‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de la partie occidentale de MadagascarChapitre 21 sur 49 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Baie Cagembi. — Village de Kiakombi. — Tafikandre, et chefs subalternes qui

l'entourent. — Note sur les Sandangouatsis.

La baie de Cajembi, qu'Ovven désigne sous le nom de Bote- 1er s river (rivière de Boteler), est presque complètement barrée à son ouverture par un banc de sable, et, d'après le plan qu'en a fait dresser ce capitaine, elle serait diflicilement praticable pour des bâtiments de moyen tonnage; mais avec un bon pratique, ou en se donnant la peine de baliser un chenal, on pourrait, dans une marée de syzygie, y faire entrer un navire du tonnage de la Dordogne.

Comme je ne voulais pas perdre mon temps en essais dont le résultat, eût-il été fructueux, n'était pas nécessaire à mes opérations sur ce point, je laissai la corvette où je l'avais mouillée, puis, le jour suivant, partant dans ma chaloupe avec la brise du large , je me dirigeai vers le fond de la baie, et pris terre à Kiakombi , village situé à onze milles environ du mouillage die la corvette.

Kiakombi consiste en une soixantaine de cases élevées au seul endroit du rivage qui ne soit pas vaseux et envahi par les paie* tuviers. Un boutre arrivant de Nossi-Bé y était mouillé, et j'en fis mon gîte pour le temps que je devais passer dans cette localité.

Durant mon séjour à Nossi-Bé, j'avais eu l'occasion d'y voir quelques-uns des gens de Tafikandre : je fus donc immédiatement en relations amicales avec les habitants du village ; et leur chef, Tamaï, dut bientôt se rendre auprès de son maître pour rinformer de mon arrivée et lui exprimer mon désir de le voir.

Quand j'avais annoncé l'intention d'attendre Tafikandre à Kiakombi, on m'avait répondu qu'il n'y venait jamais. Je savais de bonne part que c'était un mensonge, et qu'il suffisait, pour l'y attirer, qu'on se présentât pour acheter des bœufs; cependant, je ne voulus pas insister davantage, car je pensais qu'eu égard à l'approche des H6vas la présence du chef pouvait être

nécessaire là bas. J'étais bien aise d'ailleurs de voir un peu le pays, et parliculîèrenient Kiombikibou , que je me figurais être une position inexpugnable, puisque les Sakalaves s'y maintenaient encore après plusieurs expéditions dirigées contre eux par le gouvernement dlmerne. Je chargeai donc Tamaî de dire à son maître que, si ses affaires particulières ne lui laissaient pas le ' temps de descendre au rivage, je me rendrais près de lui. Tam^ devant être de retour au bout de trois jours, je résolus de l'attendre à Kiakombi; mais ce qui me décida surtout à prendre ce parti , ce fut l'espoir que j'avais de faire une ample moisson de renseignements sur le pays, auprès de quelques Ântalaots' qui y étaient établis.

Le soir même, je m'installai à demeure et moyennant location à bord du boutre dont j'ai parlé, de manière à pouvoir constamment disposer de la chaloupe pour mes communications avec la Dordogne, Tous les matins, au moment de la brise de terre , elle partait avec de la viande fraîche pour l'équipage et revenait dans l'après-midi, poussée par la brise du large, m'apporler ce dont j'avais besoin et le compte-rendu de ce qui s^était passé à bord dans les vingt-quatre heures écoulées.

Au nombre des Antalaots* habitant le village se trouvait Tsim'ba, ex-secrétaire et confident intime d'Andriansouli. C'était un homme intelligent et fort intéressant à mes yeux, en raison des détails qu'il pouvait me fournir sur les événements dont il avait été l'acteur ou le témoin , aussi bien que sur l'état du pays où je le reûcontrais. Le chef des Ântalaots^ de Nossi-bé, Abderrharaan-ben-Nouri, me l'avait signalé à ce double titre; je m'attachai donc, dès nos premières relations, à commander son obligeance par de bons procédés et quelques cadeaux. Je rencontrai aussi à Kiakombi l' Antalaots' Faki - Abdallah , beaucoup plus âgé que Tsim'ba, et qui, outre la part prisé personnellement par lui à certains faits qui suivirent l'invasion des Hovàs en Bouéni, tenait à l'une des principales familles de Moudzangaïe et avait été l'un des plus actifs marchands de celte cité, sa ville natale. C'étaient là de précieuses rencontres: Aussi, pendant mon séjour dans la baie, je m'entourai de ces deux hommes, et je leur dois la plus grande partie des documents que j'y ai recueillis. Je vais ici interrompre mon récit, pour donner de suite quelques notions sur Tafikandre et sur sa situation politique.

Le district de Cagembî et les territoires de Miari et de Kin* kouni ^ placés aussi sous lautorité de ce chef, sont compris dans le royaume de Bouéni où les Hôvas font acte de souveraineté, en occupant les quelques postes que j'ai précédemment décrits; mais, au lieu d'être, comme la partie nord de ce royaume, presqu»; entièrement abandonnés par les Sakalaves, les pays que je viens de nommer, naturellement protégés par des bois épais et des marécages, ont conservé leur population et leur indépendance» Ce sont ces trois districts ou petites provinces et quelques por* tions de territoire à l'Est que commande aujourd'hui Tafikandre. Voici le précis des événements par suite desquels il est arrivé à cette position souveraine.

Ce prince, fils de Saî ^ et de Tsimahatrassi , est chef de la tribu des Marambitsis. Il est né à Taboun'zi vers 1 792. La première moitié de sa vie n*o(rre aucun fait digne de remarque; mais, à l'âge d'environ trente ans, il faillit être victime d*un em* poisonnement, qui occasionna un dérangement dans ses facultés intellectuelles, et dont il s'est toujours ressenti depuis* Tafikandre prit part cependant à la lutte quVAndriansouii engagea en 1825 contre Ramanétaka ^, et, à l'issue de cette malheureuse tentative, il se retira dans TÂmbongou, suivi des gens de sa tribu. Il se rendit d'abord à Bélembouki , sur la limite nord de cette province , près de Tsambou , l'un des grands chefs qui y commandaient. Il y resta pendant trois ans» aidant ces chefs à résister aux Hôvas, puis, ayant été rallié par un grand nombre de Sakalaves, il s'avança au Nord jusqu'à lapetite rivière Mandzaraï, sur les bords de laquelle il s'établit avec son monde. Mais alors plusieurs expéditions furent dirigées d'Imerne contre lui, e\ au commencement de i83o, serré de près par Réentine, craignant d'être livré par ses hommes, dont une partie proposaient de faire la paix, il se sauva à Mouroun'sang auprès d'Ândriansouli, qui avait depuis quelque temps recommencé les hostilités contre les Hôvas. Revenu à Kiombikibou, en juillet i832, il rétablit bientôt son autorité sur les populations groupées dans cette partie

' Les districts de Miari ou Maodzaraî, de Kinkouni on Koukouni et de Cagembi ont été, dit on, peuplés par des colonies airicaines, qui reconnurent la souveraineté d'Àndriamandissou-Arivou , lorsque ce prince eut soumis à son autorité tout le pays environnant.

' Saî, fille de la reine Kavahini, et lante d^Andriacsouli.

^ Voir la Première partie, pages 95-106.

Doc. SUR Madag. 16

(lu Bouéiii, et les poussa à saiTranchir du joug qu'elles avaient accepté pendant son al)sence.

Lorsque, trois ans plus tard, Ândriansouli, ligué avec le sultan d'Anjouan contre Ranianétaka ^ se présenta sur la côte d'Aiiibongou pour rallier du monde, Tarrivée de ce prince fit sensation dans le pays, dont la population n'avait été pour rien dans sa déchéance, et voyait toujours en lui le roi de Bouéni. Tafikandre en prit ombrage : mécontent des dispositions que ses chefs eux-mêmes avaient témoignées pour Andriansouli, et des velléités qu'ils avaient eues de le suivre, il se mit à les maltraiter et à exercer toute espèce d exactions sur la population; il alla même jusqu'à vendre des Sakalaves, et se codduisit enfin comme un homme qui, sachant que d*un jour à l'autre son autorité peut lui échapper, use jusqu'à Tabus des privilèges qu^elle lui donne. Une pareille conduite ne pouvait manquer d'exciter un mécontentement général, et les chefs vinrent représenter à^ Tafikandre combien il était contrait e à se» intérêts, d'agir ainsi dans un pays dont il devait se considérer désormais comme le souverain. Ce fut alors que, pour se prémunir contre l'éventualité du retour d'AndriansouK ou la prétention que pourrait avoir Ouantitsi^ d'étendre sod autorité 3ur cette partie du Bouéni, il exigea de ceux qui se déclaraient ainsi ses sujets le serment suivant la forme jusque-là usitée pour l'élection des rois ; peu de temps après chefs et peuple , réunis àTongaï', juraient sur le tombeau d'Andriamandissou-Arivou

' Quelques mois aprôs farrivée d*Andnansouli à Maîotte, où il s*ëuit réfugié en 1832, avec quelques cenlaines de Sakalaveaei d'Antalaots\un conflit, élevé entre ses gens et les habitants de l'île, Tavait conduit à s'y emparer de fautorité souveraine. Mais Ramanélaka, qui, de son côté, avait dépossédé le sultan de Mohéli, et qui prétendait, de plus, avoir des droits sur Maiolte, par suite d'une concession qu'il avait obtcnuede Bonakombo, le souverain légitime, Ramanétaka, disje, flt inopinément une descente surMuotte^et força Andriansouli de s'enfuir. Le pnnce sakalave se rendit en pirogue à Anjouan, dont le sultan était déjà l'ennemi de Ramanétaka ; puis il se ligua avec lui pour reprendre Maîolte au cbef hôva et lui faire en même temps la guerre dans Mohéli.

* La sœur d' Andriansouli , élue en sa pliice reine des Sakalaves.

^ Tongaî fut la résidence du premier roi de Bouéni : on y éleva ensuite son tombeau qui servit aussi de sépulture à trois membres de sa famille: Andrianambouni-Anvou, son fils; Andrianantan'-Arivou, sa petite-fille; et Ândrianéhéven-Arivou, un des frères de cette dernière. Tongaî est sur la rive droite de ia Mandzaraî, à trois lieues environ au Sud de la baie de BombétoL.On y voit seulement une case qui recouvre les tombeaux, et un canon de très-gros calibre dont les Sakalaves se servaient dans les cérémonies funèbres ou autres

de ne reconnaître à laxenir d*autre souverain que Tafikandre.

Celte élection ne lui donne néanmoins aucun droit de souveraineté sur l'Anibongou. I^es chefs de ce pays, qui furent toujours vassaux du roi de Bouéni, le considèrent comme un chef plus élevé queux, et lui témoignent la déférence due à un membre de la famille royale; mais, dans leur pensée , ce n'est, de lui à eux , qu une supériorité de rang , une prééminence politique, tandis que tous reconnaîtraient Andriansouli pour leur souverain. J'insiste sur ce point, parce que quelques personnes ont désigné Tafikandre comme étant le chef ou le roi d*Ambongou, alors qu'il n'exerce en réalité aucun pouvoir sur cette province. Ses prétentions à cet égard, s'il en avait, seraient sans fondement et repoussées par les chefs de ce pays , dont l'adhésion ne saurait être qu'une concession faite à la force. Tafikandre commande les Sakalaves Marambitsis et la population habitant le pays compris entre la Mandzaraî, au Nord, et à TEst; Mandévi (district de TAmbongou), au S. E.; la rivière Bàli et Anghalalava au Sud. Ce territoire représente la partie encore indépendante du royaume de Bouéni.

Au dire de quelques Antalaots' connaissant bien le pays, il peut s'y trouver deux mille hommes armés de fusils, et environ autant, armés de sagaies ; sa population serait de 20,000 à 2Ô,ooo âmes^ Selon eux aussi, la lutte contre les Hôvas ne se continue que grâce k la ténacité de Tafikandre et au courage de quelques hommes , à la tète desquels est ce Tsimikiki dont j^ai déjà en occasion de parler^. Presque tous les autres chefs sont sans énergie et se trouvent toujours malades lorsqu'il s agit d'aller au feu; quant à la masse, on ne l'y fait marcher qu'à coups de sagaie. Si Tafikandre quittait le pays, on demanderait bientôt la paix; mais il résiste aux sollicitations qu'on lui adresse quelquefois en ce sens, àl'approchedesHôvas.On raconte qu'autrefois, quand le danger devenait pressant, il se mettait à la tète des combattants, et, en payant de sa personne, il entraînait les irrésolus : la population avait alors, dit-on, une grande confiance en lui, parce que,

qui les attiraient en ce lieu. Ce canon avait été, dans ce but, élevé sur un massif, d*où les Hôvas Ton fait choir, mais n*ont pu remporter. On trouve, mV t-on dit, aux environs de Tongaï, du minerai de cuivre.

* La somme des chiflircs qui m'ont été indiqués, pour chaque groupe de population, donne 19,830.

* Voir la Première partie, page 117.

chaque fois qu il prenait part à la lutte les Hovas étaient baffcTd ou forcés à la retraite. Je dois déclarer que cette fermeté et cette bravoure de TaGkandre sont choses fort douteuses à mes yeux; mais je puis m'étre trompé à son sujet, quant au passé, en le jugeant sur ce qu*il était lors de mon passage à Kionibikibou.

Tafikandre avait eu un fils d'une femme sakalave de basse classe qu il traitait fort durement.. L'enfant et la mère Payant suivi à Mouroun'sang, celle-ci, à leur arrivée, se plaça sous la protection d*Ândriansouli, qui la garda près de lui et obtint en* suite de Tafikandre qu'il lui confiât Tenfant pour le faire élever. Lors de la guerre entre Mohéli et Maîotte, guerre à laquelle Ândriansouli , devenu souverain de cette dernière, avait pris une part active, ce fils, déjà grand , a été tué par Ramaoétaka; mais on a cru devoir cacher sa mort à son père, et j'ignore si, depuis, quelqu'un a osé lui apprendre un événement aussi fâcheux. Quoi qu'il en soit, TaGkandre est aujourd'hui sans héritier de sa descendance. Les uns disent qu'il aura pour successeur un fils d'Ândriansouli ; d'autres pensent que ce sera od certain Tsiraoïbouni , son parent éloigné, le chef qui a comniandé le pays durant son absence, en i8Si et i832; plusieurs enfin désignent, comme devant lui succéder, sa cousine Zéna; mais, en sa qualité de femme, elle a, je crois, moins de chances que les deux autres concurrents.

Zéna se trouvait à Kiakombi quand j'y arrivai. Bien que proche parente de Tafikandre, puisqu'elle est fille de Raîvala, irère de Tsimahatrassi , père de ce prince, elle n'est pas issue de sang royal et n'a d'influence que sur ses gens mêmes. Le chef réellement influent par sa position est le manan'tani Tsifounté, qu'on dit être un homme intelligent et équitable. Quant au fahatélouFiankingn'ha, c'est un hâbleur présomptueux, qui, de plus, est méchant et adonné à l'ivrognerie. 11 avait été nommé manan'tani, il y a sept ans, après que le chef Anangha, qui exerçait ces fonctions lors du passage d'Andriansouli à Bâli, eul quitté le pays pour suivre l'ex-roi à Maîotte; mais comme il n'usait de cette position que pour commettre impunément le vol et l'assassinat, les Sakalaves le remplacèrent par un autre, auquel Tsifounté a succédé. Les chefs qui, par leur naissance ou par la quantité de population placée sous leur autorité immédiate, ont le plus d'importance, sont : Nomen'draza, Tsirambouni, Fiaboha et Bibiamounto, tous les quaire Sakalaves ; puis Itouba,

grand cliuf des Sandangouatsis ^ Chacun d eux est ce que les indigènes appellent anipancCzaka.

Lorsque Tauiaï et un autre individu nommé Bello étaient allés à Nossi-Bé comme envoyés de Tafikandre, ils s'étaient attribué vaniteusement un rang élevé et une grande influence près de leur maître : ils comptaient, à les entendre, au nombre des premiers chefs du pays; mais il n'en était absolument rien. Tamaî, qui d ailleurs ne manque pas d'une certaine dose d'intelligence, est le (ils d'un esclave; Tafikandre l'a placé à Kiakombi comme son représentant pour percevoir les douanes, c'est-à-dire, en termes clairs, pour extorquer le plus possible d'argent et de marchandises aux trafiquants et aux patrons des boutres qui vont faire le commerce dans la baie.

Quant à Bello, c'est uu simple Sandangouatsi, qui était d'a-

* Au dire des anciens du pays , les Sandangouotsis sont des aborigrnes. Ils se soumirent à Andiiamandissou-Arivou, mais en conservant leurs cliefs, et continuèrent de former une population à pari de celles dont la fusion composa la peuplade des Sakalaves du Nord. Quoique reconnaissant aujourcPhui la souveraineté de Tafikandre, ils sont, comme je viens de le dire, sor.s l'autorité plus immédiate du grand -chef Itouha, le premier des chefs saudangouat^is, et tous leurs villages sont encore groupés autour et aux environs du lac Kinkouni, situé dans la partie orientale du pays de Miari ou Mandzaraï.

M. Noël, dans son ouvrage (Recherches surUsSakhalava, page 8), se demande, à propos des Sandangouatsis (quMl appelle Sanangdsou) ^ si ce ne seraient pas les Vazimbahs. Cette question me parait devoir être résolue nt^.galivemcnt, et voici les raisons qui me portent à \e croire : Quand les Sakalaves arrivèrent dans le pays de Miari, ils connaissaient déjà les Yazimbatis: des groupes de ceux-ci s'étaient joints aux bandes d'Andriamandissou-Arivou et avaient suivi la fortune de ce conquérant Si les Vazimbahs et les Sandangouatsis n'avaient été qu'une seule et même race, pourquoi aurait-on établi entre eux une distinction? Pourquoi y a-t-il eu jusqu'à présent dans le mém« pays, sous la même autorité, et distincts les uns et les autres de la population sakalave, des individus qualifiés du titre de Vazimbahs, et d'autres, à part dp ceux-ci, désignés par le nom des Sandangouatsis?

J'ai vu des Sandangouatsis et des Vazimbahs, et j'ai trouvé entre les uns «t les autres des dissemblances physiques assez prononcées. Je n'ai pas séjourné parmi les premiers assez de temps pour observer leurs usages, mais du moins n*ai-jc jamais ouï leur attribuer certaines coutumes et particularités que je savais appartenir aux seconds.

En résumé, je ne connais qu'un fait qui donne l'idée d'un rapport possible entre ces deux peuplades, et il parait qu'il n'était même pas connu de M. Noël, puisqu'il ne l'a pas fait valoir à l'appui de la préoccupation exprimée par lui : c'est que la province du Ménabé, dans laquelle vivent les Vazimbahs, et qui est comprise entre les rivières Manambouie et Imania ou Sizonbonghi, est, comme le pays des Sandangouatsis, nommée Miwri.

hord placé sous le patronage de Zéna : il est néanmoins fort aimé de Tafikandre, auprès duquel il remplit le triple emploi d'intendant, de conseiller et de mignon. Le prince sakalave est suspecté par ses sujets de se livrer à Tinfâme coutume qui attira le feu du ciel sur Sodôme; et il faut avouer que les apparences sont contre lui, car, outre raOection toute particniièru qu'il témoigne pour Bello, il n*a aucune femme dans sa case, et parait avoir le beau sexe en horreur. Cet éloignement lui a été inspiré, dit-on, par les suites funestes que faillit avoir pour lui une liai* son frauduleuse avec fépouse d'un de ses chefs. La chose se passait au commencement du règne d*Andriansouli : le mari ayant eu connaissance de ce commerce adultère, et n'espérant pas obtenir justice, ou craignant de la réclamer à cause du rang de TofTenseur, se chargea lui-même du soin de sa vengeance, et fit prendre du poison à son rival. Tafikandre n'échappa à la mort qu après d'atroces souffrances et avec la perte d'une partie de sa raison; et bien qu une. vingtaine d'années aient passé sur cet évéïiement, il en a conservé une telle impression, que, depuis, il s'est abstenu de toute relation avec les femmes. Sa cousine a, seule, etbieu rarement encore, le privilège d'enlrer dans la case qu il occupe.

Mais laissons un moment Tafikandre et ses chefs pour nous occuper du commerce et des productions de cette partie de la côte.

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