D'AFRIQUE
Le mouvement commercial de la côte orientale d'Afrique comprend, sauf le commerce d'entrepôt, toutes les divisions principales qu'on est convenu d'établir dans le commerce, ce mot étant pris dans sa plus large acception , c'est-à-dire commerce intérieur, extérieur, et de transit ou de transport. La position centrale de l'île de Zanzibar, la souveraineté immédiate qu'y exerce le sultan de Mascate, certaines dispositions administratives et fiscales prises par ce prince, la production et la consommation beaucoup plus étendueis^, dans cette localité, que dans aucune autre du littoral, d'où résulte, pour elle, la spécialité de recevoir et de fournir un
t chargement entier ; enfin la facilité de son port et la sécurité plus grande que les étrangers y trouvent en ont fait le pivot du mouvement qui s'y développe sous les diverses formes indiquées plus haut. Il suffirait donc que ce port fût déclaré franc pour qu'il réunit les conditions propres au Commercé d'entrepôt.
Dans l'exposé qui va suivre, je considérerai tous les points de la côte placés sous l'autorité plus ou moins immédiate du Sultan comme ne formant qu'un seul et même État , dont le commerce intérieur consistera dans les échanges opérés de l'un à l'autre, et le commerce extérieur, dans ceux qu'ils opèrent directement au dehr^rs. Je ne tiendrai compte ni de la distance .qui les sépare ni de la différence existant entre leurs populations , les usages particuliers de celles-ci ou leur administration spéciale. Je vais rappeler quels sont ces points, et désigner particulièrement ceux qui prennent part au commerce sous l'une des deux formes que je viens de définir ou sous les deux simultanément.
Ce sont, à partir du nord , Ouarcheikh, Moguedchou, Meurka, Braoua, l'île Toualé, les îles Patta et Lâmou, Takaonggo, Mombase et ses dépendances, Ouacine, l'île Pemba, Tangat, M'tanggata, Panggani , Kipbmboué, Ouzimiha, Bouyouni , Sâadani, Kotini, Bonagamaio, Outond'houé, M'bouamaghi ou Bouramaghi, et plusieurs autres de la partie de la côte désignée sous le nom de M' rima; puis Zanzibar, l'île Mafiia, Oufidji , Marendégo, Maronguiongui , Kouavi, Kivin'ja, l'île de Kiloua, Tikeri, Rooanggo, Kissouéré, Mouquing'ha, Lindy, M'gào, Mikin'dani, M'sîm'bâti, Kiongga. J'en néglige qui sont sans importance ni intérêt pour la question. Tous participent plus ou moins au
commerce intérieur, et presque tous aussi, au commerce eitérieur. Il y a cependant lieu de faire une distinction, dans cette seconde catégorie, entre ceux qui exercent ce trafic seulement avec les peuplades de l'Afrique et ceux qui, recevant directement de tous les autres étrangers, peuvent leur livrer, en outre, des produits d'exportation ; ces derniers points nous intéressent plus particulièrement : ce sont Moguedchou, Meurka, Braoua, Lâmou, Mombase, Pemba, Zanzibar, Kiloua-Kivin'ja et Kiloua-Kouavi ; peut-être Kissouéré et Lindy, puis IM'gâo, Mikin'dani et Kiongga.
GOMHEBCE INTÉRIEUR.
Le commerce intérieur s'exerce sur les objets suivants : esclaves, chameaux, ânes, gros et petit bétail, peaux de bœufs , de cabris et de rhinocéros, cornes de rhinocéros , semen , miel, cire, dents d'éléphants, écailles, poisson salé, ambre gris, céréales (froment, riz et divers millets), diverses faséoles, graines et huile de sésame, autres graines oléagineuses (tondd'ho et kondé), cocos et huile de cocos, noix d'arec, girofle, copal, sucres et mélasses, café, fruits secs (dattes, amandes, raisins, noix), nattes et sacs.
Etoffes de coton, bois de construction, sel, verroterie, laiton, fil de fer, plomb, étain, poudre et armes, quincaillerie, vaisselle, verrerie, meubles, vêtements confectionnés, étoffes de laine et tapis, coton en laine, eau de rose et quelques drogues.
Esclaves : so., ouatouma (1). — Ils sont fournis à Zan-
(1) Le premier mot en italique qui suit le nom de chaque objet est la
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zibar par les ports compris entre le cap Delgado et Ouactne, priDci paiement Kiloaa et M'rima. Ceui de Kiloua appartiennent aux peuplades dont les noms suivent : les Oua-Nias<ia, les Otni-Komanga, les Oua*£ao, les Oua-Hehé, les Oua-Manendé^ les Oua-Makondé, les Oua-M'ghin'do, les Oaa> Tchéoua; par M'rima viennent des Oua-Dové, des Oua-Zigouha^desOua-Sagara, desOua-Kouavi, des Oua-Nyamouézi et des Oua-M'rima. Les plus estimés sont les Oua-Iao et les Oua-Makondé.- Aujourd'hui ils ne valent guère, aux lieux de provenance, plus de 5 à 7 piastres de marchandises (1) : sur le marché de Zanzibar, leur prix ne s'élève pas au-dessus de 20 piastres. Mombase en reçoit des mêmes points que Zanzibar, et quelquefois de celle-ci; Pemba, de Mombase, de Zanzibar et , parfois , de la côle de Kiloua ou de M'rim^. Lâmou s'en fournit aux mêmes lieux que Zanzibar et en tire aussi de cette dernière. Patta les reçoit de Làmou et de Zanzibar, d'où on en porte à Braoua, Meurka et Moguedchou. Depuis la convention passée avec les Anglais, qui prohibe la traite sous pavillon arabe au nord de l'équa-
(lésignatioD dudit objet en langage souabhéli; le deuxième, en langage soumali. So. est une abréviation de souahbéll , soum. une abréviation de sou mal.
(1) L'estimation ainsi donnée représente ia valeur desdites marcbandises sur la place de Zanzibar ; mais 5 piastres de marchandises prises sur ce marché peuvent , on le comprend, représenter ailleurs une valeur de 6, 7 ou 10 piastres et plus , et je dirais alors, poar exprimer la nou velle valeur acquise par les mêmes objets, 6, 7 ou 10 piastres en mar-
chandises.
Nota. — La partie de la côte soumal où se trouvent les villes de Braoua, de Meurka, de Moguedchou et autres, devant lesquelles les bateaux arabes cherchent an abri, s'appelle Beur-el-Bénadir, terre des ports, et, par abréviation, on la désigne communément par £1-Bénadir, lek ports. ' ''
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teur, Ut esclaves espédiës du sud pour cet trois derniers porta SQAt débarqués sur quelque paîot ea deçà du Doub, d'où ils aoDt coaduits, parterre, à leur destination.
CsAUBAirx : so., ngamya; soum., ^u^. -— Ils sont four- Dîs à Zanzibar et a Lâmou par les Bénadtr ; leur prix varie, à Zaitfibar, entre 8 piastres pour une jeune bète et â5 ou 30 piastres pour un bon animal de travail. Ceux de cette seconde catégorie sont employés à faire aller les moulins à huile; les jeunes servent ordinairement à Talimmitation ; leur cbair est fort goûtée par les Arabes.
Anbs : so., pounda; soum., demir. —Us sont fournis par les Bénadir, Mombtse et M'rima à Zanzibar» où leur prii varie de 4 à 8 piastres. Ils valent, à Mombase, de ^ à 6 piastres ; à M' rima, de 2 à 5 piastres.
BoBUFS : so., fi'^omb^ moumé; soum., dibi. — Ds sont apportés de Mafita, M'rima, Peroba et parfois des Bénadir à Zanzibar. Mombase en reçoit aussi quelques-uns de Ptmba, Lâmou, Patta et des Bénadir. A Zanzibar, le prix moyen eft de 7 è 9 piastres pour ceux de Pemba, et de 6 i 7 piastres pour ceux de M'rima et de MaOia. En ce dernier lieu, ifs coûteraient de 4 à 6 piastres ; â M'rima, de 5 a 4 piastres de marchandises, mais ils sont petits; à Pemba même, ifs vaîent de 5 à 6 piastres; à Mombase, de 6 à 7 piastres; à Braoua, de 5 à 6 piastres; à Meurka, 4 piastres; et, peui-^re, on peu moins à Moguedchou. Les bœufs des Bénadir sont de Tespèce commune à l'Europe et au nord de L' Afrique; iU sont recherchés pour leur grosseur : ceux de NoBïbMe aoQt plu» gras et mieux go4tés; ceux de Pemba, de Pespèce zét)u, quoique plus petits, jouissent, â cause de la qualité de leur chair, de la même faveur que les précédents.
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Noctoirs : so., gondoro; soum., aueir. > — Les Bénftdir et M' rima en fournissent à Zanzibar, où leuf prix est de 1 piastre 1/2 à 2 piastres; le mouton des Bénadii* est g'éné^ ralemeat préféré ; c'est l'espèce à tète noire des pAji Mumal . Le mouton à poils de M 'rima es.t, de beaucoup, le pfds commun au Souai^hel.
A M' ri ma, ils ne coûtent guère que 1/4 de piastre de mai''chandises; aui Bénadir^ leur prix varie de 1/2 à i piastre. Cabris : so., m'bouzi; soum., rio. — Ils sont fournis par les Bénâdir, où ils valent de 1/4 de piastre h 1 piastre A Zanzibar, on les paye de 5/k de piastre à 2 piestres.
Peaux DE BOEUF : so , goovi-ia'n'gnombé; gotim., djerao. — Elles sont apportées des Bénadir, de Làmou, Pemba et M' rima à Zanzibar. Elles viennent en sec et en vert de$ deux premiers endroits; et exclusivement en sec des deux derniers. Les trois ports de Braoua, Meurka et Moguedchou en expédient environ, par an, de 1,000 à 1,200 kourdja (1), au prix moyen, pour la kourdja, de 7 piastres 1 (2 en sec et de 8 à 9 piastres en sel. A Pemba, la même quantité se vend^ de 2 à 3 piastres 1/2. A M rima, on la traite au moven aB~^ marchandises et en nombre arbitraire. A Làmou, le prix est ^ le même qu'à Braoua ; on y prépare plutôt les peaux en vert qu'en sec. Le tannage des cuirs y est mieux opéré que sut tout autre point de la côte; la peau tannée y est vetidue de 7/8 de piastre à 1 piastre. A Zanzibar, les peaux salées valent de, 10 à 12 piastres, et les sèches, de 9 à 10 piastres la kourdja.
Le prix était un peu plus élevé il y a quefqueé cinâées.
(1) ta krardjft est U viogUiM.
mais la demande des Anglais et des Américains a diminué sur cet article en augmentant pour le sésame et plusieurs autres objets.
Peaux de cabri : so., goovi-ia-m'bouzi. — Braoua en envoie quelques-unes à Zanzibar. On les emploie habituellement pour confectionner des outres, soufflets à forges et certaines parties des sandales.
Peaux de rhinocéros : so., goovi-za-pea. — Elles viennent à Zanzibar des Kiloua et des ports au sud ; le prix en est très-variable ; on s'en sert pour faire des boocliers de diverses formes.
Cornes de rhinocéros : so. , pembé-za-pea. — Elles arrivent des mêmes lieux que les peaux, et aussi des Bénadir. Elles se payent, aux Kiloua, de 4 à 6 piastres la frazela, et, à Zanzibar, de 8 à 12 piastres. Elles sont vendues parfois ce dernier prix à Moguedchou, mais elles valent le plus ordinairement de 6 à S piastres dans les Bénadir.
Beurre fondu : so., som'îi. — On en tire principalement de Pemba, Ma6ia, Mombase et des Bénadir qui, tous, en fournissent à Zanzibar. Les Kiloua et les points au sud en reçoivent de celle-ci et de Mombase.
Le beurre fondu ou semen se prépare avec du beurre ordinaire que l'on fait bouillir en y mêlant un peu de riz blanc ou quelques feuilles de tamboul (bétel), et souvent ces deux ingrédients réunis. En certains endroits, on y ajoute quelques graines de guelguelane (coriandre), qui lui donnent un parfum agréable. On l'écume avec soin, puis on le verse dans des jarres nommées kaciki, ou dans des calebasses dites t'hongo; les unes ont une capacité de 2 frazela, les autres de 4 environ. S'il a été bien préparé, il doit
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rester presque liquide. Aux Bénadir, pour en augmenter le Tolome, on fait entrer dans sa composition la graisse de mouton ou de bœuf; il en contracte une odeur et un goût déplaisants que ne rachète pas le bénéfice du bon marché. La frazela y vaut, en effet, de 2 à 3 piastres, comme à Mombase ; elle coûte, è Pemba, de 5 à 4 piastres ; c'est le semen de Pemba qui se conserve le plus facilement : on attribue cette supériorité à son mode de fabrication. Â Zanzibar, il est réputé comme ayant le meilleur goût ; la frazela s'y vend de 5 1/2 à 5 piastres. A M' rima, on l'échange par quantité arbitraire. '
Miel : so., açaU-ia-niouki ; soum«, meîeb. — On en recolle dans tout le Souahhel et les Bénadir, mais il est de . différente qualité, selon les lieux. Le meilleur, qui est pur et Irès-blanc, vient de Mafiia et de Couâlé ; il est, aussi, blanc et de bonne qualité aui Kiloua, à M'gâo et à Lindy; sur les autres points du Souahhel et aux Bénadir, il est jaune et inférieur aux précédents. On en consomme partout, et l'emploi en est assez varié. On le mange avec le pain (m'katé) dans la saison froide ; on lui attribue la propriété de réchauffer. On le mêle à une pâtisserie du nom de manan'dazy ; on en fait encore, avec de l'eau de riz et du fenugi^ ( haleba des Arabes, et ouatou en souahbéli), une boisson qu'on prend comme réconfortant à la suite d'une longue course ou d'une grande fatigue des organes respiratoires ; et, pour prévenir les affections qui en pourraient résulter, on l'ajoute è une quantité égale de semen : le tout est administré par dose d'une tasse à café. Enfin il remplace le sucre dans le thé, le lait et les préparations médicamenteuses. Les habitants des Bénadir arrosent leur riz avec un mélange de cette substance, de
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lait caillé et de botiillon de viande. La frazela de miisl revient à 1 piastre i/2 ou S piastres la meilleure qualité ; à M'rima eeuleroent, il se vend en quantité arbitraire; à Zanzibar, oà on le trouve en plus grande abondance parce qu'il y est apporté de presque tous les autres points, on le paye de 4 piastre|l/4 à 1 piastre i/2 la frazela de qualité commune, et de 2 pias très à 3 et 3 1|2 les qualités supérieures. •
Cire : so., in la. — On la recueille dans les mêmes endroits que le mie) ; les localités où elle abonde sont Femba, Couplé, Maflia et les Riloua. La plus belle est celle de Mafiia; on en coule une partie en bougies sur le lieu même, et on les porte à Zanwbar, où elles valent de i piastre à 1 piastre 1 4 la kourdja. Sur ce dernier marché, qui en reçoit de Peraba et des ports du sud, la frazela de cire brute se vend ordinairement de 4 piastres i/2 à 4 piastres 5/4; quand elle est rare, c'est 5 piastres et jusqu'à 6 piastres, selon les exigences de la consommation. A Mombase, elle est toujours plus chère que dans les ports du sud et se paye de 4 à 5 piastres. Zanzibar fabrique aussi de la bougie, mais elle est plutôt destinée à l'exportation qu'aux besoins de la localité; les individus assez riches pour brûler de la bougie préfèrent celle qu'apportent les Américains ou les Anglais, et dont le prix est, d'ailleurs, peu élevé.
Ivoire (dents d'éléphant) : so., pembé; soum., foui. — On l'envoie à Zanzibar des Kiloua et ports au sud, de M'ri ma, des îles dites Vicihouat^ (îles Dundas) et des Bénadir. C'est de M'riroa qu'en arrive la plus grande quantité, et c'est la meilleure qualité d'ivoire. Los prix de la frazela, aux divers lieux d'expédition , sont comme il suit :
A Kiongga, ta première et la deuxième qualité de 20 à
— su —
23 piastres de marchandises ; tux &iloua« l« pfenière (|iiêlité de 27 à 28 piastres de marchandises; à M' rima, de S il 22 piastres de tnarchandises; à Mombase, tes prenHàre et deuxième qualités, de 26 à 56 et S8 piastres; à fiimoti, un peu moins; aux Bénadir, de 42 à 56 piastres; à Zanzibar, de 12 à 38 piastres. Il en passe annuellement sur ce marché environ 25,000 frazela, selon une autorité compélente d'ailleurs. Cependant des négociants indigènes m'ont donné le chiffre de i 7,000 frazela, 18,000 au plus, et j'ai lieu de croire cette dernière estimation plus exacte. On reçoit auMl des ports du sud quelques dents d'hippopotame qui se vendent de 7 à 8 piastres la frazela. '
Écaille : so., n* gamba. — Elle est fournie k Zanzibar par les ports compris entre le cap Delgado et Maflia, par Pemba et les îles Vicihouani. Elle se paye, sur les lieux d'ex* pédition, de 4 piastres 1/2 à 6 piastres de marchandises iè men; celle du nord est de meilleure qualité. A Zanzibar, elle vaut de 8 1 /2 à 10 piastres 1/2 le men ; c'est un article déprécié sur ce marché depuis plusieurs années.
Poisson salé : so., goo eipapa. — Il est réparti sur les divers points du Souahhel par le^ ports de Lémou et Mombase qui le reçoivent de l'extérieur.
ÀBfBRE GBis : so., ambari ; soum., ambeur. ^^ On le recueille sur la côte soumali et dans les îles Vicihouani . Il coule, à Zanzibar, de 2 piastres à 2 piastres 1/2, le poids d'une piastre, c'est-à-dire l'once. La qualité supérieure se vend ordinairement trois fois son poids à peu près. L'ambre est crié sur le marché de Zanzibar.
Froment : so., ngano^ soura., bourr. — Zanzibar qui le reçoit de l 'extérieur, et où il vaut de 2 à 5 piastres 1/2 le
sac de 26 à 27 kila (1), en importe un peu à Pemba et aux
Kiloua., ■■': , ■-'■■■ ■•■ ' '^^- ^^ > >-. -'i; •
Riz en paille : so., m'ponga^ souiq., chélébi.
Riz MONDÉ : so., m'ihéléf soum., bezid. — Zanzibar s'en approvisionne à Pemba et sur le territoire arrosé par l'Ou- Gdji ; de celui-ci il est apporté en paille ; de l'autre, en paille et mondé. Mombase en reçoit un peu de Pemba ; Lâmou, de Pemba et de Zanzibar ; Patta et les Bénadir en reçoivent de ces trois derniers points; les Kiloua, de MaGia et de l'Oufidji. À Zanzibar, on a communiément pour i piastre 24 kila de riz en paille de Pemba et 26^ kila de celui de TOufidji; le riz blanc de Pemba y est de 8 à 10 kila à la piastre. Le peu de riz que l'île de Zanzibar produit est d'excellente qualité, et les indigènes le préfèrent à tous les autres; mais cette production diminue chaque année par le développement continu de la culture du girofle.
Maïs : so., m'hùidé. — On le cultive sur toute la côte et principalement à Zanzibar et à Mombase, d'où on en porte quelquefois à M' rima, quand la récolte y a manqué. A Zanzibar, 20 à 45 kila, selon la saison ou le plus ou moins d'abondance de la récolte, ne coûtent pas plus d'une piastre. A Mombase, on en a jusqu'à 80 et 100 kila pour le même prix. C'est en septembre et octobre que, dans cette ville?, il esta meilleur compte; à Zanzibar, c'est dans la première moitié de la mousson de nord-est, en novembre et décembre.
Outre les céréales dont il vient d'être question, il est plusieurs espèces de millets qui sont l'objet d'un grand commerce ; ils n'ont pas de nom dans notre langue, si ce n'est
(1) La kila de Zanzibar équivaat à 2 men de Moaggai.
lears noms botaniqaes, que je e'ai pas toujours pu retrouver» ce sont : le moufama [doura ou iâam des Arabes, et zeurrout chez quelques tribus ; djouarx des Hindons ; torghum vulgare); le mahttélé (baziry des Arabes ; badjeri des Hindous; panicum spicatum); enfin le ouimbi et le ^'manga: ' ■ ^ ; ^ '
MouTAUA {mmtramat à Ouacioe et aux Gomorres). — Il est cultivé en grande quantité sur le littoral, depuis le cap Delgado jusqu'au delà de Moguedchou. C'est un grain de la grosseur du millet, mais de forme plus ronde. Il y en a de rouge et de blanc ; les deux variétés e&istent également dans le Souahhel, principalement dans la partie du sud ; aux Bénadir, la première est bien plus commune que la seconde.
Le moutama des Kiloua et de M'gaô passe pour le meilleur; celui des Bénadir est considéré comme inférieur à celui du Souahhel. Ce grain forme la base de la nourriture des habitants de la côte, et y remplace absolument, pour la masse de la population, le froment ou le riz; les riches eux mêmes en consomment autant que de ce dernier produit, qui y passe pour n'être pas aussi substantiel et fortifiant. A Zanzibar, au contraire, la classe opulente n'en use que trèsrarement, sauf les gens originaires de Chehenr, qui Iç préfèrent à toute autre céréale. Zanzibar en cultive peu, ^arce qu'on s'y livre à des exploitations d'un plus grand rapport, mais elle en reçoit des Bénadir, de Lâmou et principalement de Pemba et des Kiloua. L'abondance de ce prodoit , l'impossibilité de l'exporter directement au loin permettent à certaines localités de verser leur excédant aux points voisins moins favorisés.
La principale récolte de moutama se fait en juillet et août
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dam l« Sonahbel, en jain et décembre dans les Bésadir. Anx Kiloua et dans les ports au sad, la djezela (60 kiia) de ce grain se paye de 4 piastre 1/3 à 4 piastre 3/4 de marcliandises ; à Zanzibar, on en a de S9 i 35 kiia pour 4 piastre; à Nombase, de 24 à 36 kiia; à Lâmou, comme à Zandliar; à Braoua, de 40 à 60 kiia; à Meurka et Moguedchoa, aux environs desquels on en cultive beaucoup plus, on en a ordinairement 400 kiia à la piastre (4).
Mahoublé. — Il est cultivé presque ezclusivement à Zanzibar, Mombase et Tangat, d'où il est porté sur d'autres points. C'est un grain de même forme que le millet, un peu plus petit et de couleur gris verdâtre. Comme le moutama, il sert à foire du pain, mais est moins recherché que ce dernier, si ce n'est par les banians et les Heunoud, qui l'emploient de préférence pendant la saison froide. A Zanzibar, on en a, selon l'époque, de 24 à 40 kiia pour 4 piastre.
OniHBi et KIMAN6GA. — Ce sont des grains de la grosseur du mil ; le premier est noir, le second blanc, ou jaunâtre ou rouge : ils paraissent n'être que des variétés d'une même semence, les plantes qui les produisent n'étant pas sensiblement différentes. Tous deux sont cultivés à M'rima, Zanzibar et Mombase, en bien moindre quantité, toutefois, que le moutama et le mahouélé, quoique servant à peu près a des usages semblables.
Il est plusieurs espèces de faséoles qui donnent lieu aussi à quelques transactions; ce sont les kond'hé [loubia des
( 1 ) Pour les trois derniers lieux comme pour les aotres, les quantités sont doQDée« eo kiia de Zanzibar.
Ambes, dirr des Soumal, je crois), «orte de baHcot (rèspetit, qai , lorsqu'il est sec, a la peau de même oeulenr que c^le de la gonrgane; les tehoko {monggui des Arabes) de couleur vert noir, de forme cylindriqae et au moins de moitié plus petits que Us kontfhéf les flhoui, de la grosseur de nos petits haricots , mais moins plats et remarquables par la longueur de la suture qui attache la graine à la pousse, membrane qui prend presque la moitié du périmètre de la fèTe, et qui , quand celle-ci est sèche, tranche par sa blancheur sur le brun^rouge de la peau ; les amb^razi (diverses variétés d'ambrevadei); les mmpakoualêy espèce que je n'ai pas vue.
Enfin on importe encore, à Zanzibar, de M' rima, Mombase, Pemba, certaines racines nutritives, tellié que le manioc (so., m'hogo) et des tubercules du genre des pistaches de terre, que lesSouahhéli nomment, les unsm'yo^o nyassa et les autres m'jogo.
Sésame : so., oufoutha. — On le cultive dans tout le Souahhel depuis Kionga jusqu'à LAmou, principalement à M'gâo, Tangat, Mombase et Lâmou. Zanzibar en reçoit des points au sud de Tangat et de ce port qui en fournit aussi à Mombase. Le sésame est noir ou blanc ; le noir est récolté plus particulièrement à Tangat et au nord; le blanc vient du t^ud. On a commencé à le cultiver dans le pays soumal en arrière des Bénadir. A la côte sud, on a de 25 à 36 kila de cette graine pour moins de 4 piastre de marchandises.
A Zanzibar, 19 ou SO kila pour i piastre; à Mombase, de même; à l.âmou, 22 kila, et aux Bénadir, de 20 à 50 kila pour 1 piastre. La récolte a lieu, dans le Souahhel, en oc-
tobre et Dovembre; dans les Bénadir, il y en a deui ^ui se font aux mêmes époques que celle du moutama ; malgré l'extension de la culture du sésame, le prix de celui-ci a un peu augmenté dans les dernières années.
On estime qu'il en passe annuellement de 16,000 à 17,000 djezela (de 2,800 à 5,000 tonneaux) sur le marché de Zanzibar. -r
Huile de sésame : so., mafoutha. — Nous savons déjà que Zanzibar, Mombaseet Lâmou en fabriquent. Le premier marché en expédie sur quelques points au sud, et l'échange a Pemba contre du semen ; Mombase en fournit aussi un peu à Pemba. A Zanzibar, le prix de la frazela varie de 1 piastre 1/4 à 1 piastre 5/8. Le sésame blanc donne, dit-on, un peu moins d'huile que le noir, mais elle est plus 6ne et plus limpide que celle extraite de celui-ci; on m'a assuré que 12kila de sésame rendent 8 men d'huile, par les moyens d'extraction employés dans le pays, moyens qui sont très imparfaits comme on a pu le voir.
Autres graines oléagineuses : tond doo y fruit du m'tonddoo (le takamaka de Madagascar); kouméy graine d'une sorte de courge produite par une liane {joli fia af ricana) (1). — La première, qui existe en abondance à Pemba et à Zanzibar, sert à faire une huile à brûler. Pemba en fournit à Mombase et à Lâmou pour cet objet. La seconde donne une huile à manger très-fine; la liane qui la produit est fort commune à Zanzibar : les fruits en sont gros, et chacun d'eux contient une grande quantité de graines.
Cocos verts : so., madafou; secs ou germes, nazi,
(1) D'après M. Boivin.
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soum., narguil. — On les récolte anx tles Maflia, Zanzibar tit Pemba, dont le sol est planté de nombreux cocotiers. De ces trois points on en exporte aux Bénadir et aux Kiioua. A Mombase» où l'on trouve aussi de ces fruits, mais^en moindre abondance, ils valent de â piastres 1 /2 à 3 piastres le millier; à Mafiia et à Pemba, de 1 piastre 3/4 à 2 piastres 4/4; à Zanzibar, de 3 i/^ à 4 1/2. Il n'est pas un arbre, on Fa dit souvent, dont l'utilité soit, pour les habitants du pays, plus réelle et plus générale que celle du cocotier. L'eau du coco est un breuvage des plus agréables, surtout pour des gens qui ne peuvent user de boissons plus généreuses ; le suc laiteux que contient l'amande fraîche sert à la cuisine, dans laquelle il tient lieu de lait et d'huile à la fois; l'amande, sèche et légèrement fermentée, donne une grande quantité d'huile à brûler ; la coque sert pour vases ; le brou remplace le chanvre pour le cordage; la feuille fournit la couverture des cases; enfin, avec le tronc, on fait des rouleaux pour traîner des objets de poids, des pieux pour pilotis, des corps de pompe, etc.
Huile de cocos : so., mafoulha-ia-nazi. — On n'en fait au delà des besoins de la consommation locale qu'à Zanzibar, et un peu à Pemba : ces deux points en approvisionnent plusieurs endroits au nord du Souahhel et aux Bénadir, où les cocos manquent. Elle vaut , à Zanzibar, de i piastre à 1 piastre 1/2 la frazela. Les noix de Mombase et de Zanzibar rendent, dit-on, un peu plus d'huile que les autres.
Noix d'arec : so., popo. — L'arec est cultivé à Zanzibar, à Penaba et aux environs de Panggani. Les noix de ce dernier lieu ne sont pas de bonne qualité. On en porte des
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deai ilds à M'rniui» Lâmou et à tods tes autres points de U côte, Pemba eo feàrnit aossi à Zanzibar; on en a de hait à dix milld pour i piastre. v
GnoFLii : se, krùmfel ou karafo. -^ Les Souabbéli se serrent du girofle pour diyers usages , mais toujours eo trèspettte quantité. Ils l'emploient à l'état naturel comme COih diment, et en infusion, comme médicament tonique, dans certaines affections. Ils confectionnent des colliers^ des boutoD» d'oreilles et autres ornements de femme avec des dous enfilés^ ou bien avec une pâte obtenue en les broyant et dé^ coupée sous diverses formes; enfin ils foDt entrer cette éptcc dans la préparation de la bouillie nommée tiboUy qui sert à la cérémonie funèbre du hcUil. Le girofle de Zanzibar et de Pemba, quand les plantations sont bien soignées et les bon* tons convenablement cueillis^ est de très-bonne qualité. Le chiffre de la production a considérablement augmenté depuis ces dernières années. La plus forte récolte qu'on ait faite de cette espèce a été celle de 1848-49, qui ne doit pas avoir donné moins de 120,000 à 130,000 frazela, y compris le produit de Pemba, dont le girofle est presque tout porté à Zanzibar. Une grande récolte est, ordinairement, suivie d'une beaucoup moins considérable et souvent même très-faible ; en 1847-48, elle n'avait été que de 55,000 à 40,000 frazela ; mais celle qui l'avait précédée s'était élevée à peu près à 100,000 frazela. On pourra juger, par les chiffres suivants, du développement qu'a pris, en peu d'années, cette culture dans les possessions du Sultan : en 1859-40, le chiffre de la production a été estimé à 9,000 frazela; en 1845-44, à 30,000; en 1846-47, à 97,000. Dans les premières années, il avait été vendu, à Zanzibar, au prix moyen de k pias
tre» 1/4 U frtzela; daiii les années suiyarvie», de 2 pias* très 5/4 k 3 piasires aprè» récolte abondante, ei de 3 1/2 à 3 5/8 après mauvaise récolte. Ëa nOTensibre 1848, à moitié de la récolte» il n'était qu'à 2 piastres 1/3, et l'on pensait que, selon les prit obtenus pour les premiers envois faits à Bembay^ il tomberait à 2 piastres 1/4 et même, peut-être, à 2 piastres la frazela.
CoPiJ. : so., sandarouMi. — Il esi recueilli sur tout le littoral depuis le cap Delgado jusqu'à Rax-Goméni, situé par les 3" de latitude sud. La z(H»e de terrain de laquelle on l'extrait est éloignée de la c6te d'environ trois iouroées de ouirehe, dans, le sud du Souahbel , et d'un peu moins à mesure qu'on avance vers le nord. On commence à en trouTer généralmBent à une beure et demie ou deuiL heures de marche du rivage. La couche où il gît en morceaui séparés, ioégalement distants les uns des autres, commence à environ i coudée au-dessous de la surface du sol, et elle a 4 coudées d'épaisseur. Le copal e»t produit par ïhyfMnœa vtrrucosa (1), arbre très- élevé, au tronc droit et déftudér dont les Arabes font quelquefois des mâtures pour les grands bateaux. Cette résine paraît être principadement exsudée par les racines de l'arbre et n'acquérir toutes ses qualités qu'après un séjour asseï long dans la terre; du moins, n'est-ce que celle qu'on en tire qui possède la propriété d'être insoluble dans l' alcali de potasse, tandis que le copal réceaunent exsiuié, et notammeot celui qui a été récolté sur le tronc ou sur les branches, à l'air libre, ne supporte pas ce lavage. Partout où on le trouve dao» Létat voulu pour
(t) D'acte M. Boifin. 1
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qu'il ait toute sa Valeur coifimerciale et ioduslrielle/ il n'existe plus de vestiges des arbres qui l'oot sécrété, et la résine recueillie là où les arbres subsistent n'est pas de bonne qualité. Syed Séliman, l'une des personnes dont on puisse attendre les idées les plus positives sur ces sujets, aflirme que le bon copal ne se produit que quand l'arbre meurt. Cette assertion, convenablement commentée, n'est pas sans fondement; il est probable que l'exsudation des racines ne serait, comme dans certains arbres, le bois noir, par exemple, qu'une maladie qui fait périr l'arbre par épuisement ou par une sorte de déviation de la sève. La qualité du copal paraîtrait aussi n'ètr-e pas complètement indépendante de la nature du sol dans lequel il est enfoui. Cette apparente influence du terrain s'est-elle exercée sur l'arbre générateur, ou directement sur la matière engendrée? Aucun indigène n'est en état de le dire. L'expérience seulement conduit à reconnaître que le copal Trouvé dans les terrains fins, légers, sablonneux est plus blanc et plus pur que dans les terrains ocreux et argileux. Le copal vert, c'est-à-dire celui qui est recueilli sur l'arbre ou à la surface de la terre, autour du pied, est bien plus friable et ne saurait, assure-t-on, être employé à la composition des vernis secs ; on le confond quelquefois , sous le nom de tchakazi , avec une autre résine de couleur plus claire, que beaucoup de naturels prétendent être fournie par le même arbre que le copal , mais qui , selon toute apparence, est une matière bien différente. D'après Syed Séliman, il est exsudé du tronc et des branches du copalier mâle ou femelle, je ne, sais plus bien ; toutefois M. Boivin, qui a eu l'occasion de voir des copaliers sur l'île Zanzibar, repousse cette asser-
tion, parce que, dans le genre auquel ils appartiennent, l'individu est toujours monoïque; il ne lui pas été permis, d'ailleurs, de constater l'existence de la matière dont il s'agit sur l'arbre qui la produit.
Le tchakazi est exporté par les banians dans l'Inde, et de là, en Chine; j'ai décrit, au second chapitre, l'emploi qu'on en fait à Zanzibar.
On trouve encore un peu de bon copal dans certaines parties de cette île, mais on l'y cherche de moins en moins ù mesure que les cultures régulières s'emparent du sol , parce que les fouilles nécessaires pour se procurer la résine bouleversent le terrain. Son marché en est, du reste, approvisionné par tous les points de la côte sud; il en tire en petite quantité de Panggani et de Mombase. A Kiongga, Mgâo et Lindy, on le paye de 1 piastre 1/2 à 2 piastres 5/4 de marchandises ; aux Kiloua, de 2 1/2 à 5 1/2 piastres de marchandises, ou de5 à 4 i/2, en argent; si la gomme est grattée, les prix qui viennent d'être indiqués s'augmentent d'environ 1 piastre. A Oufidji et, en général, "sur la côte de M'rima, le prix de la frazela équivaut à 2 1/2 ou 3 piastres de marchandises; à Zanzibar, elle coûte, selon la qualité et non grattée, de 2 piastres 1/4 à 5 piastres, et de 5 1/2 à 6 piastres, quand elle est mondée; à Mombase, elle serait payée 1/2 piastre de moins, mais elle n'est pas aussi bien nettoyée. Depuis deux ou trois ans, le prix du copal est en baisse sur le, marché de Zanzibar; la quantité qui s'y présente est supérieure à l'exportation, et cependant celle-ci a dépassé le chiffre de cinquante et quelques mille frazela. C'est au mois de février qu'il y est le plus abondant; à la côte, c'est dans les premiers mois de la mousson de nord-est.
Z^jÉt ./.liSrtfMiSy.
ScCRE et MÉLASSE ! so., soukori. — On prépare, à Zanzibar el à Pemba, mais sur une très-petite échelle, du sucre dont la qualité correspond à notre bonne quatrième de la Réunion, et qui vaut de i piastre i/2 à 2 piastres la frazela. On y fait également de la mélasse, qu'on importe ensuite dans les autres ports de l'Afrique. Zanzibar n'y envoie qu'exceptionnellement un peu de sucre de qualité supérieure qu'elle reçoit de l'étranger.
Café : so., bouni. — Lâmou, Mombase et quelquefois les Bénadir en reçoivent une petite quantité de Zanzibar, où la qualité supérieure se pa^e de 5 piastres 1/2 à 4 piastres la frazela ; elle est très-rare, d'ailleurs, sur ce marché.
Dattes : so., theudé; soum., ternir. — On en expédie de Zanzibar sur plusieurs points de la côte, ^particulièrement dans les ports du sud; on y envoie aussi quelques amandes et raisins secs.
Nattes, fines et grosses : so., m'kéka et djoumvi; soum., koguel. — M' rima en fabrique des deux sortes, mais les nattes fines y sont moins belles ; celles-ci sont faites à Mafiia, Mombase et Zanzibar principalement.
Une partie des unes et des autres sont importées, selon le besoin, dans les endroits privés de cette industrie.
De Mafiia et M'rima il en vient beaucoup à Zanzibar. Les nattes fines se vendent à la pièce et à un prix en rapport avec leur dimension, la forme et les couleurs de leurs dessins; il en est qui sont payées de 3 à 4 piastres ; toutefois elles coûtent d'ordinaire de 3/4 de piastre à 1 piastre 1/4. Les grosses nattes sont vendues à la kourdja et valent , selon leur grandeur, de 2 piastres 1/2 à 5 piastres. Les premières
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sont tressées avec les feuilles du moukindo (le rafra, je crois), et les autres avec celles du miaa (le lalanier).
Sacs en nattes : so.,A;an'da. — On les trouve dans tout le Souahhel , surtout à Lâmou ; les meilleurs sont ceux du sud, qui offrent, de plus, une dimension double de ceu\ des autres endroits ; ils sont faits en miaa, et payés à raison de 1 piastre pour trente à quarante sacs; ailleurs on les fabrique ayec la même matière, mais ils sont plus petits , et ou en a soixante à quatre-vingts pour 1 piastre; à Pemba, où ils sont confectionnés avec des feuilles de mouemba (le vaccona)y on les paye 4 piastre le demi-cent.
Etoffes de coton. — Un seul genre de ces étoffes est produit par l'induiitrie indigène, ce sont les cotonnades unies tissées dans les Bénadir et dont une pièce compose un vêtement; on n'en importe guère qu'à Mombase et aux points intermédiaires. Elles sont longues de 10, 12 et 14 coudées sur 1 coudée 1/4 de lé, et coûtent, selon la qualité, de 1/2 à 1 piastre 1/2; les plus grossières se vendent à la kourdja, à raison de 5 à 9 piastres. Les autres étoffes qui sont très-variées , selon les usages auxquels on les destine, arrivent de l'extérieur dans trois ou quatre ports, d'où on les répartit ensuite sur le reste du Souahhel. Zanzibar est naturellement le point qui en reçoit et qui en distribue le plus. Sur la côte entre Delgado et les Kiloua, le coton dit khami (coton uni des Américains) est placé à 15 ou 18 pour 100 de gain, et les étoffes de l'Inde et de l'Oman à 30 ou 40 pour 100 de gain, sur leur prix courant à Zanzibar. Aux Kiloua, la différence en plus n'est que de 22 à 25 pour 100 à peu près.
Bois de construction. — 11 en est de plusieurs espèces
désignées par les Souahhéli sous les noms suivants : mvoulé, m'simbalé, m'sikoundaziy mtonddooh, m'tcho, m'kandaa et m'koko. Le m'voulé se rencontre surtout aui environs de Mombaseet sur le littoral entre Ouacineet M'tanggata. On en trouve quelques-uns à Pènaba ; à Zanzibar, ils sont très-rares. On en fait des bordages, des planches et des madriers. Les indigènes disent qu'il y en a de couleur rougeâtre et de couleur blanche, mais cette différence de teinte peut n'être que l'effet de l'âge des arbres : celui de couleur rougeâtre est réputé le meilleur.
Le msimhalé, espèce de teck. — Il croît principalement à M'gnô, Lindy, Kiongga et à la côte de Mozambique; on l'emploie pour bordages et grosses pièces droites.
Le m'sikoundazi. — On en tire des planches. Il a, pour la couleur, quelque rapport avec le noyer et le gaïac; on le # rencontre plus particulièrement aux environs de Panggani.
Le m'tonddooh, qui est très-abondant à Pemba surtout, et que Zanzibar fournit aussi, donne de bonnes courbes pour les constructions maritimes; on en fait encore des mâts et des vergues pour les bateaux de tout genre (1).
Je ne sais rien du m'tcho ou mtchéy si ce n'est qu'il exsude une sorte de baume qui se concrète à l'air libre, et dont OIT se sert comme médicament; on me l'a cité, toutefois, parmi les bois de construction.
Le m'kandaa et le m'koko, dont l'écorce contient beau-
(1) L'arbre qui produit le copal, le m'sandarouss, donnait aussi de belles mâtures, et c'est à la consommatioD qu'on en faisait pour cet usage que j'ai entendu attribuer la presque complète disparition de cet arbre de l'ile de Zanzibar, où il était, dit-on, fort cooimun autrefois; ce n'est, maiottuaut, que dans les parties éloignées du port qu'on en trouve encore quelques pieds.
coup de tan; elle entre dans la préparation des peaux. Le premier, qui est une espèce de palétuvier, est plus commun à Lâfflou que partout ailleurs; le second vient à MaGia, M' rima, Mombase et LAmou. Les pécheurs frottent leurs lignes avec le fruit du m'kandaa.
Il n'y a guère que Zanzibar qui fasse une consommation notable de ces bois; nulle part on ne les exploite à l'avance, mais seulement en raison des demandes ou des besoins connus de ce port , la dépense locale n'en absorbant qu'une minime quantité.
Sel : so., tchomm (à Zanzibar), mougno (à Mombase et Lâmou). — Il en est porté un peu de Zanzibar à M'rima, et de Lâmou à ZJil^ibar; on en a, en ce dernier lieu, de 80 à 140 mesures<$6uV 1 piastre, selon l'état d'approvisionnement du marché. À Lâmou, le prix en est le même; mais, dans certaines circonstances, par exemple quand tes bateaux qui l'importent s'y arrêtent au lieu de descendre jusqu à Zanzibar, on peut en avoir jusqu'à 250 mesures pour 1 piastre.
Verroterie : so., outchangga. — On ne peut fournir des indications exactes sur le mouvement auquel cet objet donne lieu qu'en présentant des échantillons avec la désignation de chaque espèce de grains, et celle du lieu auquel elle convient. C'est un soin dont monsieur l'agent commercial était tout spécialement chargé et dont il s'est, sans nul doute, acquitté (4).
(l) M. Loarer s'est, eu eflfet, occupé de cet objet; voir ce qui eu est dit dans sou mémeire. — MM. Aruaud et Vajssière, dont un travail sur le commerce de la mer Rouge a été public dans les Documenls sur If commerce extérieur (février 18!iO, n" 485), ont, eu outre, remis au mi-
^ 326 — ta consommalion de cet article a sensiblement diminué dans les dernières années, par suite des entraves et des restrictions mises à la traite sons pavillon arabe. Le prix en est aussi varié que l'espèce. Zanzibar en fournit un peu à Mombase, à Lâmou, aux Bénadir et, presque exclusivement^ à M'rima et aux ports du sud.
Laiton : se, mazoka (laiton de l'Inde), massango (laiton d'Europe). — C'est un article de grand débit pour Zanzibar, qui en importe à M'rima et aux Kiloua : au sud de ces derniers, il n'est plus demandé; mais, à M'rima, il n'est pas de transaction opérée sans qu'il y entre une certaine quantité de cet objet. Le mazoka vaut, sur le marché de Zanzibar^ de 8 1/2 à 40 piastres la frazela ; le massango, de 9 à 42 piastres 4/2. {
Fil de fer : so., féningné. — Il n'est employé que dans le commerce de M'rima, et il y vient de Zanzibar, où la frazela se paye de 2 à 5 piastres.
Ce port fournil également, à M'rima et aux ports du sud ^ du fer en barre pour sagaies, bachots, couteaux; du plomb pour balles, de l'étain pour les bracelets, les anneaux de jambes et les ornements d'oreilles des femmes pauvres et des esclaves ; de la poudre de guerre, des armes (fusils et sabres), de la quincaillerie, de la verrerie, de la grosse vaisselle; quelques meubles communs, des vêtements confectionnés (coton, laine et soie), et étoffes pour turbans et ceintures; quelques bouteilles d'eau et d'huile de rose, un- peu de co-
oistre de l'agriculture et du coiiimetce une série d'échantillons de cette nature en février 1850. Ces échantillons ont été envoyés, comnae intéressant notre industrie, au Conservatoire des arts et métiers, où le commerce p^ut eu prendre connaissance.
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ton en laine pour i^aldas et coussins, un petii nombre de lapis de pied, des drogues, gingembre, cardamome, poivre, mogat sont , en outre, répartis par Zanzibar sur les autres points de la côte. (
Enfin cette île reçoit des Bénadir une très*petite quantité de gomme arabique et de myrrhe, et leur eàyoie un peu de tabac et de savon.
Bon nombre des articles que je viens d'énumérer, comme alimentant le commerce intérieur des Etats d'Afrique dépendants du sultan de Mascate, ne sont pas produits dans le pays ou ne le sont qu'en partie; une fraction seulement est destinée à sa consommation, et souvent même ils sont réexportés en totalité; aussi figureront-ils presque tous dans la nomenclature des objets fournis au commerce étranger. J'ai dona encore â les envisager sous ce nouveau rapport, et à compléter les indications que j'ai déjà données pour chacun par celles qui sont relatives à leur destination ultérieure. C'est ce que je vais faire en suivant l'ordre dans lequel ils ont été déjà présentés.