‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 38 sur 101 · IL · texte numérisé non relu

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le manche est en corne noircie, et qu'ils placèlftili^fa (Peinture, dans une gaine de peau. Le couteau est d'un usage général. La sagaie est quelquefois remplacée, surtout chez les Bédouins de la basse classe, par l'arc [ranso) et les flèches [feîladj) ; ces dernières, le plus souvent empoisonnées, sont enfermées dans un carquois [gueboîo) de cuir épais, tenu en bandoulière, de manière que l'ouverture se présente sous le bras gauche. Beaucoup comprennent aussi dans leur armement un petit casse-tête en bois {boyt)y trop léger, d'ailleurs, pour être une arme dangereuse. Le bouclier {gacham) accompagne presqne toujours la sagaie; on le suspend au cou. Ces boucliers, faits dé peaux de rhinocéros, ne sont pas fabriqués dans le pays; ils viennent de chez les Galla et particulièrement de Gananéh. Ils ont une forme circulaire; le diamètre en est de 40 centimètres environ. Ils sont un peu convexes au centre, et garnis, en dessous, d'une forte poignée en cuir, dans laquelle on passe le bras. Le dessus est façonné à moulures. Les chefs et quelques habitants des côtes n'ont d'autre arme qu'une longue épée {stf)y à lame plate et à deux tranchants, tout à fait semblable à celle des Béloutchis , et dont ils Ont emprunté le nom et l'usage aux Arabes. Ainsi que les couteaux décrits plus haut, elle est montée sur un manche de corne et enfermée dans un fourreau de cuir.

Les femmes composent leurs vêtements de peaux de moutons et de gazelles tannées tant bien que mal , et de quelques morceaux d'étofifes de coton. Elles ont toutes, comme premier vêtement, une sorte de plastron de cordonnier, passant sous l'aisselle droite et noué au-dessus de l'épaule

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gauche; il masque la poitrine et ret(Hnbe en tablier, jusqo'un peu au-dessus du genou ; une pièce de coton, formant jupe, maintient le plastron à la taille, et quelquefois se serre à coulisse au-dessus des hanches, imitant alors parfaitement certaine partie du costume de nos dames, qu'on nomme, je crois, une tournure, et qui serait bien mieux nommée une imposture. D'autres fois, et je l'ai particulièrement remarqué chez les femmes non mariées , le plastron est remplacé par un morceau d'étoffe blanche disposé également pour voiler la poitrine. Enfin une pièce de coton, le mewOy pouvant , au besoin, envelopper le corps de la tète aux pieds, complète le vêtement et se drape selon le goût de celle qui le porte, et l'instant de la journée ou l'état de l'atmosphère ; c'est donc, suivant chacun de ces cas, soit un manteau complet, soit un châle, soit une robe flottante, entourant le corps jusqu'aux aisselles.

Les femmes soumal ne soignent pas leur chevelure ; elle est toujours sale et en désordre, et comme empaquetée sous un mouchoir ordinairement bleu , appelé messoiian ou dangay qu'elles arrangent en forme de turban mal roulé. Quelquefois les cheveux qui garnissent les tempes forment une petite tresse de chaque côté du visage ; quand la tète n'est point couverte du mouchoir, elle est cachée par un bout du manteau simulant un capuchon.

Je ne puis dire s'il existe, dans le pays, des femmesde haut rang qui fassent usage de chaussure, mais je n'en ai rencontré aucune, à Hhafoun, qui ne fût pieds nus. Quelques-unes ont des boucles d'oreilles, et la plupart ornent leur cou d'un long collier de verroteries tombant sur la poitrine» et auquel est appendu, en guise de médaillon, un mor-

ceau informe de coquille ou d'os de poisson, dont le blanc poli se détache fortement sur le fond; noir de la peau. J'ai vu peu de femmes parées du talisman ; ce moyen de sauvegarde semble plus particulièrement employé parmi les hommes.

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