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CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LE NORD DE MADAGASCAR

Lorsque les voyageurs, venant du sud de l'Ile, s'avancent vers le

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mtà, dès qu ils ont dépassé le cap est, et qu ils arrivent par le tra-: vèvs de la rivière Lokoij, ils pemarqoetit un changement notabld dans les montagnes qui forment Tliorizon de la côte.

Au lieu de ces longues et hautes montagnes qu'ils sont habitués à voir dans le sud, ils aperçoivent une succession de pitons aigus entremêlés de mornes aux crêtes déchirées affectant les formes tes plus étranges. Les forêts que, dans le sud, ils voyaient revêtant les montagnes depuis leur sommet*et descendre jusqu'à la mer, disparaissent pour faire place à des herbes qui recouvrent à peine les flancs escarpés et rocheux des mornes qu'ils ont devant eux; C'est à peine si de temps en temps ils aperçoivent quelques bouquets de bois formant taches sur la couleur jaune et unie du fond.

Les montagnes s'éloignent du rivage qui paraît à son (oui* couvert d'une chétive végétation. Plus on s'avance dans le nord et plus les côtes sont déboisées : les premiers plans élevés qu'on voit dans Tiii-. térieur sont le plus souvent de hautes dunes de sable recouvertes d'une végétation herbacée alternant de temps à autre avec des broussailles rabougries et impénétrables. Les mornes ou montagnes qui tes suivent sont le plus souvent abrupts et escarpés, laissant voir en maints endroits les rochers qui leur servent de char* pente. Dès qu'on a dépassé la baie de Vohémar, les plages de feable alternent avec des falaises généralement peu élevées, formées de calcmres et de grès de différentes couleurs, quelquefois d'une grande blancheur, mais le plus souvent jaunâtres ou rougeâtres.

Mais celui qui jugerait ces contrées par leur apparence extérieui^e commettpait une erreur bien grave; il faut les avoir visitées pour se rendre compte des ressources que l'industrie et l'agriculture poui^raient en tireP:

Lorsqu'on parcourt le pays, on: ne tarde pas à s'apercevoir qu6 66 sol-qui, ée loin, paraissait rocheux et brûlé, est couvert presque partOBt d^une herbe fine et founiie, qui indique Une force de végé^ lation trè6**i^s8Ufante pour l'avenir; Cependant, et c'est presque une règle générale, tous les terrains qui avoiânent imnsëdi^^ement letbopd de la 01er sont sableux ; plus les côtes sont déboisées et phis le sable s'étend- loin; pour que Faspectehange, il faut qu'une montagne vienne s'interposer entité te littoial proprement dit et lïntéfleur. Tous tes points culminants^ quels qu'ils soient, dès qu'ils ne

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sent pas arrosés par une source ou un cours d'eau, sont généralement impropres à l'agriculture ; ils sont le plus souvent dénudés de toute végétation et ne laissent voir que des rochers nus, ou Targile ronge sur laquelle le plus maigre fourrage ne saurait croître.

Si les sommets et les pentes raides sont arides, il n*en est pas de même des vallées. Ici on ne rencontre plus ces immenses marais couverts de joncs et de plantes aquatiques qui constituent l'aspect le plus général des vallées du sud. Les marais sont souvent ici l'ouvrage de l'homme qui arrête les cours d'eau pour les déverser dans ses plantations. Au lieu des joncs qui croissent dans les marais du sud, les terrains humides sont couverts d'une espèce de petits bambous croissant drus et serrés, et s'élevant généralement à deux ou trois mètres de hauteur.

Tous les endroits où l'eau est à peu de profondeur sont facilement reconnaissables par la présence de ce bambou; plus ils sont gros et élevés, et plus le sol qui les nourrit est riche. Us forment des fourrés si épais qu'on ne peut les traverser qu'à l'aide du feu dans la saison sèche.

Dès que la croûte de terre, au-dessous de laquelle circule l'eau, atteint une certaine épaisseur, la végétation change et la vallée ressemble alors h un immense tapis de verdure dans lequel croissent des graminées aux tiges minces et flexibles, aux feuilles longues et douces, formant d'excellents pâturages oii s'engraissent sans aucun soin et sans aucune surveillance des troupeaux de bœufs qui font h Juste titre l'orgueil des habitants du nord.

Il est plus que certain que l'agriculteur le plus entreprenant trouverait dans ces terrains une large compensation à ses fatigues, et qu'il lui serait possible d'en retirer tout ce qu'on peut récolter dans les colonies les plus favorisées ; le coton, le tabac, le sésame, l'indigo, le bananier, etc., etc., y viennent presque sans culture. Les indigènes habituellement se contentent de sarcler leur riz une seule fois; les cannes à sucre, plantées sans aucun soin, y viennent presque sans que leurs cultivateurs s*en occupent, et néanmoins atteigent des dimensions considérables : les arbres à fruits, manguiers, cocotiers et autres y sont de la plus grande beauté: en un mot, tout ce qu'on plante dans ces terrains y vient comme par enchantement. <

Que do riches et belles habitations on pourrait y créer I

Qaelles ressources ne poorrait^on pas obtenir d* an pareil pays et d'un pareil sol s'il était cultivé !

Avant de traiter la question des ressources particulières, je vais exastniner les habitants.

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