent vingt mètres du rivage. A mille mètres on aurait un fond de 29 à 31 mètres, sable.
A environ trois lieues dans l'ouest sud-ouest à ouest de
(1) Les longitudes données par le lieutenant Carless ont été déduites de celle du phare de Bom|)ay, supposé par 70* 34' 1 j".
Ras-Àloùia est une terre très-élevée, ayant de loin l'apparence d'une île, et au delà de laquelle le rivage s'infléchit vers le sud ; les naturels l'appellent Ra»-Beurinouk ; c'est le cap Féliï de nos cartes et le Ras-el-Fil des Arabes. Ce pro- ^raoDtoire a 243 mètres de hauteur; il est par H' AT 40" de latitude et par 48° 23' de longitude.
Au revers de Ras-Beurmouk commence une longue plage dont la direction est, d'abord, le sud 40° ouest, puis le sud \ sud-ouest. La saillie produite par ce changement de direction a reçu le nom de Ras-eUArab (cap des Arabes, parce que leurs bateaux s'y arrêtent généralement pour faire de l'eau et du bois) ; on dit aussi Ras-Feleuk du nom d'un village situé un peu plus au sud, à l'entrée d'un petit bras de mer qui forme une lagune assez étendue, en arrière de la plage dont je viens de parler On y remarque une maison en pierre. Bendeur-Feleuk est par ii* 49' latitude et 48° 17' longitude. On mouille devant le village par des fonds de 9 à 16 mètres, sur un banc de sable qui s'étend jusqu'à près de mille mètres du rivage. Venant du large et n'apercevant que les hautes terres de la côte, on se dirigera sur Feleuk en gouvernant entre le cap Beurroouk et les montagnes de M'raïah, situées à douze lieues dans le sud-ouest \ sud de ce cap.
M'raïah est par 11° 43' de latitude et 48° 13' de longitude, à deux lieues et demie dans le sud-sud-ouest de Bendeur-Feleuk. C'est la résidence la plus ordinaire du Sultan quand il Se trouve sur la côte. On y voit quinze ou seize maisons en pierre, dont plusieurs fortifiées, et la population est de 500 âmes environ. Son mouillage est très-fréquenté par les bateaux, qui y chargent beaucoup de bétail, de l'encens,
de la gomme et un peu de myrrhe. On y jelte l'ancre par des fonds de 6 à fi mètres, sable et corail, à distance d'un demimille à un mille du rivage. Des puits donnant de l'eau douce en abondance existent dans le sud-est de la ville. Autour de celle-ci, 1^ terrain est plat, sablonneux et parsemé de quelques buissons ; mais à un mille et demi de la plage s'élève subitement une rangée de montagnes dont les plmtcaux supérieurs atteignent plus de 800 mètres au-dessus de la mer. Cette chaîne commence un peu à Test de la ville et se prolonge, dans l'ouest, huit lieues au delà. Les gommiers y croissent jusqu'à une certaine hauteur, où ils font place aux arbres à encens; les nombreuses cavités que ces montagnes présentent à leursonmiet logent des essaims d'abeilles sauvages qui y déposent du niel de qualité supérieure recueilli soigneusement par les Bédouins.
De M'raïah on aperçoit, aux alentours, quelques maisons en pierre appartenant, la plupart, au Sultan et marquant la place d'autant de villages ; ce sont Djeyseli et Gueursah entre Feleuk et M'raïah, et, à l'ouest de celui-ci , Ouarba. Les mouillages en sont réputés mauvais.
A partir de M'raïah, la plage se rétrécit de pltis en plus, et, après Ouarba , le pied des montagnes arrive jusqu'à la mer. A deux lieues et demte de ce village, la chaîne en est interrompue par une coupée profonde; et, un peu plus loin, elle se relève en deux masses proéminentes nommées Djebeur-el-Kébir et Djebèur-es-Serir (grand et petit Djebeur), à deux lieues au delà desquelles cette chaîne se termine.
Sur un espace d'environ quatre lieues et demie, à la suite de cette côte roide et montagneuse, le rivage consiste en une plage offrant, aux deux tiers de l'étendue indiquée, une
saillie arrondie où se trouve Bendeur-Khour, petit portformé par un bras de mer; au fond de ce dernier se déchargent les eaux de plusieurs ravines converties en torrents dans la saison des pluies. Les bateaux d'un très-faible tonnage peuvent seuls remonter le bras de iner jusqu'au village situé à environ cinq milles de l'embouchure, et au revers d'un plateau assez élevé qui empêche de l'apercevoir de la mer. A l'entrée, sur la rive gauche, est une petite fortification. Bendeur- Khour a une population fixe de 250 à oOO âmes; on le dit plus important que les précédents sous le rapport du commerce, mais le mouillage extérieur n'y est pas tenable en tonte saison. Les bateaux y mouillent sur un banc qui, partant du rivage , s'étend , devant le port , jusqu'à mille ou onze cents mètres au large ; ils y sont par des fonds de 4 à 5 mètres; à un mille de terre on serait par 9 mètres, et le fond augmente graduellement à 13, 46 et 25 mètres, brassiage existant à deux milles de la côte. Le petit fort mentionné ci-dessus est par il»ol'50'' de latitude et par 47° 41 ' 30" de longitude.
A peu de distance de ce point, la côte redevient escarpée; elle est dominée par l'extrémité d'une nouvelle chaîne, qui , à quatre lieues dans l'ouest de Bendeur-Rhonr, se termine par un promontoire élevé et rocheux, nommé Ras-Berâ, ' situé par 11° 30* de latitude et 47'» 30' de longitude. De Beudeur-M'raïah à cette pointe la direction générale de la côte est l'ouest-Sud-ouest.
Après avoir contourné Ras-Berâ on découvre le village du même nom, qui a une maison fortifiée, et, à deux lieues, dans l'ouest-sud-ouest du même promontoire, un cap en arrière duquel s" élève la montagne de N'tarah, houte de ! ,523 mè-
très au-des$us de la mer, et la plus remarquable de toute la cAte. r
À UD peu plus de deux lieues dans le sud-ouest de N' tarah, se trouvent, très-rapprochés l'un de l'autre, le village de Bourgabem, composé d'une vingtaine de huttes et d'une maison en pierre, puis un autre appelé Bendeur-Bâad, à un mille dans le sud, ayant un puits de bonne eau; à un demimille, au large d'une petite pointe qui sépare ces den\ villages, gît un fond de neuf cents à mille mètres d'étendue, sur lequel il n'y a que 5 à 4 mètres d'eau , de basse mer : un navire longeant de près la côte doit, par conséquent, s'en déâer.
À trois lieues dans l'ouest de Bendeur-Bâad est une pointe élevée, nommée Ras-Merero ou Ras-el-Hhameur; puis, à l'ouest, et à trois lieues au delà de cette pointe, Bendeur- Gâcc^m, le plus important village des Medjeurtine, où résidait, il y a quelques années, leur sultan. Bendeur-Gâcem a cinq maisons en pierre avec tours fortifiées, et dans chacune d'elles il y a un puits. La ville, qui peut compter de 500 à 600 habitants, est divisée en deux quartiers, celui des Soumal et celui des Arabes.
Dans la plaine environnante, serpente le lit d'un ruisseau qui coule dans la saison des pluies seulement et débouche à un mille et demi à l'ouest du port.
Il y a 4evant Bendeur-Gâcem un banc servant de base à deux pâtés de corail , l'un attenant au rivage et l'autre s'en écartant de près de quatre cents mètres, et formant ainsi une sorte 4e barachois où les petits bateaux mouillent par un fond de 3'°,5 à 5 mètres, sable. On a des fonds de 1 1 mètres à un mille de terre, de 14 mètres à un mille et demi, et de 18 à 20 à deux railles au large. Bendeur-Gâcem est visité
|)ar des bateaui de Mascate et de Bombay, mais plus ordinairement par ceux d'Aden et de N'Kellé; tous eu exportent du petit bétail , de la gomme , de l'encens et de la myrrhe. Ce point est par ilM7' 50". de latitude et 47* de longitude. . r- .. , .,
. ËnGn, à quatre lieues dans l'ouest de Bendeur-Gâcem est Rao ou Bendeur-Zyada » le dernier village des Medjeurtine sur le littoral. Il est situé par 11** 15' de latitude et par 46° 47' 20" de longitude entre les embouchures de deux petits ruisseaux qui assèchent peu après la fin de la saison pluvieuse. Les habitants de cette localité possèdent quatre^ateaux au moyejD desquels ils expédient leurs gommes dans les ports de la nier Rouge. On a des fonds de 13 é 14 mètres à un demi-mille du rivage. •*
Qn peut mouiller, m'a-t-on dit, toute l'année, devant les points désignés par le titre de Bendeur ou port , sauf à Bendeur-Khour, qui n'est pas abrité des vents de la mousson de nord-est. Toutefois cette côte est principalement fréquentée par les bateaux à la. fin de la mousson de sud-ouest et pendant les premiers mois de la mousson de nord-est. Le banc de sondes qui la borde sans interruption s'avance au moins à un mille et demi du rivage, et sur la majeure partie de son étendue à trois, quatre et cinq milles ; le fond est de sable, mêlé de corail en quelques endroits; la mer marne de 3°, 65; durant la mousson de nord -est, les courants vont de l'est à l'ouest en suivant les contours de la côte*, dans les mortes-eaux, le jusant, dont la direction est de l'ouest vers l'est, ne se fait pas sentir; mais, aux grandes marées, près de terre, il court à l'opposé du courant général , quatre ou cinq heures sur les vingt-quatre.
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Quand r^ne la mousson de sud-ouest il fait presque calme à petite distance de terre, et la mer est fort belle tout le long de la c6te; néanmoins il y a souvent du ressac à la plage. A cette mousson correspondra saison chaude, et l'air est si doux alors, que les indigènes couchent sans vêtement , à la belle étoile. Sur la côte est , au contraire , la saison relativement froide est celle des grandes brises de sud-ouest : dans les mois de juin, juillet et août, il se forme d'abondantes rosées, ayant, selon les naturels, une influence pernicieuse sur quiconque y reste exposé.
A l'intérieur, il n'y a pas d'époque périodique pour les pluies; cependant elles sont plus fréquentes dans les mois de septembre, octobre, novembre, et dans ceui de mars et d'avril ; elles tombent par ondées de trois à quatre heures au plus. L'été, la chaleur est extrême et le soleil si ardent, que les Soumal eux-mêmes s'abstiennent de sortir au milieu du jour; le sol, disent-ils, brûle les pieds. Revenons maintenant à la côte de l'est. '
Les Medjeurtine n'ont, à là côte orientale de leur pays , d'autres points régulièrement visités pour le commerce que Hhafoun et Hordiya. J'ai raconté ce qui se passe dans le premier de ces marchés : voici en quoi consistent les opérations faites à Hordiya. Chaque année, à la fin de la mousson de nord-est, quelques barques de M'Kellé, de Chehheur et des ports medjeurtine du nord y abordent. Klles sont tirées à terre; et, durant la mousson de sud-ouest, un trafic journalier s'établit entre les marchands et les indigènes, qui y apportent des gommes, des plumes d'autruche, des peaux, de l'ivoire et du semen. Les éléphants sont trèsnombreux dans les environs de Hordiya, et des Soumal de
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Braoua s'y transportent parfois pour se li?rer à la chasse de ces animaux. , * , , K; ^ ^
Si des bateaux de commerce relÂchent à certains endroits situés au sud de Hhafoun et dont je parlerai plus loin, ce n'est que pour prendre de l'eau. Toutefois une assez grande quantité de bateaux employés à 1« pèche y stationnent pendant la mousson de nord-est , notamment aux environs de Ras-Mâabeur et.de Ras-el-Khil.
La mer jette de l'ambre gris sur les côtes, et plus particulièrement sur celle de l'est. Les Soumal du littoral, qui . connaissent la valeur de cette matière, la recherchent avec soin. Mais tout l'ambre recueilli au rivage doit être remis au Sultan, et, quand ses agents sont avertis qu'il en a été trouvé, ils le réclament au nom du souverain et en fixent arbitrairement le prix, auquel les détenteurs sont obligés de le livrer bon gré mal gré. Anssi les individus qui en ont ramassé le cachent-ils en attendant une occasion de s'en défaire plus avantageusement; et cette occasion leur est offerte dans leurs communications avec les bateaux qui parcourent la côte.
L'ambre gris se rencontre souvent en morceaux trèsgros, affectant parfois Ja forme de rameaux ou de branches comme les coraux. De là l'opinion répandue chez les Arabes que c'est un produit végétal, croistsant au fond de la mer, et dont les parties, détachées du tronc par des commotions sous-marines ou par le choc de quelques poissons énormes, comme la baleine, sont emportées par les vagues et jetées au rivage.
On m'a dit , à Hhafoun, que, pour faciliter la recherche de l'ambre gris, les Soumal ont des chameaux dressés à en
recomiaitre la présence par l'odorat. Cette version , ainsi qae ce qui m'a été raconté sur l'origine de l'ambre, se retrouve dans un passage des chroniques d'Âbou-Zéid-Uassan (1). ''•"'•~^; "■ -■' 'V -^
Tous les Medjeurtine à qui j'ai parlé n'ont pas manqué d'affirmer, avec ta vanité habituelle aux peuplades barbares, qu'ils sont une nation puissante et composée d'un très-grand nombre de tribus. Mais il me serait impossible de donner une idée numérique de la population du pays. Quel qu'en soit le chiffre, il est probable que, si elle n'augmente pas, elle est au moins stationnaire, car, d'après les indigènes, le pays n'est point insalubre, et les guerres qu'ils ont fréquemment avec leurs voisins ne sont pas bien sanglantes, quoiqu'ils prétendent le contraire. Leur nourriture est saine; leur genre de vie les entretient dans une activité salutaire, et, quant aux rapports entre les sexes, il n'y a ni libertinage excessif ni restrictions morales ou sociales qui puissent entraver la procréation.
Les divisions établies parmi les Medjeurtine résultent de leur organisation en tribus, et sont purement politiques d'ailleurs, car toutes ces tribus ont une commune origine, se servent du même idiome et suivent la même religion. Le type général appartient srl'une de ces variétés intermédiaires qui sont comme les degrés de transition entre le rameau sémitique de la race caucasienne et le rameau étbiopique de la race nègre.
Les proportions en longueur, celle de la face étant prise pour unité, sont assez exactes, chez les hommes comme chez
(1) Voyez la traduction de M. Reinaud, Chaîne des chroniques, livre I, page 4, et livre ii , page 143 et suivantes.
— 4^12 — les femmes, entre les membres et le buste. Chez les hommes il n'existe pas autant d'harmonie quant aux autres dimensions ; ainsi la carrure» la grosseur du trône, celle des bras et des jambes sont moindres qu'elles ne devraient être d'après leur longueur. Chez les femmes il paraît y a?oir plus de proportion entre le tronc et ses appendices; mais elles n'ont pas de hanches et le bassin fait avec la colonne lombaire un angle très-obtus, de telle sorte que le creux des reins est peu marqué ou la saillie sous-jacente peu développée. La taille moyenne de l'homme est de l'°,69 à 1",70 ;
celle de la femme, de l^.eO. ^ . ^ i '
La peau est de couleur noir-rouge , mat ou terne chez les uns, clair ou brillant chez les autres.
Le front est haut, mais rétréci latéralement par un aplatissement très-marqué des os temporaux ; quelques-uns ont assez développée la partie du front que les phrénologistes regardent comme le siège des organes de la réflexion. Quant à la forme. générale du crâne, le diamètre vertical est relativement plus grand que le latéral et l'antéro-postérieur ; la suture longitudinale est tellement saillante dans certains sujets, qu'elle forme au sommet du crâne comme une vive arête. L'angle facial est de 80° à 84°. . Les cheveux sont noirs , rudes et crépus. J'ai vu des individus se disant d'origine soumali pure qui les avaient bouclés; ce sont, je crois, des cas exceptionnels résultant peut-être du' croisement du type soumal avec le type arabe ou indien. Beaucoup se rasent la tète, selon l'usage musulman. Autrefois, les cheveux étaient portés longs et décolorés avec de la chaux , ce qui leur donnait une teinte jaunâtre tranchant d'une façon bizarre sur la couleur du vi-
sage. Parmi les habitants de l'intérieur, il en est qni ont conservé l'ancienne coutume. '.»>.., .
Les yeux, noirs et un peu enfoncés, soot plutôt petits que grands , et mieui chez les femmes que chez les hommes ; l'arcade zygomatique est très-prononcée. Le nez n'égale jamais, en longueur, ni la distance de sa base au menton ni la hauteur du front; le profil en est très-varié; les narines sont toujours assez fortes. La bouche est grande; les lèvres sont, le plus généralement, un peu épaisses, surtout la lèvre inférieure, qui s'abaisse de manière à laisser apercevoir les dents ; celles-ci sont blanches, sans saillie et bien rangées, mais déchaussées par l'habitude qu'Ont les Soumal de se les frotter fréquemment dans la journée avec un petit morceau de bois vert faisant l'ofBce de brosse, et dont le suc légèrement acide les blanchit. Ils donnent à cette brosse improvisée le nom de l'arbuste qui en fournit le bois, iraki (i). Le menton est petit, quelquefois un peu fuyant. Les joues sont creuses , les oreilles de moyenne grandeur.
Comme je l'ai déjà dit , les membres et le corps sont minces proportionneHeffient à la taille; les jambes, surtout, sont grêles; la saillie des mollets est à peine marquée. La
(1) Le nom et l'usage de cet objet leur vienneot, saus doute, des Arabes, et probablement de ceux de rYémen. Ou lit, eu effet, dans Niebuhr, Description de VArahic, tome III, page 131, le passage suivant : - . .
a On appelait eràk, à Bdsra et à Haleh, certaines petites brosses « pour les dents qu'on transporte en quantité dyémen oo ces villes et « on d'autres. Cette brosse n'est autre chose qu'un petit bâton mince, « dont le bois extérieur se coupe et dont la moelle, épaisse, filandreuse << et tendre , sert de brosse ; quand le haut en est usé , on la retaille « comme le crayon. Je crois avoir vu beaucoup de ns buissons, eràk , " dans le Téhâma, etc. » '
main est petite; les doigts, en fuseau, présentent à l'eztrémité un léger aplatisseinent. Le pied est de dimension ordinaire. Les hommes ne sont pas doués , je crois , d*une grande force musculaire, mais ils sont infatigables à la marche; c'est, d'ailleurs, leur seul exercice; ils ne se livrent à aucun travail suivi qui réclame l'emploi des bras.
En résumé, les Soumal Medjeurtine ne sont ni bien ni mal faits. Quant à leur physionomie, elle manque de vivacité et d'agrément.
Les portraits pris au daguerréotype, et qui sont reproduits dans l'album, donneront, au reste,^ mieux que la plus complète description , une idée du type soumali. Ce n'est pas, on peut se l'imaginer, sans difficultés de toute nature que je me les suis procuras. D'une part, l'élévation de la température et l'action de la lumière rendent très-incertain le maniement des matières accélératrices : or le seul moyen que j'eusse de me soustraire à cette double action était de m' installer sous une tente, où je formais, tant bien que mal, des compartiments pour isoler les diverses boites qu'exige le traitement des plaques; d'autre part, le sujet devait être exposé en plein soleil , afin de pouvoir produire des ombres suffisantes, en dépit de la couleur sombre et mate de la peau; cette condition m'était encore imposée par la nécessité d'abréger la durée de la séance, pendant laquelle je n'obtenais qu'à grand' peine l'immobilité du corps et, surtout, celle des traits. Souvent, enfin, les individus que j'eusse le plus désiré de mettre ainsi sur la sellette s'y refusaient obstinément, ne doutant pas qu'une puissance surnaturelle n'intervint dans ces préparations, présentant, pour eux, on le comprend, toutes les apparences de la sorcellerie.
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Au milieu de tant d'obstacles , il m'eût été impossible d'arriver à un résultat , si la promesse de cadeaui et d'une rémunération pécuniaire n'eût déterminé quelques hommes à venir à bord, où j'avais plus de commodités pour opérer. Ce premier pas fait, trois femmes, plus curieuses ou plus intéressées que les autres, risquèrent aussi l'aventure, escortées et chaperonnées par le vienx et respectable Salem, qui, pour preuve de sa confiance en notre moralité, nous amenait sa propre fille, enfant de douze à treize ans. Outre la piastre qui leur avait été personnellement promise, ces dames emportèrent chez elles une collection de verroterie, de miroirs et de mouchoirs de coton , qui fit, sans doute , beaucoup d'envieuses parmi les autres femm<es du village, mais qui n'en décida pourtant aucune à surmonter sa répugnance aveugle ou ses vagues appréhensions. Je ne saurais faire honneur de leur réserve , dans ce cas , ni à la modestie ni à la pudeur ordinaires à leur sexe; on verra, plus tard, que les dames de Hhafoun n'ont pas ces vertus en partage.
Quant aux femmes qui vinrent à bord, l'une, qui était Ouarsànguéli, avait la taille petite, mais îes traits assez fins, et la physionomie vive et spirituelle ; elle se prêta de bonne grâce à ce qu'on prît son portrait, et parut enchantée d'avoir consenti à faire le voyage; tout ce qui s'offrait à ses regards était, pour elle, si nouveau et si luxueux, qu'elle passait incessamment de la surprise à l'admiration. Sa compagne, robuste fille de seize à dix-sept ans , était de haute taille et accusait de très-belles formes; mais son air sauvage et boudeur, ses mouvements roides et embarrassés disaient assez que l'appât du gain l'avait seul portée à se rendre à
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mes sollicitations, et que, pour avoir droit à la rémunératioD promise, elle ne se croyait pas obligée de se montrer gracieuse. Quand vint son tour de se placer sur la sellette et qu'il s'agit de lui faire prendre une pose un peu artistique, ce fut l'objet d'un véritable débats encapuchonnée dans son meuro (i), qui l'enveloppait ainsi de la tète aux pieds, elle s'obstinait à n'en pas lâcher un pli. Je m'évertuais, au contraire, à le lui draper élégamment sur les épaules, de manière à en laisser paraître à peu près ce que nos dames ont l'habitude de découvrir en toilette de bal. Cette transaction entre mes inspirations d'artiste et son intraitable rigorisme n'était certes pas une trop grande exigence; mais les demi-mesures n'étaient probablement pas de son goût. Lassée de ma persistance à rétablir le discret vêtement dans la position indiquée, et l'attribuant bien gratuitement à an tout autre attrait que celui de l'art, elle passa subitement d'un extrême à l'autre, et au moment où, la croyant résignée, je démasquais l'objectif de la boite, elle rabattit, avec humeur, son meuro jusque sur ses hanches, en prononçant quelques mots, dont le sens était sans doute: tt Tiens, voilà, et finissons-en! » | ,
Mon désappointement fut cruel, mais qu'y faire? L'instrument^ rapide comme l'éclair , de^ssinait déjà sur l'impressionnable plaque l'objet mis à sa portée; il fallut bien accepter la scandaleuse exhibition , et, au lieu du portrait de la belle jeune filley^di^t je voulais enrichir ma collection, me contenter de l'image d'une bacchante, exposant, dans toute leur nudité, ses plantureux appas (2).
(1) Pagne de coton.
(2) Voyez à l'Album, planche 18.
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Les vêtements des Soamal sont en rapport de simplicité avec leurs demeures. Celui des -hommes, j'entends leur habit de parade, consiste en deux pièces de coton ayant chacune de six à sept coudées (S'^GO à 3",10] en longueur, et trois coudées de large (1*,35}. Avec l'une, ils se font une sorte de jupon, maintenu au-dessus des hanches au moyen de l'un des bouts, tordu et employé en guise de ceinture; de l'autre, désignée plus spécialement par le nom de meurOt ils s'enveloppent le corps et parfois la tète, ou se drapent chacun selon son goût ou sa fantaisie. Les hommes ont des sandales {kebo) qu'ils fabriquent eux-mêmes; elles sont ordinairement en peau de bœuf, mais il en existe de plus légères, faites avec la peau d'un animal sauvage qu'ils nomment guéri : d'après la description qui m'en a été donnée sur les lieux, je crois que cet animal est la girafe. Les Souinal portent généralement suspendus au cou, par une lanière à nœud coulant, un ou deux talismans [reurthâs), qui se composent d'un petit sachet de cuir gaufré , contenant un chiffon de papier où sont écrits des versets du Coran, auxquels on attribue toute la vertu de cette sorte d'amulette. Ils en ont un autre qui se met au bras ; c'est une espèce de bracelet fait de lanières tressées et arrêtées de distance en distance par des nœuds; on le nomme kadone [i). Ils se parent aussi de bracelets en verroterie.
Tous les Soumal marchent armés; leurs armes sont : la sagaie [ouérem) et un long couteau-poignard {gotnbet], dont
(1) C'est par erreur que ce nom a été dooné poor celai des talismans figurés planche 50 de TAlbam, et dont le nom est, comme on le roit ci-dessQS, reurthâs.