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colorées avec de la bile verte ; mais ces évacuations sont aussitôt suivies de l’expulsion par haut et par bas d’un liquide aqueux qui ressemble quelquefois à du petitlait et d’autres fois h une légère décoction de riz ou d’orge dans laquelle flotte, dans quelques cas, une matière floconneuse blanche. Ces matières expulsées sont fréquemment inodores, quelquefois cependant elles répandent une odeur très forte et tout-à-fait particulière.
Pour donner une description qui fasse mieux comprendre la suite des accidents propres à cette maladie, je diviserai, à l’exemple des docteurs Armstrong et Ayre, la maladie en trois périodes que j’appellerai, comme eux, la première, période d’oppression ; la deuxième, période de réaction , et la troisième, période de collapsus.
La description qui a été donnée des symptômes et des modes d’invasion de la maladie comprend la première période, dans laquelle ni la nature, ni l’art ne sont assez puissants pour surmonter l’action sédative exercée sur les forces vitales par la cause efficiente; si cependant l’action de cette cause a été moins énergique ou si la puissance vitale secondée par l’art a pu résister avec succès à l’influence pathogénique, la violence des accidents diminue graduellement, les évacuations alvines, et les vomissements deviennent moins fréquents, le pouls est plus distinct, la chaleur externe se rétablit graduellement, les spasmes des extrémités deviennent moins pénibles ou cessent entièrement, le maladegoûteun peu de sommeil, et peut même supporter une petite quantité d’aliment léger. C’est ce changement favorable dans l’état du malade qui marque la seconde période, la période de réaction. Un mouvement fébrile plus ou moins fort s’établit alors, ce mouvement fébrile est d un heureux présage s’il est modéré, car généralement alors le malade se rétablit; les sécrétions suppri-
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rnées dans la prehiière période commencent à reparaître dans la seconde; une douce transpiration se manifeste, il y a de fréquentes évacuations d’urine plus ou moins teinte de bile; les selles consistent surtout en une bile très viciée. Il survient quelquefois pendant plusieurs jours des selles de sang noir ou de fluide sanguinolent en quantité considérable; dans quelques cas il y a des excrétions d’un mucus sanguinolent comme dans la dysenterie. On observe aussi des excrétions alvines d’un mucus épais jaune ou légèrement brun ou d’une matière écumeuse. Si les organes digestifs sont bien ménagés, si le malade évite toute erreur de régime, il se rétablit ordinairement. Dans les cas les plus fréquents, une seconde série de phénomènes morbides commence; quelquefois ces accidents sont tout aussi intenses et souvent non moins funestes que ceux qui les ont précédés quoiqu’ils marchent avec plus de lenteur. Cette terminaison si souvent fatale est probablement l’effet des modifications morbides qui sont le résultat de la première période de la maladie. La maladie est alors si complètement changée dans les symptômes que, pour qui n’aurait pas vu le malade pendant la première période ou qui ne serait pas informé des accidents antérieurs, il ne serait plus possible de reconnaître la maladie épidémique.
Mes observations m’ont fait reconnaître que la maladie, à sa deuxième période, se présente sous quatre formes : la première est une inflammation ou plutôt une sub-inflammation de l’estomac ou des intestins , le plus ordinairement des intestins, quelquefois des deux organes. La deuxième, une irritation inflammatoire des poumons avec douleur dans le thorax , toux , expectoration visqueuse et fièvre paraissant comme une métastase critique de la maladie. La troisième, une fièvre
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bilieuse ou bilioso-nerveuseavee suppuration îles glandes parotides. J’ai vu une fois survenir en même temps un bubon axillaire qui s’est abcédé vers la fin de la fièvre; une inflammation des poumons se manifeste ensuite et se termine par une vomique. La quatrième forme est une congestion sub-inflammatoire du cerveau et de la moelle épinière. Cette dernière , comme il est naturel de le penser, d’après la nature même et le siège de l’affection , est la forme la plus dangereuse et la plus fréquemment funeste de la maladie; elle se manifeste en général après que les évacuations alvines , les vomissements et les crampes ont diminué, et lorsque la chaleur externe est jusqu’à un certain point rétablie. Le malade se plaint d’abord d’une douleur dans le dos entre les omoplates, ou sur quelque autre point de l’épine, quelquefois sur tout le trajet du rachis ; le malade paraît assoupi à un tel point que j’étais d'abord disposé à attribuer cet état au moins en partie à l’opiuin administré pendant la première période, mais je ne tardai pas à me convaincre que la cause de cet accident et d’un autre également caractéristique de cette forme de la maladie, l’injection rouge des vaisseaux de la sclérotique, indiquait un état de congestion sub-inflammatoire du cerveau et de la moelle épinière. Cette injection commence à se manifester à la partie inférieure du globe des yeux ; elle fait graduellement des progrès et s étend enfin jusqu’à la partie supérieure; les yeux se renversent en haut et présentent leur partie inférieure gorgée de sang. Cet état se change en général en un coma complet, et devient fatal en quelques heures.
C est un objet d’observation curieuse que de voir tout le temps pendant lequel des malades vivent sans pouls aux poignets, et avec d autres accidents qui indiquent les appioehes de la mort. Je me rappelle particulière-
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inent une femme dont les bras, la poitrine et la face
étaient couverts d’une sueur froide visqueuse, les vaisseaux des yeux étaient injectés , le pouls au poignet avait cessé depuis plusieurs heures; elle répondait cependant encore nettement et justement aux questions que je lui adressais, quoique avec une voix très basse, qui est le symptôme fréquent de la première et de la dernière période de la maladie. La mort arriva environ six heures après.
Les attaques les plus violentes et les plus rapides de la maladie se terminent quelquefois par des convulsions, et il arrive aussi dans quelques cas où l’irritation biliaire et intestinale est devenue dominante, qu’il survient sur différentes parties du corps où elle continue pendant quelques jours , une éruption cutanée de papules qui ressemblent à celles delà rougeole, si ce n’est qu’elles sont plus larges. Les malades auxquels j’ai donné «.les soins et qui ont présenté ces accidents se sont tous rétablis.
La durée de la maladie varie de quelques heures à plusieurs jours.
Lorsque les efforts de la nature et ceux de l’art ne réussissent pas , la troisième période succède à la deuxième, et se distingue par le collapsus complet des forces vitales; ce collapsus se manifeste même souvent sans deuxième période intermédiaire.
La convalescence des malades, excepté dans les cas ! où la maladie est supprimée de bonne heure par la sai «née, est lente. D’abondantes évacuations de matières bilieuses sont expulsées tous les jours par l’usage du calomélas à doses altérantes.
Je n’ai jamais vu de malade atteint pour la deuxième fois de la maladie. J’en ai cependant entendu rapporter des exemples par d’autres médecins : j’ai vu des re-