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part des habItMili, ii ruinerait et brûlerait leurs villes. Mais au delà de celles-ci II ne peat rieo, «t lançét-il en arant-ses quatre cents Arabes on Bélootehlâ, que feraient-ils contre les bandes de Youcenff Et puis, lorsque la mousson de sudouest chassera tes vaisseaux de la côte, le^ populations maritimes ne seront-elles paé, pendant plusieurs mois, livrées an bon plaisir des cheikhs de l'intérieur? m *"*<'^ ** ^
Quant à Youceuf, maître de tout le pays en arrière du rivage, il l'est aussi de fait des villes du littoral. Il affirme sa souveraineté et ne comprend pas qu'on paraisse en douter. « Cas villes sont à moi, » dit-il, et il le prouve en réprimandant Moguedchou, qu'il menace avec huit mille hommes de troupes; en frappant Braoua d'un impôt, pour la punir de s'être laissé violenter par le sultan de Bardéré; enfin en saccageant Meurka. Si on lui parle du pavillon de Saïd, il ne sait ce que cela signifie : que lui importe un chiffon d'étoffe de telle ou telle couleur? Celui-là est le maître qui frappe fort et dit : a Je veux , » sans qu'on ose lui répondre : u Je ne veux pas. » En quoi le touchent les droits de douanes imposés par Said : ne sont-ce pas des Indiens et des Arabes qui les acquittent? Il brûlera Mogued* chou, firaoua et Meurka, s'il lui convient de le faire, et personne, selon lui, n'a droit de le trouver mauvais. Le commerce de ces ports est de même à sa discrétion. N'est-ce pas lui qui permet aux caravanes de l'intérieur d'arriver jusqu'à eux? N'a-t-ii pas en mains laelef detous les passages et n' est-il pas libre de les fermer à son gré ? JS 'est-il pas (paiement maître ^es pays de culture, voisins de la rivière, qui alimentent les habitants de la côte, et n'a-t-il pas la faculté d'affàmér ceux-ci à sa fantaisie? Toul cela est vrai et positif. ... Mais, si You-
ceuf domine les Béntdir, il ne Murait les défendre contre les boulets de 8aïd, qui les détruiront de fond en comble, sans que lui, Yottceuf, ait le moyen de s'y opposer. S'il lui est facile d'arrêter les produits de l'intérieur dirigés vers la mer, Saïd peut , en revanche, les bloquer dans les ports.
Ainsi chacun des deux rivaux n'a qu'à vouloir pour nuire à son adversaire; mais il ne saurait le faire sans en souffï-ir lui-même, et les villes de la côte, placées entre eux, comme le fer entre l'enclume et le marteau, ont tout à en craindre et rien à en espérer. Comment échapper k cette situation ?
Elles n'ont n)êroe pas la perspective d'être débarrassées de Saïd par Yonceuf, ou de Tooceuf par Saïd ; car, on vient de le voir, les deux compétiteurs n'ont pas prise l'un sur l'autre. A l'aide de l'entente semi-cordiale qui en résulte, les Bénadir vivent à peu près tranquillement.
Quoi qu'il en soit, aucun des detix souverains ne mettra obiïtacle aux opérations commerciales que nos navires tenteraient sur cette côte : Youceuf n'a qu'à gagner à un développement de transactions, puisqu'il augmenterait le nombre des caravanes qui traversent son territoire et faciliterait l'écoulement des objets d'échange que celui-ci produit directement. Quant à Saïd, iî est lié avec nous par un traité.
L'avenir n'apportera-t-il pas de grands changements à cet état de choses? On doit prévoir, en eflFet, qu'à la mort de Saïd, les conflits qui s'élèveront entre les divers prétendants à sa successioB amèneront une confusion f^te, que les Bénadir en profitent pour se proclamer indépeiMtenls de Mascate ou de Zanzibar et se donner entièrement à Youceuf. Mais notre commerce n'y perdrait rien. Il n'en serait pas de
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même à la mort du chef des Guébroun, si elle entraînait la dissolution de la nationalité qu'il a créée, r anarchie où retomberaient les tribus groupées aujourd'hui sous son autorité nuirait, cela n'^t pas douteux, à la production et à la circulation des objets d'échange. Toutefois nos commerçants n'ont pas à redouter les conséquences possibleis de cet événement ; car, on le verra plus loin , Youceuf ayant été tué avant mon départ de la côte d'Afrique, dans une rencontre avec les Biémal , son frère, Ibrahip, a pris immédiatement et sans opposition le pouvoir. Il semble donc que ces populations ont déjà contracté une certaine tendance à l'unité qui maintiendra désormais leur association politique. La moindre assistance, du côté de l'extérieur, donnerait, au reste , à la suprématie du chef des Guébroun toute la force nécessaire pour assurer la tranquillité du pays. Et ce serait justice I Car ce chef y représente J' élément civilisateur et progressif, tandis que l'action de Saïd n'est que du parasitisme. Qu'on ne prenne pas ce que je viens de dire pour une insinuation. Ce sont les événements seuls qui provoquent une intervention de ce genre, quand le développement d'intérêts nouveaux , sur un point, y appelle une protection active, diplomatique ou militaire. C'est au commerce que je m'adresse, c'est lui qui peut, dès à présent, en établissant avec les Guébroun des relations réciproquement avantageuses, leur apporter une assistance réelle par l'appui moral résultant, pour ceux-ci , d'une telle solidarité d'intérêts. Et si, plus tard, les circonstances l'exigeaient, le gouvernement de la France saurait agir.