‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 69 sur 101 · SU · texte numérisé non relu

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et (oâte le eorres|londan«ie di|iioinà(iqu« àts chaiicelleH(sfi de l'Europe^ et1'«n ne trouvera rien «|Ui> bu p^nt de vue dt mérite épistolaire, soit supérieur à l'épttrê 4ii viiiut Béloutchi. Là forme en est «im^e et conTenable; tout y est fin, adroit, tout mot porte coup, tout y e^t à sft ptMft ; *(^'est titt modèle du genre, le ne pouvais être insensible à une éio^ quence de cett« (bree^^là, et mon ami eut son (^ ^é bofftnè qualité, son mctt en patn pour la médecine et Mb quatre tasses dont |e me gardai d'oubiter tes soucoupes, f^âi^e 6 Dieu que je n'aie pas fait là de <a bouillie pour les ehais! Pauvre djémadar !

Date câ)olum Belis&rio.

Au re^e, avant de m'adresser ces diverses suppif^weâ^ Tanggui-b€n-€hen'bé s'était acquis des titres à bm recon>- Daissaace. Penéant tout notre séjour à MoÉilNise, il se montra, je dois l'avouer, d'une galanterie Cbwrnanie. Il envoyait sels Béloutchi6 à la chasse de la gaselte et ^urvoyait abon^âimment notre garde-raan^r de cette savoureuse \e* naison. S'il y avait quelque chot<e de curieux à voir ou à entendre, j'en étais aussitôt prévenu par le bon commanliant qui se nettait eo quatre pour me procurer ma part du divertissement. C'est ainsi que j'assistai à la réception des chefs d'une caravane arrivant du pays de Kamba, situé à une trentaine de jours de marche dans le nord -ouest 4e Morabase. Cette caravane, chargée de 500 à 400 frazélas d'ivoire, s'était arrêtée à Rabaye, et de là on avait envoyé avertir le djé«a«lar qu« les chefs «liaient lui apporter le cadeau d'usage; c'était l'occasion d'une cérémonie accom-

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— Î12 — ^ plie par Tanggui avec d'autant plus de plaisir que, outre le présent qu'il devait recevoir, il comptait manigancer quelque bon coup de commerce avec les arrivants.

Dès qu'il fut informé que le cortège approchait, il m'envoya chercher et m'invita à me placer près de lui sous la beurza. Nous entendîmes bientôt retentir les cris de joie mêlés à la mousqueterie et aui sons du tam-tam ; peu après, apparurent les héros de la fête. Ils étaient précédés d'une vingtaine de soldats envoyés au-devant d'eux pour leur faire honneur et ajouter à la pompe quelque peu sauvage du cérémonial. Les guerriers de Tanggui, en grande tenue et eo armes, s'acquittaient de leur rôle avec un entrain remarquable, se livrant à la gymnastique la plus habile, pour exécuter une danse guerrière où tantôt ils jonglaient avec leur poignard et leur épée, tantôt frappaient d'estoc et de taille un ennemi fantastique. Un coup de fusil tiré de temps en temps semblait être le dénoûment de ce combat simulé. La populace rassemblée faisait chorus de clameurs aigres et discordantes, tintamarre auquel le mugissement des taïAstams formait une basse continue d'un merveilleux effet. En tête du groupe des Oua-Kamba , marchait le sultan Kivoi , escorté de son ministre , de quelques-unes de ses femmes , d'autres personnages plus ou moins marquants, enfin d'un certain nombre de nègres, simples comparses, portant sur leurs bras des dents d'éléphant, présent de bonne arrivée destiné à l'heureux djémadar.

Le cortège s'arrêta devant la beurza, et, après avoir échangé, avec les autorités locales, des poignées de main dont j'eus ma part, Kivoï et tous ses compagnons vinrent s'asseoir sur les bancs. Ce chef d'une partie du territoire de

Kamba , désignée aussi sous le nom de K.iyoï , comme on le Verra dans l'un des itinéraires donné à la fin de ce chapitre, était âgé d'environ cinquante ans; il avait le teint assez clair et de couleur rougeàt^e, mais les traits d'une laideur repoussante. Lui et son ministre avaient à peu près le costume des Soumal. Le seul vêtement des autres Oua-Kamba était un jupon couvrant à peine le haut des cuisses. Le ministre, dont le teint était moins noir encore que celui de son maître et tirant sur le gris violacé, avait une certaine dignité dans le maintien; ses traits rappelaient ceux de l'Européen, et sa physionomie fine et intelligente ne manquait pas de distinction. Tous deux, ainsi que leurs compagnons, étaient remarquablement grands ; ces derniers, nègres pur sang, avaient les cheveux crépus, le nez épaté, de grosses lèvres et la peau d'un beau noir glacé de fiolet. Les femmes, au nombre de six, appartenaient au fli^oné Kivoï. J'aurai tout à l'heure l'occasion d'en parler pt^ en détail.

Si je considérais comme une bonne fortune de me trouver à Mombase avec cette caravane, ceux qui la composaient ne se félicitaient pas moins, je crois, du hasard qui les faisait y rencontrer une collection complète de M'zongou. Une fois assis, on s'observa silencieusement; cependant j'aurais eu, pour mon compte, mille questions à adresser aux nouveaux arrivés ; mais, aux intermédiaires dont j'avais déjà besoin pour parler aux indigènes, il me fallait en ajouter un troisième sachant le souahhéli et le langage de Kamba ; par suite, Içs réponses atix questions que je hasardai furent beaucoup trop vagues pour m' encourager à poursuivre. Kivoï et ses gens avaient, d'ailleurs, autre chose en tête que fie la géographie; l'échange de leur ivoire les préoccupait

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exchisiveiBÇBt, au^i s'enteodirept-il^ bi^o p|Q$ vitç«fQe le djénHi4f r- Je remis donc à un iBomenV ^xa favpr^l^f pour çaptef leur attention, et, lorsque je lies sus libres d$ toute affaire, je priai Tanggui de me les eqvoyor à bor^. Au jour convenu, les embarcatiops du I^riqli, lièrent prendre mes invités et m' amenèrent le chef, deux de ses femmes, son ministre et l'individu qui leur servait 4' interprète, Eu s^rrivant sur le pont du Ducou&dic, ils parurent ébahis des choses nouvelles qui s'ofifraient à leurs regards. Au nombre des surprises que je leur ménageai, je n'avais eu garde d'oublier le festin, et ce fut le début de la séance, ^ivoï avait pour les liqueurs fortes un goût prononcé, et on le voyait, chaque jour, errer dans les rues de Mombase, l'œil éteint et la démarche indécise. Il fit donc honneur à l' eau-de-vie de cambuse, tandis que mesdames ses é^uses trempèrent à peine leurs lèvres charnues dans le^ ipie9$ Le sucre, les confîtures, les dattes recevaient d'el|^j(î| Men meilleur accueil. J' avais étalé sous leur^ yeu]| tç^t ce que je supposais devoir exciter leur curiosité : 1^ aceordéops et leç boîtes à musique furent pour elles un sujet d'admiration , mais celle-ci n'eut plus de bornes lorsqu'elles entendirent tonner le canon. Elles. n'hésitèrent même pas, ce qui m'étoana fort, à prendre part à l'exécution de notre bruyant concert. Kivoi leur donna l'eiemple; je lui mis en main le cordon du percuteur et l'engageai à tirer, sans le prévenir de l'effet qui allait se produire. A la vne du jet de flamme et au bruit de la détonation, ce furent des trépignements de joie enfantine, des cris de surprise, prouvant la solidité du larynx de ces dames; puis chacune, à son tour, tira sur la merveilleuse ficelle et se procura le plaisir de faire en un

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Ce$ femmes étaieBt léellemeqt dass un élat de jubifatioi enthqusiaste} les voyaet «auser entre elles d'un loa aniaé, je demandai à rintepprèle «e qu'ellea se disaient, et voiai oommont il me te traduisit : « Que bcmis tconraes heuieeses « d'ètr& \m {emmea de Kivoil saas cela neiui ne serions pas « venues à M'vita et neus n'aurions pas v« eetle beUe naair (( soB des M'zongou si bien arrangé^, n

Eh jetant un ooup d'œji sur \e visage igneible et atiruti de Kiroï, je tHouyai que ie hoqheur de ces pnu^ires oré^tures était acheté un peu cher; Biais, gardant pour vm eette réflexion , je mifi le comble à ieur ifF«^se en If^^r faisant upp abondante di^trihutipB de verrpteriets viiri^Pf-

De a:» deus feroaieft, l'upe était jeune, gf0pd§ e^ ^f\fi; eli^ aidait k im\ ^ini^^ 1q puivré^ comme pelpi à§ sqp mari, les traits m^ial^ffiÉiiefs et m^fl»e de M^^ y?u^; l'autre était âgée, oafre «I piint belle : N^s d^v«iri( que b^' impose l'hospitalité se me penBeltent pas de me servir d'une expression plus cfue. Toutes les dawx ovaiM la R^^u ^rè^fine. F.eurs cheveux durs, mais nqn crépus, étai^ longs de 16 à 20 centimètres et arrangés en petitet» tre^se^ tombant tout autour de la tèle; à l'une des \re^e6 de derrière, pendait une clochette qui tintait en t^fttant sur le cou. Pies per^aiept de^ pendants d'orujiles , de çuivr^, en forme de ^bap§aM chinois, et des cplliers dp verroteries et de grains (le me(#l entjlé^; de grandi^ i^nneau)^ de cuivre ^\ d'é^jn i^PBaippt Içprs jambes el leurs br£|s. Elles avaient , ^ur çertaln^^ p<)rUes du cprps, les s^ins et le devant ile^ cuissi^s, un t9|Qu^g§ en fnWd , assez joli, de fqrme |-^n}ière, et

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donnant à la peau, sans en changer la cooleur, l'a^Mict d'un cuir gaufré. L'une d'elles portait en bandoulière une petite corne, en fornoe de poire à poudre, contenant une graisse médicamenteuse. Elles avaient le buste complète- Oient nu ; leur unique vêtement consistait en une ceinture de cuir ornée de plusieurs rangs de gros grains de verroterie, et d'où tombait, devant et derrière, une double bande de même étoffe destinée è cacher les parties naturelles. Les morceaux de devant, présentant dans leur ensemble une largeur de quinze à seize centimètres, s'arrêtaient aux genoux; leur roideur et leur poids les empêchaient d'obéir aux mouvements du corps et aux fantaisies indiscrètes de la brise. J'aime à croire, d'ailleurs, quoiqu'on ne le vit pas, que quelque lambeau d'étoffe diisposé convenablement garantissait , contre tout accidentt les ^oits imprescriptibles de la décence. Les morceaux de li^É^re, descendant jusqu'à mi-jambe, simulaient les baipii de ce qu'on nommait autrefois un habit à queue de morue. Tout ce vêtement était couvert d'une innombrable quantité de grains de cuivre et d'étain alternés, imitant les broderies en perles sur canevas. Ces femmes et les compagnons de Kivoï méritaient donc, à peu de chose près, le sobriquet de M'rimanggâo ou Ouarimanggâo (gens qui vont nus), par lequel les Souahhéli de M'vita désignent les habitants de Kamba. "^^

Je fis mon possible pour ajouter l'une des singulières jupes de ces dames à ma collection de curiosités africaines; nies off'res les plus séduisantes demeurèrent sans résultat , et au nombre de celles-ci , cependant, il en était une des plus propres à les tenter. Posséder une chemise, chemise d'homme ou de femme, n'importe, est le rêve de ces beautés peu vê-

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tues ! Eh bien 1 elles restèrent inébranlables devant l'obiet de leur eonvoitise. Les combats et les regrets que leur coûta ce refus se lisaient sur leur physionomie; mais elles tinrent bon. « Comment donner à un homme un vêtement qui leur avait servi !![ » Ce fut là leur raison. 0 pudeur, où vas-tu te DJcher! s'écriera-t-on peut-être, et cependant pourquoi s'étonner? La pudeur, ce sentiment inhérent à la nature féminine, n'a pas de règles fixes; elle se traduit sous des formes différentes, selon les peuples, les époques et les lieux. Tant qu'il y aura deux sexes, on retrouvera partout les coquetteries provocantes de la jeune fille de Tchaga et les pudiques délicatesses des épouses de Kivoï. Celles-ci eussent tout fait pour avoir mes chemises et se pavaner dans ce gracieux accoutrement ; elles eussent tout donné , comme dona Sabine : 4si,i* ,?

Leur^Uité de colombe

Et leur amour !

Tout, pour celai... Mais céder à un homme le cotillon qui avait protégé leurs charmes, jamais!

Revenons à Mombase, qui ne mérite pas qu'on l'oublie, même pour les bizarreries des dames de Ramba. Au point de vue de la tradition, elle est, pour l'observateur, la localité la plus importante de la cête. Zanzibar est une parvenue née d'hier; Mombase a ses quartiers de noblesse et compte depuis longtemps dans l'histoire. En parcourant cette île, dont j'ai précédemment constaté les droits à la célébrité, je ne m'en suis pas tenu à jouir de ses frais ombrages, à admirer sa luxuriante végétation et la fécondité virtuelle de son territoire, à regretter tout ce que l'art y

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