ROUTE DE VOHÉMAR A ANTOMBOUKOU ET A DIEGO SUAREZ
En quittant le village de Vohémar proprement dit, on suit un sentier au nord-ouest qui conduit, après le passage de deux marigots peu profonds, à la rivière de Mantialaka, éloignée du point de départ d'environ cinq ipilles. En temps ordinaire, c'est-à-dire lorsqu'elle n'est pas grossie par les pluies et que la marée est basse, il n'y a pas plus d'un mètre d'eau. Cette rivière est très-redoutée des indigènes à cause des crocodiles qui y sont en grand nombre. Dès que le Mantialaka est traversé, le sentier vous conduit immédiatement dans la vallée qui succède à l'ouest des montagnes de Manambatou, au sud de la rivière de ce nom. Après un parcours de douze à quatorze milles dans un terrain assez plat, mais que nous avons trouvé submergé en beaucoup d'endroits par suite des pluies d'orage qui nous accompagnaient, on arrive, sans avoir eu de fortes rampes à gravir, à la rivière de Manambatou qui est large d'environ 60 à 70 mètres à l'endroit où nous l'avons traversée.
Le jour oii nous Tavons passée à gué, elle était grossie par les pluies ; le courant était d*ane rapidité telle que, sans le secours de notre guide, nous eussions été infailliblement entraînés; nous avions de l'eau jusqu'au cou et môme jusqu'aux lèvres dans certains endroits. En temps ordinaires il n'y a pas plus d'un mètre d'eau. Le gué se trouve à environ cinq milles de l'embouchure, et on aborde sur la rive droite auprès et un peu au-dessous de gros rochers de granit qu'il est facile de reconnaître.
Une fois Manambatou passé, le sentier traverse, par son extrémité'ouest, la belle vallée de Manambatou qu'on laisse tout à fait à l'est; et, après le passage d*un petit ruisseau et de plusieurs marigots, on arrive au grand ruisseau de Soampanou, situé à environ dix à douze milles de Manambatou. Ce ruisseau est des plus redoutés par les Sakalaves à cause des crocodiles. Lorsque je l'ai traversé, j'avais de l'eau jusqu'aux seins, et nos guides n'ont voulu se mettre à reau qu'après que nous eûmes fait feu de deux coups; il n'a pas plus de 8 à 6 mètres de largeur ; le gué est à environ dix milles du bord de la mer.
Le sentier s'enfonce toujours de plus en plus dans l*ouest pour éviter les cours d'eau profonde qui, prenant leurs sources dans les montagnes de Touest, forment des deltas dans les vallées oii ils se rejoignent avec des marigots sans nombre. Le sentier suit la même direction jusque par le travers des montagnes d*Ândravé, où il fait un coude assez prononcé pour revenir à l'est passer à proximité de la baie d'Andravé, traverse la rivière de ce nom, puis arrive à celle de Manankala qu'il traverse également un peu au-dessus de son embouchure. Les deux rivières d'Ândravé et de Manankala sont toutes deux peuplées de crocodiles, et assez dangereuses à traverser. Dans la saison sèche, on les passe avec la plus grande facilité, la première n'ayant pas plus de 20 mètres et la deuxième plus de 30 mètres de large.
Une fois la rivière de Manankala franchie, le sentier* s'enfonce tout à fait à l'ouest pour gagner le fond de la baie du port Louquez, distant de la dernière rivière d'environ quinze à seize milles. On a à traverser la petite rivière d'Inguitzy (Indigo) ainsi nommée à cause de la couleur de ses eaux. Les indigènes redoutent également beaucoup ce passage, par suite de la présence des crocodiles qu'il est impossible de voir à cause de la couleur foncée de l'eau.
A peu de distance d'Inguitzy, on rencontre la rivière de Louky qui peut avoir de 30 à 40 mètres de large dans la belle saison; on traverse ces rivières ayant de l'eau jusqu'aux reins.
Après le passage de la Louky, le sentier refait un coude très-grand à l'est pour venir gagner le pied de la montagne d'Andranosisefy, qu'il longe et contourne pour revenir à l'est nord-ouest traverser la grande rivière de N'Rodou qui se jette à la mer dans le port de ce nom. Cette rivière est la plus redoutée des indigènes ; elle est en effet redoutable par sa profondeur, son courant et les crocodiles dont elle est infestée ; à la moindre crue d'eau, il est impossible de la traverser à gué, et, si l'on n'a pas de pirogue, il faut se résigner à attendre que les eaux se retirent ou essayer de construire un radeau.
La route, après le passage de la rivière, suit le fond de la grande baie dans laquelle sont creusés les ports de N'Rodou et de Mahalévou en passant tantôt sur les terrains plats du rivage, traversant tantôt des marais de palétuviers, et aboutit à la petite rivière de Maresanou qui ne présente pas de difficultés ; après l'avoir franchie on
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arrive à celle de Mahaléboti. Le sentier prend alors une direction nord*ouest, et, sauf le ruisseau de Saankazou et la rivière d'Ângbivou qui se jettent dans le fond du port de Rigny, le chemin ne présente plus de difficultés sérieuses, à moins qu'on ne soit dans la saison des pluies oii souvent les ruisseaux, complétementsecs dansla belle saison, se transforment en torrents.
De la rivière d'Anghivou au fortob aboutit le sentier, il y aàpefaie cinq à six milles, de façon que les indigènes, lorsqu'ils Tout traversée, se disent à peu près rendus à leur destination.