‹ Documents sur le choléra-morbus épidémiqueChapitre 4 sur 24 · ÉPIDÉMIE I>E MOSCOU · texte numérisé non relu

ÉPIDÉMIE I>E MOSCOU

tère sont déjà si faibles, qu’ils indiquent que le cœur a souffert une vive impression sédative dans son action vitale. La température de la surface du corps est proportionnellement abaissée, si même elle n’a pas subi une dépression plus grande encore comparativement à l’absence de la circulation. Les mouvements de la respiration sont moins dérangés qu’on aurait pu s’y attendre , mais ils sont évidemment imparfaits. Il survient en général des contractions spasmodiques des muscles de différentes parties du corps et particulièrement de ceux des orteils, des pieds, des jambes et des avant-bras, quelquefois des muscles des cuisses, rarement de ceux du tronc. Les malades se plaignent le plus souvent beaucoup de la douleur que produisent ces spasmes, ainsi que de la soif. Les évacuations alvines et les vomissements deviennent plus fréquents , les yeux perdent leur brillant naturel, ils sont cernés d’une teinte brune, les traits s’affaissent, le volume général du corps est beaucoup diminué; les extrémités son t fréquemment livides ; le sang est stagnant dans les vaisseaux; ies mains et les pieds sont ridés, la peau qui revêt la partie palmaire des mains et plantaire des pieds présente un aspect semblable à celui que lui communiquerait une macération prolongée dans l’eau. Un froid général existe sur toute la surface du corps, particulièrement sur les extrémités, et une sueur locale visqueuse se remarque aux avant-bras, à la poitrine et à la face. L anxiété , l’oppression thoracique et l’agitation surviennent ; la langue est pâle ou d’une couleur légèrement livide : elle est communément couverte d’une couche mince de mucus visqueux ; elle donne au doigt qui l'explore une sensation de froid , et quelquefois meme cette sensation que l’on perçoit en portant le doigt sur le dos d’une grenouille. La boule d’un thermomètre de Réaumur a été maintenue dans un cas pendant deux minutes sous la langue , le mercure s’est

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élevé n 2 5 degrés, et sur un autre malade à 20 degrés seulement. Je ne doute pas que dans quelques cas le mercure n’aurait pas atteint cette hauteur. Un hoquet très fatigant vient souvent se joindre aux autres accidents, la respiration devient de plus en plus gênée, et le malade périt au bout de quelques heures sans qu’il se manifeste aucun signe de réaction. D’autres fois la maladie persiste dans cet état pendant long temps sans que le pouls se rétablisse. Les malades conservent leurs facultés intellectuelles jusqu’à quelques instants avant la mort.

La seconde forme sous laquelle' se manifeste la maladie est celle d’upe diarrhée ordinaire qui persiste pendant quelques jours et semble produite par un écart de régime ou par d’autre cause moins évidente encore. Si l’on ne fait rien pour arrêter le mal , il se montre en général bientôt avec les symptômes propres à la maladie épidémique. Plusieurs des personnes employées à l’hôpital temporaire établi pour le traitement de la maladie épidémique , n’ont point eu cette maladie d’une manière décidée , mais ont été affectées de nausées, de vomissements et de diarrhée bilieuse.

Dans sa troisième forme d invasion, la maladie se manifeste d’une manière encore plus violente que dans la première: le malade est renversé, comme il le serait par un violent coup ou par la foudre, tant est grande l’oppression de la force vitale. L’action des organes et particulièrement du cœur est évidemment alors paralysée dès l’invasion de l’attaque, tout secours humain est inutile; la mort arrive fréquemment avant qu’on ait pu recourir à aucun remède.

Lorsque la maladie débute par les vomissements et les évacuations alvines, les matières contenues dans l’estomac et les intestins sont d’abord rejetées, et quelquefois ensuite les sécrétions muqueuses sont légèrement

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