‹ Documents sur l'histoire, la géographie et le commerce de la partie occidentale de MadagascarChapitre 8 sur 49 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Démarches faites par Adriansouli auprès «tu sultan de Mascate. — I^np^ d'Âdriansouli par ses anciens sujets. — Sa restauration en Bouéni. — Heprise des hostuités contre les Hôvas. — Déchéance d' Adriansouli. — Réé> lection de Ooantilsi. — Départ d'Adriansouli pour Maîotte. — Événements accomplis dans le sud du Bouéni , dans la province d'Ambongou «t dans le Ménabé après la mort de Radama. — Mort de Ramitrah*. — Elections successives de Ramassa et de Quelsambaîe en Ménabé. — Expéditions diverses faites par les Hôvas contre Quelsambaîe. — Fuite et mort de ce prince.

Lorsque, pour échapper aux poursuites combinées de Bamanétakaetde Ramarousandi, Andriansouli se décida àsexpa> trier, son intention était de se rendre à Maîotte, où il espérait trouver un asile auprès de Mahouan^- Amadi , qui gouvernait alors cette ile, et dont il était autorisé à se regarder comme le fils, puisque Ouza, son père, avait été lié au chef maîottais par le fattidrah. Mais le boutre qui le portait , assailli par le mauvais temps, dépassa les Comorrcs sans les voir, et alla faire tête à la côte d^Afrique. La première terre aperçue se trouva être nie Monfia; on se décida à y relâcher, et le bateau ayant mouillé à la partie Ouest de File, Andriansouli et sa suite y débarquèrent.

Sur ces entrefaites , un daw arabe , allant de Quiloa à Zanzibar, toucha aussi à Monfia. Un parent du sultan de Mascate, le prince arabe Séif-ben- Ahmed , qui se trouvait à bord, ayant eu connaissance de la présence du roi sakalave sur File , se mit en relations avec lui et rengagea à raccompagner à Zanzibar. La mousson du sud, déjà bien établie à cette époque, eût rendu fort long et fort difficile, sinon impossible, le voyage à Maîotte» et Adriansouli consentit d^autant plus volontiers à la proposition

Doc. SUR Madao. s

qui lui était adressée, qu'on lui fit entrevoir la possibilité d'intéresser le sultan Séyid-Saïd eo sa faveur, et d'en obtenir des secours pour reconquérir son royaume.

Bien accueilli parle gouverneur de Zanzibar, frère de Seïdben- Ahmed, il lui fit part de sa situation et de ses espérances, et se décida , d'après ses conseils, à rester dans l'ile jusqu'à l'arrivée du sultan, qui y était attendu à la fin de l'année. Mais celuici ne vint pas , et Ândriansoulî prit le parti d'aller le troaver à Mascate , où il arriva vers le milieu de l'année 1827.

Le sultan était alors occupé des préparatifs d*une expédition contre Mombaze , dont les habitants s'étaient depuis plusieurs années soustraits à son autorité. Il reçut le roi salalave avec bienveillance, et, tout en lui démontrant l'impossibilité dans laquelle il était pour le moment de lui fournir aucun secours , il rengagea à le suivre à Mombaze, lui faisant espérer qu'après avoir réduit cette place , il l'aiderait de tous ses moyens à rentrer dans ses possessions.

L'assistance du souverain arabe était à cette époque la seule coie par laqudle Andriansouli pàt espérer d'arriver à ce résultat : il accepta donc l'oflre de son hôte , et l'accompagna bientôt au si^ de Mombaze. Peu après, cette ville étant tombée au pouvoir du sultan , il se rendit avec lui à Zanzibar, pensant que rien ne s'opposait plus désormais à ce que celui-ci réalisât les promesses qu'il lui avait laites. Mais, lorsqu'il en fut de nouveau question , Séyid-Said mit k sa coopération des conditions telles, qu'il était k peu près impossible au roi sakalave de les remplir : le premier consentait à fournir le personnel nécessaire et les moyens de transport, mais les frais d'habillement, de solde, de vivres et de munitions étaient laissés à la chaiige d' Andriansouli, qui devait même en faire le payement d'avance. Le sultan demandait en outre , pour prix de son concours, la cession de Moadzangaîe et de la partie du littoral située au Nord de cette ville , comprenant les baies de Matzamba et de Naréenda. Les nidations entamées sur cette base traînèrent en longueur, chacune des deux parties espérant amener l'autre k composition ; elles n'avaient pu encore s'entendre, quand arriva à Zanzibar le sakalave antalaots' Onimbits' , envoyé vers Andriansouli par Ouantitsi et les chefs restés à Mouroun'sang.

Le séjour si prolongé de leur ancien roi auprès de Séyid* Saïd inquiétait beaucoup quelques-uns de ces chefs. Us n'igno-

raient pas qu îi y était retenu par iVspoir dobtenir TassislaDcc du sultan pour rentrer en Bouéni , et craignaient qu^il ne Tachetât par quelques concessions qui les mit encore plus qu^autrefois sous ie bon plaisir de chefs étrangers; car ilsn*ament pas oublié la prédilection et la partialité d*Ândriansouii en faveur des Arabes et des Ântalaots*. D'autres, qui désiraient le retovr de Tex-m par rattachement qu'ils conservaient pour lui , exploitèrent les craintes des premiers pour les amener à partager ce désir, et tous furent bientôt d'accord pour rappeler Andriansoulî. Us décidèrent en conséquence Oaantitsi à envoyer vers son frère pour l'engager à venir reprendre le pouvoir qu'il avait abandonné.

Pendant que ceci se passait, Radama mourait, et le roi sakalave apprit tout à la fois la mort de son rival et le désir de ses sujets de le voir retourner au milieu d'eux. Il allait peut-être se résigner à accepter l'intervention du souverain arabe , quelque onéreuses qu'en fusssent les conditions , mais les circonstances nouvelles qui surgissaient pour lui vinrent changer ses dispositions. Il jugea les secours deSéyidSaîd désormais inutiles, et, ayant pris congé de lui , il se hâta de mettre à la voile pour Madagascar, où il arriva en décembre 1828 (lune de Djumadi-eltsant de l'année la^'i de l'hégire).

Il aborda à Djudja, au fond de la baie de Passandava, d'où Ouimbits' se rendit de suite à Maroupapang', résidence de Oaantitsi, pour annoncer à cette princesse Theureuse arrivée de son frère et lui faire connaître ses intentions. Bientôt plusieurs chefs sakalaves et quelques Antalaots', ses anciens sujetSf qui se trouvaient alors près d'Ouantitsi, vinrent à Djndja sidoer Andrianaouli , et le conduisirent ensuite vers sa sœur, qui lui remit le pouvoir dont l'exercice lui avait été temporairement confié.

Après sa réintégration , le roi de Bouéni s'établit de nouveau à Mooroun'saiig , à peu près au même endroit qu'il avait précédemment occupé. Û y fut bientôt rejoint par beaucoup d'Antalaots' qui lui étaient restés dévoués, et qui, ayant appris son retour, allèrent encore demeurer près de lui : de ce nombre fut naturellement son ancien confident , Tsim'ba , qu'Andriansouli seh&ta de faire venir de Maïotte où il s'était réfugié après l'abandon de Mouroun'sang.

Peu de temps après , en avril 1829 ( ^ ^* jour de la lune Ha-

mal de raniiée Djuniani* calendrier sohéli), il reçut la .visite du fils de Mahouan'-Amadi : ce jeune prince , noniiué Bona- Kombo, venait de la part du sultan, son père, complimenter le roi sakalave sur son heureux retour en Bouéni , et Tassurer qu en cas de nouveaux revers il trouverait toujours à Maïotte un refuge et une cordiale hospitalité. Ândriansouli accueillit avec amitié celui qu'il regardait comme son frère , et le retint quelque temps près de lui : nous avons déjà dit que le père du roi de Bouéni s'était uni au sultan de Maïotte par lefatlidrah.

Après le départ de son hôte , Andriansouli s'occupa des mesures à prendre pour rétablir son autorité dans le pays et recommencer les hostilités contre les Hôvas. Le moment était on ne peut plus favorable pour agir: déjà, dans le Nord, ses ennemis étaient aux prises avec les Antankares; dansTOucst, une expédition , envoyée dlmerne contre TAmbongou , succombait presque tout entière sous le double fléau des maladies et de la disette ; enfin on apprenait en même temps à Mouroun*$ang, par un chef des Zafi-Rabé , nommé Rapati , venant de la baie d'Antongil , que les blancs attaquaient les Hôvas à la côte Est. Eu effet , dans le cours de cette année, les embarras les plus graves avaient assailli à la fois le gouvernement dlmeme : outre les divisions intestines dont nous avons déjà fait mention, il avait, au dehors, à réprimer les soulèvements des provinces, et à repousser les attaques d'une division française, qui, sous les ordres du commandant Gourbeyre, avait ouvert les hostilités contre les postes hôvas de la côte orientale.

Profitant donc de toutes ces circonstances, Andriansouli, dès les premiers jours de novembre 1829, envoya son manan'tani Roussi, à la tête dune division, faire une incursion dans le Sud. Cette expédition avait pour but d'attaquer et de disperser les détachements hôvas cantonnés dans la partie centrale du Bouéni, et de faciliter ainsi vers Mouroun*sang la migration des populations qui l'occupaient. L'entreprise eut un plein succès : Roussi s'avança jusqu'à Antsahalava, à environ 20 lieues de Majunga, rejetant devant lui les partis hôvas qu'il rencontrait, et après une tournée de trois mois, il rentra à Mouroun'sang, emmenant à sa suite un grand nombre de familles et leurs troupeaux.

Encouragé par l'heureuse issue de cette première entreprise et par l'inaction d'Andriantouloura, qui gouvernait à Majunga depuis la fuite de Ramanétaka, Andriansouli, l'année suivante,

après la récolte du riz , envoya de nouveau battre le pays dans le Sud. Le corps expéditionnaire , sous les ordres des chefs Dianahori, Linta^, Outongha et Tsimahoun'tani, ayant rencontré à Béména une forte division hôva, rebroussa chemin. Alors Andriansouli, instruit aussitôt de ce qui se passait, fit marcher sur ce point un renfort commandé par Roussi-kéli (Roussi le petit), parent du Manan'tani; mais on ny trouva plus Tennemi, et Texpédition retourna à Mouroun'sang.

A peu près à la même époque qu*Andriansouli ordonnait cette seconde expédition, était arrivé près de lui le petit chef Tsimikiki, chargé parTafikandre de faire connaître au roi , son cousin , la position diflicile où il se trouvait. Depuis le commencement de Tannée précédente. Tafikandre était parvenu à s'établir avec ses partisans à l'extrémité sud du Bouéni : son poste le plus avancé , et où il se tenait lui-même, était situé sur la rive gauche de la Mandzaraî, en arrière d*un bois épais qui le mettait à Tabri de toute attaque du côté du Nord; mais quelques coups de main opérés par ses hommes, sur les postes hôvas des environs de Majunga, avaient attiré contre lui un déploiement de forces bien supérieures aux siennes; et, se trouvant sérieusement menacé à lÛombikibou^, il demandait à Andriansouli des secours pour continuer la guen^ ou sinon les moyens d'effectuer sa retraite par mer. Andriansouli, n'étant pas encore en état de tenter une diversion sérieuse en faveur de son parent, lui envoya un boutre pour assurer sa fuite, si elle devenait nécessaire. Tafikandre s'y embarqua quelque temps après, et arriva, vers la fin de i83o, à Mouroun'sang, où il resta près de son cduski.

Après la rentrée des troupes envoyées dans le Sud contre les Hôvas. tout le reste de la belle saison et de l'année i83o s'était passé sans qu'aucune entreprise fût tentée de part ou d'autre. Les forces du gouverneur de Majunga étaient occupées dans les environs de ce point, et ne se trouvaient pas d'ailleurs assez nombreuses pour aller attaquer Mouroun'sang; d'autre part, les

^ LinU était un chef de Sanibarives, dont le père, Mataîl-Somoutch (lar^ barbe) , commandait autrefois le pays situé entre le grand Manahar et An'gon*ci. Épuisé par les longues guerres qu'il avait soutenues contre Radama. Mataîl-Somontcb s'était réfugié à Nossi-Bé, où il était mort; et son (ils Linta, ne voulant pas non plus se soumettre, s'élait joint avec ses gens aux Sakalavcs de Mouroun'sang pour combattre Tcnnemi commun.

' C'est le nom du districl ou résidait alors Tafikandre.

craintes qu'on avait eu Imerne, d'une nouvelle et plus sérieuse attaque des Français du côté de TEst, obligeant le gouvernement hôva à y maintenir toutes ses forces, suspendait momentanémenl son action sur les provinces de TOuest.

Au printemps suivant, en i83i»Ranavalouna, délivrée de ses embarras, put songera rétablir son autorité sur toutes les parties de Ttle qui avaient plus ou moins réussi à s'en aifirandiir : une armée descendit dlnieme, sous la conduite de Ramaroumish , pour opérer sur le nord du Bouéni » et Mouroun'sang se vit menacée d'une nouvelle destruction.

Pour conjurer ce danger, Ândriansouli assembla toutes les forces dont il pouvait disposer; et, dans les derniers jours d'août, les Sakalaves réunis, au nombre ^environ 5,ooo, sous le commandement du manan'tani Roussi, s'avancèrent à la rencontre des Ilôvas. Les deui armées se trouvèrent en présence dans la plaine de Perréni : celle des H6vas comptait environ 7,000 hommes, y compris lea bandes irrégulières de bourgeois et d'aa\iliaires fournis par les provinces soumises.

Le 3o aoAt (fin du mois Fongouasita, année Djuma), vers huit heures du matin , l'action s'engagea : on se battit avec acharnement des deux côtés,, et les Hôvas cédèient d'abord du terrain; mais bientôt, soutenus parles Bétsim'saraks et les Bétanimènes, qui n'avaient pas encore donné, ils revinrent à la charge. Vers le milieu du jour, au fort de l'action. Roussi fut tué; leifthatélou Toufoutsi prit le commandement, et lui-même, atteint de plusieurs balles, et ayant une jambe fracassée, se vit forcé*de quitter le champ de bataille. Cet événement fut pour les Sakalaves le signal d'une déroute complète: ils s^enfnirent de tous côtés dans le plus grand désordre, et une partie d'entre eux seulement regagnèrent Mouroun'sang.

En apprenant ce revers, Andriansoidi s'embarqua avec sa famille sur son boutre, et se fit conduire à Baramahamai. Ouantitsise réfugia dansles montagnes boisées situées au Nord deMouroun'sang. Tafikandre poussa plus loin encore, dans l'Est de Baramahamai. Les Antalaots' s'éloignèrent sur leurs bateaux, et gagnèrent la côte d'Ankara.

De même qu'en 1826. une flottille partie de Majunga avait dft combiner ses opérations avec celles de l'armée envoyée dlmemc , et elle apparaissait à Karakadzouro au moment où Ramaroumish , vainqueur à Perréni , passait à Bézava , marchant sur Mou-

roun'saog. Le i3 septembre i83i (jour de Djumatano, du mois de Fongouasaba, année Djuma), les Hôvas entrèrent dan» le village; une division y campa, et de fort détachements furent aussitôt expédiés en diverses directions, pour battre le pays et poursuivre les fuyards. Les hommes capables de porter les armes étaient tués sur place; les autres, ainsi que les femmes et les enfants étaient eumienés en esclavage. En même temps, la flottille se dirigea vers le Nord pour visiter toutes les criques et anses de la côte, opérant des débarquements sur les points du littoral où les vaincus avaient pu chercher un asile, et par lesquels ils pouvaient espérer de s'enfuir. Elle s'arrêta tout d'abord au petit port de Baramahamaî, où Andriansouli, arrivé depuis peu de jours, se croyait à Tabri de toute poursuite. Peu s'en fallut eo cette circonstance que le roi sakalave ne tombât entre les mains de ses ennemis: il eut à peine le temps de se jeter dans le canot de son bontre avec sa femme et ses trois enfants; puis remontant à toutes rames le bras de mer qui forme le port, il les conduisit à Sourourouni, et se cacha avec eux dans les bois touffus qui couvrent la haute montagne d'Ândranoumisséra. Le boutre d'Ândriansouli fut saisi, de même que tout ce qui avait été misa terre. La flottille hôva continua ensuite de longer la côte juisqu'à Nossi-Bé, où çUe enleva environ deux cents individus, Sakalaves et Antankares, qui composaient alors presque toute la population de cette lie. De son côté, l'armée de terre avait £dt un grand nombre de captifs , détmit les villages et ravagé le pays ; après quoi, les Hôvas se retirèrent, dans le courant d'octobre ^ emportant un butin assez considérable: Hamaroumish ramena les troupes en Imerne, et Ândriantouloura rentra avec la flottille à Majunga.

Lorsque les Sakalaves et les Antalaots' se virent délivrés de leurs ennemis, ils sortirent de leurs retraites, et revinrent peu à peu vers leurs villages dévastés. Les derniers mouillèrent leurs boutres à Kiakani'ba pour y attendre qu'on découvrit le lieu où s^élait caché Andriansouli , et que celui-ci leur fît connaître ses intentions. Tsim'ba se mit à sa recherche. I^ roi lui avait désigné, avant de se séparer de lui, l'endroit où il enverrait ses femmes et ses enfants dans le cas où les Hôvas se présenteraient à Baramabamaî; il y alla donc, et y trouva eifcctivement la nialheuleuse famille, qui lui indiqua la retraite particulière de son «hef. Après avoir confère avec son maître, Tjim'ba se rendit à

Baramahamaï» où il conduisit un boulre qui devait être à la disposition d'Àndriansouli : celui-ci ne tarda pas à se transporter au même lieu, et y demeura pendant que les Antalaots' réédiCaient le village de Mouroun'sang. Taûkandre rejoignit son cousin, et Ouantitsi reprit son ancienne résidence à Capani» La nouvelle habitation du roi fut construite sur une des collines élevées qui dominent la plaine de Mouroun'sang, en un lieu qu'avait déjà habité sa fille Safikarâni , et qui est encore aujourdliui désigné parle nom de Tanansafikar&ni (Tana, village). Les Antalaots' rétablirent leur village au bord de la mer.

Mais il se préparait dans la situation d'Andriansoulide nouvelles complications qui allaient la rendre encore plus précaire. Au Beu de se rendre près de lui, le fahatélou Fianhounaet plusieurs autres chefs étaientallés à Gapani, et, malgré les injonctions plusieurs fois repétées que le roi leur avait fait faire par Toufoutsi, ils avaient persisté à y demeurer ; ils étaient las de poller le poids de sa mauvaise fortune. Jaloux de Tinfluence des Antalaots', impatients des misères et des périls qu avait de nouveau attirés sur eux le retour d'Andriansouli , et prévoyant qu'ils n'auraient jamais de repos tant que ce prince serait à leur tète «ils avaient résolu de le déposer et d'élire en sa place Ouantitsi, dont le gouvernement leur avait, une fois déjà, procuré les avantages de la paix. Les dispositions du peuple étaient tout à fait en harmonie avec celles des chefs ; comme ces derniers, il r^;rettait le calme et la tranquillité qu'il avait goàtés ^us l'autorité de cette princesse. Peu lui importait une indépendance purement nominale » achetée au prix de tous les maux qu'engendrent de continuelles invasions; indépendance illusoire qui n'avait pour lui d'autre résultat que les privations les plus pénibles, sinon la mort ou l'esclavage. De plus, les rigueurs exercées par Andriansouli envers ceux qui refusaient de marcher contre l'ennemi, avaient surtout porté à son comble l'irritation de ses sujets : les conjurés n'eurent donc pas de peine à leur faire adopter leur projet, et le manan'tani Toufoutsi , le seul des chefs sakalaves qui fât dévoué au roi, s'était vu peu à peu abandonné de tout son monde, que les intrigues des partisans de Ouantitsi avaient entraîné.

Pendant que se tramait le complot qui tendait à lui enlever le pouvoir, Andriansouli, complètement ignorant de ce qui se passait, atlendait à Mouroun'sang que son habitation fût ache-

vée, et facilitait ainsi, par son éioigncment, l'agitation et les menées que sa présence aurait peut-être contenues : il n*en eut connaissance que quand l'élection de Ouantitsi eut été consacrée par toutes les céi^monies d'usage, en présence de la population assemblée à Capani.

On était alors au milieu du mois de Sfaébani, de Tannée Djuma (janvier i832}. La nouvelle reine, aussitôt après son élection, envoya une députation à son frère, pour lui témoigner ses dispositions amicales, et Tassurer que, malgré le rang suprême auquel lavait élevée la volonté des Sakalaves , elle ne s'en considérait pas moins comme ^n enfant, et serait toujours jMréte à satisfaire ses moindres désirs. Andriansouli se résigna devant l'expression du vœu général , et resta avec les Ântalaots\ séjournant tantôt à Tanan'safikarani , tantôt à Baramahamaï, où il s'était fait élever une habitation. Fianhouna fut récompensé de son cli^voûment à Ouantitsi par la place de Maoan'tani, et Toufoutsi reprit celle de Fahatélou.

Dans les premiers jours qui suivirent son avènement, la reine envoya le chef Ouimbits' en parlementaire à Majunga, pour informer le gouverneur hôva de la déposition d'Ândriansouli par les Sakalaves , et du désir qu'elle et ses sujets avaient de vivre à l'avenir en paix avec Ranavalou-Mandjaka. Ândriantouloura dépécha aussitôt des commissaires vers Ouantitsi pour traiter des conditions de ia paix ; et à la suite des négociations qui eurent lieu à ce sujet, cette dernière expédia des ambassadeurs à Tananarivou, pour faire acte de soumission au nom des Sakalaves , et prêter le serment d'obéissance à la reine des Hôvas.

Andriansouli, mécontent de la conduite de sa sœur et de la marche que prenaient les affaires, craignant même qu'on n'achetât la paix en le livrant à ses ennemis, se décida à s*expatrier une seconde fois. II s'embarqua avec sa famille et ce qu'il possédait en aident, armes et munitions, et partit pour Maîotte, le i5 juillet i833 (jour de Djumani, 17** de la lune de Fongouatano, année Djuma). Il fut suivi dans sa nouvelle retraite par la plupart des Antalaots' et par le peu de Sakalaves qui lui étaient restés fidèles.

Quelques jours avant son départ, l'ex-roi avait eu un entretien particulier avec Tafikandre. Il lui avait fait part des craintes que lui inspirait pour sa liberté ia conduite des chefs qui entouraient Ouantbti, et lui avait aussi confié son projet de

départ. Cette confidence ayant éveillé chez le prince des craintes semblables pour sa propre sûreté, il résolut de suivre Texemple de son cousin, et, le jour même qu*AndriansouIi partait pour Maîotte, Tafikandre, suivi de quelques hommes, tons portés par quatre pirogues, se dirigeait vers Tembouchure de la MandEaraî.

En Tabsence de ces deux princes, les Sakalaves rénnis dans la partie nord de Bonéni jouirent, pendant les quelques années que vécut encore Ouantitsi, de la tranquillité que leur avaient procurée sa cx>nduite prudente et ses dispositions pacifiques. La reine de Bouéni entretint toujours avec celle des Hôvas, sa suzeraine, les relations les plus amicales. Mais il n*en fîit poiAt ainsi dans les autres parties des pays sakalaves, où chefs et sujets continuaient de protester contre la domination de Ranavalou.

Quand Tafikandre avait quitté Kiombikibou en i83o, les Sakalaves de la province de Miari s*étaient donné un astre chef, avaient fait la paix avec les Hôvas, et étaient restés depuis cette époque soumis au gouverneur de Majunga. Mais pe.u après son retour dans cette province, où il était rentré en quittant Mouroun'sang, Tafikandre y fit de nouveau reconnaître son autorité, et les hostilités recommencèrent Elles consistaient de la partde^ Sakalaves à hasarder quelques expéditions de pillage sur le territoire soumis aux Hôvas, et à gêner les mouvements de Ceux-ci sur le Bétsibouka, dont la rive gauche surtout était sans œsse parcourue par des bandes de partisans; ils tentaient bien encore quelques coups de main sur. les garnisons stationnées dans les environs, mais les postes qu'elles occupaient étaient assez bien fortifiés pour résister k leurs attaques. Quant aux Hôvas, ils faisaient chaque année, à travers la province, sans rencontrer beaucoup de résistance, une incursion dont le résultat était ordinairement la destruction des villages qui se trouvaient sur leur route, et la capture de quelques individus et d'un peu de bétail. 'Telle était à peu près aussi la manière dont les choses se passaient dans la province d'Ambongou , qui, depuis la mort de Radama, avait été déjà deux fois envahie par les armées de Banavalou, en 1829 et en i83i. La première de ces deux expéditions, déjà mentionnée par nous, avait été fatale aux agresseurs, que les maladies et la disette décimèrent horriblement, et par cela même elle avait causé peu de dommages aux indigènes; maïs, dans la seconde, ceux ci furent affreusement maltrai-

tés. Les Hôvas , commandés par Ravalousalania , entrèrent en Ambongou par le pays de Marah , dont le chef vivait avec eui en bonne intelligence, et parcoururent ensuite te pays des Mivavis, où ils commirent les plus révoltantes atrocités. Le chef d'un village, convaincu, par Tépreuve barbare du tanguin, d'avoir caché des armes, fut mis à mort; tous les principaux habitants furent ensuite saisis et jetés , les mains liées, dans une fosse profonde où on les tintdeux jours, privés de tout aliment ; puis on les crucifia à peu de distance les uns des autres autour du village. Plusieurs des fenmies et des parentes de ces infortunés, exaspérées par cette action infâme, préférèrent la mort au sort outrageant qui leur était réservé : « Ici , s'écrièrent-elles, est la terre de nos pères, de nos époux, de nos frères que vous avex lâchement assassinés sous nos yeux : et nous vous suivrions maintenant en Imemepour y vivre dans la douleur et l'esclavage! plutôt la mort > Et les sagaies des Hôvas firent aussitôt taire leurs plaintes : elles périrent toutes sur la place.

Après cet exploit, Ravalousalama s'avança vers le N.-E., chez les Tsitampikis, où l'armée continua ses ravages. S'étant alors rapproché de la côte, aux environs de Bâli, il se mit en communication avec une flottille venue de Majunga, à bord de laquelle il fit transporter ses malades; et il retourna en Imeme, traînant à sa suite quelques milliers de captifs.

Nous n'entrerons point dans les .détails d'une troiMème expédition qui, sous le commandement du même général, fut, en i836, dirigée contre cette malheureuse province d'Ambongou. Qu'il nous suffise de dire qu'elle y fit encore de nombreuses victimes , et regagna la capitale avec 700 prisonniers environ. Revenons maintenant aux Sakalaves du Ménabé, et faisons connaitre les événements survenus en ce pays après la mort de Radama.

Nous avons laissé Ramitrah' an moment où, à la suite de l'envoi d'une ambassade à Tananarivou, il obtenait un moment de répit : c'était dans le courant Je l'année 1827. D*après une convention passée alors entre les deux souverains, le général Raîmamba avait été envoyé en Ménabé pour procéder pacifiquement au désarmement de la population. Le roi hôva mourait peu de temps après, et Ramitrah', cpii n'avait cédé qu'à la nécessité en reconnaissant la suprématie de son gendre , saisit l'occasion du changement de règne pour se déclarer indépendant. Il recoro-

mença les bosiilités en attaquant tout d^abord Raimamba , et n'eut pas de peine à battre les troupes peu nombreuses qui raccompagnaient. Puis, en même temps que son frère Quelsambaïe et le chef Tsifalagni , leur parent, chassaient, de concert, les Hôvas, des postes qu'ils occupaient dans les provinces de Béhéta et d'Ambaliki, et s'avançaient avec leurs bandes jusqu'aux frontières de Vonizongo, menaçant d'envahir le territoire d'Imeme, le roi de Ménabé faisait attaquer, sans pouvoir toutefois réussir à s'en emparer, les autres postes que l'ennemi gardait dans la partie £st du pays. Les Hôvas continuèrent de se maintenir sur plusieurs points du territoire, de telle sorte que ce royaume resta dans une situation politique qui n'était ni la soumission ni l'indépendance.

Mais soit que, par son influence sur Ranavalou, qui avait pour elle beaucoup d'égards et de considération « Rasalimo eût pré< venu un nouveau déploiement de forces contre son père; soit que les chefs qui étaient à la tête du gouvernement de Tananarivou , lassés de la persévérance du roi sakalave, aimassent mieux diriger leurs expéditions sur les pays où il y avait à attendre tout à la fois plus de butin et moins de périls, toujours est-il qu'une nouvelle trêve succéda à ce dernier choc entre les deux peuplades.

Les choses demeurèrent en cet état jusqu'à la mort de Ramitrah', qui eut lieu dans les premiers mois de i83ii; ses sujets lui donnèrent le nom posthume d*Andria-MahatantiArivoù.

Ce prince laissait pour lui succéder un Gis nommé Raînassa, dont l'extrême jeunesse ouvrait des chances encore plus favorables à un concurrent déjà dangereux, Queisambaîe* son oncle, dont l'ambition s'était plusieurs fois manifestée. Par suite de nouvelles difficultés survenues entre lui et son frère, Quelsambaïc s'étail retiré depuis quelque temps sur l'une des lies de la Sizoubounghi , et il s'y trouvait à la mort du roi. Son absence fut mise à profit par quelques chefs qui lui étaient opposés : ils avaient combattu contre lui alors qu'il disputait le pouvoir à Ramitrah'; et, craignant que, s'il succédait à celuici, il ne se vengeât d'eux , ils se hâtèrent de faire élire le jeune €*nfant, sans même informer l'oncle de ce qui venait de se passer. Mais le nouveau roi ne jouit pas longtemps en paix du rang suprême : soit qu'avant de mourir son père se fût encore brouillé avec Ranavalou, ou bien que le gouvernement d'Imcrne, après

avoir dompté les résistances dans les autres parties de Tile, eût résolu d*en finir avec le Ménabé, quinze jours s étaient à peine écoulés depuis TélectiondeRaïnassa, qu*une armée hôva envahit le pays. En y entrant, elle s*élait partagée en trois divisions qui avaient pris des directions différentes : Tune, forte de 2,000 hommes, gagna la province de Miari, au nord de la Sizoubounghi ; une autre passa au sud de la même rivière ; la troisième, d*environ 3, 000 hommes, commandés par Raïmamba, suivit la Mouroundava jusqu'à Ambondrou, où Raïnassa résidait avec sa mèreDouniah. Arrivés à Timproviste sur ce point, les Hôvas surprirent la population encore occupée des funérailles de Ramitrah*, et ils occasionnèrent parmi elle une telle panique que, dans le trouble et le désordre qui s*ensuivirent,renfant royal et sa mère se trouvèrent abandonnés presque seuls dans un bois. Douniah, voyantson fils ainsi délaissé, sachant, en outre, qu'une partie des Sakalaves avaien t déjà rallié Quelsambaîe, etcraignant qu'après le départ de Tennemi Tonde ne fit la guerre au neveu pour s'emparer du pouvoir, se décida à recourir, pour le jeune roi, à la protection des Hôvas : en conséquence, elle se rendit avec lui auprès de Raîmamba, commandant de l'expédition. Celui-ci établit alors le poste de Ningan'soa , dont il fit la résidence de Raïnassa, et laissa à celui-ci son titre et toutes les apparences de la royauté, espérant ainsi dominer plus facilement la population.

Cependant les renseignements parvenus à Douniah, sur les dispositions des Sakalaves, n'étaient pas trompeurs. Un grand nombre de ceux-ci, à l'approche des Hôvas, sentant que, pour soutenir la lutte engagée, il leur fallait pour roi un homme fort et brave, et non un faible enfant comme Raïnassa, s'étaient rendus sur la Sizoubounghi pour offrir le pouvoir à Quelsambaîe. Celui-ci avait d'abord fait quelques difficultés, prétextant l'élection de son neveu , et leur reprochant de ne l'avoir pas consulté aussitôt après la mort du roi, son frère. Néanmoins, après un kabar qui avait duré trois jours, le nombre des Sakalaves s'étant encore accru, et le voisinage de l'ennemi l'obligeant à prendre un parti , il accepta l'offre qui lui était faite, et délivra des munitions pour qu'on pût attaquer la division hova la plus voisine.

Un engagement eut lieu à Soaranou, sur le bord de la petite rivière de ce nom, aflluent de la Sizoubounghi, à une journée

de la rive droite de cette dernière et du lieu qu'habitait Quelsambaïc. On perdit du monde des deux côtés, sans avantage marqué de part ou d'autre; mais Raïnizamba, qui conduisait les Hôvas dans cette rencontre , apprenant que ce n'était plus contre Ramitrah' qu'il se battait, mais contre son successeur, opéra sa retraite pour prendre de nouveaux ordres. D'un autre cAté, Kaïmamba, qui commandait en chef l'armée expéditionnaire, ayant fortifié le poste de Ningan'soa, y laissa une forte garnison et ramena les troupes en Imeme, espérant que Ramassa et les chefs qui s'étaient ralliés à lui entraîneraient, par leur exemple, la population à reconnaître l'autorité de la reine. Mais son attente fut trompée : aussitôt que les Sakalaves apprirent que Raînassa était entre les mains des Hôvas, ils se retournèrent tous vers son oncle , qui fut alors reconnu unanimement roi deMénabé.

Peu de temps après que Raimamba eut quitté le pays, Ra-. navalou envoya à Quelsambaîe un présent en argent, fusils, toiles et autres objets, tous destinés à être, selon l'usage, déposés dans la tombe du roi décédé. Elle exhortait en même temps ce chef à vivre en bonne intelligence avec elle , sans paraître toutefois se départir aucunement des j)rétentions de suzeraineté jusqu'alors manifestées par elle et par Radama. Mais Quelsambaîe avait promis aux Sakalaves de poursuivre la guerre et de ne prêter l'oreille à aucune proposition de paix et d'amitié avec les Hôvas, tant qu'ils n'auraient pas complètement évacué le territoire. Aussi, lorsqu'en retour de la démarche faite par Ranavalou, il députa quelques-uns de ses chefs à Tananarivou, il ordonna à ceux-ci de faire connaître ses intentions en ce sens à la reine, et de ne traiter avec elle que sur le pied d'une parfaite égalité.

Mais, au lieu de suivre les instructions qu'ils avaient reçues « les ambassadeurs, craignant d'être, les premiers, victimes du ressentiment que ferait naître une déclaration de ce genre, et, peut-être aussi, gagnés par les présentsde Ranavalou, firent acte de vassalité au nom de leur maître, et le représentèrent comme tout disposé à vivre en paix avec les Hôvas. A leur retour, ils se gardèrent bien de dire ce qu'ils avaient fait : ils rendirent compte de leur mission comme s'ils avaient fidèlement exécuté les ordres du roi et conclu le traité aux conditions indiquées par lui; mais ils furent trahis et dénoncés à Quelsambaîe, qui résolut de les punir.

Afin qu'aucun deux n'échappât au châtiment, par la fuite, il dissimula sa colère, et, pour mieux donner le change sur ses desseins, il invita les coupables à un ralouba, où, selon la coutume, ils s'enivrèrent : il profita ensuite de leur état pour les faire enlever et sagaîer tous. Cette conduite, quoique motivée, produisit un très-iacheux effet : le moyen détourné dont Quelsanjbaïe avait &it usage pour sévir contre les traîtres, réveilla les craintes de plusieurs autres chefs et d'une partie de la population, qui, dans l'idée que le roi allait ainsi se venger de tous ceux qui l'avaient jadis combattu, prirent la fuite et émigrèrent en Mavouhazou, Milan'za et autres lieux.

En apprenant la trahison de ses premiers ambassadeurs, Quelsambaîe en avait expédié d*autres à Ranavalou , pour protester contre les actes consentis par ceux-là. Mais cette nouvelle ambassade n'arriva pas assez tôt à Tananaiivou pour prévenir le départ de quelques centaines de colons, hommes et femmes, que la reine envoyait s'établir dans le Ménabé. Le but de cette émigration, dont Ràdama avait déjà donné l'exemple, était de façonner les indigènes aux usage des Hôvas et à l'obéissance à la reine, et de préparer ainsi la fusion des deux peuplades. Mais, quand les nouveaux colons se présentèrent, le roi sakalave les fit repousser, et les hostilités furent reprises.

A cette nouvelle, un corps de 2,000 hommes, commandé par le général Rainilambo, entra en Ménabé et marcha contre Quelsambaîe, dont les partisans furent battus et promptement dispersés. Le roi vaincu s'enfuit au Sud, vers l'embouchure de la rivière Andahanghi, où il se tint prêt à s'éloigner dans une pirogue, si cela devenait nécessaire pour sa sûreté. Il revint à ^zoubounghi quand les Hôvas se furent retirés. Mais, l'année suivante, une autre expédition, commandée par Mandrara, fut dirigée contre lui. Les Sakalaves, dont un grand nombre avaient été précédemment désarmés, et qui manquaient d'ailleurs de munitions , ne pouvaient guère que se dérober devant l'ennemi, lui tuant çà et là quelques hommes, quand il passait sur la lisière des bois où leurs partisans se tenaient cachés. Quelsambaîe dut donc une fois encore chercher son salut dans la fuite; et, voyant qu'il serait sans cesse poursuivi et inquiété en Ménabé , il se retira dans la partie nord de la province de Féérègne. Plus tard il s'établit sur une petite lie de la rivière Mangouki,et y mourut peu après, en iSSy, ayant régné environ

3 ans. li est connu depuis lors sous le nom posthume d*AndrianîIahén*Arivou.

Les principaux événements qui suivirent la mort de Quelsambaîe, de même que ceux qui eurent lieu dans les autres parties des pays sakalaves, trouveront leur place dans la relation de notre voyage à la côte ouest. Nous allons seulement, pour terminer celte notice, raconter ceux qui s'accomplirent dans le nord duBouéni, depuis lavénementd'Ouanlitsi jusqu'au moment où la cession de tout le territoire de ce royaume fut faite à la France par son lég;itime souverain.

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