‹ Documents sur le choléra-morbus épidémiqueChapitre 12 sur 24 · APRÈS II- CIIOLER A- MO R BUS · texte numérisé non relu

APRÈS II- CIIOLER A- MO R BUS

volume (lu doigt ; il était pâle. M. Wliyte considère cette teinte noire de l’estomac et des intestins comme provenant de la distension de leurs petites veines, et il décrit aussi l’excessive turgescence des grosses veines indiquée par le docteur Burrell. Les poumons ont été trouvés d’une couleur plus brune que dans l’état naturel et approchant de celle du foie; la vessie était vide.

« Sur un autre individu mort au bout de trente-huit heures de maladie, et qui avait passé dans le coma les vingt-quatre dernières heures de sa vie, la même couleur brune de l’estomac existait; mais il n’y avait pas de distension des grosses veines. « Une partie de l’iléum, d’une longueur d’environ dix-huit pouces, terminée à la valvule cœcale, était, ainsi que le mésentère correspondant, parfaitement noire et semblait garigrénée. Le colon dans toute son étendue était plus affecté que l’estomac ou les intestins grêles, quoiqu’il le fût cependant moins que les parties d iléum dont nous venons de parler. Ses membranes semblaient dans un état intermédiaire à la congestion veineuse et à l’inflammation artérielle. Sa couleur et son apparence, comme celles du mésocolon, étaient de cette nature mixte que je ne connais pas de meilleur moyen de faire concevoir que d’exprimer l’idée que je m’en suis faite: savoir, que, dans cet état morbide, l’état de congestion passe fréquemment à celui de phlegmasie. » ,

« Après l’enlèvement du crâne, on eût dit que la dure mère était enflammée. Les troncs des gros vaisseaux sanguins se voyaient distinctement au travers de cette membrane; après qu’elle fut enlevée ils se présentaient en un réseau très brun. Les veines de la dure-mère étaient distendues comme si elles étaient prêtes à se rompre, et elles se distribuaient dans toutes les direc-

tions entre les circonvolutions supérieures de l’hémisphère. Cet engorgement vasculaire était bien suffisant pour expliquer le coma dans lequel le malade avait été plongé. On voyait aussi plusieurs artérioles engorgées, mais il ne paraissait pas qu’il y en eût plus que dans l’état ordinaire. Certainement elles n’étaient pas assez nombreuses pour nous autoriser à considérer cette membrane comme enflammée; il n’y avait pasdesérosité dans les ventricules. »

M. Craw trouva à l’ouverture du corps d’un sujet mort après dix- huit heures de maladie : « les vaisseaux de l’estomac , du duodénum et de tout le canal alimentaire,'ainsi que ceux du mésentère, du foie, et des poumons, gorgés et distendus par le sang à un degré extraordinaire. Plusieurs veines, particulièrement celles de l’estomac et du mésentère, étaient aussi grosses que des plumes de corbeau. Les plus petites ramifications artérielles étaient aussi distendues, et présentaient toute l’apparence d’une inflammation générale et d’une congestion veineuse. L’arc du colon était très contracté. »

« Un autre malade avait présenté des symptômes de coma, et un grand désordre des fonctions cérébrales, avec beaucoup d’anxiété, bientôt suivie d’une grande gêne dans la respiration ; les mains , les bras et les extrémités inférieures, devinrent froids, tandis que le reste du corps conservait sa température naturelle. On eut recours aux plus puissants stimulants; des vésicatoires furent appliqués à l’épigastre et des sangsues aux tempes ; la déplétion sanguine, qu’elles opérèrent, ne fut point avantageuse : le malade succomba. Nous trouvâmes à la dissection du cadavre la même congestion sanguine dans les viscères abdominaux et thoraciques que sur le sujet précédent ; mais il existait en outre de larges plaques de sang extravasé, en différents points

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