‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de l'Afrique Orientale [microform]Chapitre 80 sur 101 · COMMERCE EXTERIEUR · texte numérisé non relu

COMMERCE EXTERIEUR

Esclaves. — J'ai cité les principales peuplades de l'inlérieur d'où provenaient les esclaves transportés d'un point à un autre des États d'Afrique. Il en est aussi importé de plusieurs points au sud du cap Delgado, entre autres d' Anggoji , de Mozambique, d'Ibo et de Tonggui. Ce sont principalement des Oua-Makoua, qui sont très-estimés ; mais ces exportations sont devenues difficiles à cause des croisières portugaises et anglaises qui surveillonl la côle du Mozambique.

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La côte ouest de Madagascar et les Comorres indépendantes de notre domination en fournissent également. Moml>aseen reçoit un certain nombre des pays voisins (Nika et Tcbaga); Lâmou et les Bénadir achètent quelques esclaves (femmes) à leurs voisins galla. Enfin des bateaux de la mer Rouge amènent sur le marché de Zanzibar un petit nombre d'Abyssins des deux sexes : ce sont les esclaves les plus recherchés, et il en est dont le prix s'élève jusqu'à 100 piastres. Les femmes, surtout, sont Irès-appréciées pour leur beauté relative et leurs qualités domestiques ; elles sont payées de 40 à 150 piastres, et quelquefois au delà; aussi n'en trouve-t-on que chez les gens très-riches et le& hauts fonctionnaires de Zanzibar.

Chameatix. — Ils sont conduits aux Bénadir par les indigènes des tribus soumal voisines, les Abgal, les Odjourane, les Guel-Djaal, les Gogoun'dobé, et par ceux d^ territoires de Ganané et de Lébine.

Anes. — Il en est importé de Mascate à Zanzibar; on les destine spécialement à servir de montures, et ils sont vendus de 20 à 30 piastres. Ceux de M'rima, de Mombaseet des Bénadir ne sont ordinairement employés que pour porter des fardeaux. M'rima les reçoit de l'intérieur, particulièrement du pays des Nyamouézi; Mombase, de Nika et de Tchaga; aux Bénadir, on les tire du pays de Rahhan'ouine et de Haouiya. On en a quelquefois exporté de Moguedchou et de Braoua pour Maurice.

Bœufs. — Mombase s'en fournit de chez les Oua-Nika et en vend aux Oua-Kamba; Lâmou et Palta en achètent aux Galla voisins. Des navires de Maurice en viennent prendre annuellement à Braoua trois à quatre chargements, au taux

de 14 piastres par tète de bœuf rendu à bord : c'est le double du prix courant sur cette place, mais les Anglais sont entièrement à la merci des deux seuls négociants indigènes qui parlent leur langue. Il serait beaucoup plus avantageux d'aller chercher ce bétail à Meurka ou à Moguedobou; mais le mouillage extérieur de Meurka est mauvais, et son petit havre intérieur ne donne accès qu'à des navires calant moins de 10 pieds d'eau. Quant à Moguedchou, son mouillage, quoique forain comme celui de Braoua, est moins dangereux que ce dernier; en revanche, la population y est beaucoup plus turbulente.

Moutons. — Mombase en achète aux Oua-Nika et aux Galla.

Cabris. — Il en vient à Zanzibar de la grande Comorre, qui sont plus gras et plus estimés que ceux des Bénadir, et que ceux dont Mombase se fournit chez les Oua-Nika. Ils sont vendus à Zanzibar de 2 piastres 1/2 à 6 piastres au lieu de 1 à 2 piastres, prix habituel des autres marchés.

Peaux de bœuf on cuirs. — Il n'en est guère exporté de Zanzibar que par les navires européens ; un petit nombre de kourdja en sortent annuellement pour Bendeur-Abbass et Bouchire, directement ou par Mascate \ quelques-unes, aussi, sont expédiées des Bénadir pour les ports soumal du golfe Arabique. Il est importé, à Zanzibar, des cuirs de l'Inde (Surate et Bombay) et de Mascate (venant, sans doute, de la Perse). Une partie est consommée dans le pays, et on envoie le reste aux Comorres. Ceux de Surate, qui sont les

plus légers, se vendent 1 piastre la pièce; les antres, de i piastre 1/2 à 1 piastre 3 4.

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Peaux de mouton. ^- Mascate en expédie de loin en loin. Elles sont achetées par les Américains. -

Peaux de cabns. — On en reçoit de Mascate et de Socotra en poil et en cuir; les Anglais en ont réexporté, à l'occasion, au prix de 3 à 5 piastres la kourdja.

Peaux de rhinocéros. — 11 en vient quelquefois de la côle de Mozambique, particulièrement d'Anggoji. Les Kl loua et ports au sud les reçoivent des peuplades de l'intérieur, les Oua-Iâo, les Oua-Makoua et autres. Les Indiens et les Arabes^ en prennent à Zanzibar pour l'Inde et le Keutch. Celles qui arrivent aux Bénadir des pays de Rahhan'ouine et des pays galla des bords du Djoub suivent la même destination.

Cornes de rhinocéros. — Elles ont les mêmes provenances que les peaux, et sont prises à Zanzibar par les Américains et les Anglais. Les Arabes et les Indiens les répartissent dans rinde, à Mascate, sur la côte sud d'Arabie et dans la mer Rouge. En Arabie, on en fait des manches de poignards ; dans l'Inde, on les emploie à différents petits ouvrages, tels que boutons d'oreilles , bracelets , manches de couteaux et de poignards, etc. Cet article figure dans les importations annuelles de la côte à Bombay pour une somme moyenne de 3,000 roupies représentant la valeur d'environ 60 quintaux de cornes.

Semen. — Outre celui qui est préparé dans les diverses localités du littoral, il en vient à Zanzibar de Socotra. Zanzibar et Mombase en exportent aux Comorres, à JSossi-bé et à Mozambique. Le marché de Mombase en est largement approvisionné par ses voisins du littoral, et s'il tire, comme je l'ai dit en traitant du commerce intérieur, unpeu de

cette denrée de l'île Pemba, c'est que sa population comprend un certain nombre d'individus de la secte des ibadhi , qui ne peuvent manger du semen préparé par les infidèles (lesOua-Nilta).

Miel. — Il en est importé à Zanzibar de Mascate, de Moka et de Socotra. •>

Cire. — Pemba, Mombase et les ports au nord en dirigent directement sur l'Inde ; Zanzibar, sur l'Inde et l'Arabie; mais ce dernier pays la fournit plutôt en bougie que brute. Les navires anglais en ont exporté quelquefois de Zanzibar pour l'Europe. La quantité de cet article versée annuellement sur le marché de Bombay est de 50 à 60 quintaux.

Ivoire. — Les Kiloua et les ports du sud le reçoivent de l'intérieur, principalement des Oua-Iâo, des Oua-Makon'dé, des Otia-6hindo, des Oua-Héhé et des Oua-Sagara. Celui qui vient de la côte de M' rima y est apporté par des Oua-Sigoua , des Oua-N'gouho , des Oua-Nyamouézi , des Oua- Kouavi et des Oua-Kamba. On en envoie également des établissements portugais d'Anggoji, de Mozambique, d'Ibo et de Tonggui, qui le trouvent chez les peuplades oua-iâo et oua-makoua. Zanzibar, où il en arrive de tous ces ports, entre autres de M'rima, le livre à l'exportation pour l'Inde, l'Europe et l'Amérique. Mombase, qui en est approvisionné par des Oua-Kamba, des Oua-Tchaga» des Oua-NIka et par les gens de Takaonggo qui l'achètent aux Galla, l'expédie directement dans l'Inde. Lâraou, qui le tire des pays galla, fait de même. Braoua, Meurkia et Moguedchou, où il vient des paysdeLéouine, deRahhan'ouineetdeChébelleh,en livrent aussi aux banians et aux Indous pour l'exportation. J'ai dit

le prix (le la frazela sur les divers marchés da pays. Quand les traitants arabes et banians, qui vont commercer à Anggoji trafiquent avec les caravanes venant de l'intérieur, ils payent la frazela d'ivoire de 29 à 52 piastres en marchandises, ce qui représente pour eux un déboursé de 16 à 17 piastres que leur ont coûté ces mêmes marchandises. Mais quand c'est aux négociants d^ la ville qu'ils l'achètent, quoique ce soit nominalement au même prix, le résultat est bien dififérent, non-seulement parce que ceux-ci exigent que le tiers ou la moitié du prix convenu leur soit payé en argent, mais encore parce qu'à la côte la valeur vénale des marchandises, au lieu d'être, comme à l'intérieur, plus forte de 80 à 100 pour 100 que leur prix d'achat, ne l'est que de 15 à 20 pour 100; dans ces conditions, la frazela d'ivoire vaut de 28 à 50 piastres. A Mozambique, il revient à 50 ou 52 piastres l'arrobe, poids semblable à la frazela; à Tonggui, à 52 ou 55 piastres en marchandise d'un coût moindre de 15 à 20 pour 100, si elles consistent en khami, et de 50 à 55 pour 100, si ce sont des étoffes de l'Inde ou de Mascate. Aux marchés indigènes, à l'ouest et dans le voisinage de Mombase, c'est-à-dire de Rabaye, Derouma et Guériama , on l'achète avec des marchandises qui gagnent environ 40 pour 100 et représentent pour l'acquéreur une valeur de 16 à 24 piastres, selon la qualité de l'ivoire. Aux marchés galla, en arrière de Lâmou et Palta, à Kâo, Toualé et Ras-Bourgâo, la frazela d'ivoire ne se paye pas plus de 20 à 25 piastres en marchandises, coûtant de 16 à 18 piastres à celui qui les offre. Cet ivoire est toujours d'un blanc mat qui indique une plus forte dessiccation et qui le fait moins estimer; les diverses raisons qu'on

m'a données pour expliquer ce fait ne sont pas assez plausibles pour que je les produise ici.

Dans le commerce, on distingue trois qualités d'ivoire, dont chacune admet des subdivisions : la qualité supérieure est dite bouri ; la seconde , galansia ou galan'cha ou kalacha ; la troisième, mmscoub.

L'ivoire bouri comprend les dents de grande et moyenne dimensions, qui réunissent à cette condition la couleur et la proportion des formes. Ces dents ne doivent pas peser plus de i à 5 frazela. La même qualité offre encore trois nuances très-distinctes et qui sont inégalement appréciées.

La première se compose des dents les plus régulières et les plus parfaites pour le grain et la couleur; elle est ordinairement payée, è Zanzibar, de 36 à 38 piastres la frazela, et est exportée de préférence par les banians et les Hindous. Dans les Bénadir, on la désigne sous le nom de négouet bouri (bouri du premier choix, ainsi que l'indique l'épithète négouet, qui signifie la partie supérieure et choisie d'une chose) ; le prix de la frazela y est quelquefois de 1 ou 2 piastres moindre qu'à Zanzibar.

La seconde subdivision comprend les dents un peu moins parfaites, pesant, chacune, plusieurs frazela ; c'est la qualité recherchée par les Européens et les Américains; on la désigne habituellement par le mot oulaïa ; son prix, à Zanzibar, est de 32 à 54 piastres.

Enfin la troisième subdivision renferme les grandes dents défectueuses, non circulaires et un peu fendues ou coupées en gros morceaux dépareillés (1) ; elle se paye de 25 à

(1) La dent étant partagée en deux parties, le côté de la pointe est

28 piastres; c'est l'ivoire désigné aux Bénadir sous le nom

de moura.

L'ivoire galansia comprend les dents régulières, pesant moins d'une frazela et plus de trois men', puis les grands morceaux cassés, mais encore verts, et même quelques dents du poids d'une frazela ^et plus, trop irrégulières et défectueuses pour faire partie du bouri.

On fait également des distinctions dans cette seconde qualité suivant la quantité de dents nécessaire pour compléter une frazela^/dont le prix varie alors de 18 à 25 et 26 piastrès. Elle est achetée par tous les .commerçants qui s'occupent de l'exportation de cet article.

L'ivoire meuscoub ne se compose que des plus petites dents et des morceaux de rebut ; on en paye la frazela de 12 à 18 piastres à Zanzibar; elle n'est recherchée que par les Hindous, qui l'expédient indirectement au Bengale et surtout en Chine.

Les Bénadir fournissent aussi des dents d'hippopotame, qui sont prises par les banians au taux de 6 à 8 piastres la frazela, et envoyées dans l'Inde comme celles venues du sud sur le marché de Zanzibar.

La part de Bombay, dans ce commerce, est anniiellement de plus de 5,000 quintaux; celle du Keutch, d'au moins 2,000 quintaux. Dans l'année 1848, il en a été exporté par les Américains 2,000 quintaux environ; par les Anglais, 1 ,200; et pour l'Inde, 3,000.

nommé zel et l'autre gofou. Les dents coupées à cause de leur trop grand poids, mais dont les morceaux sont appareillés, seraient payées de 30 à 32 piastres , prit intermédiaire à celui de la deuxième et de la troisième subdivision. '

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Écaille. — Il en est importé de la côte ouest de Madagascar, des Macihoua (désignation des Comorres en langage souahhéli), et des Vicihoua-ia-Ibo (désignation des îles Kérîmba dans le même langage). En ces endroits, les caboteurs arabes payent, à raison de 1 piastre 3/4 à 2 piastres 1/2 et 5 piastres au plus, en marchandises une quantité d'écaillé d'un poids égal à celui de 46 piastres. On se la procure à Zanzibar au prix de 8 piastres i/2 à iO piastres 4/2 le men. L'écaillé provenant de Madagascar et d'Ibo est réputée la meilleure; celle des Vicihoua-Ni (îles Dundas) est la seule recuçillie dans le pays, qui soit considérée comme ayant autant de valeur. Les Anglais et les Américains n'en prennent presque plus ; les banians en exportent de 250 à 300 livres, peut-être pour Bombay, qui en expédie en Chine.

Poisson salé. — Il est fourni aux Bénadir et au Souahhel par des bateaux de Soûr (côte nord d'Oman) et des ports de la côte sud d'Arabie, M'kellé, Sihhout et autres. Ces bateaux font leur pêche sur les côtes arabe et soumal , et, descendant au sud, distribuent leur cargaison dans les ports du Souahhel, principalement à Lâraou et Mombase. Le poisson est de deux espèces : le requin et le tazar [lebak et kenâada des Arabes; papa et goo des Souahhéli]. La queue, les nageoires et l'aileron du requin sont préparés et vendus à part pour être réexportés dans l'Inde. Bombay reçoit annuellement de la côte de 80 à i 00 quintaux de ces parties, dont il expédie en Chine, par an, plus de 6,000 quintaux.

Ambre gris. — Il en vient quelquefois de la côte de Mozambique; des baleiniers américains en ont apporté à Zanzibar des îles voisines de Madagascar. Les bateaux qui font la pèche dans les baies d'El-Rhazaïne, et sur la côte dite Sîf-

et-Taouil et celle de M'routi, en ont souvent à, bord. Il est exporté, pour les ports d'Oman et de Keutcb, des points de la côte où il a été recueilli. . .. ■ ■ h . îliufen.

Froment. — On en tire de l'Tnde et, depuis deux ou trois ans , de la Perse par Mascate ; ce dernier est préféré.

Riz. — Il en vient, à Zanzibar, de Madagascar, de Mossi-bé et, en bien plus grande quantité, de l'Inde. Ce dernier est de deux qualités, dont la première a sur les marchés d'Afrique la même valeur que celui de Pemba, et la secpnde qualité, une valeur égale à celle du riz malgache. Mombase en reçoit un peu de l'Inde et beaucoup plus des Oua-Nika. Les Bénadir en prennent aussi dans l'Inde.

Mais. — On n'en a point exporté jusqu'à présent, cependant il y aurait avantage à le faire pour nos établissements du canal de Mozambique, voire pour la Réunion.

A Mombase, qui s'en approvisionne dans ses environs, on en a cent mesures (kila) pour 1 piastre; et, en l'achetant aux Oua-ISika ou aux esclaves qui le cultivent, on en obtient, pour 1 piastre, jusqu'à 120 mesures, c'est-à-dire rénorme quantité de 7 quintaux.

Moutama. — Le moutama est le produit du pays qui, comme matière d'encombrement, fournit le plus d'aliment à la navigation. Des bateaux de M'rimà, de Lâmou et des Bénadir en envoient directement à la côte d'Arabie et jusqu'à Djedda, concurremment avec quelques bateaux de Soûr et de la mer Rouge. Ceux de Zanzibar participent également à ce transport, principalement pour M'kellé, Chehheur et la côte d'Oman. Quant aux autres grains nourriciers produits dans le pays, ils y sont consommés, à part un peu de m'hindé, qu'on exporte pour l'Inde en cas de disette dans

cette contrée, et une petite quantité de làioko ou mon^gui, qu'on expédie quelquefois att Keutch. f*^-^ ' , r '

On exporte 7 è 8,000 tonneaux de moùtama tant de Zanzibar que des autres points de la c6le. --

Srésame. — Une partie s'écoule vers l'Yémen, l'Oman, ! le Keutch et i'fnde ; Fautre, qui prend des proportions de pluâ en plus considérables chaque année, est enlevée par les Amértcatns^t les Anglais. lien vient un peu des bords de la rivière Denoq aux Bénadir. C'est dans le sud du Souahhel que nous aurions avantage à composer nos diargements, non-seulement parce que ce point est le plus à portée de Maïotte, mais aussi parce qu'on y obtient eet article à des prix moins élevés.

Huile de sésame. — On en envoie dans l'Yémen, à la côte sud d'Arabie et à Mascate; Mozambique même en reçoit en certaines occasions, particulièrement dans les années où l'huile de coco est chère. Les Anglais et les Américains en ont acheté à diverses reprises ; je crois pourtant que ces der^ niers y ont renoncé désormais; ils trouvent, sans doute, plus (le bénéfice à prendre la graine même.

Cocos et huile de coco. — Les noix sont enlevées de Zanzibar el de Pemba pour Mascate, le Keutch, Bombay et Mozambique. L'exportation annuelle pour le Keutch est d'environ 100,000 noix ; celle pour Bombay, de 160 à 170,000. L'huile, que Zanzibar et Pemba fabriquent seules pour l'extérieur, est expédiée en partie à Mozambique, à Mascate et à Bombay. Les navires anglais et américains, qui en demandaient beaucoup il y a quelques années, n'en emportent qne

rarement maintenant.

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Noix d'arec. — Zanzibar en fouTBil au JLeuteb, à Ma8cate. Surate, Bombay et à la côte sud d'Arabie.

Girofle. — Le chiffre d'exportation de cette denrée eombiné avec sa valeur vénale le rend aujourd'hui, après l'ivoire, l'article le plus important du commerce de Zanzibar. La production du girofle, dont le climat et la nature d« sol font ^ peu près seuls les frais, et qui demande, d'ailleurs, de feablés efforts d'industrie et d'intelligence, est peu coûteuse dans ce pays où, d'autre part, le travail, encore esclave, recrute facilement les bras qui lui sont nécessaires, et ne réclame pour tout salaire que la nourriture et le vêtement du travailleur. L'extension donnée à cette culture dans les Etats du Sultan et le prix modique de ses produits assurent exclusivement aux girofles de Zanzibar et dépendances l'approvisionneinent des divers marchés de la mer Rouge, du golfe Persique et de la côte occidentale de l'Iode. Il serait, dès à présent, très-avantageux d'en exporter de Zanzibar à la Réunion et en France; car nous devons considérer comme à jamais fermé le débouché que le girofle de notre colonie de Bourbon trouvait autrefois à Mascate, Bouchire et Bombay. Outre les contrées que j'ai indiquées, dont le littoral est déjà desservi par Zanzibar, l'Angleterre et l'Amérique en reçoivent aussi , depuis plusieurs années, tant par leurs navires respectifs que par ceux que le Sultan y a expédiés commercialement. J'ai dit précédemment que le prix de la frazela pourrait tomber, cette année (4848), à 2 piastres 1/4, à Zanzibar, dont le prix s'est réglé, jusqu'à présent, sur celui de la place de Bombay.

Copal. — Il en est importé dans le pays, particulière-

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ment à Zanzibar, de quelques ports de la câte de Mozambique, Ànggoji, Mambi, Rissangga, Panggani, Ibo et M'simboa ; il est généralement payé, sur ces divers marchés, à raison de ^ à 5 piastres de marchandises par frazela ou arrobe, ce qui réprésente une valeur en argent de 2 piastres i /2 à 3 piastres 1/2. Ibo en pourrait offrir une plus grande quantité que chacun des autres points, d'où elle le reçoit ; d'ailleurs, le prix n'y serait plus élevé que de 4/4 à une 1/2 piastre par frazéla. Tout le copal est, pour ainsi dire, récolté en dehors des possessions du Sultan , car la domination de ce prince n'a, comme on le sait, de réalité que dans les villes principales de la côte, dont le territoire avoisinant, lui-même, ne doit que très-eiceptionnellement être considéré comme une dépendance.

Les négociants établis dans les villes de la côte, et les Souahhéli surtout, qui ont, en quelque sorte, le monopole des relations avec les indigènes de l'intérieur, opèrent toutes leurs transactions avec ceux-ci au moyen de marchandises sur lesquelles ils ne gagnent pas moins de 80 à 100 pour 100, ce qu'ils en donnent pour la plus belle résine non grattée leur coûtant de 1 piastre 1/2 à 2 piastres.

Dans les marchés ooa-nikd, l'échange a lieu de la même

manière; quelquefois, pourtant, l'argent entre pour moitié

dans le payement. Le^rix de revient est de 2 piastres à

^ piastres 1/4 la frazela,^et de 4 piastres la première qualité

mondée, mais non grattée.

"" Le copal est entièrement exporté du pays pour l'Inde par la marine indigène, et pour l'Europe et l'Amérique par les navires arabes, anglais et américains. L'exportation, sous ces deux derniers pavillons, a un peu diminué depuis deux

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ou trois ans, et cette diminution est, sans doute, la principale, sinon l'unique cause de la baisse qu'a subie, comme je l'ai déjà dit, le prix de cet article sur le marché de Zanzibar. Ainsi, en 4844, année pour laquelle l'exportatioD s'était élevée à 40,000 frazela, le prix moyen de la première qualité mondée fut de 7 piastres 1/2. An commencemjent de 1843, par suite d'une grande demandé faite à Bombay, elle avait monté jusqu'à 9 piastres. En 1846, elle retomba au prix de 1844, et depuis elle s'est vendue successivement 7 piastres, 6 piastres 1/2 et 6 piastres, chiffre qu'elle n'a pas dépassé cette année. La part du Keutch, dans le copal exporté, est de 1 quintal 1/2 à 2 quintaux par an : celle de Bombay est très-variable; mais elle s'est élevée quelquefois au-dessus de 3,000 quintaux.

Sucre. — Zanzibar en reçoit de l'Inde, en cassonade et candi, une quantité très-variable de Tune et de l'autre espèce. La moyenne des importations annuelles peut être évaluée à 700 ou 800 quintaux pour la cassonade et à 200 pour le sucre candi. La première est payée, à Zanzibar, de 2 piastres 1/2 à 3 piastres 1/4 la frazela, selon la qualité; je donnerai une idée de celle-ci, en disant que notre belle cassonade blanche de la Réunion se vendrait de 5 piastres 1/2 à 5 piastres 3/4 sur le même marché. Le sucre candi se paye de 4 à 4 piastres 1/2 et 5 piastres. Les Anglais et les Américains importent du sucre rafBné qu'ils livrent en caisse de dix pains , pesant ensemble environ 50 kilogrammes, à raison de 10 piastres 1/2 à 12 piastres 1/2 la caisse.

Café. — Cet article vient de l'Yémen par bateaux de la mer Rouge, à la fin de janvier et en février; les Bénadir le

reçoivent directement. Quelquefois, un ou plusieurs de ces bateaux, s'arrètant à râmou et à Mombase pour déposer et prendre des pèlerins, y débarquent alors le café nécessaire à la consommation de ces deux localités; mais le plus ordinairement, il arrive à Zanzibar. La qualité supérieure n'y est fuère envoyée que sur commandes; l'importation ne s'en élève pas annuellement à plus de 200 balles de 5 à 6 frazela chacune. • -♦ — •

De Zanzibar, on en réexporte sur divers points du Souahhel , et, en petite quantité, à Maïolle, Anjouan et Nossi-bé. Les navires du Sultan en ont porté en Angleterre et en Amérique. Les commerçants de ces nations n'en viennent point prendre sur ce marché : les Anglais vont à Moka même composer leurs chargenaents.

Enfin Mascate fournit un peu de café aux possessions arabes d'Afrique.

Dattes et fruits secs ou confits. — Les dattes sont importées de Mascate sur les principaux marchés du Souahhel , d'où on en réexporte un peu à la côte âe Mozambique aux Comorres, à Nossi-bé et à Madagascar. Les amandes, les noix, les raisins secs, les confltures de pommes et de prunes viennent de la Perse par Bendeur-Abbass et Mascate, et sont presque entièrement consommés à Zanzibar. Dans ces derniers temps il a été porté, par navires français, à Zanzibar, dans des flacons bouchés à l'émeri, des fruits au sirop, dont la préparation s'est beaucoup améliorée et développée depuis quelques années. Cet article serait tout à fait propre à la consommation locale, et son prix en permettrait l'usage à toutes les personnes de condition un peu aisée. Je crois qu'il serait bientôt préféré aux confitures de Perse. Le Sultan en

a pris une assez grande quantité à bord de la Grenouille ^ mais (les substitutions de ce genre ne sont qu« trop communes dans nos exportations à l'étranger), au lieu de fruits au sirop que Saïd avait cru acheter, il a trouvé, en majeure partie, des fruits à l'eau-de-vie, dont l'usage n'est pas de son goût, et lui est d'ailleurs, on le sait, défendu par sa religion. Son mécontentement a été d'autant plus vif, qu'il a cru pouvoir attribuer cette déception à la mauvaise foi du capitaine. Il n'est pas besoin d'appuyer sur ce fait pour qu'on en comprenne les conséquences fâcheuses. Quoi qu'il en coûte à l 'amour-propre national , je crois qu'il est de l'intérêt de notre commerce extérieur de dévoiler de pareilles turpitudes.

Nattes. — Quelques-unes sont exportées aux Comorres et à la côte de Mozambique, à Nossi-bé et à la côte ouest de Madagascar.

Coton en laine (so., pemba) et coton filé (so., owat). — Le premier, qui provient du Keutch et surtout de Bombay, est importé aux Bénadir et à Zanzibar en quantité annuelle de 45 à 50 tonneaux, au prix-de 2 piastres à 2 piastres i/é la frazela. Aux Bénadir, on en fabrique ces étoffes dont j'ai parlé en traitant du commerce intérieur, et dont une partie est expédiée dans les pays à l'ouest et dans les ports soumal du nord. Dans les autres localités, le coton en laine ne sert que pour rembourrage. On importé aussi à Bombay, tous les ans, 4,000 à 5,008 frazela de coton filé.

Etoffes de coton. — Ces étoffes comprennent une infinité d'articles ayant, chacun, un usage particulier et un nom différent selon sa provenance. On n'en saurait donner une idée exacte qu'au moyen d'échantillons choisis dans ce but.

M. Pagcnt commercial en a dû faire une collection complète; je me bornerai donc à des indications géniales. Les cc^onades en pièces sont presque eiclusivement de fabriques américaine et anglaise, et comprennent surtout des cotons blancs et unis , de diverses qualités. Au nombre de ceux-ci 6gure, pour la part la plus importante, le coton américain dit kkami^ dont la consommation est si généralement répandue dans les pays arabes. Depuis quelque temps , le prix en a baissé à Zanzibar ; la pièce qui se vendait , il y a peu d'années, 5 piastres 1/2 n'est payée maintenant que 2 piastres 3/4 et même 2 piastres \/i; celle qui était (l'abord du prix de 2 piastres 3/4 est obtenue à 2 piastres i/4. Les cotons imprimés sont aussi de provenances américaine et anglaise, mais ]dut6t de cette dernière ; ils servent pour literie, rideaux et vêtements des femmes de condition aisée. Bombay en exporte annuellement à la côte de 8,000 à iO,000 pièces, et de âD,000 à â5,000 pièces de coton blanc. Les étoffes de dimensions arrêtées, dont chaque pièce est confectionnée spécialonent pour td détail du vêtement des hommes ou des femmes, sont presque toutes de fabrique hindoue, et viennent prindpalement da Keutch et (lu Gouzerate; quelques-unes seulement sont tissées à Mascate. Cette disposition les rend plus propres que les étoffes en pièces à la consommation individuelle et au commerce de détail. Destinées, d'ailleurs, à la classe pauvre ou peu aisée et aux esclaves, elles sont, en grande partie, de très-mauvaise qualité et de fabrication grossière.

Les cotons américains n'arrivent directement qu'à Zanzibar; il en est de même des cotons anglais venant d'Europe, mais toutes les étoffes importées d'ailleurs sont dirigées de

prime abord sur plusieurs points autres que Zanzibar : ce sont les Bénadir, Lâmou, Mombase, les Kiloua et, quelquefois, M'gâo. Lâmou et Mombase sont, après Zanzibar, les deux localités où l'on consomme le plus d'étoffes de Mascate. À M' rima, la principale consommation porte sur celles de l'Inde. Dans les Bénadir et le nord du Souahhel, les cotons américains ont moins de débouchés que sur la côte qui s'étend au sud de Zanzibar, où dominent cependant, encore aujourd'hui, le goût des tissus de l'Inde et l'usage des toiles bleues à\ie& guxnées . Aussi l'importation en est-elle toujours très-considérable. La quantité qu'en fournit annuellement le Keutch n'est pas moindre de 150,000 pièces de 3, 6 1/2, 7 et 12 gfu«Mz(35 pouces et 6 lignes anglais) de long; celle de Bombay est, en moyenne, d'environ 110,000 pièces, représentant une valeur de près de 2 laks de roupies, cela sans compter les cotonnades du même genre que fournissent Surate et Mascate.

Bois de construction ou autres. — Les premiers ne sont exportés que par de» bateaux de Meheura pour la côte sud d'Arabie. II vient de l'Inde et de Madagascar un peu de bois de sandal, et une partie de celui qui est importé de ce dernier pays est réexportée pour l'Inde. Il sert de bois à brûler pour certaines cérémonies religieuses des banians et des Parsis. Le bois de sandal des côtes de Malabar et de Canara est bien supérieur à celui de Madagascar ; il est aussi plus odoriférant. Il est seul employé comme bois de senteur et pour la fabrication des essences.

Sel. — Les bateaux de Meheura et d'autres points de la (ôte sud d'Arabie en importent ordinairement à Zanzibar; ils en déposent aussi à Lâmou et à Mombase.

Verroterie. — Elle est importée» dans les possessions d'Afrique, en partie de Bombay, en partie de Djedda et Moka, mais surtout par les navires anglais qui commercent à Zanzibar; ce dernier marché en approvisionne presque toute la côte. Lâmou et les Bénadir en reçoivent directement un peu : celle-là, de l'Inde; ceux-ci, de la mer Rouge.

Les ports du golfe Arabique, qui conservèrent pendant si longtemps le monopole de cette branche de commerce, placent maintenant, à grand'peine, à la c6te un millier de teurdy (ballot en nattes contenant de 7 à 7 frazela 1/2) de verroteries. La participation des Européens aux transactions commerciales de la côte orientale d'Afrique, et l'abolition de la traite, qui , selon les probabilités, s'étendra bientôt à tout ce littoral , doivent diminuer encore l'importation des perles de Venise par la voie de la mer Rouge, en même temps que la consommation de cet article.

Laiton. — Il vient d'Angleterre, d'Amérique et de l'Inde. C'est sur Zanzibar seulement qu'il est dirigé en droite ligne au sortir des deux premiers pays; mais il en arrive également d'Europe par Bombay, d'où LÂmou et Mombase le reçoivent ordinairement, ainsi que le laiton de l'Inde dit rnoioka. Celui-ci est particulièrement importé de Mandévi, l'un des ports du Keutch , en quantité d'environ 4 tonneaux par an , représentant une valeur de 1,800 à 1,900 piastres. Bombay en envoie au moins 2 tonneaux valant environ 1,100 piastres; de ce port, en outre, il est quelquefois expédié aux Bénadir un peu de vieux cuivre en feuilles, en clous et en débris de vases.

Fil de fer. — Il vient d'Angleterre directement par Bombay, de même que le fer en barre. Les autres métaux, dont

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j'ai déjà parlé comme figurant dans le commerce Intérieur, le plomb, rétain et le caÎYFe rouge, sont importés de Bombay presque esclnsiveBient. !

Poudre de guerre. — Elle était, il y a quelques années^ fournie à Zanzibar concurremment par les Américains et leÉ( Anglais; mais, dq^uis, 1» pondre anglaise est préférée et recherchée, même pbnr le trafic de la côte; aussi, tant qu'il y en a sur le marché , à 12 piastres le qnintal , la poudre américaine ne trouve-t-elle pas d'acheteurs à un prix moindre d'un tiers.

On en place à Zanzibar de 400 à 500 barils de 25 livres, au prii courant de 5 piastres à 5 piastres 1^.

Armes. — A part quelques armes de luxe apportées seulement sur commande, les ftisils employés sont de fabrique anglaise et importés, à peu d'exceptions près, par des navires anglais. Ils ne coûtent plus que 5 piastres, grâce à l'importation assez considérable qu'en fit directement le navire du Sultan, la Caroline y h son retour d'Angleterre, et par suite de laquelle ils furent livrés aux marchands indigènes pour 5 piastres 1/4 au lieu de 5 1/2 et 5 5/4. Les Américains, qui les tiraient d'Angleterre, n'auront plus de bénéfice à en porter désormais à Zanzibar.

Les lames de sabre, montées et non montées , arrivent d'Angleterre; on importe aussi des sabres de l'Yémen. La consommation de cet article, sur la côte, est loin d'être égale à celle des fusils.

Vaisselle. — Sous celte dénomination sont compris les articles de poterie et porcelaine qui proviennent, pour chacun de ces genres, de pays différents. La faïence de fabrique anglaise est amenée plus particulièrement par les na-

vires de celte nation qui commercent avec Zanzibar. La majeure putie de la porcelaine est d'origine chinoise ; elle arrive presque entièrement par Bombay, dont l'exportation annuelle de cet article, pour la c6te d' Afrique, représente une valeur d'environ 12,000 roupies; il vient aussi un peu de porcelaine de Cl^ie par oavifes américaim. Le surplus de la porcelaine importée est de manufacture anglaise. Du reste, toute la vaisselle introduite dans le pays, quels qu'en soient le genre et la provenance, est d'un goût plus que médiocre et d'un prii relatif. Parmi la poterie, qui vient en majeure partie de l'Inde, figurent un grand nombre de gargoulettes fabriquées à Mascate. Quelques pièces de vaisselle (faïence et porcelaine) d'ori^ne française ont été importées de Maïotte dans ces derniers temps.

Verrerie. — Il en est de cet article comnae du précédent pour la qualité et la quantité de la consommation. La verrerie a été apportée, depuis plusieurs années, par des navires anglais, français et américains. Elle comprend principalement de la gobeleterie commune et des cristaux de table. Le vitrage des fenêtres est chose trop rare dans le pays pour donner lieu à une importation notable. La miroiterie n'est pas non plus prodiguée dans l'ameublement des maisons, et le peu de glaces d'une certaine dimension , qu'on trouve chez les gens riches, sont de très-médiocre qualité, quant à la glace même, et du goût le plus arriéré quant à lalbrroe et à la sculpture du cadre. Maïotte commence également à importer un peu de verrerie.

Quincaillerie. — Tous les articles de quincaillerie, serrurerie, clouterie, coutellerie, chaudronnerie et ferblanlerie, qui entrent dans la consommation des Étals d'Afrique, sont

de fabrique anglaise , et importés soit directement par na* vires anglais, soit de Bombay par bateaux du pays. II en arrive annuellement de ce port pour plus de 250,000 francs. Parmi les articles de chaudronnerie très-recherchés à h côte et à l'intérieur de l'Afrique, sont les marmites en fonte; depuis quelques années , ^Insuffisance de leur importation est telle, que ses habitants s'en approvisionnent à Maïotte; nos expéditeurs sont donc certains d'en trouver un débit toujours avantageux sur le marché de Zanzibar.

Meubles. — Dans cette catégorie, nous comprenons principalement des chaises à fond de bois et des fauteuils rotinés venant de Chine par Bombay, et d'Amérique par navires américains; puis des canapés, lits, tables, buffets de forme rectiligne et complètement dépourvus d'ornements; ces derniers objets sont fournis plus spécialement par l'Inde; aussi bien que quelques pièces de menuiserie travaillées à jours et destinées à être placées comme garnitures de fenêtres et autres ouvertures ménagées dans les murs des maisonsL. Si peu luxueux que soit un pareil ameublement, les maisons de Zanzibar qui peuvent en offrir l'assortiment complet sont rares; et dans les autres villes, Lâmou et Mombase exceptées , il n'y a, avec le kibani indigène, d'autres meubles en usage qu'un^elit nombre de chaises de Chine : souvent encore ne les rencontre-t-on que chez les marchands banians ou indiens de l'endroit.

Vêtements confectionnés. — Ils viennent de Mascate et de l'Yémen à Zanzibar, très-peu à Mombase, mais beaucoup à Lâmou, dont les habitants ont, plus que tous les autres Souahhéli, le goût de la toilette et du costume arabe. Il en arrive aussi quelquefois d'Anjouan. Inutile 4e dire qu'aucun

des vêtements qui composent le costume européen ne saurait convenir ici. . '* ' * ' î! ;«> . r

Tapis de pied. — Les tapis de Turquie sont apportés par les bateaui de l'Yémen; ceux de Perse, de Bassora et de Bendeur-Abbaâs, par Mascate. Quoique l'emploi de ce meuble soit entièrement dans les usages de l'Orient, la consom* mation en est assez bornée dans les Etats d'Afrique où, partout ailleurs que dans les maisons riches des deux ou troisi principales villes, les indigènes se contentent de la modeste uatte. La température de ce pays y rend, d'ailleurs, l'utilité dest tapis beaucoup moins réelle que sous des latitudes plus élevées.

Eau de rose et huiles essentielles. — Ces deux articles viennent en petite quantité de l'Yémen , et surtout de la Perse, par Mascate et Bendeur-Abbass; ils sont dirigés sur Lâmou, Mombase, et principalement sur Zanzibar. On en réexporte une partie aux ComorreSi L'Inde fournit égale mentmn peu d'huiles de rose et de sandal.

Droguerie. — Je réunis sous ce titre l'aloès, le sangdragon, l'encens, la gomme arabique, la myrrhe, le gingembre,, le cardamome, la coriandre, le fenugrec, la cannelle, le benjoin, le poivre, le thé, le safran, l'assa-fœtida, la soude, le Colombo : toutes ces substances, sauf le poivre, la gomme arabique et le thé, arrivent à la côte d'Afrique en quantité très-restreinte, et seulement pour la consommation de Zanzibar, oti n'en sont réexportées qu'accidentellement. L'aloès (soum., hhomneur) et le sang-dragon amenés de Socotra sont réexportés en presque totalité. L'encens (soum., beïo] vient des pays soumal du nord, quelquefois par les ports situés entre Beurbeura et Guardafui , ou au-

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trement par terre jusqu'à Mogoedcbou; ii en arrive aussi, mais plus rarement, de la côte sud d'Arabie et de Socotra. La gomme arabique (soum., hàbko), la myrrhe (soum., tnalmel et hhadi)t récoltées chez 4es Ongadioe, les Loulbahanié, les Meurrihan' et les Gaila, sont apportées de ces divers lieux , par terre, aux Bénadir, et dirigées directement sur l'Inde ou bien envoyées à Zanzibar, d'où elles reçoivent ultérieurement le même destination. Le gingembre, le cardamome, la coriandre (so., vionggo -viam' telle) , le fenugrec (so., ouatou, — hhaleba des Arabes), la cannelle, le benjoin, le poivre (so., pilipili) et le thé sont expédiés de Bombay à Zanzibar. Le safran est apporté de Ben.deur-Abbass et de BoQchire par les navires de Mascate; on en tire également un peu de la mer Ronge. L'usage du thé paraît devoir se développer à Zanzibar et à Mombase ; on prétend que dans ces deéx villes on en consomme déjà autant que de café. L'importation en poivre, faite annuellement par Bombay, varie de 800 à 900 quintaux ; celle du benjoin peut être de 25 à 50 quintaux. L'assa-foetida vient de la côte <k Perse par Mascate ; la soude on mogat , du pays de Ganané aux Bénadir. La racine de Colombo est recueillie aux environs de Mombase.

Pour compléter la nomenclature des objets du commerce étranger, il me reste à en signaler quelques-uns qui n'ont pas figuré dans le commerce intérieur.

Chevaux (so., farassi; soum., fereus). — Ils arrivent à Zanzibar de Mascate, du Keutch et deHhafoun. Les premiers, issus de la belle race d'Arabie et, par conséquent, bien supérieurs aux autres, sont vendus de 150 à 200 piastres; ceux du Reutcb, de 100 à 160 piastres ; et ceux de Hhafoun,

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de 25 à 40 : de ceux-ci , il (S'est guère importé plus 4' une dizaine par an; les autres ne le soi^ que sur commande. Il vient aussi à Zanzibar quelques mules de Bendeur-AèdMiss et de Mascate. On porte en§H»4aDS cette dernière ville, une espèce de fourrage en corde nommé ibis, ^u'on donne aux chevaux dans la saison des pluies. .^i . . ...

• Viande de bœuf salée, boucanée ^ ou préparée (so., ngniama'ia-tchiomvi f ia-mitanday ou ia-kouhangga). — Elle ne vient que de la côte ouest de Madi^^ascar, où die est préparée souvent par les équipages des bafteaax qui vont l'y chercher ; elle est consommée en partie à Zanzibar et à Mombase, mais sert surtout comme provision de itter à bord des bateaux arabes ou souahhéli.

Huile de poisson (so., mafouthoriasifa). — U en est apporté à Lémou« Mombase, et principalemeot à Zanzibar, par les bateaux de lacète de Meheura, en jarres dites farrah, qui contiennent de 5 à 7 frazela 1/2 et sont ?eodues au prix de 5 à 8 piastres. Elle est extraite d'un petit poisson nommé dagaa à Zanzibar, sûnon à Mombase, et howna à Mascate. Ce poisson est mis en masse dans un large trou maçonné, exposé au soleil , et où on le laisse se putréfier, puis on recueille et épure un peu l'huile qui monte à la surface; elle est employée dans le corroi dont on enduit les carènes des bateaux.

Piments (so., pilipili hoho). — Ils sont récoltés à Zanzibar et Mombase, et entrent depuis quelques années dans les exportltirons des Anglais et des Am^icains, an prix de 2 piastres la frazela; on en cultive maintenant sur les plantations de girofliers, dans les intervalles laissés entre ceux-ci, et cet article augm^te de valeur.

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Oranges (so., matckoungga) . — Elles sont récoltées à Zanzibar et Pemba, d'où on en «xpédie à Mascate^ au Keotch, à Bombay et aux Comorres. Mozambique en envoie aussi parfois, qu'on réexporte à Bombay.

Oignons (so. , kitou vouou). — Ils sont fournis par M'kellé, Cheheur et autres points de la côte sud d'Arabie, où l'on en cultive beaucoup. V » ^ *

Bastin (so., kamba). — U arrive aux États d'Afrique, de la grande Comorre, où on en fait abondamment, et de Bombay, en quantité d'environ 400 quintaux, i

Savon (so., sabount). — Il est apporté par les Américains, puis de l'Inde, de Maïotte et de Nossi-bé par bateaux «du pays.

Tabac (so., toumbako). — Il vient, en feuilles paquetées ou tordues, de Madagascar, des Comorres et drivers points du littoral africain. Les Américains l'expédient en poudre, en corde et en figue. Où le cultive, d'ailleurs, sur plusieurs points du Souahhel.

Soieries. — Elles sont importées de l'Inde (Surate et Bombay), quelquefois de l'Yémen, et enfin d'Europe par les navires français et anglais.

Parmi celles de l'Inde, il en est bien peu qui ne soient pas plus ou moins mélangées de coton. Le navire français la Grenouille^ qui a passé à Zanzibar, l'année dernière, avec des échantillons nombreux et variés, en a reçu commande pour une valeur de 20,000 piastres. Le gouverneur de la ville, qui était l'un des commanditaires, m'a assuré qu'on en placerait annuellement, à Zanzibar, pour 10,000 piastres.

Spiritueux. — Zanzibar reçoit de Maïolte et de Nossi-bé quelques caisses de vin, d'eau-de-vie et de rhum;

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toutefois l'usage de ces boissons, étant défendu aui mahométans et réprouvé par l'opinion , n'a lieu que d'une manière occulte, et ne saurait de longtemps prendre un grand développement dans les pays musulmans de l'Afrique orientale.

Mais, par une singulière contradiction, les croyants les plus orthodoxes pensent que les liqueurs ne leur sont pas interdites, et ils en usent volontiers; aussi le peu de navires français, soit d'Europe, soit de la Réunion, qui ont passé à Zanzibar en ont-ils toujours placé un certain nombre de caisses. Cependant la consommation possible serait, pour le moment, largement estimée en la portant à âOO caisses.

FilSf cordonnets et galons de soie, d'or et d argent pour vêtements. Ils viennent de Perse par Mascate, de Surate et de Bombay par bateaux du pays, et de Londres par navires anglais.

Sirops. — Cet article est susceptible d'entrer pour une bonne part dans la consommation, car il est, de sa nature, tout à fait en accord avec les goûts et les habitudes hygiéniques des populations des villes. Il en a été souvent envoyé de la Réunion, et le débit en a été facile : il en arrive maintenant par Maïotte et Nossi-bé, exportés de ces endroits par des bateaux du pays. On vendrait, m'a-t-on dit, sans peine, 150 caisses à Zanzibar, qui ne reçoit guère d'autre provenance que quelques bouteilles de sirops plus ou moins vieux et de mauvaise fabrication.

Fotamitures de marine. — De la toile à voiles, un peu de

cordage en chanvre, du goudron, de l'étoupe, du brai, du

pouliage, des pièces de mâture , des avirons , des planches

de sap, le tout destiné, presque exclusivement, à l'entretien m. 23

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ou au service des bâtiments du Sultan, sont fournis par les navires américains. Bombay entre aussi pour sa part dans ces approvisionnements; néanmoins le chiffre qui , pour ce dernier lieu , représente la valeur des fournitures de ce genre ne s'élève pas aujourd'hui à plus d'un millier de roupies par an.

On pourrait ajouter à l'énumération que je viens de faire un certain nombre de raenu« objets ; mais ils sont sans importance réelle par leur quantité comme par leur valeur, et je crois n'avoir omis aucun article d'échange pouvant offrir de l'intérêt. Voyons maintenant par quels moyens les transactions s'opèrent.

MÉCANISME DE l'ÉGHâNGE.

Les détails qui précèdent, et la position essentiellement maritime des pays dont il a été question, ont dû faire comprendre déjà que le transport des objets de traite devait avoir lieu tantôt par eau et tantôt par terre, pour qu'ils arrivassent à leur destination définitive. Ce transport n'est point, du reste, dévolu exclusivement à tel port ou à tel groupe de la population des États du Sultan , ni spécialement exécuté par quelqu'une des nations qui participent au commerce général. Tous et toutes y emploient des moyens à peu près en rapport avec la quantité de produits que chacun d'eux importe et exporte pour son compte.

Le transport par eau ne consiste ici que dans la navigation maritime proprement dite, sous les formes du petit et du grand cabotage. Quoique la région orientale de l'Afrique où s'effectue, pour moitié, le mouvement commercial que

tr-

je décris soit traversée par plusieurs beaux fleuves flottabfeis sur une grande partie de leur étendue, et sillonnée par leurs nombreux aiffluents, ces cours d'eau ne paraissent pas, jusqu'à présent, avoir été utilisés pour le transport des marchandises ni pour les communications intérieures; et, soit par suite de l'eiistence de rapides et de cataractes, de la force du courant on de toute autre difficulté pouvant entra ver et même arrêter la circulation des bateaux, soit par le manque d'industrie o(?1e peu d'aptitude nautique des populations riveraines, on ne les a employés,, comme voie commerciale, que dans un parcours de quelques lieues audessus de leur embouchure ^4). 't.

Le transport par terre n'emprunte rien non plus à nos moyens mécaniques de locomotion. Les marchandises sont portées à dos d'homme, dont la charge moyenne est de 40 livres; on ne Se sert de bêtes de somme que dans les caravanes du Nyamouézi, pays très-riche en ânes, et dans celles des Soumal qui , outre les ânes, possèdent une quantité considérable de chameaux. Partout ailleurs, le transport des marchandises se (fait à dos d'homme.

Les routes, à l'intérieur, ne sont autres que les sentiers battus par ces caravanes, et se réduisent à un petit nombre de grandes lignes menant, sans doute à travers mille sinuosités et des obstacles naturels infinis, de qnelques points de la côte au cœur des populations avec lesquelles se font les échanges. Aussi tous ces trajets demandént-ils d'un mois à

(1) On a dit que des navires de 150 tooDeaui remontent TDafidji pendant unff^^maine, et des bateaux pendant un mois -, mais je n'ai pu vérifier l'exactitude (|e cette assertion, et le fait reste au moins douteux pour moi, d'après les reaseignen:^nts que m'ont donnés les caboteurs.

deux mois et demi de marche pour être effectués par les piétons les plus diligents ; de plus, ils* ne peuvent être entrepris qu'à certaines époques de Tannée, soit afin de s'assurer, sur la route, des ressources en vivres et en eau, s(Ht afin de n& pas trouver la circulation interrompue par les inondations qui proviennent des pluies torrentielles et du débordement des cours d'eau. L'époque de ces déplacements est, d'ailleurs, subordonnée aux habitudes commerciales et aux nécessités des travaux agricoles ou autres, auxquels se livrent, dans leur pays, les indigènes qui veulent trafiquer avec le littoral. Bref, les voyages de l'intérieur à la côte, et réciproquement, sont réglés par les saisons et divers autres faits non moins absolus, c'est-à-dire que le transport des marchandises par terre est périodique et ne peut être continu.

De plus, les circonstances météorologiques qui président à la navigation de l'océan Indien, la nature et les qu^ités nautiques des bateaux employés à la grande navigation, l'insuffisance de leurs moyens pour se diriger longtemps en haute mer, et l'impossibilité qui se présente, en vue de terre, d'aller contre vent et courant, les obligent à faire coïncider leurs opérations avec le cours régulier des moussons; le cabotage lui-même est en partie assujetti à cette périodicité de mouvements.

Ainsi, du côté de la mer comme du côté du continent, presque toutes les marchandises qui alimentent le commerce tant intérieur qu'étranger, et qui ne font, pour ainsi dire, que traverser les possessions arabes du littoral , n'arrivent aux lieux d'échange qu'à des époques données; et, par suite, le commerce de ces possessions est soumis à une intermittence semblable, et doit y conformer son noode d'o-

pératioii et de rc^emeot. Ceci posé^ je vais donner quelques détails sur les conditions et mouvements divers par lesquels passent les objets d'échange à partir du dernier point d'où ils viennent en entrant dans le pays, jusqu'à leur première destination quand ils en sortent.

Ainsi que je l'ai dit, chacun des pays qui prennent part au commerce de la côte y emploie à peu près la quantité de bâtiments nécessaires au transport des marchandises qu'il y importe ou qu'il en exporte.

L'Inde anglaise, le Keutch, les ports du golfe Persique, de rOmân, des côtes sud d'Arabie et de la mer Rouge ont les leurs; il en est de même de Zanzibar et de quelques-uns des ports q|ii en dépendent. Le chiffre total de ces navires s'élève à environ cent soixante-dix; ils jaugent de 50 à 150 et 160 tonneaux, la plupart de 50 à 60. Beaucoup d'entre eux servent aussi au cabotage soit accidentellement, soit pour Un temps donné et prévu ; toutefois celui-ci est principalement effectué par des bateaux plus petits et des barques, au nombre de cent cinquante peut-être, parmi lesquels une cinquantaine de bateaux pêcheurs, de Soûr, nommés beden, du port de 15 à 25 tonneaux, et qui font le cabotage entre Zanzibar et la côte de M'rima, particulièrement durant la mousson du sud-ouest; les autres petits bateaux et barques appartiennent nécessairement à Zanzibar et ses dépendances. Il en est de plusieurs sortes qui se distinguent par des différences dans la construction de la coque , dans la mâture et la voilure ; je crois inutile de les décrire, et je renvoie à l'Album les personnes qui désirent s'en faire une idée.

Revenons aux navires (ie grande navigation : voici , à peu

^ 358 — près« leur répartition entre les divers pays qui les fournissent : . , , .i. ,:■, j,,-- : .. 'Ji .''■ \'>'. :"

Inde anglaise et États 4>rotégés.. .35

Côte d'Oman et du golfe Persiqne. 50 non compris les bateaux de pë-

Côte sud d'Arabie (M'kellé, Cheh- cbe dits beden. •

henr et pays de Mehenra).. . . 25 Mer Ronge (Djedda, Moka, etc.).. 10 (de 6 à 15). I

£âte d' Afrique 5O7 compris 3 ou 4 bateaux, peutêtre, des ports soumal du nord.

Total. ... 170

Il y a quelques années, ce chiffre était plus considérable; le gouverneur de Zanzibar m'a raconté, à ce sujet, que, se trouvant un soir chez le fils du Sultan, Syed Khaled, avec d'autres personnes, la conversation tomba sur' le mouvement de la navigation dans ce port. Des paris s'engagèrent sur le nombre des bateaux qui le fréquentaient : c'était alors l'époque où ils y sont réunis. Pour trancher la question, on fit le dénombrement, et on en compta deux cent dix. Il s'ensuivrait que la diminution aurait été d'une quarantaine, et la cause en était, selon mon interlocuteur, dans la suppression de la traite sous pavillon arabe au nord de l'équateur. Le fermier des douanes m'a assuré, de son côté, qu'il résultait, pour lui , du même fait, une perte de 50,000 piastres par an (1). Quoi qu'il en soit, voici quelle est la marche générale du mouvement et des opérations de cette marine de long cours.

En prenant pour point de départ le début de la mousson

(1) Je citerai encore, à Fappui de cette opinion, le passage suivant d'une note sur les affaires commerciales, que M. Ward, consul des Étatsi'nis à Zanzibar, m'adressait officieusement, eu réponse à quelques ren-

tusm.

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de nord-est, les premiers arrivages du nord sont fournis par les bateaut de Zanzibar, qui ont été porter des grains à la côte d'Arabie, et qui sont ordinairement de retour de la fîn de novembre an commencement de décembre. Cependant, avant celte époque , il arrive quelquefois an , deux ou trois bateaux de Mascate; mais cela ne se présente que quand il y a eu des marchandises pressées à envoyer à Zanzibar ou des nouvelles importantes à y faire parvenir, comme, par exemple, celles de troubles survenus en Oman, circonstance assez fréquente. Dans cette dernière occurrence, on expédie de Mascate, dès que la mousson du sud a cessé , un des navires du Sultan, qu'on charge en même temps d'une provision de dattes, raisins, amandes et autres fruits de la plus récente récolle.

A part les cas exceptionnels que je viens d'indiquer, les grands bateaux de l'Oman et du golfe Persique, qui partent les premiers, n'appareillent guère avanl la seconde quinzaine de novembre; ils sont, d ailleurs,^ en petit nombre, et ils n'avancent ainsi leurs départs que parce qu'ils doivent faire plusieurs escales, entre autres celle de Socotra, où ils portent des dattes et prennent du semen et de l'aloès. Au besoin, ils cherchent un refuge contre le mauvais temps à la baie de Hhafoun et, plus au sud, à4)uarcheikh, Meurka ou Braoua. Ils y trouvent encore l'occasion d'exercer quelque^Hégoce ;

seigoemeots que je Tavais prié de me donner : a Since tbe treaty wilh EogUod to pat a stop to the coast slave trade iu tbe Imam's dominions, the coast trade is yery much diminished; tbere is not in Zanzibar so great a demand for goods as tbere was. » Depuis la convention passive avec TÂDgleterre, pour mettre Gn, dans les possessions du Sultan, à la traite des esclaves sur la côte, le commerce de celle-ci a beaucoup diminué; Zanzibar ne demande pins autant de marchandises qu'aupar.ivant

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sous ce rapport, les relâches de Lâmou et de Mombase, surtout la première, sont les plus fréquentées. Le gros de la flottille quitte l'Oman dans la première quinzaine de janvier. Tous ces navires, à de rares exceptions près , descen> dent jusqu'à Zanzibar, où ils arrivent à la fin de février. Leur chargement se compose, en proportions variées , d'étoffes pour turbans et ceintures, de vêtements (y compris les bouchtiy burnous en poils de chèvre), de soies en fil, de tapis, de peaui en cuirs, de dattes et fruits secs, de pâtes et confiture^ d'eau de rose, de blé, de fourrages (t&û), de gargoulettes et de diverses drogues.

Les bateaux partant de l'Inde (Bombay) et du Keutch appareillent de la fin de décembre à la mi-janvier, selon leur destination plus ou moins éloignée. Il en est qui vont jusqu'à Mozambique et à la côte ouest de Madagascar, après une courte relâche à Zanzibar ou à M'gâo; d'autres touchent à certains ports des Bénadir et du Souahhel. Dans ces escales, ils déposent quelques marchandises entre les mains de leur correspondant, s'ils en ont un; sinon, ils y laissent un agent qu'ils prennent à leur retour dans le nord. Tous ceux dont la destination définitive est Zanzibar y sont rendus d'ordinaire pour les derniers jours de mars.

Les bateaux de M'kellé, de Chehheur et de la côte de Meheura font route à la fin de janvier. Ceux de Meheura sont chargés de sel et de poisson salé. Les uns mouillent à Socotra, où ils s'approvisionnent d'aloès et de sang-dragon ; d'autres, aux Bénadir, où ils trouvent toujours des passagers et un peu de fret pour le Souahhel. Ils se défont d'une partie de leur sel à Lâmôu, parfois à Mombase, et le reste arrive à Zanzibar. Les bateaux de .M'kellé et de Chehheur ont, à

bord, des oignons, un peu d'aloès, de gomme et autres drogues, puis du teqain salé. En passant aux Bénadir, ils prennent du semen, des cornes de rhinocéros, de l'ambre gris en petite quantité; ils ont aussi habituellement, comme passagers, un certain nombre d'individus qui quittent temporairement leur pays, pour aller chercher fortune à Zanzibar, où ils s'emploient, les uns comme heummaline (porterai!), et quelques autres en qualité de soldats. Chacun de ces bateaux a coutume d'emporter, en marchandises et argent, de quoi se procurer, pour son retour, au moins la moitié de son chargement, que compléteront les bagages et vivres des passagers, et les provisions, en grains principalement, que leurs compatriotes émigrés à Zanzibar envoient aux parents qu'ils ont laissés en Arabie.

Les bateaux de la mer Rouge partent à la un de janvier. Ce sont eux spécialement qui servent au transport, aller et retour^ des pèlerins du Souahhel et des Bénadir. Leur cargaison ordinaire comprend du café en grain et en coque, de la verroterie, des pièces de toile fine et soieries, de l'essence de rose^ du vieux cuivre, quelques tapis; et quand ils ont touché à l'un des ports de la côte soumal , entre Beurbeura et Guardafui, ils ont aussi un peu d'encens et de gommes. Ils déposent aux- Bénadir une partie de leur verroterie, le café en coque, le vieux cuivre, et les échangent contre des peaux et des cornes, des grains, de l'argent et parfqis de l'ivoire qu'ils vendent à Zanzibar. La fin de février est le moment où les divers bateaux ci-dessus mentionnés se trouvent réunis en plus grand nombre dans le port de Zanzibar. Alors beaucoup d'entre eux se halent h terre pour visiter et remettre leur carène en bon état; d'autres qui nr

doivent retourner dans ie nord qu'à la fin de la prochaine mousson de sud-ouest ont été, peu de jours après leur arrivée à Zanzibar, dirigés vers les Kiioua, M'gào ou la côte de Mozambique, ou bien se sont rendus aux Comorres, à Nossi-bé et à la c6te de* Madagascar, av«; des chargements appropriés aux besoins des localités qu'ils veulent parcourir. Enfin c'est un temps de repos pour ceui qui vont repartir avec les premiers joiu-s de la mousson de sud-ouest.

Alors aussi s'exécute le règlement des comptes pour les transactions opérées depuis le commencement du nirouz. L'ouverture de cette liquidation est signifiée, à la demande du fermier des douanes, par un ordre du gouverneur, et publiée à son de cornes jusque dans les faubourgs de la ville.

A l'arrivage du nord, ce sont généralement les négociants de Zanzibar qui sont les débiteurs. Ils soldent soit en numéraire, soit en produits ( ivoire, grains, girofle, copal , etc.), ou bien font de nouveaux billets accrus du montant de l'intérêt des sommes dues pour la prolongation accordée, et dont l'échéance est reportée au prochain règlement de comptes. Puis on recommence à négocier au sujet des articles récemment importé^ et pour lesquels les recouvrements n'auront lieu, sauf conditions contraires, qu'à la fin de l'année, c'est-à-dire dans les derniers jours d'août. A cet efl'et, une obligation est passée devant témoins ou devant le cadi, portant que le débiteur payera aux créanciers, à une époque convenue, telle somme en argent ou en telle marchandise, à raison de tant la frazéla ; un échantillon de celte marchandise et de la qualité dont elle devra être reste entre les mains des deux parties.

Les comptes à peine réglés, les départs pour le nord com-

mencent dès les premiers jours d'avril dans l'ordre suivant, fixé selon le plus ou moins d'éloiguement du lieu de destination. Ce sont successivement les bateaux du golfe Per- «ique et du Reutch, de Bombay, de l'Yémen et la côte sud d'Arabie; enfin les derniers sont ceux qui se rendent aux Bénadir et à Lâmou.

L'époque des expéditions, pour le nord , des divers ports de la côte d'Afrique est la même qu'à Zanzibar; elles ne sont, du reste, faites que par Lâmou et Mombase.

Après ces départs, la grande navigation, par bateaux indigènes, est interrompue pendant trois mois et demi environ, des premiers jours de mai au 45 août. Les bateaux qui n'ont pas pris l'une des directions déjà indiquées concourent avec les caboteurs à la répartition, sur les différents points de la côte, des marchandises nouvellement apportées à Zanzibar. Je décrirai tout à l'heure les mouvements du cabotage; mais, pour en finir avec la navigation de long cours, je citerai un passage du rapport de M..Loarer, qui présente un tableau aussi pittoresque que fidèle d'une partie du mouvement commercial des Arabes le long de la côte d'Afrique.

« Les boutres et les Arabes, dans leur pénible naviga- K tion, rasent continuellement les côtes, et, toutes les fois « qu'une occasion se présente à eux de faire la plus chétive M spéculation, ils ne la laissent pas échapper. La composite tion de leurs chargements et l'agglomération de petits « pacotilleurs, que l'on trouve à bord de la plupart des ba- « tcaux, favorisent admirablement cet instinct mercantile. « Tel individu, parti d'un port de l'Inde ou de l'Arabie avec <t une valeur de 500 piastres en marchandises dont il e.st

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« sur de trouver un placement avantageux à Zanzibar, et « dans l'intention première d'y amener sa petite pacotille» « la vend et échange trois ou quatre fois» sur la route, les « articles qu'il s'est procurés en retour; déserte que, bien (f souvent, il n'apporte à sa destination que les piastres pro- « venant de ces diverses spéculations.

« Le temps n'est rien pour le navigateur arabe : il a « six mois pour faire une traversée qu'un autre achèveu rait en moins d*un mois; il est excessivement curieux, u aventureux et en même temps économe jusqu'à l'avarice. « La plupart du temps, il n'a d'autre habitation que son « boutre. S'il vous dit qu'il a une femme à Mascate, une (( autre à Zanzibar, ces différents ménages ne lui coûtent « que peu ou point d'entretien ; ce sont pour lui des espèces « d'hôtelleries où il paye, quand il s'y trouve, pour son « loyer et sa pension ; ses femmes commercent, de leur côté, « par les mains des esclaves mâles et^ubviennent ainsi à la « dépense pendant les voyages du maître. Outre l'avantage « d'un pied-à-lerre, celui-ci trouve, dans ces intérieurs qui « lui sont ouverts successivement, des factoreries tout inu stituées, plaçant, pendant son absence, les marchandises c( qu'il n'a pas pu vendre ou qui ne sont pas d'un débit ima médiat. Le môme boutre, se rendant de Mascate à Zanzi- (c bar, fait ordinairement dix à douze escales avant d'arriver « à sa destination. On ne doit excepter de cette règle géné- « raie que les bateaux appartenant à ce dernier port, les- « quels ne relâchent ordinairenent que pour faire de l'eau « et du bois. »

Maintenant je vais donner une idée générale des opérations faites par le petit nombre de navires chrétiens qui

participent aa ni(^vement commercial de la côte orientale d'Afrique. * ;

Les Américains et les Anglais sont les seuls qui entretiennent des relations suivies avec les États du Sultan (4). La marine française du commerce n'a fait, jusqu'à présent, à Zanzibar que de rares apparitions, sans aucune régularité, et le passage, dans ces derniers temps, de deux ou trois bâtiments de Hambourg et de Brème, d'un faible tonnage, n'est encore qu'un accidrat. ;

Dans un travail précédent, qui a été publié aux Annales maritimes et à la Revue coloniale, numéros de décembre 4843, j'ai déjà indiqué la nature et le mode d'opérations du commercé américain sur le marché de Zanzibar, et la valeur des échanges effectués par lui jusqu'en 1842. Ce travail comprenait aussi une appréciation analogue du commerce anglais. Il me suffira donc de signaler ici les modifications qu'ils ont pu, l'un et l'autre, éprouver depuis, sous ces divers rapports.

Après plusieurs transformations dans la raison de la maison de Salem, qui avait, dès lors, un comptoir à Zanzibar, et dans le personnel qu'elle employait, ce comptoir fonctionne toujours sous la direction ostensible d'un M. Febeen dit Franck; mets M. Ward, le consul américain, a une grande part d'influence dans les opérations, s'il n'en a pas même la direction supérieure. Celles-ci consistent à placer les chargements importés par les navires de la maison et à leur préparer des cargaisons pour le retour. Ces navires, au

(1) Je De crois pas devoir tenir compte des opérations clandestines de traite que peuvent faire des navires négriers dans quelques ports du sud des possessions arabes.

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nombre de cinq, sont expédiés successÎTement d'Amérique, à deux mois et demi, trois ou quatre mois d'intervalle l'un de l'autre; il en passe donc, selon les circonstances» trois ou quatre chaque année à Zanzibar. Malgré l'interdiction commerciale décrétée à Madagascar contre les blancs, et qui s'est étendue aux Américains (i), les navires dont il s'agit ont coutume d'y toucher et sont même parvenus, après bien des réclamations et des pourparlers, à y déposer de nouveau des marchandises ; toutefois , par une sorte d'accommodement avèe. l^hdéfense de ne rien laisser emporter du pays^ par les étranger^; ces marchandises ont été payées à Zanzibar, au moyen d'une assignation sur un négociant de cette place, qui était', à ce qu'il parait, en affaires avec quelques antalaot's ou quelques banians de Majunga.

Outre ces navires , il en vient trois ou quatre expédiés par des maisons de Boston , et qui se font concurrence. Je crois , sans en être sûr, que l'une d'elles a eu pendant un certain temps un agent ou correspondant à Zanzibar; mais, dernièrement duinpins, il n'y avait d'autre maison américaine, en cette place, que celle dont j'ai d'abord parlé. Les capitaines ou subrécargues des bâtiments de Boston sont chargés de gérer eux-mêmes les affaires du navire ; chacun d'eux traite avec un, deux ou trois des grands négociants^anians ou hindous établis sur les lieux, pour tout ou partie de sa cargaison ; en échange de quoi il devra recevoir, à une époqud^^ indiquée, une valeur équivalente en

(1) Cette interdiction eut d'abord pour eflFet de suspendre non-seulement les opérations du comptoir secondaire qu'ils avaient à Majunga, mais encore l'exportation de l'argent et des marchandises du pays déjà acquises par le gérant de l'établissement.

ivoire, copal, etc., etc., de telle qualité, à raison de tant la frazela. '*

L'affaire est ordinairement agencée par un courtier ou commissionnaire qui est chargé d'assurer les rentrées et de préparer les objets qui doivent composer la cargaison de retour; il lui revient 2 i/2 pour 100 de commission, tant sur celte dernière que sur celle d'arrivée.

Alors le navire va faire quelque escale interméd^ire à Nossi-bé et Madagascar, ou à Mâïotte et Mozambique, ou à Moka. Plusieurs ont été sur la côte, à Tonggui ou Kiongga (1) , traiter du copal. ^n 1847, il est venu huit navires américains à Zanzibar; en 1848, le nombre en a été moindre de moitié, mais ce sont les navires de Boston qui pnt manqué.

Les marchandises importées par les Américains sont toujours à peu près les mêmes quant à la qualité et à la variété; il ne s'y trouve d'article qui soit spécialement convenable pour le commerce du Zanguebar que leur coton manufacturé ; et, d'après les renseignements que j'ai pu obtenir sur la valeur totale de leurs importations, le chiffre n'en a jamais été au delà de 500, OOD à 550,000 piastres (piastres américaines), dont un quart ou un tiers seulement en numéraire. Les objets qui composent la cargaison, outre les colonnades, sont : du sucre en pain, des farines et salaisons, des meubles, un peu de quincaillerie et de vaisselle, du savon, du tabac, de la bougie, quelques centaines de paniers

(1) Ces deux points, qu'on désigne le plus souvent par Tonggui, sont placés tout près Tun de Tautre et du cap Delgado, sur la rive gauche de la riTière Ménaguené : Tonggui est aux Portugais, Kiongga est au sultan Saïd et a pour chef un certain Bacari-M'cbiamo.

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de cidre, du papier à écrire, de la poudre et des fournitures de mariDe.

Leurs exportations ont également peu yarié; ee sont foujours principalement de l'ivoire, des peaux, du copal, du girofle, quelques drogues, du sésame et, plus récemment, des piments; ils n'exportent plus ordinairement d'huile de coco. Leurs chargements de retour comprennent, en outre, le café qu'ils vont prendre à Moka et les pr^uits de Madagascar (peaux, suif, copal), qu'ils peuvent se procurer en partie à Majunga et en partie à Nossi-bé.

Je passe aux Anglais.

Après la liquidation de la maison Hunt, en 1840, une société, dont la raison était Andersen et compagnie, avait établi à Zanzibar un nouveau comptoir anglais, ayant pour gérant un M. Peters. Ses opérations étaient plus restreintes que celles de sa devancière et se bornaient , je crois, aux transactions possibles sur le marché de Zanzibar. Un M. Wilson y avait organisé, plus tard , un autre comptoir qui devait, disait-on, correspondre avec une maison de Bombay. Enfin plusieurs tentatives individuelles ont été faites soit dans ce sens , soit pour monter des opérations avec la métropole; mais tous ces essais ont échoué ou n'ont eu que de minimes résultats. A mon dernier passage à Zanzibar, M. Peters était mort; la maison de Londres, dont il avait été le représentant, avait envoyé un agent qui s'occupait de la liquidation des affaires , et le brick anglais rArrouo se tenait prêt à emporter le matériel restant.

Les importations des Anglais consistent principalement en verroterie, vaisselle, quincaillerie, armes, poudre, étofles de coton, représentant une valeur d'environ 3i 5,000 plas-

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lies; et leurs evportations, en copal , sésame, ivoire, cornes Je rhinocéros, cire, drogues et peaux de bœuf. Outre les spéculations dont il vient d'être question, deux ou trois navires de Maurice vont annuellement, aux époques des changements de mousson , charger des bœufs à Braoua. Une ou deux cargaisons d'ânes ont aussi été exportées de Moguedchou, il y a quelques années, par navires de celte colonie.

L'apparition, dans les Etats du Sultan, des navires de Brème et de Hambourg,, dont il est parlé précédemment , est de date récente, et a eu , sans doute , jusqu'à présent pour but plutôt une sorte d'exploration commerciale que des spéculations faites d'après un plan d'opération arrêté. lis ont importé des toiles, de la verroterie, de la quincaillerie, et exporté un peu d'ivoire, de copal, ainsi que des drogues; je crois qu'un ou deux d'entre eux se sont même rendus à Moka pour y prendre du café : en un mot , il n'y a encore rien de bien caractérisé dans la nature de leurs transactions.

Je dois maintenant expliquer comment sont distribuées les marchandises importées des divec^ pays et par les diverses voies qui ont été indiquées, tant à Zanzibar qu'en quelquesuns des points du littoral qui en dépend ; ce sera en même temps décrire les mouvements du cabotage.

Les marchandises destinées à telle partie de la côte, soit pour la consommation , soit , surtout , pour être échangées avec les peuplades de l'intérieur, y sont transportées du port qui les a reçues directement, par des bateaux côtiers de dimensions et de genres différents, jaugeant de 8 à 25 et jusqu'à 50 tonneaux. Il faut y ajouter, ainsi que je l'ai dit plus haut, un petit nombre de grands bateaux qui trouvent

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avantage à s'y employer, au lieu de rester inoccupés jusqu'à la mi-août.

Les caboteurs les plus actifs sont les bateaux nommés beden; une centaine environ de ces bateaux, le plus souvent du port de 18 à 20 tonneaux et construits, pour la plupart, à Soûr (Oman), en partent, chaque année, approvisionnés de sel , et armés pour la pèche. Ils commencent en quittant le port et principalement de Ras-el-Hhad à Mocira ; passant ensuite rapidement, en deux ou trois jours de beau temps, de la côte sud-est d'Arabie à la côte d'Afrique, et ^'arrêtant, au besoin, dans quelque baie de Socotra, ils la continuent dans les baies de Hhafoun et d'El-Rhazaïne et successivement à Fechout, M'routi, jusqu'à Ouarcheikh, se procurant, à l'occasion, un peu d'ambre gris. Alors ils visitent les Bénadir et plusieurs ports du Souahhel , où ils trouvent le placement des produits de leur pêche (requin et tazar salés). /

Les uns s'arrêtent à Lâmou, d'autres à M' rima ou Zanzibar. Les premiers arrivés, qui vendent leur cargaison dans les ports du nord, font quelquefois une seconde excursion. Une partie de ces beden opèrent leur retour dans les premiers jours de la mousson de sud-ouest; d'autres, à la fin, et, dans ce dernier cas, ils s'emploient, en attendant, au cabotage. Quoique solidement construits, ces bateaux ont des façons très-6nes et sont très-bons voiliers, ce qui leur donne de l'avantage sur leurs concurrents.

Il y a un mouvement de va-et-vient pendant toute l'année entre Zanzibar et la côte de M' rima, et ce mouvement s'étend même jusqu'à l'Oufidji; mais les communications entre cette île et les diverses parties des possessions arabes ou por^t

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lugaises du littoral ont lieu à des époques fixes et selon la» mousson régnante. ..^

Les départs de Zanzibar et de Lâmou pour les Kiloua et ports au sud, pour les Comorres, la cAte de ^Madagascar et celle de Mozambique s'effectuent de décembre en mars. Une quarantaine de bateaux appareillent alors de Zanzibar pour ces divers parages; ils y restent pendant tout le fort de la mousson de sud-ouest , faisant du cabotage entre les Comorres, Nossi-bé et Madagascar.

Les bateaux armés pour le commerce spécial des Kiloua quittent Zanzibar à la mi-aoùt au nombre de trente-cinq à quarante au plus, la vente des esclaves étant moins considérable qu'elle ne l'était autrefois. Ils descendent en louvoyant le long de la côte en dedans des îlots et récifs, profitant des brises de terre,, qui soufflent dans la matinée et des courants de marée; ils mettent ainsi, en moyenne, de sept à huit jours à $e rendre à leur destination. A peu près à la même époque, arrivent aux Kiloua, pour y prendre du fret ou tâcher d'y placer un reste de marchandises, quelques-uns* des bateaux partis au commencement de l'année pour les Comorres et la côte de Madagascar ou certains ports du Mozambique (Anggoji, Mozambique, Ibo, etc.).

Voilà donc, par suite des divers mouvements maritimes déjà décrits, tout le littoral des Bénadir à Tonggui, approvisionné de marchandises propres à la consommation de ses habitants et des peuplades de l'intérieur. D'un autre côté, de nombreuses caravanes envoyées par celles-ci y ont apporté les produits qu'elles destinent à l'échange. Comment et par quels agents ce dernier va-t-il s'opérer? Pour le faire

mieui comprendre, je dois d'abord donner une idée de la composition du personnel des possessions arabes.

II y a, à Zanzibar, une quarantaine de négociants banians, hindous et arabes qui s'occupent d'affaires : je ne parle ici, bien entendu , que des négociants ayant un nom connu et un certain crédit sur la place.

En tète des premiers, qui sont les plus nombreux, il fautl placer le banian Djiram, fermier général des douanes; puis encore la maison désignée sous le nom collectif d'Oulad- Bima (les enfants de Bima), Oulad-Monha, Oulad-Raroa, Oiilad-Eelendji , Kandjisettic , Man'la, Vania et quelques autres.

On cite comme les plus considérables, parmi les Hindous, Topan, Benda-AIi, Hima, Liman-el-Hindi, Hardji et Moussa- Manké.

Parmi les Arabes, enfin, on m'a désigné Sid-Hamrooud, Said-ben-Donine, Hassan-ben-Ibrahim, et de plus quelques négociants originaires de l'Yémen ou y ayant des correspondants, et qui se livrent plus spécialement au commercé de la mer Rouge, à savoir : Sid>Abou-Bakari, Saad-Dibran, Sid-Mohhammed-Barkati , Ahhmed et Mohhammed, Ba- Abeud. Le gouverneur de la ville (Syed Séliman), l'un des fils du Sultan (Syed Khaled) et le Sultan lui-même pourraient figurer en tète de ce dernier groupe.

Les négociants banians tiennent, pour la plupart, à de grandes maisons de commerce du Keutch, en relations d'affaires avec d'autres maisons de Bombay ou réciproquement. Ils ont, en outre, des correspondants, soit à Mascate, soit à la côte sud d'Arabie; enfin ils entretiennent des agents sur

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quelques-uns des priocipuu}^ points de la c6t^^ Lâmou, Mombase, M' rima, les Kiloua, Tonggui, et même à Ibo, MozaïQbique, Anggoji , selon la nature des objets sur lesquels ils commercent plus particulièrement. Ces agents stationnent d'ordinaire deux ou trois ans dans chaque localité» et sont alternativement remplacés par d'autres employés de leurs maisons de Zanzibar. On m'a dit que les banians ne demeuraient ainsi à la côte que depuis une vingtaine d'années, et que la concurrence que cette situation nouvelle leur permettait de faire aux Arabes et aux Souahhéli avait diminué de beaucoup les bénéfices énormes que ceux-ci retiraient du commerce avec les peuplades de l'intérieur. Les banians ont, en effet, tout ce qu'il faut pour l'emporter sur leurs rivaux : ils sont actifs, industrieux, so-

bres, et se contentent d'un léger bénéfice qu'ils savent s'assurer, d'ailleurs, dans leurs moindres spéculations; ils peuvent, en outre, vendre à plus bas prix, parce qu'ils reçoivent directement et de première main une grande partie des marchandises avec lesquelles ils traitent, et, quant au\ autres, celles qui sont apportées par les Américains et les Anglais, ils sont à peu près les seuls, sauf peut-être quel ques-uns des principaux négociants hindous, qui puissent acheter en gros uhe partie dé cargaison ; bref, ils amassent, avec facilité et en tout temps, le copal , les grains, la cire, le semen, l'écaillé.

Le trafic des esclaves et de l'ivoire, auquel ils prennent aussi une large part, a lieu dans des conditions différentes que je ferai connaître plus loin.

Les Hindous opèrent de la même manière que les banians, mais sur une plus petite échelle ; ils trailcnl seuls des

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peaux, que ces derniers excluent de leur tra6c par un scrupule religieux. Les uns et les autres donnent aussi des marchandises à des Souahhéli , qui leur rapportent en échange les articles déjà nommés , qu'ils Tont chercher à plusieurs journées du rivage. Les banians ne quittent jamais leurs comptoirs de la côte; mais quelques Hindous, des Arabes et ' des Souahhéli, sont allés, m'a-^t-on dit, jusqu'au pays de I^yamouézi. ■

Presque tous les négociants arabes qui prennent part au commerce du littoral ne le font d'ordinaire qu'à l'aide des banians et Hindous^ au moyen de marchandises que ceux-ci leur avancent, et qu'ils rembourseront, à une époque convenue, en ivoire et en esclave ; aussi ne peuvent-ils y réaliser des bénéfices notables qu'en envoyant échanger ces marchandises au loin dans l'intérieur.

J'ai dit que l'achat de l'ivoire et des esclaves à la côte avait lieu dans des conditions difiérentes des autres transactions. Ces deux articles viennent, en effet, de pays fort éloignés et ne se trouvent pas comme les grains, le copal, etc., à deux ou trois journées du rivage. Il ne faut pas moins de soixante-cinq à soixante-dix jours de marche pour se rendre du pays de Nyamouézi à M' rima; de quarante-cinq à trente-trois, du pays de Kamba, selon que les caravanes aboutissent au point déjà nommé ou bien en arrière de Mombase; de vingt à vingt-cinq, de Massai et de Kouavi à M'rima; trente journées de Marora et du pays des Oua-Héhé au même marché; de trente-cinq à quarante, du pays de lào à Kiloua-Kivin'dja et de quarante-cinq à cinquante, de celui des Oua-M'viza. Les caravanes de Nyamouézi partent pour la côle en avril , et y sont rendues en juin et juillet;

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c'est généralement l'époque à laquelle les Oua-lkamba ^ y présentent. Les Oua-M'viza et les Oua-lâo n'arrivent guère qu'en août. Dans leur route, les premiers traversent le 1erritoire d€s seconds; les Oua-lâo, les Oua-M'viza, les Oua- Makondé, les Oua-Makoua se rendent aussi à Tonggui, Mikindami et Kissouéré. '

Or les traitants se trouvant ainsi rassemblés sur les lieui indiqués, voici comment les choses se passent :

Dans les ports du sud, particulièrement aui marchés des Kiloua (Kouavi, Kivin'dja, M'jin'guerra], les Souahbéli vont ati-devant des caravanes, et comme ils ont , depuis de longues années, de& relations avecJes pays d'où elles viennent, et des liaisons personnelles avec les individus qui les composent, ils s'emparent en quelque sorte de ceui-ci. Arrivés avec eux au but du voyage, ils les conduisent à des cases qu'ils ont fait préparer en dehors de la ville, et s'entremettent dans toutes les transactions qui s'établissent entre eux et les banians ou autres marchands étrangers. Ces derniers ne peuvent se procurer un esclave ou un morceau d'ivoire, sans subir ce courtage dont ils payent naturellement les frais. Il serait, d'ailleurs, impossible de se soustraire à cet usage, à moins de connaître la langue des diverses peuplades de l'intérieur, et d'avoir, avec des individus de chacune, des liaisons assez solides pour pouvoir capter leur confiance, malgré les suggestions intéressées des courtiers souahhéli.

L'hospitalité qu'ils exercent envers leurs hôtes africains n'est pas plus désintéressée; ils en reçoivent toujours quelque cadeau en ivoire ou en esclaves qui compense amplement les frais de la nourriture qu ils fournissent pendant

leur séjour et des provisions qu'ils leur donnent au départ.

Le marché étant ouvert, l'individu qui veut acheter de l'ivoire est abouché par un des courtiers souahhéli avec un des indigènes détenteur de ce produit, et conduit à la case que celui-ci occupe. La première chose qu'on ait à régler est le m'sapero ou maçapero, cadeau destiné an vendeur. L'ivoire examiné, le marchand en fait un lot, puis il conduit l'indigène à sa boutique pour y convenir de ce qu'il lui donnera en échange; cela se compose habituellement de plusieurs articles. Alors a lieu, pour chaque article, un débat entre les deux parties ; on commence ordinairement par la verroterie, et, lorsqu'on est d'accord sur l'espèce et sur la quantité qui en sera livrée, on passe aux étoffes, puis au laiton, etc., etc.

Après mille difficultés, mille cajoleries et petites ruses par lesquelles les intéressés cherchent à faire tourner lemarché à leur avantage, et où l'astuce et la convoitise du sauvage ne le cèdent en rien à l'avarice et à la rouerie du barbare, on finit par conclure et quelquefois au moment où on en paraissait le plus éloigné. L'indigène est ensuite reconduit à sa case par le courtier, qui vient plus tard y réclamer sa commission , désignée par le mot merouah , et dont la valeur est souvent aussi élev^ que celle des marchandises troquées contre l'ivoire. Enfin il est prélevé sur chaque marché, pour le sultan indigène, un droit appelé doti. Ce nom est le même que celui d'une sorte de monnaie de compte employée aux Kiloua, comme évaluation commune des diverses marchandises , dans les transactions avec les gens de l'intérieur qui ne font pas usage du numéraire. On m'a dit que le prix de la frazela d'ivoire, estimée de cette

manière, le doti étant de 10 à la piastre, variait de iOO à 180 doti (1), selon la qualité des dents.

Pour les esclaves, le propriétaire, suivi de ceux ci, et toujours assisté de son courtier souahhéli , visite les diverses boutiques des marchands et conclut sur place, pour chaque sujet, avec le plus offrant; après quoi, le courtier reçoit, de même, un merouah de commission.

Le prix d'un esclave, estimé en doti , peut varier de 10 à 80 et 100 doti.

Les Oua-Iâo et les Oua-A'viza restent sur les lieux , tout juste le temps nécessaire pour achever leurs transactions. Quand ils se remettent en route, ils sont accompagnés ordinairement parle Souahhéli dont ils ont été les hôtes, jusqu'au territoire de Manen'dé. Là, ils échangent, contre des provisions, le sel qu'ils ont apporté de la côte, et dont ce territoire est privé. En quittant leur pays pour venir à la côte, ils en emportent dans le même but. Ils vont chercher ce sel , aussi bien que l'ivoire et des esclaves, chez les Oua-]Nyassa (2) et les Oua-Komangga.

Le commerce des Kiloua dure à peu près un mois et demi. Tous les bateaux qui y ont été employés sont de retour à Zanzibar pour les derniers jours de septembre, à l'eiception

(t) Il y a qaelqae confasiOD sur ce point dans mes notes : il seraù possible que ces chiffres m'aient été donnés comme indiquant la valeur de la commission ou merouah donnée au courtier pour chaque frazela dMvoire dont il a négocié l'échange.

(2) Le sel de Nyassa parait être, au dire des indigènes, notre sel commun, obtenu par le lavage d'une terre saline abondante en ce pays, on peut-être même du sel gemme qui , suivant des voyageurs portugais , se trouve aussi sur le territoire de Quijila, mais les Oua-Komangga < t les Oua-Iaô y suppléent par une barilie qu'ils obtiennent du lavage drs cendres d'une espèce de salsoka.

de ceux qui , chargés de grains pour la côte d'Arabie, font route directement pour leur destination. Pendant le reste de l'année, on ne peut traiter, au Souahhel, que des grains, du copal , de la cire et autres objets^ provenant de points peu éloignés de la côte; c'est ce dont s'occupent les banians qui y stationnent, et la modération du prix de leurs marchandises d'échange rend , en ces lieux , toute concurrence impossible de la part des Souahhéli. Du reste, ceux-ci les accusent de se récupérer en forçant la capacité des mesures en usage pour la troque du copal et des graines.

À la côte de M'rima, les choses se passent différemment qu'aux Kiloua pour la traite de l'ivoire; les courtiers ne jouent plus qu'un rôle secondaire ; ce sont les chefs de village , nommés dihouahouine par les Arabes et madihouâni par les Souahhéli , qui se font les directeurs du marché, et qui en tirent le plus de bénéfice. Chacun d'eux cherche à attirer chez lui les caravanes et se porte à leur rencontre, souvent jusqu'à deux et trois journées de distance, en ayant soin d'être muni du magoubiko (cadeau), consistant généralement en une ou plusieurs pièces d'étoffe dont on couvre le m'chin'zi (1) de la tête aux pieds. S'il y a concurrence entre les dihouahouine, c'est naturellement pour le village de celui qui a offert le plus beau magoubiko que l'étranger se décide. Il résulte, de cette rivalité entre ceux qui l'offrent, que ce cadeau est parfois d'un assez grand prix, relativement, bien entendu, aux idées de luxe du pays. Du reste, io m'chin'zi donne, en retour, un présent en ivoire, appelé

\,i) M'chiu'za ou michin'dza et ni'chiuzi sont les mots par lesquels ou désiguc ordinairement les indigènes de l'intérieur.

ndamonçat comprenant, parfois, jusqu^à iO frazela, mais toujours plus que suffisant pour couvrir les frais du magoabiko : cette cérémonie accomplie, on se met en marche pour se rendre au village qu'il a choisi.

Après quelques jours de repos, on procède d'abord à la détermination contradictoire du prix du kitangga. Le kitangga est une dent choisie pour type entre les plus grosses^ et dont le prix, une fois réglé, doit servir de base à tout le reste des transactions. Ici, comme aux Kiloua, s'entame un débat fort long, dont la conclusion nécessite souvent l'intervention des autorités de Zanzibar, et particnlièrement celle du fermier général des douanes, à l'arbitrage duquel on se soumet. Enfin , après avoir fixé la quantité de verroterie, de laiton et d'étoff'es qui représentera la valeur du kitangga, les deux parties se donnent la main, disant, à diverses reprises : l'une, « J'ai acheté; » l'autre, « j'ai vendu, » pendant que l'acquéreur verse dans la main du m'chin'zi quelques grains de verroterie qu'il avait dans la sienne. Les transactions se poursuivent alors, et, sans être fort promptes, ne sont cependant plus sujettes à tant de difRcultés. Les affaires terminées, le dihouahouinc ou les dihouahouine reçoivent le ni'reubb'hha, c'est-à-dire le droit qu'ils ont l'habitude de prélever sur la vente, et l'individu qui a fait l'office de courtier ou d'interprète touche aussi une commission qu'on appelle ougali et ougari.

Il arrive fréquemment que le magoubiko ou les objets lo composant ont été avancés par un ou plusieurs marchands aux dihouahouine, et, dans ce cas, les créanciers se remboursent en retenant le montant de leur créance sur celui du m'rcubb'hba. Le taux de celui-ci est réglé d'après la gros-

seur et la qualité des dents : il est de 6 piastres pour chaque dent de 50 livres et au delà ; de 3 piastres pour celles entre 20 et 50 livres; pour les petites dents (le meuscoub), on paye ordinairement 4 piastres la frazela. L'ougali est de 2 piastres pour les premières, de i piastre pour les secondes, et de 1 piastre 4/2 environ pour la frazela des troisièmes. Comme les habitants de la côte sont peu familiarisés avec l'usage des poids, c'est par tas et approximativement qu'on estime la quantité des marchandises à imposer; et il parait que les droits payés sont, en réalité, plus faibles que les chiffres donnés ci-dessus ne l'indiquent.

Les caravanes les plus importantes qui arrivent à la c(Ae deM'rima sont celles du pays de Nyamouézi; elles se dirigent le plus souvent vers Bouramaghi, à l'ouvert sud du canal qui sépare Zanzibar du continent, environ i5 milles dans le nord-ouest de la pointe Pounah. Elles repartent pour leur pays en septembre; le voyage dure environ neuf mois depuis le départ jusqu'au retour; mais, durant ce dernier surtout, on fait généralement de longues stations sur la route. Dans la partie nord de M'rima, les caravanes viennent plutôt des pays de Kamba, de Kouavi, etc., etc.

Des Souahhéli et des Arabes de Zanzibar se joignent souvent à ces expéditions pour aller traiter dans les contrées qu'elles traversent; el on m'a assuré que plusieurs d'entre eux restaient deux et trois ans chez les Oua-Nyamouézi. Celte peuplade passe, d'ailleurs, pour l'une des plus riches et des plus populeuses de l'intérieur de l'Afrique; on vante ses mœurs douces et hospitalières.

J'ai dit déjà que le cabotage se continuait sans intcrruplion entre Z;inzibar et les divers ports de la côte de M'rima. Les

^'57^?^?7???*''^TTr'?riflî?V-fçï^^ ?

marchands qui y sont établis traitent ainsi qu'aux Kiloua , en toute saison, le copal, les grains, la cire, les esclaves, les peaux, etc., qui de là, mieux que des Kiloua, peuvent être amenés, sans conditions précises de temps ou de vent, à Zanzibar. , ,

Des communications existent de même, durant toute l'année, entre Zanzibar et Mombase, soit directement, soU par l'intermédiaire d'un des points de la côte situé en face de Zanzibar, ce qui réduit le trajet à la traversée du canal, chose toujours facile en toute saison. Cette seconde voie n'est guère employée aux mouvements de marchandises qui s'opèrent entre ces deux iles; leurs relations de ce genre ont lieu par I9 voie directe aux époques convenables pour la navigation. •

Les communications entre Zanzibar et Lâmou, quoique plus absolument dépendantes des circonstances nautiques engendrées par les moussons et, par conséquent, soumises à une certaine périodicité, sont cependant assez multipliées par suite de l'importance relative de ce dernier marché. Outre les rapports que la grande navigation établit entre ces deux localités, il part aussi , dans le courant d'octobre, quelques bateaux de Zanzibar pour Lâmou. De plus, ceux de ce dernier point font la navette entre lui et Zanzibar pendant les mois d'octobre et novembre. Plus tard encore, en décembre, quand la mousson de nord-est étant décidée, des bateaux de LAmou descendent vers les Comorres ou vers quelque port du sud de la côte, ils touchent ordinairement à Zanzibar.

Enfln Zanzibar communique avec les Bénadir, soit par quelques navires qui sont spécialement dirigés dans lu pre-

mière quinzaine d'octobre, soit par ceui qui y tôncttéfnt , dans leur route vers des points plus au nord , soit enfin par ceux qui , en janvier et février, font voile, vers cette lie, de rinde, de la côte d'Oman et de la mer Rouge. -

Il me reste, pour terminer cet exposé du mécanisme de réchange, à. dire quelques mots de la troque faite à Mombase, à Làmou et aux Bénadir, et, plus particulièrement, de quelle manière y arrive l'ivoire. ■ * - • ^^ •'

Les dents sont apportées aux divers villages oua-nika, situés en arrière de Mombase, par des caravanes de Kamba, qui s'y rendent ordinairement en juillet. Les Oua-Nika vont eux-mêmes en traiter à Tcbaga ; des agents y sont aussi envoyés à cet effet de Mombase, et à deux ou trois reprises ils ont étendu leurs opérations jusqu'au pays de Kamba. L'ivoire qui a été traité par caravanes de Mombase est, en arrivant sur cette place, la propriété de ceux qui ont été le chercher, ou de leurs patrons, et est introduit en payant le droit établi. Mais l'ivoire qui est apporté par les indigènes de l'intérieur n'entre à Mombase qu'après avoir passé en d'autres mains sur des marchés intermédiaires oua-nika, où s'arrêtent habituellement les caravanes, et où les chefs et habitants de chaque village cherchent à attirer les détenteurs de ce produit et à s'assurer ainsi les bénéfices de courtage. Autrefois c'était à M'taoué que se rendaient les caravanes oua-kamba, mais depuis quelques années, sans avoir de lieu fixe pour leurs stations, elles s'établissent le plus souvent à Rabaye (1). Avant la soumission de Mombase au sultan Saïd, les Souahhéli et les Arabes habitant cette île

(1) Les autres villages qui ont parfois ce priTilége sont, surtout pour la Tente de la gomnoe, Deroumah, Gueriama, T'chimba.

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avaient seuls le droit , % l'exclusion de tous 1es*étf1tngers, d'aller tiiaiter f ivoire et la gomme dans les marchés ouanika; mais depuis Idrs, banians et autres peuvent y commercer. :-iR^%^'i-?|*^f«5>t'''i*".fe-i^l^ ■■ •

Les marchands donnent un cadeau aux cheikhs du village, puis ils entrent en affaire. Le prix d'achat n'est pas, à beaucoup près, aussi avantageux qu'à M'rima et aux Kiloua. Les Oua^Nika connaissent très-bien la valeur des objets d'échange, et, d'après ce qu'on m'a dit, le gain fait par les acheteurs ne va pas au delà de 40 pour iOO, dont il faut déduire le droit du fisc.

Pendant la durée du marché , le village de Djonvou est la station ordinaire des traûquants de la ville et le lieu de dépôt de leurs marchandises ; ils y sont ainsi en complète sécurité à portée du lieu où se traitent les affaires. Il est même plusieurs négociants de Mombase qui y ont constamment Un assortiment d'articles pour acheter dans les villages oua-nika le copal, les grains, le semen et quelque peu d'ivoire qui arrive isolément en toutes saisons. i\-\

Les marchandises d'échange, employées dans ces diverses transactions avec les gens de l'intérieur, sont les mêmes que pour le commerce de M'rima, sauf le laiton et le fil de fer, qui sont peu demandés, parce qu'il y a beaucoup de minerai de fer et de cuivre dans les pays de Kamba et de Tchaga, et que les indigènes les approprient à leurs besoins. Ces deux objets, et plus particulièrement le laiton, ne se placent que chez les Oua-Nika. Avec les Ona-Kamba et les Oua- Kouavi, on traite aussi l'ivoire au moyen de bœufs que l'on obtient d'abord des Oua-Nika en échange d'esclaves, à raison de trois têtes de bétail pour un individu.

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Le principal marché indigène, pour Lâmou et Patta, se tient à Kâo, petite île située à une douzaine de milles de l'embouchure de la ri?ière Ouzi; les Galla y viennent porter de l'ivoire et les Oua-Dahalo vont eux-mêmes, comme les Oua-Pïika pour Mombase, en chercher chez les Galla, leurs voisins. ? ™ a? ^

Tous les habitants des Bénadir qui jouissent d'une Certaine aisance, principalement ceux de Braoua, Meurka et Moguedchou, envoient leurs esclaves en caravanes à Ganâné pour traiter de l'ivoire. Les individus qui n'ont pas d'esclaves s'y rendent de leurs personnes.

Ces caravanes partent ordinairement en novembre et décembre, et sont de retour en février et mars. De Braoua et Meurka à Ganâné, on compte au moins quatorze ou quinze journées de marche pour une caravane; de Moguedchou, vingt à vingt-deux jotirs. Les marchandises sont portées à dos de chameau. Elles consistent en œtonnades fabriquées dans le pays et en quelques étoffes de l'Inde, en verroterie, cotons rouges, fers de sagaies d'une forme particulière à l'usage des Galla, miroirs, cuivre rouge en barres. Les traitants emportent, en outre, du tabac et d'autres menus ol^ets qui leur servent à se procurer des vivres sur la route.

Ganâné est le nom donné au Djoub par les Soumal et les indigènes riverains; mais le point précis vers lequel se dirigent les caravanes des Bénadir est Lokh. Les indigènes de ce pays viennent eux-mêmes aux Béna(|ir et particulièrement à Braoua; ils introduisent, outre l'ivoire et le mogat , du café^qu ils vendent en partie dans leur route, quelques esclaves, femmes et enfants, et de la gomme dite

golibi, espèce de gatte dont nous aroos pris des écfaantilloos. Moguedehou reçoit aussi on pea d'ifoire du pays de Chébel-leh. Enfin des négociants de Braooa en traitent atec les Galla habitant le territoire compris entre la rife droite du Djoub et la rivière de Ras Bourgâç : k cet effet, des bateaux se rendent de ce port, les uns À Gobouine, village situé à 2 ou 5 milles au-dessus de l'embouchure du fleuve, sur sa rive gauche ; d'antres, à Boubouche et Ona-Ioré; tous deux placés sur la rive droite. •

Ces détails expliquent assez comment de nouveaux articles d'exportation ont pu être amassés à Zanzibar, Mombase etLâmou, c'est-à-dire aux centres principaux des mouvements de la grande navigation. Aux produits du contirfent s'ajoutent les girofles de Zanzibar et de Femba, dont la récolte commence en juillet, les cocos et les noix d'arec de ces deux îles, les huiles de coco et de sésame , le sandal de Madagascar, puis encore les cotons américains qu'on réexporte pour Mascate. Aussi les premiers jours de septembre sont le signal de nouveaux départs pour le nord, que favorisera la fin de la mousson du sud. Préalablement, aux approches du nirouz, le règlement des comptes de l'année a été ordonné et effectué dans le même ordre que le précédent, c'est-à-dire eu égard aux destinations plus ou moins éloignées des bateaux en partance. Les derniers ^départs pour l'Inde ont^H^n avant le 5 octobre. Le 15 de ce mois, le port de Zantibar est presque désert.

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