‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de la partie occidentale de MadagascarChapitre 17 sur 49 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

Huines île Moudzangaîe. — Notice liistorique sur 1 ancienne cité de ce nom et ses habilaiits. — Population actuelle. — Population ^akalave restée à Majunga et envinm.s. — Commerce de Majunga.

Au pied de la colline de Majunga, du coté du Sud, le terrain qui fait suite à la plpgc est uni sur une étendue de près de deux milles.

de rOuest à l'Est. Là, gisent les ruines de Muudzangaïe, ses jardins et ses tombeaux ; c est aussi là que vivent les restes de son ancienne population , tenus par les Hôvas dans une horrible misère et la plus pénible sujétion. En se reportant à l'époque de la prospérité de Moudzangaïe, et se rappelant comment ces familles, alors heureuses et riches, furent tout d'un coup violemment dispersées , forcées de fuir devant l'incendie qui dévorait ce qu'elles possédaient; en voyant courbés sous le joug les débris de cette malheureuse population . dont chaque individu résume en lui les souffrances de l'exil et celles de la servitude , on se sent ému de pitié pour tant de douleurs et de misères, en même temps que d'une chaleureuse indignation contre les sauvages dominateurs qui les ont causées.

Moudzangaïe fut fondée sous le règne d'Andriamahatindi- Arivou , qui y réunit les divers groupes de population antalaots' établis dans le pays sur lequel il régnait ^ Quoique entièrement soumis d'abord à l'autorité des rois sakalaves, les colons arabes , grâce à leur supériorité intellectuelle sur leurs suzerains, échappèrent bientôt à cet état de vassalité, et intervinrent, d'abord par leurs conseils, puis par l'exercice des fonctions les plus élevées, dans le gouvernement du pays. Les habitudes du négoce et l'entente des affaires, qu'ils possédaient, les rendirent maîtres du commerce qui s'opérait dans toute la partie ouest de l'île ; et les richesses qu'ils puisèrent à cette source leur créèrent encore un nouveau et puissant moyen d'influence. On vit alors des rois de Bouéni et des membres de leur famille embrasser la religion et les mœurs mahométanes, ou faire élever leurs enfants selon ces mêmes principes, et des Antalaots', parvenus aux plus hautes dignités , s'allier aux premières familles sakalaves, même à celles de sang royal. En6n, par l'influence qu'ils exerçaient en tout, ils avaient, pour ainsi dire, accaparé le gouvernement du pays.

Le chef de Moudzangaïe était particulièrement chaîné de l'exécution de toutes les mesures dont l'accomplissement nécessitait l'intervention de la marine, et il commandait de fait tout le littoral. Il percevait à son profit les droits. d'ancrage payés par tous les navires ou bateaux qui mouillaient sur la rade : les cadeaux seuls étaient pour le roi de Bouéni.

' Voir, pour les cli^tails, la I" partie, page 25.

La colonie de Moudzangaïe ne relevait ni politiquement ni religieusement d'aucune autorité arabe : tant que les premiers établissements antalaots' étaient restés indépendants , la kothha ( prière du vendredi ) avait été dite pour le sultan de Langani , qui commandait tous ces établissements^; et, depuis leur soumission forcée au souverain des Sakalaves, elle fut dite pour le sultan de Constantinople.

J*ai ouï dire par quelques personnes que le sultan de Mascate avait exercé un protectorat sur les Antalaots' de Moudzangaïe; les missionnaires anglais ont même été plus loin : ils ont fait imprimer- que le prince arabe entretenait dans ce port un délégué qui y gouvernait en son nom. Cette dernière assertion est absolument fausse : quant à l'autre, voici peut-être ce qui a pu induire en erreur les personnes qui Font formulée. Vers le milieu de l'année 1 836 , deux boutres de Zanzibar étaient mouillés àBàli, lorsqu'arriva dans cette baie une flottille expédiée de Majunga pour opérer sur l'Ambongou, de concert avec un corps d'armée parti d'Imerne. Les Hôvas qui armaient la flottille s'enquirent de la nature du chargement de ces boutres, et, ayant découvert qu'il s'y trouvait des armes et des munitions, ils lesconGsquèrent : les deux prises furent conduites à Majunga, où les capitaines et les subrécargues furent détenus. Lorsque Séyd-Saïd eut connaissance de c^t événement , il réclama la mise en liberté des prisonniers ; mais ce fut en vain. Les remontrances qui suivirent n'eurent pas plus d'eflet : on répondit que si Séyd-Saïd commandait à Zanzibar, Ranavalou commandait à Madagascar et y était libre d'agir comme elle l'entendait. De cette époque seulement date l'animositédu sultan contre les Flôvas, et telle en a été la véritable cause. L'occupation de Majunga par ceux-ci n'y est entrée pour rien; et la preuve en est qu'avant l'aflaire des boutres, Séyd-Saïd était en fort bons termes avec Ranavalou : deux ou trois ans auparavant, les deux souverains avaient échangé des cadeaux; on dit même que les avances avaient été faites par le sultan arabe. Or, si les Hôvas, en s^emparant de Moudzangaïe, eussent empiété sur ses droits , il aurait certainement tenu une tout autre conduite à l'égard de leur reine ; ou bien , si, n'ayant que des privilèges, et ces privilèges pouvant lui être contestés, il avait cru devoir tem-

^ Voyez, pour plus de détails, la noie G de l'Appendice.

* Voyez ilistory of Mada^oicar, William Ellis, t. I", p. 338.

poriser en alteudaiit une occasion favorable pour les faire valoir, il aurait sans doute proCté pour agir de celle qui lui était donnée par Tinique conGscation et les mauvais traitements dont ses suj ets venaien t d*é tre victimes, dans laffaire des bou très. Certes, la conduite des Hôvas en cette circonstance justifiait sulTisamment une agression de sa part, agression quil avait d'ailleurs les moyens d exécuter : il n'en fit rien cependant, et se contenta de défendre à ses sujets de se présenter dans les ports hôvas. Les individus détenus furent en définitive rançonnés , et les deux bou très restèrent à Majunga, où, lors de mon passage, ou les voyait encore échoués sur la plage.

Jai pensé qu'il n'était pas inutile de me livrer à cette digression pour rétablir les faits, et démentir des assertions erronées dont on pourrait plus tard vouloir tirer des conséquences politiques : je reviens à moii sujet.

En 182^, à l'époque de l'invasion des Hôvas, Moudzangaïe comptait au moins dix mille habitants; de plus, une population esclave très-nombreuse , et dépendant de ceux-ci , était répartie entre la ville et les villages aux environs desquels se trouvaientles terres et les habitations des Antalaots, c'est-à-dire Ambondrou, Ambatoulampi et Catchépi. La ville avait des mosquées et un certain nombre de maisons en pierre. Son port et sa marine en faisaient l'entrepôt des produits de l'Afrique, de l'Arabie et de l'Inde; elle était le centre de toutes les transactions entre ces pays et Madagascar. Alors l'immense baie qu'elle commande était fréquentée par des navires de diverses nations, que la traite du riz, des bœufs, de la cire, de l'écaillé, et la facilité de préparer des salaisons y attiraient. Les bords-^de cette baie étaient animés par de nombreux villages : Ambatoulampi, Pirpirine, Catchépi, Amparighilava, etc.; ses eaux étaient constamment sillonnées par les bateaux qui faisaient la navigation du Bétsibouka, et par les pirogues servant aux communications entre les divers points de son littoral : tout, enfin, y respirait le mouvement et la vie... Huit mois plus tard, ces lieux étaient déserts; les populations sakalaves s'étaient enfuies vers le Nord, et Ramanétaka incendiait Moudzangaïe, ne laissant pour refuge à ses malheureux habitants, en attendant qu'ils pussent se transporter ailleurs, qu'une plage étroite entre la mer et les flammes ^

' Voir pour les dclails, la prcmic'^rc partie , jiagcs 96 el 07.

Soixanle-ueuf boutres, qui se trouvaient alors dans le port, furent occupés pendant trois jours à transporter ces infortunés à Catcbépi, d'où une partie d'entre eux émigrèrent à Zanzibar, Oïbo, Mozambi.jue , les Comores, TAmbongou , et le plus grand nombre à Langani, avec Andriansouli. Quelques-uns subirent un sort encore pire que Fexil : n ayant pu obtenir passage sur les Sateaux de transport, ils restèrent à la merci des Hôvas, qui les iraitèrent en vaincus; ils ont été depuis retenus de force à Majunga, de même que c^ux faits prisonniers plus tard, lors de la prise de Mouroun'sang. Ils ne peuvent même sortir de la baie , si ce n'est pour le service de la Reine, auquel ils sont assujettis sans percevoir aucune rétribution : ainsi, par exemple, les dix boutres qu'ils possèdent sont employés au transport des bois que le Gouvernement local fait exploiter à la baie deMatzamba, ou bien aux communications entre Majunga et et les postes placés sur les bords du Bétsibouka, et cela sans dédommagement pour les propriétaires ni salaire pour les équipages. Tout commerce leur a été interdit avec les étrangers, et, pour vendre seulement des provisions à ceux-ci , il faut qu*ils en aient obtenu la permission du gouverneur.

On comprend, d'après toutes les injustices dont ils sont victimes, que les Antalaots' aient voué une haine implacable à leurs oppresseurs, et qu'ils appellent de tous leurs vœux le moment de la délivrance. Quelques évasions ont eu lieu parmi eux dans les premières années, mais elles sont ensuite devenues presque impossibles : tous les soirs, les pirogues sont' halées à terre et gardées par des sentinelles; d'ailleurs, les Hôvas ont tellement maltraité les familles des individus évadés, que celui qui voudrait faire quelque tentative de ce genre courrait risque d'être trahi par ses plu s proches parens. Cependant, malgré tous ces obstacles, on redoubla encore de précautions à leur égard pendant notre séjour à Majunga; et, dans la crainte que quelques-uns d'entre eux ne proGtassent de nos embarcations pour s'échapper, les sentinelles éloignaient brutalement tous ceux qui s'en approchaient le soir, alors même qu'ils y apportaient ostensiblement des provisions qu'on leur avait achetées.

D'après le résultat donné par la perception de l'impôt en 18^2, la population antalaots' vivant à Majunga était alors de six cent soixante-quinze individus libres cl de deux cent cinquante esclaves. Us occupaient une crnlaine de cases en feuilles.

reconstruites sur reiiipiaceaieut île rancienne ville dont les restes consistent en vingt -cinq maisons en pierre, la plupart croulantes , cl sept mosquées, dont trois seulement appelaient encore les croyants à la prière. Au nombre de ceux-ci se trouvaient quelques llôvas.

Les deux principaux chefs de la population antalaots' sont loumanbalah et Masoulou ; le premier était malade et je n'ai pu le voir; mais j'ai eu des relations fréifuentes avec le second, (^eluici n'est point issu d'une des grandes familles de Moudzangaïe; son élévation est postérieure à la prise de cette ville parles Hôvas. Kn 1824* Uadania, quittant ce pays (|n'il venait de conquérir, choisit une vingtaine de jeunes Antalaots' (|u'il emmena avec lui en Imerne, alin de se les attacher; Masoulou était du nombre. A la mort du roi hôva, la plupart de ces jeunes gens revinrent à Majunga; et le gouverneur de ce poste en désigna deux, Masoulou et un autre, pour commander les individus de leur caste, pensant trouver en eux, par suite de cette circonstance, quelque garantie de dévouement.

Le nombre des Sakalaves résidant avec les Antalaots' dans la vieille ville était de cent treize : quoi(|ue presque tous soient des anciens cheis, ils sont, eux et leurs fann'lles, aussi durement traités que les Antalaots'. Ils ont à leur tête un Sakalave nonuné Vélou, créature des llôvas. à qui il parait dévoué et dont il alFecte de suivre les usages et de porter le costume. Ce Vélou est secondé par un autre Sakalave nommé Tafara, qui n'aime pas les Hôvas, et que les indigènes préfèrent au premier à cause de cela.

Enfin une trentaine d'indous, dont les familles ont autiefois habité Moudzangaïe, complètent la population qui occupe les quelques cases restaurées au milieu des ruines de cette cité.

La plus grande partie de la population sakalave restée sous la dépendance des Hôvas est tenue à Angougouro, à une demijournée dans le N. N. E. de Majunga : on compte sur ce point environ quinze cents indi\ idus, commandés par le Sakalave Taniaïe qu'on dit être aimé de ses subordonnés. Les Hôvas n'y ont qu'une garde de vingt-cinq hommes; il faut donc qu'ils comptent bien fermement sur la soumission et la docilité des vaincus. Comme j'exprimais mon etonnement de ce que ceux-ci, étant aussi mal gardés, ne se fussent pas échappés, on me répondit que tous restaient do bonne vohmté, les uns parce qu'ils man-

quent d^énergie pour tenter de changer leur position ; plusieam parce qu'ils en sont empêchés par des liens de famille que leur fuite briserait nécessairement; d'autres, enfin, parce qu'ils sont retenus par leur dévotion au culte superstitieux que les Sakalaves rendent à certaines reliques des premiers rois de Bouéni, depuis longtemps en la possession du gouverneur de Majunga. Raen'zaro entretient adroitement cette pieuse mais absurde vénération, en faisant, à certaines époques de Tannée, sortir, avec une grande pompe et au bruit du canon, lesdites reliques que l'on va cérémonieusement baigner à la mer. C'est là un trait de politique conquérante fort remarquable chez un barbare, et qui rappelle la conduite des Romains à l'égard des dieux des nations vaincues.

Depuis l'émigration générale qui suivit la tentative faite , en 1825, par les Sakalaves d'ÂndriansouIi , pour secouer le joug des Hôvas, les bords de la baie de Bombétok sont restés inhabités : Majunga est le seul point où il y ait possibilité de nouer des relations ; c'est par conséquent à son mouillage que stationnent le peu de navires qui relâchent dans cette baie, quoiqu'elle en offre plusieurs autres où de grands navires surtout seraient plus complètement abrités. Toutefois, l'inconvénient le plus réel du mouillage de Majunga est la difficulté d'y avoir de l'eau : encore celle qu'on ne se procure qu'avec beaucoup de temps et de peine aux puits de la vieille ville, est-elle plus ou moins sau> mâtre. Un navire ayant à renouveler sa provision devra mouiller dans la partie S. O. de la baie où se trouve une excellente aiguade.

La production de Majunga et des environs ne pourrait fournir à l'exportation qu'une très-petite quantité de riz. Les Anta> laots n'ont jamais été cultivateurs; au temps de la prospérité de Moudzangaïe le travail agricole était exécuté par les esclaves : or, la plupart des anciens habitants qui sont restés sur les lieux ont perdu presque tous les leurs, et même ceux d'entre eux qm furent pris à Mouroun'sang en ont été dès lors complètement dépouillés par les vainqueurs. Ils s'occupaient aussi fort peu de toute espèce d'industrie; leur principal , sinon leur unique but d'activité était le commerce, et, depuis qu'ils ne peuvent plus s'y livrer, ils sont tombés dans une insouciante oisiveté; la seule chose dont ils aient continué à s'occuper est de faire du sel, dont la vente leur donne les moyens de pourvoir aux nécessités de la vie.

Le peu de ira nsactions commerciales qui s opèrent encore sur ce point sont entretenues par les besoins de la consommation des provinces de Tintérieur et parles commandes du gouvernement et des principaux habitants dlmerne. Le commerce extérieur a lieu principalement avec les Américains et consiste presque exclusivement dans les opérations du comptoir que ceux-ci entretiennent àMajunga depuis i83o. Ce port est devenu une escale pourles six ou sept naviresde cette nation qui commercent annuellement avec Zanzibar. L*agent américain de Majunga et celui de Zanzibar appartiennent à la même maison, et les mouvements des bâtiments sont combinés de manière à lier les opérations des deux comptoirs. Les chargements de ces navires sont assortis selon les besoins des diverses places qu'ils visitent : ils se composent ordinairement de cotons écrus et blancs, de coutellerie, quincaillerie, poterie, verroterie, poudre, fusils, vêtements bourgeois et militaires, parasols, papier à écrire et à tapisser, chaussure, farine, biscuit, jambons, fromages; les vivres sont principalement destinés pour Mozambique et Bombay. Chaque navire touche , en venant , ou à la côte de Mozambique ou à celle de Madagascar, de sorte qu'annuellement trois ou quatre navires passent ainsi chargés à Majunga, où ils déposent une quantité de ces marchandises proportionnée aux besoins du comptoir. Les importations annuelles comprennent, en moyenne, de 200 à 2 5o balles de coton américain (ftami), et de 20 à 3o caisses d'autres étoffes, un millier de fusils et une certaine quantité des autres objets mentionnés ci-dessus : le tout représente une somme d'environ 1 6,000 piastres, prix de facture. Les exportations ne vont pas au delà de ce chiffre ; elles consistent en peaux et suif : chaque peau est payée une piastre. Tout l'argent résultant des bénéfices de la vente est ordinairement porté à Zanzibar, où il est employé à l'achat de l'ivoire, de la résine copal et des autres produits que prennent habituellement sur ce marché les navires de la maison.

Jusqu'en septembre 18^2, les navires étrangers avaient payé à Majunga 5 p. 0/0 à l'entrée et 5 p. 0/0 à la sortie des marchandises , plus un droit d'ancrage de i5 piastres. A partir de cette époque, d'après un nouvel ordre de la reine, les marchandises ont été taxées à 1 o p. 0/0, tant pour l'importation que pour l'exportation , y compris le numéraire ; le droit d'ancrage est resté le même.

M. Max se plaignait beaucoup de la mauvaise foi du gouver* nement hôva, qui, disail-il , après lui avoir fait certaines couimandes avait, quand les objets étaient arrivés d'Amérique, changé le prix convenu ou n'avait pas voulu les prendre. L'autorité locale intervient dans les opérations du comptoir, en fixant le prix auquel doit être vendue telle marchandise , et ce prix reste le même jusqua consommation totale de Tapprovisionnement déclaré. J'ai beaucoup engagé M. Max à faire passer ses navires à Nossi-Bé, lui donnant connaissance de la franchise du port et ia presque assurance qu'il y trouverait dès à présent le placement de quelques parties de cargaison. Nos traitants pourraient ainsi s'approvisionner directement de la quantité de coton américain nécessaire à leurs transa'^tions , et, par conséquent, éviter Taugmentation du prix de la seconde main, qu'ils subissent en le recevant de Zanzibar.

Une maison anglaise de Londres avait entrepris à peu près le même système de spéculations que les Américains, et, en 1 836, un comptoir avait été établi par elle à Majunga ; mais une mauvaise gestion y ayant occasionné de grandes pertes, il fut abandonné en janvier i84o.

Dans les premières années qui suivirent l'occupation de Majunga par lesHôvas, un ou deux grands boutres de Surate y effectuaient encore annuellement un voyage de mousson, chargés d'étoffes de leur pays et de Cutch; mais, depuis quatre ans, ces relations ont cessée

Un ou deux boutres de Mozambique viennent aussi chaque année à Majunga voir s'ils peuvent s'y procurer du riz; sinon, ils prennent quelquefois des bœufs : ils y apportent des étoffes de Diu et de l'argent.

Ce n'est plus qu'accidentellement qu'un navire anglais se montre maintenant dans la baie de Bombétok. Des bâtiments de Maurice y venaient jadis préparer des salaisons ; mais les droits établis par les Hôvas et la cherté des bœufs ont porté les caboteurs à renoncer à ce genre de spéculation. Un bœuf se paye aujourd'hui de 8 à lo piastres à Majunga. La quantité de bétail exportée par les ports de la côte orientale est assez considérable pour obliger le gouvernement hôva d'en retirer des postes qu'il

* Le dernier boutre , ainsi eipcdié, fit côlc h Nossi-Lava, île voisine de Nojsi-Milsiou. \\ fut piHë par les Antankares, el son équipage, massacré.

entretient sur Tautre côte, et, par pénurie sans doute. Ion en était venu dans celui de Majunga à tuer des vaches. Quelques Antalaots' en concluaient que les Hôvas devaient quitter ce point et les emmener tous en Imerne : ik justifiaient leurs craintes à ce sujet en me rappelant que précédemment il était expressément défendu de tuer un veau ou une vache, et que le gouvernement local poussait à Télève des troupeaux.

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