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auquel ôn a donné le nom, quelque peu nauséabond, de luné de miel. Cette fôis-ci, c'était bien autre chose 1 11 était à la veillé de voir combler ses vœux les plus chers : il n'était bruit, à Zanzibar, que de l'état intéressant où se trouvait la Sultane favorite. Mais, si , d'un côté, l'heureux Saïd couvait de ses paternelles et orgueilleuses pensées ce rejeton miraculeux de sa vieillesse, ses fils et leurs partisans ne pouvaient pas considérer d'nn œil résigné l'avènement prochain d'un rival, fort des droits de sa naissance légitime. Que d'orages menaçants accumulés sur cette jeune et innocente (ête, si c'était un fils qu'Allah accordait à ce nouvel Abraham n'ayant encore eu, de fils viables, que des Ismael ! Toute la ville était en émoi ; le Sultan et ses sujets comptaient , avec la pluîj vive impatience, les jours qui devaient s'écouler jusqu'à la délivrance de la princesse.
Syed Saïd avait bien besoin de cette joyeuse et douce perspective, pour se distraire des impressions désagréables que lui avait causées une aventure récente, où les Anglais s'étaient peu amicalement conduits à son égard. Les impitoyables abolitionistes ou négrophiles venaient de saisir un bateau qui portait quelques esclaves abyssiniennes destinées ail harem du Sultan ! Ce bateau avait été dirigé sur Aden, et là on avait ouvert la cage et donné la volée aux noires colombes qui composaient sa cargaison. On se demandera, peut-être, ce que Saïd prétendait faire de ces femmes, surtout alors qu'il possédait cette perle de Chiraz, de qui il attendait une descendance privilégiée. Mais la question n'est pas là, un musulman est seul juge du degré et des caprices de son appétit; et n'est-il pas, d'ailleurs, beaucoup de Lucullus à qui l'on sert une multitude de plats auxquels ils
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m toucheroDt pas? Quoi qu'il en soit« Saïd eut au violât dépit lorsqu'il apprit le procédé de ses alliés. Pour contre de malheur» il était obligé de dévorer son cbagria, car ses su> jets, bien loin de compatir à sa peioe^ se montraient dispo^ ses à s'en réjouir et à y voir un châtiment du cie). Dans leur pensée, en e0et, cet accident était propre à Inspirer à Saïd un vif regret de la concession, si nuisible à leurs intérêts, que d^nx ans auparavant il avait faite à l'Ân'gleterre, concession mise en vigueur depuis le i" janvier 1847. Le moment eût été, du reste, mal choisi pour apitoyer les Souahhéli sur la mésaventure du Sultan : le marché aux esclaves restant désert à l'époque du départ des bateaux pour le nord avait ravivé les regrets et les récriminations de ceux qui s'enrichissaient autrefois du trafic aboli.
Je signalerai aussi, comme offrant de l'intérêt, au point de vue commercial, la présence, sur rade, d'une goélette brêoMise. Quelque extraordinaire que fût l'apparition d'uD pavillon allj^mând dans les eaux de Zanzibar, elle n'était pas fortuite; le subrécargue de la goélette avait à remplir, pour ses armateurs, une mission analogue à celle dont M. Loarer était chargé par notre gouvernement, et il se flattait d'avoir trouvé une source féconde de spéculations à entreprendre dans les États du Sultan.
Avant de quitter Zanzibar, j'engageai, au service du bâtiment, à titre 4e cicérone, pour les lieux où j'allais me transporter, un Arabe dont j'ai déjà parlé sous le nom d'Abdallah-ben Ali, lequel, ayant servi à bord de quelques navires américains et anglais, parlait passablement la langue anglaise et était au courant du commerce de la c6te. Abdallah avait, en outre„ à Mombase, une partie de sa famille,
— IW — (in& femme entre autres. On coBoail, peiit^tra, celte coti* tume de» navigateurs arabes d'avoir un ménage en ohaciin des villes que leurs affaires les appellent a visiter régoliàre ment. Ici nous ne pouvions qa'j «qppkudtr» puisque la posi tion qui en résultait pour Abdallah devait faciliter nos re lations avec les habitants. J > i- i * ^n :
Le 8 mai, ayant pris congé du Sultan, qui me donna des lettres d'introduction auprès des gouverneurs de Mombase, de Làmou et de Patta, le brick appareilla et fit route pour la première de ces localités. , i; i
Nous naviguâmes durant toute la journée dans le canal, et nous en sortîmes de nuit sans avoir vu l'île Pemba. Le 9, au jour, nous étions par le travers de 1 île Ouacine, à une douzaine de lieues dans le sud du port vers lequel nous uous dirigions. £n cet endroit, la cMe est assex élevée et parait bien boisée. Mais, dans le nord de la haute terre, dé^ signée sur les cartes par le nom de pics d' Ouacine,» die s'abaisse progressivement à mesure qu'on approche de iioœbase, et le rivage est bordé, dans la partie correspondante, de récifs qui s'avancent au large à un demi-mille et même à trois quarts de mille en certains points. En dedans de ce banc, il e&iste un chenal navigable pour les bateaux de moyen tonnage et où ils peuvent, en s'aidant de la perche, aller vers le nord ou vers le sud à contre- mousson. Nous longeâmes la côte à peu de distance jusques après midi, caria brise^ excessivement faible, ne nous donnait qu'un très-petit sillage; le courant, qui nous était favorable, nous faisait même faire plus de chemin que le veut. . u. .
Lorsque, venant du large, on atterritsur Mombase, la position en est indiquée par trois mamelons remarquables,
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gisaqt sur une ligne nord-est et sud- ouest, à trois milles en arrière du rivage. L'entrée du port est à cinq on six milles dans le sud. En suivant la côte, on ne saurait manquer de reconnaître l'ouverture du port, car elle est signalée, sinon d'une manière bien tranchée dans le profil du rivage, au moins par la vue du mât de pavillon de la citadelle. Ce mât s'aperçoit d'assez loin quand on vient du sud, parce qu'il domine la langue de terre qui borne la passe de ce côté; à une heure cinquante minutes, nous le distinguions de dessus le pont avec les longues vues, et nous en étions à cinq ou six milles. Enfin, vers trois heures et demie, une petite brise, s'étant levée du sud au sud-sud -ouest ^ nous permit d'accélérer un peu notre marche, et, à mesure que s'ouvrait le goulet qui donne accès au bassin où est enclavée l'île Mombase, nous découvrîmes les murailles de la citadelle couronnant les massifs d'arbres et d'arbustes dont elle est environnée, et, à la partie sud-est de l'île, une colonne en pierre surmontée d'une croix, vestige de la domination des Portugais.
Le récif dont j'ai parlé plus haut se prolonge jusqu'à la pointe sud de l'entrée du port; nous le rangeâmes aussi près que possible, car, au delà de cette pointe, nous allions avoir la brise presque debout pour nous engager dans le bassin du sud, dont le mouillage est le meilkaur durant la mousson de sud-ouest. Nous passâmes sur l'accoredu banc, le brick n'ayant pas plus de ^ à 25 centimètres d'eau sous la quille, puis, arrivés à son extrémité ouest, nous vînmes en grand au vent sur notre aire pour pénétrer dans l'étroit goulet qui conduit au mouillage de Rilindini , et nous laissâmes tomber l'ancre p»r 55 mètres, fond de sable et gravier. Nous nous
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tînmes à long pic, vu qu'en cet endroit un naTîre mouillé au milieu de Irpasse n'a que 425 mètres d'évitage. Je ne jugeai pas prudent de rester une nuit en pareille position ; on travailla donc aussitôt à élonger des ancres à jet pour touer le brick en dedans, et dès que, par ce moyen, nous eûmes doublé la pointe sud de l'île, la brise étant désormais favorable, nous établîmes le grand hunier et le foc, et allâmes mouiller à mi-canal, entre la crique Poa-ia- M'baraki et l'embouchure de la rivière Mouexa. On aflTourcha immédiatement sud-est et nord-ouest, cette direction étant celle des courants dans le port en même temps qu'elle est perpendiculaire à celle des vents les plus violents de la mousson. '^ ^'■- - -^'-'^'^ ."-—!-■••„■:•• •••
Le brick une fois amarré dans ce magnifique bassin, j'étais libre de tout souci, quant à sa sûreté. J'avais, de plus, la certitude de trouver le soir, après les courses et les travaux de la journée, un gîte assuré et confortable, dont la privation, dans nos précédentes stations sur la côte, avait été, sans nul doute, la principale cause de nos misères. Le dégagement d'esprit résultant pour moi de cette situation me disposait à m'abandonner à la rêverie. Déjà mon imagination errait dans l'île, interrogeant chaque ruine pour en obtenir une révélation"; me rappelant les développements successifs, puis les vicissitudes de son intéressante cité, je voyais les Arabes et les Portugais s'en disputer avec acharnement la possession pendant près de deux siècles. Avide des détails de cette lutte, je créais les scènes les plus émouvantes, les situations les plus fantastiques, et il me tardait de parcourir les lieux témoins de tant d'actions héroïques. Bientôt heureusement mes paupières s'appesanti-
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— aèrent, mon cerveau s'eogourdit, mes pensées devinrent de plus en plus vagues, et un sommeil profond nie permit d'attendre, sans impatience, la venue du jour pour satis&ire ma curiosité. ^^î, /.*.,.,,!■. .- *à^:.^mm ^.\:...>n..^,.^,^^.
Le lendemain, je descendis à terre. J'aurais pu, en débarquant au fond de la crique Poa-ia-M'baraki, n'avoir qu'uu mille à faire pour me rendre à la ville par un sentier qui y mène h travers une campagne verdoyante et pittoresque. C'était le chemin le plus direct et le plus commode , celui que nous adoptâmes ensuite. Mais attaquer ainsi Morobase par derrière, presque en trattre, c'eût été agir avec trop de sans façon, et peut-être m' attirer quelque déconvenue du genre de celle que j'avais subie à Surate. Je n'aurais eu, cette fois, à m'en prendre à personne, puisque, d'une part, j'avais la grand'route ouverte devant moi, et qu'en outre je n'allais pas chez des gens civilisés près de qui ma position officielle devait m' assurer un bon accueil. Certain de ne pas être attendu» il était plus convenable de me présenter en face. MalheureusemenC pour esécùler cette entrée solennelle, j'étais obligé de contourner l'île à l'est , sur un espace de deui milles et demi ou trois railles avec une forte brise contraire pendant les deux tiers du chemin et une grosse mer dans le reste : c'était long, pénible, et il y avait de l'eau à recevoir sur le dos; pourtant je m'y résignai. D'ailleurs, pour un marin, arriver à pied ou en voiture, c'est déchoir; Il lui faut son canot comme au cavalier son cheval.
Je débarquai donc sur 1^ plage devant. la ville, en tenue complète de cérémonie, accessoires et principal, avec l'interprète de la mission et mon cicérone Abdallah. Ce dernier
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nou» coQdoisU à U citadelle où doneurait le conuMadant qui était la prenuère autorité du pays. Je dus, sans do^ par suite des eugeoces de la owiigne» statiooner eo dekors de l'entrée sovs une espèce de hangar, placé à uue vingtaioe de pas de la porte, et qui , servaot de vestibule ou salle d'atr tente, avait« esa conséquence, le nom de beurza. Sous cette même t^eorza s'accomplit, en 1837, le prologue du draine des M'zara ; c'était (fie là qu'avec les fonnea les plus doucereuses Syed Khaled envoyait ces vaincus trop confiants à la citadelle, pour parler, leur disait4l , à Syed Séltman, qui les faisait enchatoer et jeter en prison. J'étais sous rimpressioo de ce souvenir quand je vis s'avancer vers moi , accompagné d'une vingtaine de soldats, Tanggui-ben Ghen'bé^chef militaire de Moœbase. les soldats étaient armés de sabres, de poignards, quelques-uns de fusils à mècbe et d'autres de pis^ tolets; ils portaient tous le bouclier beloutchi. Malgré ce qu'il y avait de disparate dans leur armement, la tenue de ces bommes» vôtus du costume arabe, était bonne et témoignait en faveur du djémadar, leur chef. Celui-ci, vêtu de même à l'arabe, quoique Beloutchi de naissance, était us beau vieillard; une épaisse barbe blanche tombant sur sa poitrine ajoutait à la noblesse de sa physionomie; ses traits, empreints à-^ fois de finease- et de douceur, contrastaient siogulièremi|ut avec l'idée qu'on a de la figure d'un soudard, et sans le large cimeterre pendant à son o6léi, on eût dit bien plutôt un pieux hhadji.
Lorsque le véoérable commandant eut pris connaissance de la lettre de recommandation de Syed Said, ii nous introduisit dans la citadelle, et il nous neaa sous un second hangar couvert en feuillage et construit sur le rempart en abord
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au parapet. Cette singulière salle d'audieiîce avait au moins l'avantage de dominer le port et les vertes campagnes de l'île, et on y jouissait d'une fraîcheur qu'on n'aurait pu trouver dans aucune des parties habitées du fort. Là on nous offrit des sorbets, et, après un court entretien où Tangguiben-Chen'bé nous témoigna beaucoup de bienveillance et de cordialité, je pris congé en lui faisant part de mon intention de m'établir à terre pendant le séjour du brick au mouillage de Mombase. '" '• "
En sortant de chez le djémadar, j'allai présenter mes devoirs au gouverneur Salem-ben-Abdallah qui demeurai| dans la ville. Je fus reçu par ce personnage dans une maison remplie de ballots de marchandises, et, malgré sa parenté avec le Sultan et l'importance de la cité dont il avait le gouvernement, je ne pus voir en lui qu'un bon gros négociant, occupé à peu près exclusivement de ses intérêts particuliers. Les postes de ce genre sont de véritables sinécures données par Saïd à ses parents ou à ses intimes, sans autre rétribution, d'ailleurs^ que l'influence qu'elle leur procure et dont ils usent pour le succès de leurs spéculations commerciales. Le titre dont ils sont gratiflés équivaut pour eux à une réclame analogue à celles qu'emploient, sous forme d'enseigne et d'annonce, beaucoup de nos industriels : Un tel, parfumeur, fournisseur de Sa Majesté. Après tout, le maître ne prêche-t-il pas d'exemple en exploitant en grand le commerce de ses Etats.
Mon entrevue avec $alem-<ben-Abdallah ne fut qu'un échange de politesses. En le quittant, je me hâtai de chercher un logelnent pour nous servir de pied-à-terre. Je trouvai sans peine ce qu'il me fallait : une veuve souah-
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héli, d'Age assez raisonnable poar que je n'eusse à craindre de compromettre ni sa réputation ni la mienne, nous céda un logement dans sa maison ; elle y vivait en compagnie de sa fille, grande gaillarde qui nous rappela cette antistropbe de Rabelais : «t Femme folle à la. messe » et d'une vieille négresse de Lamoù. Mon hôtesse était une grosse réjouie, point collet monté, point à cbeval sur les préceptes du Coran, laissant voir, par la négligence de son costume, et ce que beaucoup d'honnêtes femmes exposent en pays civilisé et une bonne moitié de ce que toutes y cachent; elle eût eu, certainement, maille à partir avec le sultan de Bardéré, si elle avait vécu dans son voisinage. Au demeurant, elle me parut la meilleure créature du monde, et je m'estimai heureux d'adresser mon salatn quotidien à une figure riante et non à un visage renfrogné. Mon installation ne fut pas longue à faire, et dès le lendemain matin je reprenais, à Mombase, cette existence de chercheur et de questionneur que j'avais menée depuis deux ans.
Ceux qui voyagent, le livre à la main, dans leur cabinet, ne voient que le charme et l'intérêt que peuvent ofiTrif les contrées nouvelles, les mœurs, les usages, les costumes gracieux ou bizarres, la variété de types dans les divers êtres créés, les grands paysages et les grands horizons des mers et des continents ; les fleuves géants, les vastes campagnes parsemées de végétaux splendides et de fleurs aux enivrants parfums, les bois et leurs frais ombrages, les peuples qui commencent et ceux qui disparaissent ; en un mot, cette succession infinie de faits et d'objets qui passe dans la lanterne magique de l'amateur de voyages. Cependant, en pratique, les choses n'ont pas seulement ce beau cêté. Je ne dis rien
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— fi06 — été naladies ; on ne va |M)iiit à la guerre mus j recevoir des horions. Mais employer des Journées entière» à sonder, à prendre, ainsi qoe mes matheoreui ofikiers, des engles et des relèf ements, malgré le vent, la pluie, ief sables étouffants et les chalears eankulaires ; courir après les renseignements, interroger dn matin au soir, au moyen d'un In-^ terprèté, des brutes dont on ne comprend pas le Imgage, pour recoBoaltre à la fin qu'ils se contredisent eui-mémes, affectant de savoir ce qu'ils ignorent , s' entêtant à cacher ce qu'ils savent, trop ou trop peu complaisants, cherchant à vous présenter les choses , non comme elles sont, mais comme vous semblez dé^rer qu'elles soient, les uns prêts à répondre servilement à toutes vos questions ei en vue de la piastre que vous leur octroierea : « Il est l'heere qu'il plaira à Votre Majesté I » les autres vous iibrçant à ressasser indéfiniment les nèmesdemandesy les mêmes idées, pour n'arriver, grâce encore à une minutieuse critique, qu'à des demi-solutions : voilà un revers de médailifl(/ propre à consoler quiconque regrette de n'avoir pu donner essor à son humeur voyageuse! Or telles étaieiit nos tribaktions toutes les fois que nous
séjourmoos à terre.
Iprès tout, quelque dure ^ue fût la loi, c'était U loi, et
il y a dans l'accomplissement du devoir une jouiasaoce austère qui soutient le courage jusqu'à la fin du labeur : les breuvages amers offensent le palais et répugnent «u goût, mais ils restaurent et raniment^ nos forces. Du reste, eo faisant ces réflexions, je pense surtout à ceui qui m'entouraient, car, pour mon propre compte, j'avais une attraction bien marquée pour oe genre de vi« qui sattsl^isait à la fois mon activité physique et mon insatiable curiosité.^ j'ai eu
qali^aë» fMtaDti àé éèeoimfMieiil, ée n'a été qae ioniyae ia maladie «a des ordres stipérieurs n'ont antnré dans i'esécQtioo de ma tàciw. A Mombase, t>liH qu'ailleurs, je me livrais an travail avec acharnemeot; jamais je ne m'étais senti plus dispos, {amaés, aussi, ma santén'avait été meil* leare, et il ^ À noter qo'il eo fut de même pour tout notre personnel pendant le séjour da brick en ce port. A six heures du matift, je quittais le eawire en compagnie 4e M. Vignard ; un canot nous déposait au fond de la petite baie de Poa-i»- M'baraki, et de là nous parcourions allègrement le chemin de nrvita, tantôt à l'ombre des baobabs gigantesques ou des magntfiqaes mangaiera qui bordent k sentier, tantôt sous les rayons obliques du soleil naiti^ant qui pompaient sur nos vêtements la rosée secouée par les hautes herbes.
Dès notre arrivée au logis, la séance commençait. Grèce à Abdallah, qu'en nobre honneur, sans don te, le djémadarTanggni-ben-Chen'bé appelaii le dur chnkh AbdaUah«ben-Ali , grâce à Abdattah, dis-je, qui, outre les parents de sa femme, avait de nombreuses relations dans le pays, j'avais trouvé l'occasion de nouer connaissance avec plusieui^ cheikhs Ouam'vita et Ouakiliadini, qui , par leur âge ou leur position, étaient en mesure de me renseigner sur les hommes du temps présent et du temps passé. £t alors devant moi, doublé de M. Yigowd, doublé lui-même d'Abdallah, ces doctes persomiages venaient tour à tour déposer, sans, malheureusement, se croire obligés de dire toute la vérité et rien que la vérités Aussi Dieu sait quelles dépositions je recevaifit et %oe de cabne et de persévécaoce il fallait pour débrouiller le chaos de leurs assertions confuses, sinon contradictoires; c'était à désespérer un juged'iastractioo vieilli
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dans le métier^ Ma d}aBibce^sseiiiUiil<à une tcwr deM»el, et aux laofugeBdiyert^a'iin y parfaiit d'habitude, tefi^Mçais, l'arabe elle soBahhéliv a' ajoatak parfois l'idiooieé^itKiolqae peuplade de l'inténeur. Noosaorions en bieç besoin que le Saint-Esprit descendit surnos têtes pow nous infuser le don des langues, et nous artHis^^ plus d'une fois^ égayé nos séances par le refrain du Conclave de filérangef . sri'^^r
Les scènes n'étaieqt pas moins variées que le Is^age. Il m'est arrivé, par eieiâple, de faire danser chez moi , au son d'un gros bambou percé qu'an caravanier laissait tomber en cadence sur le sol, une jeune esclave de Tchaga. C'était encore Abdallah-ben-Ali, mon grand pourvoyeur de curiosités, qui nous avait procuré cette bayadère africaine. Elle n'était pas belle, mais, dans sa manière de refuser (car elle fit d'abord des façons) et surtout quand elle dansait, sa longue plume d'autruche à la main et les grelots tintant aux chevilles, elle avait un certain air de coquetterie si piquant, un jeu de physionomie et de gestes si mignard et si agaçant, qu'elle eût produit, je n'en doute pas, sous les flots de lumière et au milieu des bosquets du jardin Mabille, un effet renversant. On trouvera, à l'Album (1), le portrait de cette nouvelle Fanny Essler. '- îi < ;;- a- -^ ^ lu t
C'était à mes heures de récréation que je me donnais ces petites fêtes et que je recevais mes amis, parmi lesquels le djémadar Tanggui prétendait an premier rang. Le brave commandant s'était empressé de me rendre ma visite; je l'avais accueilli de mon mieux et, probablement, pour me témoigner qu'il y avait été sensible, il m'honorait fréquem-
(1) Voyez planche 45.
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