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tain que la maladie existe. A ce degré , elle est généralement curable si on la traite hardiment et sans hésiter.
La teinte rouge des intestins grêles est un caractère cadavérique de la maladie. Cette teinte ressemble exactement à la couleur que prennent ces parties lorsqu’on les injecte avec du vermillon pour faire voir leurs villosités. Je regarde cette altération comme particulière à cette maladie, et formant un de ses caractères, parce quelle est la seule lésion morbide quelle présente, et qu’on ne trouve pas dans plusieurs autres maladies; on observe par exemple la congestion cérébrale à un égal degré dans l’apoplexie , et dans différentes affections des viscères ; on trouve quelquefois des congestions considérables dans le foie, la rate, les poumons, etc., etc.; mais pour cette teinte de vermillon qui se trouve chez ceux qui ont succombé au choléra, je ne me rappelle pas l’avoir jamais vue aussi généralement sur les sujets morts d’autres maladies des viscères abdominaux. Je remarque bien que cette apparence morbide des organes abdominaux peut se présenter quelquefois dans des cas de mort subite. Mais je veux surtout fixer l’attention sur ce symptôme de douleur abdominale , et le rapprocher de l’apparence particulière que présentent les intestins grêles, apparence qui se rencontre toujours après la mort. Je considère donc ce symptôme comme particulièrement caractéristique du choléra épidémique. Quant à la lésion morbide qui s’y rapporte, cette lésion se présente à la dissection dans tous ceux qui ont . succombé à cette maladie.
Le froid de la peau, les sueurs colliquatives , l’air d’abattement, sont des symptômes que j’ai fréquemment rencontrés dans des cas où la maladie était produite par des vers, et dans lesquels ces symptômes ont complètement cessé après leur expulsion. Dans le traitement des
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malades j’ai toujours eu grand soin de m’informer de ces premiers accidents de la maladie: si le malade se plaignait ou non d’un sentiment de briilure autour de l’ombilic, et à quel degré existait ce sentiment; toutes les fois que j’ai rencontré ce symptôme, et surtout lorsqu’il existait avec unerespiration suspirieuse et anxieuse, j’ai considéré ce cas comme un choléra épidémique bien caractérisé, et j’ai agi en conséquence.
11 est rare qu’on soit appelé auprès des malades avant que tous les accidents soient développés; le pouls ne peut plus généralement alors être senti au poignet. A cette période de la maladie ,il n’y a déjà que bien peu à attendre de l’art. J’ai cependant vu fréquemment des malades à cet état se rétablir ; mais je considère ces guérisons comme des résultats inespérés, et comme dus plutôt à la force de la constitution des malades qu’aux moyens de traitement, ou qu’à l’habileté des praticiens. Il est cependant important de savoir que la maladie peut être traitée avec beaucoup d avantage lorsqu’elle n’est encore qu’à sa première période, et quelle n’a pas encore atteint ce degré auquel les symptômes de congestion sont arrivés au plus haut période.
Symptômes diagnostiques. — Il n’est pas de symptôme du choléra plus constant que la couleur noire, et l’épaississement et la viscosité du sang tiré aux malades. Dans le choléra épidémique, et particulièrement lorsque le développement de la maladie est achevé, cet état du sang que partage à un certain degré le sang des artères, est par lui-même, et plus encore lorsqu’il existe avec d’autres symptômes, suffisant pour distinguer la maladie des cas de choléra spasmodique qui régnaient précédemment dans l’Inde , et du choléra qu’on observe ordinairement dans les pays chauds ou dans les pays
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tempérés, pendant l’automne. L’état d’affaiblissement et d’épuisement de toutes les fonctions vitales , la dépression de tous les esprits, l’aspect général de tout le corps, le froid et la moiteur de toute la peau, les extrémités froides et flétries, l’extension des spasmes lorsque la- maladie dure depuis très peu de temps aux muscles des extrémités supérieures et à la poitrine, l’absence complète de bile dans les matières vomies et dans les selles , la suppression ou l’interruption de la sécrétion de l’urine et même de toutes les autres sécrétions naturelles , la dépression si rapide de l’action du cœur et du pouls; le froid de la bouche, de la langue et de l’air expiré, sont des phénomènes que l’on ne trouve réunis de cette manière dans aucune autre maladie. Ces phénomènes suffisent pour distinguer le choléra de toutes les autres maladies spasmodiques en général , et du choléra bilieux, et même en particulier de la mort de chien , qui constitue la plus violente forme du choléra ordinaire de l’Inde.
La nature cholérique des spasmes , leur mode de propagation aux extrémités et aux muscles abdominaux, la circonstance qu’ils ne s’étendent jamais aux muscles du dos, des lombes et de la face, suffisent pour distinguer le choléra épidémique du tétanos et du trismus.
Les évacuations abondantes par haut et par bas, l’état du pouls et de la surface du corps, le sentiment de douleur perçu dès le début à l’épigastre, servent à empêcher que la maladie puisse être confondue avec les coliques. La bile se montre rarement, et même jamais, dans les cas les plus graves du choléra ordinaire de 1 Inde, jusqu’à ce que la violence de la maladie ait diminué ou que des évacuants aient déterminé son écoulement dans les intestins; et comme les phénomènes généraux de la maladie ont tant de similitude, il peut
6û APPRÉCIATION DES SYMPTOMES
paraître convenable (le déterminer ici les points de dissemblance qui existent entre ce choléra et le choléra épidémique. Il faut d’abord admettre que la plupart des phénomènes qui caractérisent ces deux choléra, diffèrent de ceux du choléra ordinaire de l’Inde, surtout par leur plus grande intensité et par la rapidité de leurs progrès vers une terminaison funeste. L’absence de la bile dans les matières expulsées dans l’un et l’autre choléra ne peut être considérée comme un point d’identité entre eux, pas plus qu’on 11e peut attribuer cette valeur à l’existence des spasmes dans l’une et l’autre maladie. Le choléra épidémique présente avec les phénomènes propres aux deux choléra, la couleur noire et l’état morbide du sang, le sentiment de brûlure à l'épigastre; le pouls lent, faible , petit et non développé dès le commencement de l’attaque; la langue et la bouche froides, le froid de l’air expiré , le grand dérangement des fonctions de la respiration , la peau des extrémités ridée et comme flétrie, la congestion cérébrale, la nature clonique des spasmes, la suppression de l’urine et des autres sécrétions ; la grande extension prise par la maladie au travers de l’Asie méridionale, sa violence et ses funestes effets, sont des circonstances qui autorisent à conclure que le choléra épidémique diffère du choléra ordinaire de l’Inde, tel qu’on l’observait avant 1817, non seulement parle degré, mais encore par l’espèce. Ces circonstances ne peuvent s’expliquer par une différence dans l’intensité des causes du mal; il faut les attribuer à l’existence de quelque cause accessoire dont la présence et l’extension n’a pas été moins générale que la maladie épidémique qu’elle a eu la puissance de produire.
Symptômes prognostiques. — Les symptômes qui met tent les praticiens dans le cas de présumer que la ma
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ladie se terminera favorablement , sont une augmentation de force et de plénitude du pouls, le retour de la chaleur aux extrémités et à la surface du tronc ; un désir moins pressant de boire et une diminution du sentiment de brûlure aux régions épigastrique et ombilicale 5 la diminution d’intensité ou même la cessation des spasmes, des vomissements ou des évacuations alvines, la présence de la bile dans les matières évacuées , des envies d’uriner, surtout lorsqu elles sont suivies de l’évacuation de quelque quantité d’urine; une amélioration dans l’état extérieur, et un retour vers l’état de santé et les fonctions de la peau; une respiration plus naturelle, et le retour de la chaleur de l’air expiré, une disposition à un sommeil tranquille, ou un air de vie plus marqué dans les yeux, une teinte plus rouge ou plus naturelle des lèvres, de la langue et de la muqueuse buccale, et une agitation et une anxiété moindres.
Si, au contraire, les symptômes de la maladie augmentent rapidement , nonobstant les moyens de traitement, et si la respiration devient plus petite ou plus oppressée, ou très accélérée et laborieuse, comme si le malade n’introduit qu’avec effort l’air dans la poitrine; si l’action du cœur est tellement diminuée qu’on ne sente plus de pulsations aux extrémités ; les traits sont affaissés, la langue et la bouche se refroidissent, et l’haleine paraît à l’observateur froide et humide ; la cornée commence à se ternir ; l’agitation est constante ; les spasmes, les vomissements et les évacuations alvines persistent: on ne peut guère, quand on observe tous ces accidents, conserver d’espérance de rétablir le malade. La puissance vitale est alors tellement affaiblie par l’action delà cause morbifique et par ses effets sur le système nerveux et sur le sang par l’intermédiaire des organes