‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 71 sur 101 · MO · texte numérisé non relu

MO

dition de 4836-1857, les habitants ayant été s'établir dans Gavana. " ' *^* ' ^^

En6n, è l'extrémité nord-ouest de l'île, en face da haut fond qui, dans les basses mers des grandes marées, forme gué entre elle et la grande terre, on rencontré aussi quelques débris de trois petits forts, simples maisons carrées, aux murailles percées de meurtrières, et que les Portugais y avaient construits pour défendre le passage de l'isthme : ils étaient désignés sous le nom de forts de M'koupa. L'un d'eux a été restauré et servait, lors de mon séjour sur l'île, de corps de garde à trois ou quatre soldats détachés de la garnison de la citadelle. , .

Deux chapelles ou édifices religieux figurent sur le plan de Rezende, entre l'emplacement où était/Kilindini et celui des forts de M'koupa ; mais il n'y en a plus de trace.

Dans la cité même, les seuls vestiges de l'occupation des Portugais sont les ruines de trois églises et quelques pans du mur d'enceinte dont ils avaient entouré la ville désignée aujourd'hui sous le nom de Gavana. Cette muraille, qui s'était peu à peu écroulée faute d'entretien, fut partiellement relevée sous le gouvernement des M'zara et mise en l'état où elle existe aujourd'hui.

Quant aux trois églises, elles sont situées tout près l'une de l'autre, à l'extrémité de la longue rue qui mène de la porte de l'ouest à la citadelle. La plus grande, par l'espace qu'elle occupe comme par sa disposition intérieure, me parut avoir été un couvent plutôt qu'une simple église; c'était probablement une maison religieuse appartenant à l'ordre des Augustins. On trouve encore, parmi les débris gisant sur le sol, des tronçons de statues de saints; on y voit aussi

quelques pans de mors qui ont dû faire partie d'une chapelle. Le mur d'enceinte a sans doute subi quelques réparations, car il est en assez bon état. Un c6té du bAtiment est resté logeable et servait de résidence au cadi. Les indigènes désignent cet édifice sous le nom de Gueriza (1) M'kouhou (grande église).

En dehors de l'enceinte et en face de la porte principale est une fontaine en maçonnerie, dont la construction révèle une main-d'œuvre ^ropéenne, et qui a dû être destinée au service du couvent.

Tout près de ce dernier, et du même côté de la rue, est une église beaucoup plus petite, qui n'a plus aujourd'hui que l'apparence d'une simple maison ; elle fut naguère occupée par quelques membres de la famille des M'zara. Un caveau fort obscur, attenant au bâtiment, renferme le tombeau de Séliman-ben-Ali, qui, comme on l'a vu dans le v* livre de la I" partie, exerça pendant trois ans le gouvernement de Mombase. Au-dessus de la porte de ce caveau, on lit l'ioscription suivante :

La date de la mort du vieux (père) Séliman-ben-Ali-ben-Osmanel-M'zourouï-er-Reustaki-el-Amani est le mardi 22 de redjeub de l'an 1265.

Les indigènes désignent l'église dont je viens de parler sous le nom de Gueriza M'dogo (petite église). Elle servait encore, quand je la visitai, de demeure à quelques personnes de la famille de Séliroan-ben-Ali.

La troisième enfin est située en face des deux autres ; il

(1) Je crois avoir déjà dit qae Goeriza est une corruption da mot por* tagais Igreja, qui ùgoifie église.

' ■ ■" --■ -irr !^^^y?^- y-""

=»-T^?3:ire^ ■ t^r«e-5i|T^; ii*<r

.^,:-.^,<^^SS^^p,4p.,^p,,lgpj|j^

ne re^të qu'une parère ées lâurs. €'@M là ^u'A été {fihutté le liéliténMl Reitt, mon» einÉf qu« je l'ai «lit Ailleurs, tes ex^lëràttt hi litière PÂnggàni, pei^dant^u'il exèrçèitè M^ttibbâe, alors pl&céë seu» t« protectorat eilglaià> les fohictfonB Qk rendent. Cette église â été côàyertie é& un<e êtable à vaches par quelques.banians habitait li^ tâ&iëMis tiftl^itiës, êé pèciHiâo^^â l'H dédig^ ttèpui» mit fè note âë G^értzaià-6ï^iottlbé ou H'gooimbé (églite aut ViK^hes).

E^ Hi vlsilailt> je trouvai, non téfA id« i'ëfic^mtn^ UHe ^pèce (Je piscine ou baptistère, monolithe tt^ftg d'un Wièlre et éemi ddns sa paHië i^upériéete, haut d'uti Mètre, M\ |)érois pôfié^, ël ëyant à peu près la fèrttiett^in vaisMftfi d'autel. Au raUîeu êe M fhéë ^ïitériëuré étiait ^ulptéë une tét*e d'agneau eh i^lief, et à chacUi^ de sëé ëUréitaitéi Une croik. 11 siibis- ^it Otae ptofiibaiion ahblog^ à celle éë régliâë «A é^^n dé lÀqaelle il gisAit et d'où il provetiait éVidërMnëht II sertait d'àùgë peur ab^eutër lés ftestlfaiix h^gésti^ns lé snn^tuâirè.

J'ai bien souvent, dans le cours de mes Voyages, noiam ment dans l'Asie Mineure et en Grèce, heurté du pied quelque noble débris, ou passé, chemin faisant, près de quelque grande ruine, sans m'arrèter, disirait ou in^difiHérënt que j'étais, pour leur rendre un hommage mérité ; mais sur cette côte perdue au bout du monde, où la civili.^ation a laissé si peu de traces de son rapide passage, prédisposé aux émolions respectueuses, comme je l'étais par le but de mes recherches de ce jour, je me sentis blessé en voyant employé au culte abrutissant de la vache, après avoir servi à celui du Dieu pur esprit, cet humble vestige, témoin de la piété et du courage des Portugais du xvi" stèl}ie> 4% résolu»^ dès lors,

■ -.'^^^^^^i-JWi^^iPT^,-'-'

dé rarracter tkés malffs éeii 0rtMniM(Bt««li^v "M, ^ feritlraftt chez tdoi« j'éc«4vis au «i/élMdar t<Migt^ imf rittVdriAér côHifoi^À l'aVate ^t^ éhdqUé qv'oh (l^^iiél è tel Ijlrioblié nùfé un ol^ jadis èoiiétf(»é au ^ttltë él^tfëii. J\e «brtélViais eti exprimant l« dé^ q^'H làë lé llVflil f)ôUi- ïïtèt^ 6h  une

Voici ce que me répondit le pauvre djémadar Tangj^iben-CfUen'bé \^\ â'ïVàft )»t'bt>é^if^t t^s tbihp^ uh ibot de MM lettve, i^t \\iï\ îhe ))Ht tbàt U titoM "pont ùh fou :

« ... Vous nous KiârqèeÈ que Vôuè ëésïïrei \à jW^rte dans « laqilrieiré bôiv^t H^ V«eM ^ëè bâiiftlM : ^adièï, I) mon « ami^ qu« eette fiette ti« m'à^^Ailfënt "pus, Maïs <)tt'é11é « est la )yi^pf iété de tèUs fels bàïiiètié tim V^ùi déminée à R l'utoge de )ea^ Vaclte^. SI je Waléh Vhi\S\t, ifs h« fné la « tlôlinei^mettt pa»s fm^ 100 pttSli^, ^.if ils ti'ont tîërt dé « plus chei' ^Mé l^rs vache!», et Voiis hfe Vl^iittirèz ftti. Si « vous e*i désirez ^é% iatitré> 'é^ntiét-tfi'ett %tiS, hfift »què je « fasse chercher si l'on pèiit «ft ll^yVëf ^ ^bHèil^è. Vbllà « ce que AoUÉ aviéns à vou^ ^pt^ndTé', èl tloM voà9 ^i^fèns « de nttUs répondi-e. Veuillez né pas vèas tîohtl^rtét tie «fela « et accepter cet état dé choses. Souvertiete-Wnià tjue hbus « soninaies dans une amitié unique. %

Évidemment Tangguï s'étèR iâ)ègi<né qu^ jf-ay^i des Saches aussi et que, « n'oyâttt rien de plu!» cher qu'efïélî, » j'étais devemi j*lo*x du magtiiftque*ibt^vWt où cèllfei fleS banians Se déS(il(>éra«eAt. (2è ta'é^il do^it ^âs ))6ùt- lïif ^*Unè affaire de tonmierce, et, en VéritifWé Àt8*è, il pVëiiaft se* précautiotas » «siitoàtrt «à d^^ùaWè fois ^ Va^uf la itttorcharidi^e ié|u'II ééJJêi'ait më ëéder. Wais je taé vertus pës «cccptéf <eêt étût rfè **èls«i et tîposlai pat une tiootelte liètlre

T- ':"^'^^simr!J^- nm} ^'■'^WWWWMfmWm!^

UD peu vive, où je me plaignais qu'on ne Unt pas compte des recommandation de Syed Saïdà mon égard. Cette fois, Tanggui s'émut comme un coursier qui reçoit de l'éperon, et se hâta de m' adresser l'épitre. suivante. Qu'on me pardonne de reproduire si souvent la prose du pauvre djémadar ; mais il me semble qu'elle le mérite par son originalité.

a A la personne du très-généreux et très-respecté, l'aimé, « le fidèle, le commandeur Guillain, Français, que Dieu le « guide dans le chemin des bien dirigés.

« Ensuite, nous avons reçu votre honorable lettre et nous « avons compris ce que vous nous y marquez, que vous avez « été surpris de notre réponse au sujet de la pierre.

<i Sachez, 6 notre très-cher, que nous vous aimons et chéa rissons, que nous tenons beaucoup à vous et n'avons « voulu aucunement vous contrarier pour une chose qui (( n'a pas de valeur. Je demeurais primitivement à Zanzibar, (1 et, lorsque notre^altre Saïd m'a envoyé à Mombase, j'ai « trouvé cette pierre en la possession des banians : je ne c( sais dans quelle partie de l'île on l'a prise, ni même si a elle ne vient pas du dehors. Ainsi donc, il n'est pas be- « soin de vous inquiéter pour une chose sans prix et qui (( est facile à avoir; je pourrais vous en procurer de plus « belles et de meilleures; cependant, si c'est à celle-là « même que vous tenez, dites-le, et, s'il plaît à Dieu, je ter- « minerai cette affaire à votre gré, et il en sera ainsi pour (( des choses plus difficiles. !Nous vous prions de nous ré- (( pondre, et tout ce dont vous pourriez avoir besoin de « notre part , faites-le-nous seulement connaître. Soyez toute jours dans un parfait état, vous et tous vos compagnons.

« Je ne manquerai à rien de ce que je vous dois, et il n'y (( aura entre nous que des rapports afiPectueux et amicaux. (( Vous avez apporté une lettre de notre maître Saïd; de « plus, Yous êtes de ses amis, je ne puis donc vous fâcher (( en quoi que ce soit et je ne ferai que ce qui vous conviena dra. Si vous avez besoin de quelque chose, envoyez notre (( ami Âbdallah-ben-Ali, ou bien l'aimé Vignard. Voilà ce a que nous avions à vous communiquer; puissiez-vous en (( être content.

« Ceci est de la part de votre ami, etc. »

L'affaire était gagnée, et elle fut réglée à ma complète satisfaction. Une quinzaine de chaloupiers du Ducouédic enlevèrent la fameuse pierre, gage de mon triomphe, et la transportèrent joyeusement dans leur embarcalion, puis à bord du brick. Elle a été, plus tard, déposée à Maïotte.

Cette concession de la part de Tanggui lui donnait prise sur moi , et il tira bon parti de sa position : encore une ou deux pierres de cette force-là, et mes porcelaines et mes provisions tout entières y passaient. Mais comment refuser le pauvre djémadar l'anggui-ben-Chen'bé? Dieu (qu'il soit élevé I) lui fesse paix et miséricorde pour les bons procédés dont il m'a, d'ailleurs, comblé pendant mon séjour à Mombase. - .,

Avec les occupations diverses auxquelles je me iivrais , le temps s'enfuyait pour moi à tire-d'aile, et le moment du départ était arrivé sans que je m'en fusse aperçu. En était-il de même de mes officiers? J'ai lieu de le penser, car je leur avais donné assez de besogne pouf que l'ennui ne les prit pas. Les uns avaient été employés à la levée du plan des deux ports et di^ mouillage extérieur, et, au point de vue

ni.

de l'agrément, oe n'étaient pas les mieui partagés» car, dans ia noasson de âtid'Oueat » la tner est grosse au dehors et les sondages longs et pénibles. Un entre arait été envoyé, dans les ririèrcs qui débouchent au fond de la baie , pour reconnaitre la position des villages les plus voisies de Mombase et visiter, à Rabayot le révéreod docteur Kraft, misstonnaife protestant, à qui je désirais faire offrir mes services. Enfin M. Bridet» le seul de dos dessinateurs qui fût libre alors, m'accompaguait dans mes courses^ prêt à utiliser son crayon au profit de notre Album. Quant au personnel médical, à qui l'état sanitaire de l'équipage laissait enfin quelques loisirs, il les employait à suivre M. Boivin dans ses scientifiques pérégrinations» tout en donnant la chasse aux porcs sauvages qui |;rouillaieDt dans Jes forêts de l'ile, et aux gaielles échappées aux balles des Béloutcbis de Tanggui.

Mais la fin des travaux sérieux avait amené celle de notre séjour à Mombase, et» le 50 mai» on Ot toutes les dispos! tions de départ. Il me restait trop peu de vivres pour que je pusse» comme j'en avais eu l'espoir» visiter Lémou et Patta, ou au moins un de ces deux points. Une partie du temps que Je comptais y consacrer avait été absorbée par la prolongation forcée de ma dernière relâche à Zanzibar. D'ailleurs la moosaon de sud^ooest entrait dans sa plus grand* force, et les difQcultés qui m'avaient été signalées pour la sortie de ces ports devaient être» à cette époque, i»- Burmontftbles. Ce fut donc vers Maïotte que je me dirigeai en quittant Mombase. Le 51» dans la journée» nous changeâmes de mouillage pour nous rapprocher de la passe et ÉSBUfer l'appnreiliagô du brick avec la petite brise de terre

fw^^l^^^^^?^^^^'^--

qui se fait ordinairement sentir pendant la nuit et les premières heures de jour. Le lendemain, à sept heures du matin, quoique cette brise pût à peine soulever nos voiles, nous parvînmes à sortir du port, remorqués par deux de nos canots. Dès que nous fûmes en bonne position, on mit les embarcations à bord et nous prîmes le large.

^^^iliPP|P|ipiPSP,-AIJ»,-.i.--»,pWlW*rVA#it

ÎSs''"!k^^^~

Page 1