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au point de renverser subitement par terre, quoiqu’il n’y ait point de cause apparente connue, ni rien qui indique un dérangement dans la santé. Vient ensuite un frmd qui, commençant par les extrémités des doigts des pieds et des mains, va gagnant, et bientôt les pieds et les mains sont glacés. Une pesanteur, et ensuite de violentes douleurs se font sentir à l’estomac ou aux deux côtés du ventre. Dans cet état, la figure et les autres membres deviennent violâtres; les maux de cœur se font sentir, et des vomissements de matières noires et fétides surviennent , ainsi que des évacuations par bas de matières semblables ; enfin en peu de temps , quelquefois en trois heures et même moins , la mort.
Tous ces symptômes n’ont pas toujours la même
marche; chez des malades ils se succèdent dans un autre
ordre. i
Souvent les veines sont tellement rentrées qu’on ne peut les trouver pour saigner, et il est impossible de les aire reparaître et de tirer du sang, tant qu’on n'a pas donne au malade de l'huile de menthe, de la sauge et autres choses fortes; d'autres fois aussi la lancette perce la veine sans qu’il en sorte du san<r.
Chapitre II. Des moyens prophylactiques. — L’expénenee nous apprend qu’on ne doit point aller, autant que possible, dans les maisons où le choléra-morbus sest eclaré qu’on doit éviter toute fréquentation et
des cholér° T0 Ce"X qm Se auprès
comme ' ““ constalé 1“® «me maladie ,
dans. Peste> est contagieuse. Aussitôt quelle est
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la chambre Tl ega ement tout ce q"> se trouve dans j ’e !a laisser fermée de cinq à dix jours;
\‘2'2 INSTRUCTION SUR LU CIIOLI::RA.-MORBUS faire bouillir clans celte maison pendant quelques jours du vinaigre clans un pot.
Il faut éviter, autant que possible, les quartiers situés dans un fond, et dont les maisons sont entassées lune sur l’autre; si l’on est obligé d’y aller, respirer du vinaigre ordinaire , du vinaigre des quatre-voleurs, de l’alcali volatil, ou, à défaut de toute autre chose, de l’ail; cette précaution est même bonne dans tout quartier; on doit bien parfumer plusieurs fois par jour les maisons avec du styrax , du goudron , des cônes de cyprès ou des baies de genièvre ; passer la nuit, et même habiter, autant que possible, dans des lieux aérés, entretenir toujours le corps en moiteur, les pieds chauds, et à cet effet porter toujours des bas ou des chaussons.
Comme c’est une bile enflammée qui produit cette maladie , on doit s’abstenir et se garder de toute nourriture et boisson qui engendre la bile, qui la mette en mouvement et l’enflamme, de tout mets pesant, et se contenter d’aliments ^légers et en petite quantité. Il est reconnu et de notoriété publique qu’avec un pareil régime on évite cette terrible maladie. Ce qui surtout la provoque, ce sont, dit-on, les mets préparés à l’huile d’olive , parce qu’elie corrompt le sang et dispose la bile à s’enflammer. Il en est de même de tout aliment pesant et gras, ainsi .que des pâtes, telles que bogatcha , tcheuriq à la graisse, beuriq , hafoa, baklava , lokina , guaglime , en un mot de toute nourriture de digestion difficile. Les lettres qui arrivent des divers points, écrites par les médecins, interdisent absolument le lait et toute préparation au lait, de même que les œufs, parce qu’ils font beaucoup de bile; il en est de même des prunes, pêches, abricots, melons,
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pastèques, concombres et autres fruits semblables. On peut manger des pommes, des grenades acides, du verjus, prendre des boissons acides, de la limonade, de l’oximel, pourvu que ce soit modérément et en petite quantité. II faut habituellement corriger la crudité de 1 eau par une quantité suffisante de vinaigre ; l’usage de la salade vinaigrée est un bon moyen d’hygiène , hors le cas d’un fort rhume , ou à moins que le vinaigre ne soit contraire ; comme cela arrive à quelques tempéraments; Ion doit alors se borner à en respirer, et à s’en frotter la figure. L’aliment que l’on doit préférer est celui qui se digère vite, et ne laisse aucun poids sur l’estomac , entre autres le riz , la soupe au gruau d’orge , les poules et poulets, le mouton de première qualité rôti ou bouilli; parmi les légumes, les citrouilles, les gombaux, les haricots frais, les pousses de fenouil , le pourpier et autres herbes légères et de facile digestion ; mais point de mélongenes ni de choux , qui échauffent le sang; il n y a point de mal non plus à manger modérément du pilav simple ou au safran, à moins qu’il ne soit préparé avec de mauvais beurre. S’abstenir de vin, d eau-de-vie , de rhum et en général des liqueurs spiritueuses , qui toutes sont échauffantes, de l’opium, en un mot, de choses enivrantes, parce qu elles échauffent le sang et enflamment la bile. Mais il est d’expérience que l’emploi modéré des eaux distillées , et huiles de quel- ’ ques fleurs printanières et plantes prévient l’invasion du mal , ou y remédie quand elle a eu lieu , et l’on en a '' obtenu les plus heureux effets. Tous s’accordent parti-
1 culièrement sur l’utilité de l’usage de la menthe : boire
2 matin et soir, avant les repas, une tasse d’eau distillée i de menthe, de mercuriale, de thym ou d’écorce de cé- I rat donne de la force à 1 estomac et aux membres, fa-
ï 24 INSTRUCTION SUR Lli CHOLHR A-MORBUS cilite convenablemenl la digestion , ou bien l’on verse dans une tasse d’eau quelques' gouttes d’huile distillée de menthe ou des autres plantes ci-dessus, on bat bien, on boit, et le résultat est le même que celui de l’eau distillée de ces plantes aromatiques; il est très bon d’en prendre avant et entre les repas; l’on peut encore éprouver les meilleurs effets de dix à quinze gouttes d’eau de la reine de Hongrie, ou d’eau de mélisse dans une tasse d’eau pure. Quoique l’oignon et l’ail échauffent le sang et paraissent en conséquence devoir nuire, l’on a observé qu’ils préservaient de la maladie ceux qui en mangeaient. Il a d’ailleurs été reconnu de tout temps, que l’usage de l’oignon et de l’ail garantit le corps de l’influence du mauvais air. Enfin , il ne faut pas se laisser aller à la peur au point de se décourager; il faut au contraire par le courage s'assurer , autant que possible, tous les moyens de santé; et pour le reste se résigner à la volonté et se mettre sous la garde de Dieu.
Chapitre III. Traitement a suivre par les cholériques. - — A l’instant de l’invasion du choléra, c’est-à-dire quand le malade éprouve un violent vertige, on doit, sans perdre une minute , lui frictionner très fortement les pieds, les mains, avec de la flanelle, du drap, ou un frottoir de bain ; mais une simple friction ne suffisant pas, il faut appliquer aux pieds, aux mains du malade , de la flanelle , des irritants ; ceux mêmes qui frictionnent devront s’en induire les mains , et frictionneront le plus fort possible jusqu’à ce que les membres frictionnés redeviennent chauds, rouges et gonflés. A cet effet, l’on prendra quelques têtes d’ail , des oignons, du sel, de la moutarde, du poivre, du poivron rouge, de l’eaude-vie forte , de l’alcali volatil , de la rhue , de la thé-
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riaque, celle de c es drogues que l’on aura sous la main ; on les pilera seules ou plusieurs ensemble; on en formera un onguent avec du vinaigre; on l’étendra abondamment sur les membres à frictionner, et l’on ne cessera de frictionner jusqu’à ce que la chaleur, la rougeur et le gonflement aient reparu.
Aussitôt que l’on se sera mis à frictionner, on devra appeler en toute hâte un bon médecin , sur l’avis duquel on fera , n’importe à quelle veine du bras , une saignée copieuse, de cent vingt drachmes de sang, ou même davantage, suivant l’état du malade, son âge, etc. Et comme il serait à craindre s’il se passait quelques heures sans que le médecin arrivât, que la saignée étant différée , l’on ne pût en recueillir le bon effet, et que le malade en mourût, s'il tardait à venir, l’on ne devrait pas être arrêté par , cette considération , et l’on devrait saigner à tout hasard.
Comme il serait possible qu’ainsi qu’il a été dit, les veines fussent rentrées, au point que la saignée fût impraticable, et que le sang s’étant retiré de la circonférence au centre, c’est-à-dire s’étant porté de l’extérieur du corps au cœur, il ne coulât pas quand on ouvrirait la veine , il faudrait alors bien frictionner de la manière indiquée plus haut l’endroit sur lequel on se proposerait de faire la saignée , donner, s’il était I possible, au malade , une infusion de sauge ou dé camomille, afin qu’en rappelant le sang du centre à la circonférence, cest-à-dire du cœur à lextérieur du corps , il circulât de nouveau dans les veines , et rendît praticable la saignée; comme dans cette maladie elle n est pas le plus souvent pratiquée pour remédier à l’inflammation et à la corruption du sang, mais que le but est de rappeler le sang à la circonférence du corps, elle ne peut être que très utile.