CHAPITRE VIII
Influence du climat sur les Européens. — Communication entre Majunga et Tananarivou; itinéraire suivi par les convois. — Fleuve Bétsibouka. — Description de sa rive droite et des postes hôvas qui y sont établis.
Les Européens qui s'établissent à Majunga sont soumis aux fièvi*es intermittentes, qu on contracte plus ou moins sur tout le littoral de Madagascar. Les Hôvas n en sont pas exempts à leur arrivée; mais le plus grand nombre s acclimatent et n'en éprouvent ensuite que de légères atteintes. Il en était ainsi pour les Arabes et les Antalaots' qui vivaient à Moudzangaïe, et j'ai vu un vieil Antalaots' , né sur les lieux mêmes , trembler de la Gèvre, sans eu être d'ailleurs plus incx)mmodé qu'on ne l'est d'un mal de tète ordinaire.
La saison où les fièvres sont le plus pernicieuses est celle qu on appelle l'hivernage dans l'hémisphère sud , c'est-à-dire la saison chaude : cela s'explique par les circonstances météorologiques qui l'accompagnent. En efifet, pendant cette période de temps, qui dure de novembre à avril, des pluies très-abondantes et les débordements des rivières transforment en marécages toutes les terres basses du littoral, et par l'évaporation rendue très-active sous l'influence alternative ou simultanée de la pluie et d'un»» température très-élevée, l'air s'imprègne des miasmes morbides que dégagent ces marécages.
Pendant les mois de mai, juin, juillet, août et septembre, le vent souflle presque constamment de l'E. S. E. au S. S. E., c'est-à-dire de la terre, qu'on suppose avec toute probabilité être le foyer d'infection; mais il faut remarquer que, le terrain étant alors très-sec, la végétation arrêtée et la température relativement basse, il résulte de ces causes combinées que l'évaporation est presque nulle, et l'air ambiant, par conséquent, moins vicié.
A Majunga cependaDt, comme cela existe à la cote de TEst, les indigènes el les gens acclimatés se portent mieux durant Thivernage que durant la saison froide : les grandes brises qui régnent pendant celle-ci apportent Tair vif et froid des plateaux élevés du centre de Tile et occasionnent , pendant la nuit surtout , un abaissement de température très-sensible qui produit chez les indigènes de nombreuses indispositions. Pour des Européens arrivant dans le pays , Thivernage serait au contraire la saison la plus malsaine : on comprend en effet qu'en s'y présentant à cette époque ils seraient exposés à la fois à une atmosphère saturée de principes délétères , à Tinsolation et à l'énervation que produit, chez Tindividu des zones tempérées, l'excessive chaleur de la zone torride, toutes choses ayant peu ou point d action sur ceux qui vivent depuis longtemps sur les lieux; tandis que , dans l'autre saison , ils trouveraient un climat beaucoup plus en rapport avec le leur, et en même temps, la cause efficiente de la fièvre moins active. Ils ne devront pas se flatter, toutefois, d'échapper entièrement à la maladie en arrivant dans le cours de la saison froide : ils en seront même infailliblement atteints dès qu'ils auront couché à terre plusieurs nuits de suite; seulement l'afiection fiévreuse, contractée alors, aura un caractère moins grave que si elle l'avait été pendant l'hivernage.
Conmie tous les gens déjà acclimatés, M. Max préférait la saison chaude à l'autre; de plus, comme il a été très-malade en arrivant dans celle-ci , il en a conclu qu'elle était la plus malsaine, mais je suis convaincu qu'il se trompe : les atteintes de fièvre qu'il a subies en juillet, août et septembre, s'expliquent tout naturellement par sa qualité de nouvel arrivé, et il n'est pas douteux pour moi qu'il eût souffert bien plus encore s'il avait débuté pendant l'hivernage.
M. Max prétend s'être débarrassé des fièvres en prenant des infusions de piment, remède un peu violent, il me semble, mais dont il s'est néanmoins bien trouvé ; depuis lors , il a joui d'une assez bonne santé, et il ne se plaint pas de l'insalubrité du climat.
Majunga entretient avec Tananarivou des relations très-fréquentes : les communications ont lieu en huit jours au moyen de courriers qui se relaient à des endroits fixés. La route serait, dit-on, praticable pour des chariots et du train ; des hommes portant des fardeaux la parcourent en seize jours. Pour ce der-
uier cas, ritinéraire nren a été doiiué, comme il suit, par quoiqu'un qui a conduit un convoi en Imerne.
Partant de Majunga à la pointe du jour, on fait halte vers onze heures du matin à Marourougo, poste où stationnent une dizaine de soldats hôvas , et autour duquel sont groupées quelques cases de Sakalaves. On arrive le soir à Âmbatoubétiki, village encore habité par des Sakalaves, dont le chef, Mandine, est un ancien chef d'Andriansouli ; on y trouve du riz, du manioc et des bœufs.
Le second jour, on fait halte à Âmbouranghi , autrefois grand village sakalave, maintenant presque inhabité; on couche à Andranoulava , petit village sakalave ayant un poste de dix soldats hovas : il y avait autrefois sur ce même emplacement un grand village nommé Ambazouho.
Le troisième jour, on s arrête à Marouvouai , sur le bord de la petite rivière du même nom qui , en cet endroit, na pas plus de sept mètres de largeur; elle n y est cependant pas guéable : on la passe en pirogue ou sur un pont formé de troncs d'arbres. On arrive le soir à Androutsi , village autrefois considérable , mais n ayant maintenant qu'une dizaine de cases. Tout près et à TEst de ce point, se trouve le tombeau d'Andriamagnésouki-Arivou ou Ndiaka, Tune des filles d'Andriamahatindi-Arivou troisième roi de Bouéni.
Dans la saison pluvieuse, le chemin le plus direct de Marouvouai' à Androutsi est impraticable à cause des mares dont il est entrecoupé; on prend alors un chemin plus au Nord, qui est bon mais beaucoup plus long, ce dont il résulte probablement une augmentation d'un jour sur la durée totale de la route.
Le quatrième jour, on fait halte à Ambondrou, et on arrive le soir à Taboun'zi, qui était aussi jadis un très-grand village. C'est entre Androutsi et Taboun'zi, et au Sud de la route, que se trouvait, sur le bord d'un ruisseau de même nom, Kamakouna, la résidence d'Andriansouli. Taboun'zi est à trois heures de marche de la rive droite du Bétsibouka. C'est aujourd'hui un poste hôva consistant en une douzaine de cases entourées d'une palissade : celle-ci est protégée par deux canons placés l'un au Nord l'autre au Sud, et par un pierrier d'une livre de balles. La garnison du poste est de trente-six soldats; la population sakalave qui en dépend compte environ cent individus, commandés par l'un d'eux, Amélou, créature des Hôvas.
Le cinquième jour, on fait halte à Tsilacani , autrefois grand
(village, aujourd'hui simple relais pour courriers. On arrive le soir à Ankouala, village abandonné, où Ion trouve une très-grande f quantité de bananiers.
j Le sixième jour, on fait halte à Maroabouali , grand village
inhabité, et on arrive le soir à Kadzounghi, autre village également inhabité.
Le septième jour, on fait halte à Madiotsifafaî; on arrive le soir à Andampi ou Andrafia-Madine, village de quelques cases, I et relais pour courriers.
1 Le huitième jour, on s'arrête à Kélilali et on va coucher à
JAndouki, ancien village maintenant inhabité. A partir d*Andouki on sort du pays de Bouéni ; une route ipène de ce point f à la côle orientale par le Nord de Sianaka.
I Le neuvième jour, on fait halte à Tsin'ko, dans la forêt dite
, Anghala-Vouri, qui sépare les territoires de Bouéni et de Sia-
I naka. Tsin'ko est le nom d'un ruisseau qui afflue dans llkoupa;
I c'est dans les environs que se trouve la plaine où Radama campa
' avec son armée avant d'envahir le Bouéni. Entre Andouki et
1 Tsiu'ko est le village d'Antomboudrahoudza , poste hôva placé
sur une hauteur et entouré d'une palissade que défendent deux I petites pièces : sa garnison est de soixante dix hommes ; la popu-
j lation du village, composée de Sakalaves et d'Antsianaks, est
» d'environ cent cinquante individus.
J Le neuvième jour, au soir, on arrive à Andrami , village et
\ relais pour courriers.
I Le dixième jour, on fait halte à Amboudi-Amounto , à l'Est
» d'Anghalavouri , et le soir on arrive à Ambouasari. La population
de ces deux villages est composée d'Antsianaks; l'on y cultive du f riz , des cannes et du coton ; les habitants fabriquent avec ce der-
nier, des tissus pour ceintures. Les bœufs, moutons et volailles y sont en abondance.
Le onzième jour, le point de halte est à Ambouipoulaka, et l'on arrive le soir à Ambari-Manchi, villages antsianaks , commandés tous les deux par Rainihafatsi.Les habitants pratiquent les mêmes cultures et les mêmes industries que dans les précédents; ils commercent avec Tintérieur.
Ledouzièmejour,on s'arrête d'abord à Antsapandranou , relais pour courriers , et on \ a passer la nuit à Tsarahafatsa , village très-peuplé et commerçant : on est alors surla frontière de Sianaka.
Le treizième jour, après avoir slaiioiiiié à Vohiléni, grand village (.riinernc, on s'arrête le soir à Manahara, commandé par Hainifoutsilahé. Ces deux villages sont très-peuplés et bien pourvus de vivres, riz, volailles, maïs et gros bétail; la principale industrie du premier est la confection des nattes.
Le quatorzième jour, on fait halte à Maroubibi, petit village et relais pour courriers, et Ton arrive le soir au grand village de Manharitsoa.
Le quinzième jour, après s être reposé à Amboudi-Voara , on va coucher à Ambatoutouka, très-grand village.
Le seizième jour, enlin , après avoir passé à Ambohimanga , à Ilafi et à Naméa, tous grands villages, on arrive à Tananarivou.
La partie centrale du Bouéni, à travers laquelle passe la route dont je viens de tracer Titinéraire, offre partout un terrain plat et peu boisé ; on y trouve des prairies d'une grande étendue qui rendaient autrefois ce pays si riche en troupeaux. Les bords des rivières sont garnis d arbres de différentes espèces , de rafias et de bananiers. Ces rivières ne sont pas poissonneuses; mais, en revanche, elles sont peuplées de canards, de sarcelles et d'autres oiseaux aquatiques. Lacamipagne abonde en volatiles, tels que pintades, perdrix, pigeons et tourterelles.
La partie du pays de Sianaka que Ton parcourt en suivant le même itinéraire est peu boisée; on n'y voit guère que des citronniers, des tamariniers, des mûriers et des ravenals. H y a moins de gibier et de bétail que sur le territoire sakalave.
On trouve de l'eau sur toute la route.
Quelques-uns des postes hôvas situés dans le Bouéni ont été mentionnés dans cet itinéraire ; les autres se trouvant peu éloignés des rives du Bélsibouka, je me suis réservé d'en parler dans la description que je dois donner des bords de ce fleuve.
Le fleuve ({ui porte aujourd'hui le nom de Bétsibouka a été connu autrefois sous ceux de Manambouka, de Ranoumaînti et de Manan'hara. Dans son plan de la baie de Bombétok, Owen le nomme Mangara, qui n'est probablement qu'une corruption de son plus ancien nom , Manan'hara.
Bétsibouka signifie grande (sous-entendu eau) qui nest pas douce. Quoique le nom de Manambouka, mentionné dans la relation de Drury , ait, si je ne me trompe , un sens opposé à celui de Bélsibouka, il est hors de doute pour moi que tous les deux
désigueni le même cours (l*eau; car ce que dit le narrateur anglais de la Manambouka peut bien s-appliquer au Bétsibouka, mais non à aucune des autres rivières voisines : il n^est pas une d'elles, en efifet, qui justifie les assertions contenues dans les citations suivantes.
• Nous y arrivâmes (à Manan'hara) en une semaine, et remontâmes à plusieurs lieues une grande rivière appelée Manambouka, etc. ^ »
Et ailleurs :
« On y ( dans la Manambouka ] trouve quatorze ou quinze brasses On remonte la rivière à six ou sept lieues , jusqu'à Tendroit où Ton traite habituellement ^ >
V Je ferai observer toutefois, relativement à cette dernière citak tion , que le Bétsibouka, proprement dit, n'est pas plus qu'aucun d autre fleuve ou rivière de Madagascar praticable à son entrée f pQur des navires, et qu'on ne pourrait même les mouiller à f moins d'une lieue de son embouchure réelle. Ainsi , lorsque y Drury dit qu'il remonta la Manambouka à quelques lieues avec l son navire, il doit être entendu qu'il s'agit de la baie où défi bouche ce fleuve, laquelle est en effet navigable pour les grands y- bâtiments jusqu'à plus de cinq lieues de son entrée. Le périmètre r de la baie de Bombétok est découpé par les embouchures de plui, sieurs rivières, et l'on peut bien, ainsi que le fait le capitaine ;. Boteler dans la description qu'il en donne, la considérer comme i la bouche de cette série de cours d'eau, mais non comme le t' cours du fleuve, fut-elle encore désignée comme autrefois parle '^ nom de ce dernier.
■ J'avais formé le projet de remonter moi-même une partie du
Bétsibouka avec ma chaloupe , et , dans une de mes conversations avec le gouverneur Baen'zaro, je lui en exprimai le désir; mais
V il répondit que, sans un ordre de la reine, il ne lui était pas
possible de m'autoriser à le satisfaire. Je fus donc obligé de me borner à recueillir, au sujet de cet important cours deau, tous les renseignements que je pus trouver auprès des Antalaots' les
'' plus familiarisés avec sa navigation. C'est le résumé de tous ces
.; renseignements que je vais donner ici.
r* Le Bétsibouka débouche dans la partie S. E. de la baie de
* Voy. Bob Dmry's Journal, page 432.
* Voy. Ibid., page 454.
Bonibétok , par plusieurs branches que séparent des bancs et des îlots couverts de palétuviers. On y entre par trois passes principales : celle du Nord, ou d'Ambatoahéli, du nom d'un village situé à son entrée; celle du milieu, dite Moaracari, au Sud des petites îles Bélavénouki et Kiboundrou; enfin celle du Sud, dite Kandranihéli , du nom d'un cours d'éau qui vient déboucher à l'ouverture de ce passage. La passe de Mouracari, la plus profonde et la plus large, doit être prise par les grands boutres; elle offre peu de sinuosités, et sa direction est à peu près S. E. et N. 0. La moins profonde est celle de Kandranihéli : il n'y donne guère que des pirogues. La passe du Nord est praticable pour les petits boutres.
Avant d arriver au point d'intersection des trois passes, on rencontre sur la rive droite de celle du Nord, à peu de distance l'un de l'autre, trois petits ruisseaux, Ambouranghi; Ambazouho et Kinga-Maravavi , sur les bords desquels il y avait autrefois des villages. Tout près du dernier, et par le travers de Nossi-Kiboundrou , est l'embouchure de la petite rivière Marouvouaï (Ambinanghi-Marouvouaï) ^ : des boutres de moyenne grandeur peuvent la remonter jusqu'au village de ménie nom, situé à un mille et demi de son embouchure et sur sa rive droite.
A petite distance dans le Nord du village de MarouVouaî, au bord de la rivière, s'élève une colline sur laquelle est placé le poste hôva d'Anfiahounahou Ampiahounah. Ce poste consiste en une quarantaine de cases en planches et en feuilles, entourées d'une palissade et d'un fossé. Son unique porte, qui est percée au Nord , est défendue par quatre canons qui en battent l'avenue ; dans toute la partie qui s*étend du N. E. au S. O., il est rendu inaccessible par l'escarpement de la colline. Sa garnison est composée de soixante-treize soldats commandés par Rainivao, dixième honneur.
Les cases des Sakalavcs sont distribuées par groupes, dans le Nord et à l'Ouest, sur les flancs de la colline relies peuvent contenir de trois à quatre cents individus, que commande le Sakalave Tsimanendi, créature et partisan des Hôvas. Cette population est, comme celle de Majunga, soumise à la corvée et exploitée de toutes façons.
Aux environs d'Anfiahounah on cultive du riz de qualité mé-
^ Àmhinanghi veut dire confluent ou embouchure.
Doc. son Madag. 15
diocre, du manioc, des patates et du maïs. Le poste hôva n'a ni puits ni citernes ; la provision d'eau se fait journellement à la rivière.
Ce fut, comme on se le rappelle peut-être, à Marouvouaï qu'eut lieu la première entrevue de Radama et d' Andriansouli , et que se consomma l'acte de vassalité de ce dernier envers le souverain hôva.
La petite rivière Marouvouaï est assez profonde, mais trèsétroite, et tellement encaissée à son emboudiure que les bontres y entreraient difficilement à la cordelle; ils attendent ordinairement le flot pour la remonter de cette manière.
A environ deux milles et demi d' Ambinanghi-Marouvouaï, en suivant toujours la rive droite du Bétsibouka, on rencontre Ambinanghi-Titéraka , où se trouvait anciennement un très-grand village ; puis à quatre milles, Kazamba, et enfin , à quatre milles et demi de celui-ci, Maroulambo. Titéraka et Kazamba, petits affluents duBétsibouka, forment, par leurs nombreuses ramifications sur le terrain qu'ils baignent, un marécage assez étendu , nommé Aomaînti : on en avait fait une grande rizière qui se prolongeait jusqu'à Maroulambo, et au milieu de laquelle étaient plusieurs villages. U s'y trouve encore quelques Sakalaves, à qui les Hôvas ont donné pour chef un Antalaots', nommé Tsafante, établi à Titéraka au temps d'Andriansouli , et qui a continué d'y résider. Maroulambo est un village sur le bord même du Bétsibouka; les boutres y mouillaient autrefois, ainsi qu'à Titéraka et Kazamba, pour charger du riz.
A un mille et demi ou deux milles de Maroulambo, est le village d'Agnendhi; puis, à un peu plus de quatre milles an delà, Tcbiagnéria ou Sangaboua : il existe à cet endroit une très-grande quantité de bananiers, à travers lesquels un petit ruisseau vient se jeter dans le fleuve. On faisait moins de riz aux emirons de Sangaboua qu'aux deux points précédents.
A quatre milles au-dessus est le village de Boungamari, et à trois milles et demi de celui-ci, Matabitsilangn'ha. Ce dernier est sur la rive gauche d'un petit afiluent du Bétsibouka , près duquel on cultive aussi beaucoup de riz. C^est à environ deux milles dans le N. O. de ce point qu'était situé Bétsiouki, grand village où se trouve le tombeau d'Andrianahiditsi-Arivou : Bétsiouki était à deux ou trois heures de marche dans l'Ouest de Kamakouna.
A six milles de Matabitsilangn'ha , viennent les villages d'Am-
balafitétiki; devant ces villages il y a un banc qui, dans la saison sèche, découvre et oblige de hanter la rive gauche, après avoir passé Matahitsilangn'ba. La largeur du chenal, le long de ce banc, est d'environ cent mètres.
A quatre milles d'Ambalafitétiki est Ambatou , port à boutres, sur la rive droite de la petite rivière Kamouro, à son confluent avec le Bétsibouka. Avant de se jeter dans le fleuve, ce cours d^eau déborde sur un terrain plat, où il forme une grande mare, nommée Tsabakata, assez profonde dans la saison pluvieuse pour que les boutres y puissent entrer. Taboun*zi est à quatreou cin'[ milles dans le N. N.O. d'Ambatou. Autrefois, ce dernier, ainsi que tous les villages aux alentours de Tsabakata, était commandé par un Vazim'bah,du nom de Tchimfoundha.
Viennent après Ambatou, et toujours sur la rive droite, d'abord Andomboulava, ancien village à deux milles et demi du précédent; ensuite, à quatre milles au delà, un autre ancien village, nommé Maronléo, puis la terre de Marakata, qui occupe une étendue de cinq milles et demi ; enfin Amparighi-Maponghi , non loin duquel est le confluent de Tlkoupa et du Bétsibouka.
Ce dernier a , dit-on , sa source dans une haute montagne située droit à TEst du point de rencontre des deux fleuves. Ce ne pourrait être toutefois à plus de huit ou dix lieues de là, car la route de Majunga à Tananarivou n*est point coupée par son cours, et cependant elle ne doit pas s'écarter davantage de la rive droite de Tlkoupa, avant d'entrer danslepays de Sianaka. D'autres placent cette source dans la direction du S. E., et cette version me parait être plus rationnelle.
Reprenons maintenant à l'embouchure du Bétsibouka, pour décrire sa rive gauche , comme nous l'avons fait de la droite.