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DIFFICULTÉ DES COMMUNICATIONS

Toute la zone de terrains qui se trouve sur le bord de la mer est généralement en sable, forijiant des dunes arrondies couvertes d'une herbe dont les troupeaux sont très-friands.

Malheureusement elle ne dure paî^ longtemps, et bientôt la sécheresse arrivant, elle est brûlée par le soleil et donne alors au pays

cet aspect triste et na qui frappe lorsqu'on arrive dans les mois de mai à décembre.

La zone de sable s*étend quelquefois loin dans les terres ; mais dès qu'une montagne est assez élevée pour arrêter les sables emportés par les vents d'est et sud-est, qui sont très-violents, on est étonné de la force de la végétation.

Les bords des rivières se distinguent par la richesse de leur sol ; les herbes y sont généralement impénétrables. Aussi, dès que la saison sèche arrive, les indigènes se hâtent-ils de mettre le feu partout, 1® pour faciliter la crue de nouvelles herbes ; 2» pour dégager le terrain .

Au village de Vohémar, il n'y a pas d'eau bonne à boire. Celle dont les indigènes font usage provient de puits creusés dans le sable dans le village, mais elle est très-mauvaise et saumâtre.

Pour avoir de bonne eau, il faut aller la chercher au pied de la montagne de la Table, où coule un petit ruisseau d'eau excellente ; il faut trois ou quatre heures à un homme pour aller et revenir avec sa charge d'eau.

Autour de la baie, les communications par terre ou en pirogue présentent des difficultés assez sérieuses.

Par terre, lorsqu'on sort de Vohémar, il faut traverser l'embouchure d'un ruisseau d'eau salée qui est impraticable pendant la haute mer. — Pendant la mer basse, un homme qui le traverse a de l'eau aux cuisses, et il est bon de savoir qu'il est fréquenté par des caïmans qui parfois ont attaqué les passants.

Par mer, tant que la brise ne souffle pas trop fort, le passage est très-facile; mais, dans les grandes brises, lorsqu'on a à refouler le vent, c'est un voyage danger'eux avec une petite pirogue, et trèsfatigant avec une grande.

Lorsqu'on a dépassé la zone de sable, on arrive alors sur des montagnes et dans des vallées granitiques pour la plupart; pourtant le quartz s'y montre aussi assez fréquemment. On y rencontre des pierres à gros grains assez semblables au vergelé des environs de Paris; on en pourrait tirer parti pour bâtir et faire des filtres. Quoique de couleurs blanches et ro^es, elles ne sont pas calcaires, mais très-siliceuses. Aux environs de la montagne de la Table, on rencontre des agates, et, en continuant à suivre la chaîne dont elle

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f:iit partie au sud, on est étonné de la quantité de minerai de fer qu'on y rencontre. J'ai pu voir des échantillons de .ce minerai contenant au moins 80 O/o de métal. Nous avons cru aussi y trouver du plomb ; mais n'ayant aucun lïioyen d'analyse, il a été impossible de nous en assurer.

Les indigènes prétendent que dans le nord de Vohémar il existe des mines d'argent. Je n'ai rien vu qui pût me prouver l'existence de ce fait. Nous avons bien trouvé dans les montagnes de Manambato des pierres (que je crois être des schistes verdâtres) traversées par des veines très-petites de métal rouge brillant, mais je ne puis affirmer que cet indice soit suffisant pour prouver la présence du cuivre ou d'autre n^étal dans ces montagnes.

Les montagnes de Manambato sont assises sur d'énormes blocs de granit rouge, recouvertes de terres de toutes formations; on y rencontre d'assez gros fragments de quartz et d'autres pierres que je n'ai pu reconnaître. La végétation y est très-pauvre; on y voit poindre quelques lataniers rabougris.

J'ai pris possession de tout le tour de la baie sur une profondeur d'environ 9 milles.

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