DES ROUTES
Tout ce qui, à Madagascar, prend pompeusement le titre de lalambé n'sovaly (route où les chevaux peuvent passer), ne forme que d'abominables petits sentiers servant de routes royales entre deux provinces, c'est-à-dire allant du village d'un commandant chez un autre.
Pour des sentiers, ils sont généralement assez bien tracés, c'està-dire que leur parcours est dirigé de manière à éviter les difficultés naturelles par trop pénibles. Pourtant^ il ne faudrait pas se figurer qu'on marche partout en terrain plat et qu'on peut les parcourir jour et nuit ; il n'en est pas ainsi.
Les Hovas ne connaissent ni les routes empierrées, ni les ponts pour traverser les rivières non guéables. Dans les pays habités, ils établissent des passeui's. Dans les pays déserts comme celui dont il est question ici, le passeur est un luxe inconnu ; c*est au voyageur
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à ppeodi^ ses précautions avant de se mettre ea voyage, et à s'as* surer des moyens de traverser les rivières profondes qa'il tipm* vérà sur son passage.
Un voyage de Vohémar à Antsingy et au cap d'Ambre^ par terr^ est toujours très^pénibie et très-fatigant sous tous les rappartSé Dans la saison des pluies, c'est-à-dire de décembre à mai, ton^ voyage est presque impossible ; i<» à cause des orages.; 2° à cause des herbes qui envahissent les sentiers ; 3^ à cause des insectes. Je ne parle pas des crocodiles qui peuvent attaquer le voyageur au passage des rivières, quoique les indigènes en aient une très^grandia frayeur, parce que je crois qu'en ayant le soin de tirer quelques coups de fusil avant de se mettre dans Peau, on peut le faire à peu près sans danger.
La population du nord étant très-faible et en. grande partie cùï» posée de Sakalaves et de Hovas, gens qui ne veulent pas travailler à gages, il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de se procurer des marmites (porteurs) en nombre suffisant pour les fitacons (palanquins); il faut donc se résoudre à faire la route à pied ; alors, en plus des hommes qui sont nécessaires pour porter les bagages, si petits qu'ils soient, il faut encore des hommes, pour porter les vivres. Si le voyage vient à se prolonger, par un motif ou par un autre, au delà de toute prévision, on peut être très-sérieusement embarrassé pour trouver des vivres.
J'aurais certes bien voulu pouvoir effectuer ce voyage, malgré les fertigties et les dangers qu'il peut présenter ; mais il m'a été iiopossîbte, même en payant cher, de trouver dos hommes qui ecHisentissent à m'accompagner. Cependant, le peu que j>i vu di^uis h baie d'Andrave jusqu'à Vohémar m'a prouvé que le dire des S^laves et les objections qu'ils me faisaient sur les difiicnltés de la rerate étaient parfaitenaent fondés.
On ne peut se faire une idée des difficultés qu6 rencontre te voya-^ geur dans ces pays déserts en cette saison. Les herbes encombrent; les sentiers et souvent les font di^araitre à la vue ; on a les pieds embarrasés dans les traînasses qui blessent les jambes ; à la moindre plute, ou pendant la rosée de la nuit qui ne disparait pas ayaet (Jis;heures du matin, on est mouillé jusqu'à la ceinture ; enfin, ; si; l'on passe sur un terrain de saMe ou de terre grass^, on a.Ie^ so)i-^
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llers constamment pleins de gros grains de sable, ou bien on glisse à chaque pas à cause de l'argile qiii s'agglomère sous les chaussures. Il faut en outre, à chaque instant, traverser des marigots en ayant de l'eau jusqu'au-dessus des genoux.
Cette marche, constamment dans Teau, occasionne une fatigue telle qu'on ne|:peut y résister longtemps.
Les indigènes, habitués à la marche, et surtout ayant la peau et les pieds assez durs pour se passer de chaussures, souffrent bien moins que nous de ces difSk^ultés, mais néanmoins ils en souffrent éi ne font pas volontiers ces voyages dans la saison des pluies.
ROUTE DE VOHÉMAft A A.VB0AN10IJ.
Les indigènes pour lesquels les passages à gué sont indifférents^ après leur sortie de Vohémar (du village), traversent le marais cte palétuviers qui l'entoure, puis de là gagnent la plaine et arrivent au morne de Mahabou qu'ils gravissent par une pente très-douce, suivent à nû-côte les dunes de sable, et arrivent après deux heures de marche à la rivière de Manambery qui se traverse à gué à mer basse, an homme ordinaire ayant de Teau jusqu'à l'estomac. La rivière une fois traversée, le sentier franchit la vallée et^ passant au pied des dunes, conduit droit à Âmboaniou qu'on aperçoit sitôt qu'on est sur Ja première éminence.
Pour le passage d'une colonne de troupe, je proposerais une petite aK)diflcation : au lieu de traverser le marais de palétuviers à ta s(M*tie du village, il faudrait, avec vingt hommes, dont dix armés de haches, suivre le bord du marais en passant par un sentier qui existe d^jàentrela petite forêt qui borde la eôte et ledit marais ; on arrÎTerait ainsi, sans avoir à passer l'eau, ce qui est toujours assez gênant pour des hommes vêtus à l'européenne, jusque par le travers du morne de Mahabou qu'on gravirait par le sentier frayé, ei de là on le suivrait jusqu'à la rivière de Manambery.
Le passage de cette rivière pourrait s'effectuer soit à gué, soit sur des radeaux qu'on construirât aveic de petits bambous ou dqs côtes de rafia. Dès que le passage de rivière serait effectué/on suivrait le sentier jusqu'au premier morne qu'on a devant soi m sortant de la rivière, et on le gravirait immédiatement. Je croîs qu'en
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suivaDt la crête de ce mamelon, on pourrait pénétrer jusque dans le fort hova sans avoir à redouter les projectiles.