‹ Documents sur le choléra-morbus épidémiqueChapitre 15 sur 24 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

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criptions des anciens, l’identité absolue de ces maladies; ce n’est pas à un médecin éclairé qu’il faut rappeler les épidémies de choléra de 1669, observées à Londres par Sydenham; celle d’Ulm, d’octobre 1696 , rapportée dans les Ephémérides des Curieux de la nature, par J. Franck; celle de Venise, en 1747? décrite par Augustini dans X Epidémiologie de Venise sur cette année, et enfin l’épidémie de Paris de 1760, dont Malouin nous a conservé l’histoire ; j’arrive tout de suite à une observation que j’ai moi-même fait recueillir cette année à l’Hôtel-Dieu de Paris dans le service dont j’y suis chargé. Cette observation suffit pour démontrer qu’il n’y a de différence que par l’intensité entre le choléra indien et celui qui se manifeste quelquefois épidémiquement , mais le plus souvent d’une manière sporadique, en Europe.

Maget (François-Michel), âgé de vingt -neuf ans, né à Paris, charretier à Neuilly, homme fort et vigoureux, à cheveux bruns, d’un tempérament athlétique, 11e fait habituellement aucun excès et s’est toujours bien porté. Le 25 août, comme de coutume, il avait déjeuné à cinq heures du matin avec plusieurs personnes de la maison, et avait mangé une omelette, du pain, et bu un demi-setier de vin; aussitôt après il se met en route pour Paris, conduisant une voiture de légumes; à huit heures moins un quart, sans malaise précurseur, il ressent tout à coup des douleurs très vives à l’épigastre, suivies immédiatement de vomissements et de selles abondantes qui se manifestent simultanément ; il a en même temps des crampes aux extrémités, surtout aux orteils, qui paraissent au malade se tordre et se briser; évacuations par haut et par bas très abondantes. Le malade se roule sur le pavé, vis-à-vis

SUR LE CHOLÉRA. j Qrj

l’église Saint-Paul (rue Saint Antoine) , où il se trouvait pour ses affaires. Pour éviter les contusions, on le place sur un matelas qui est apporté clans la rue; une officieuse spectatrice lui fait avaler deux à trois cuillerées d élixir de longue vie : mouvements convulsifs, perte de la connaissance, qui ne reparaît que sur les midi. A onze heures, on transporte le malade à 1 Hôtel-Dieu : froid général; selles sanguinolentes, liquides, aqueuses, très fétides, séreuses, légèrement jaunâtres; vomissements répétés de matières séro-muqueuses. L’interne de garde, appelé, prescrit une potion dite calmante ; il ordonne des frictions sèches aux extrémités; on l’entoure de linges chauds; c’est avec peine

qu on parvient à lui rendre une température plus élevée-

cataplasmes chauds sur le ventre. Le malade s’assoupiî quelques heures, et par intermittence; soif très vive • dans cinq heures de temps, il boit plus de cinq pois de tisane pectorale chaude; les vomissements ne rapportent que la tisane sans altération appréciable.

M. Gaffe, élève interne de la salle et rédacteur de cette observation , voit le malade à cinq heures du so.r; prostration extrême ; agitation intermittente modérée; langue large, humide, décolorée; point de cép iaagie; le malade n’accuse aucune douleur- la région lombaire seule lui cause de la fatigue; le pouls est lent et tout-à-fait filiforme; les battements du cœur sont insensibles; les facultés intellectuelles paraissent s eur intégrité; le malade répond avec justesse, mais obi ITT; aUVUestions5 Pour les solliciter, on est "e fac es d ïerbe bie" a"-de'à de l'habitude;

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