‹ Documents sur Le malade imaginaire: Estat de la recette et despence faite par ordre de la compagnie, avec une introd. et des notesChapitre 22 sur 47 · MÉMOIRE DE FRANÇOIS CREVON · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DE FRANÇOIS CREVON

Liuré par François Creuon ' Marchand à paris pour La trouppc Du pallais Royalle

20 paire de Jariier ^

à dantelle, couleur

De Cerise, prix

faict à y .... . 60' •

Iconpris quatre uings

aulne De Ruban

Receu le contenue sidesus des Main de Monsieur hubert ce 2^"" <)^"' léjj.

Jeanne Magny, famme de Monsieur creuon.

pour Go'- 0.

En travers, au dos du papier

pour monsieur hubert.

et dans un autre sens

NOTES

(i) Nous avons déjà vu que M. Crevon faisait son commerce devant la barrière Saint-Honoré, à peu de distance du Palais- Royal.

(2) Vingt paires de jarretières cerise, à dentelles, voilà sans doute pour les bergers de l'Eglogue; car il semble moins naturel que ce soit pour les Égyptiens du second intermède. En tout cas, nous savons que les danseurs au cachet n'étaient pas plus de douze. Or, comme les danseurs étaient à la fois bergères et bergers, on ne voit guère que six danseurs vêtus au masculin qui portassent des jarretières couleur cerise et à dentelles , à moins que les jupons, soit des Ég3^ptiennes, soit des bergères, ne fussent bien écourtés.

Il y a donc lieu de croire qu'aux danseurs de profession se joignaient, pour faire nombre dans les ensembles, les valets des Comédiens (le Mascarille des Précieuses est un valet de La Grange) et d'abord les Comédiens eux-mêmes. Assez longtemps d'ailleurs la Troupe de Molière avait complété ses spectacles par des danses , comme la Pallas et le Plan-Plan, dont La Grange a conservé les noms. La belle et fière M"^ Du Parc n'avait pas moins de succès comme danseuse que comme tragédienne.

Dans le Ballet des Muses, donné à Saint-Germain en 1666, Molière, avec les acteurs du Palais-Royal, exécutait la troisième entrée, celle de la Comédie, et le livret de Benserade, au milieu de tant de parfums brûlés pour ce monarque, lui résers-ait ce petit grain d'encens pur (a) :

Le célèbre Molière eft dans un grand éclat, Son mérite eft connu de Paris jufqu'à Rome; Il eft avantageux partout d'être honnête homme, Mais il eft dangereux avec lui d'être un fat.

(a) L'encens pur est assez rare chez le malicieux thuriféraire. Benserade ne se faisait pas faute de jouer presque toujours sur l'équivoque, où il excellait, et d'aiguiser en épigramme la louange douteuse. Il avait le privilège des anciens fous de cour, il disait des vérités piquantes, sans que les plus chatouilleux aient osé lui en garder rancune. Le Roi riait, on était désarmé. Si Benserade ne s'est pas amusé à effleurer sournoisement Molière, c'est peutêtre encore que le jeu ne lui paraissait pas sûr. Habemus confitentem :

Mais il eft dangereux avec lui d'être un fat.

Une autre interprétation : comme Benserade faisait aussi, dans ses entrées de ballets, sa Galette rimée, et qu'il ne manquait pas d'y glisser la nouvelle du jour, on ne se tromperait peut-être pas trop en voyant ici une allusion à quelque récente histoire d'un sot qui aurait eu la maladresse de s'attaquer à Molière et avec qui Molière aurait bientôt mis les rieurs de son côté.

Dans le même Baîlet des Muses, à la quatrième entrée, où la duchesse d'Orléans figurait une bergère, il y a un curieux et galant portrait de Madame, un éloge enjoué qui répond adroitement à la médisance, rappelle sans en avoir l'air la disgrâce du comte de Guiche et insinue pour lui un appel, une ombre d'appel, à la clémence. Du reste, cette apologie ingénieuse mérite d'être citée, et tout uniment je la cite :

Pour Madame, bergère.

Non, je ne peni'e pas que jamais rien égale

Ces manières, cet air et ces charmes vainqueurs ;

C'est un dédale

Pour tous les cœurs.

Elle vous prend d'abord, vous enchaîne, vous tue, Vous pille jufqu'à l'âme, — et puis, après cela,

Sans être émue,

Vous laiiTc 1.1.

Lisons maintenant l'indication du grand final cliorcgraphiquc de l'Églogue :

« Faunes (je n'avais pas compté les Faunes qui arrivent pour cette dernière entrée) Faunes, Bergers et Bergères, tous fe niellent et il fe fait entre eux des jeux de dance, après quoy ils le vont préparer pour la Comédie. »

S'ils se vont préparer h la Comédie, comment l'entendre? Et de qui l'entendre, à moins que des acteurs du Malade, qui allaient quitter leurs costumes du ballet et prendre les habits de la pièce ?

L'afTaflinat commis, qu'eft-ce qu'il en «rrive ? Pour le pauvre défunt, hélas ! le meilleur fort

Qui s'en enfuive

Eft d'être mort.

Endurez pour quelque autre une femblable peine, Au moins vous permet-on foupir, plainte et fanglot ;

A cette gène,

L'on ne dit mot.

Telle erreur devroit être excufable et légère Qui trompe les plus fins et leur fait préfumer

Qu'étant bergère,

On peut l'aimer.

Mais la témérité découvre (rencontre) fa ruine, Pour la jeune bergère ofant plus qu'il ne faut.

Son origine

Vient de trop haut !

Qu'ici tous les refpects les plus profonds s'affemblent Dans un cœur; un tel cœur n'en a pas à demi,

Tous les loups tremblent

Devant Mimi.

Minii, dit une note en marge du livret, <; c'eft le petit chien de Madame «.

Et le livret était dans toutes les mains, dans celles de Monsieur, mari inquiet, jaloux sans amour, humilié dans sa coquetterie presque féminine et que le soupçon regarda tout de suite, à ce premier moment où la mort foudroyante d'Henriette d'Angleterre dut passer pour un empoisonnement.

Et ce qui se lisait encore, mais d'un autre genre, devant M. Le Grand, Louis de Lorraine, comte d'Armagnac, devenu, cette année même, grand écuyer de France, par la mort de son père ! Le comte d'Armagnac, un des beaux danseurs des divertissements du Roi, faisait Jupiter dans la dernière

Ils avaient d'ailleurs le temps de faire leur changement, comme on dit, pendant la première scène, et c'est sans doute à cet effet que Molière a prolongé le monologue d'Argan ; mais alors, naturellement, Molière ne faisait pas partie de la grande entrée.

(3) 1,024 ^^ 2,505'. On reconnaît les deux chiffres de la recette totale portée sur les deux premiers états : les 2,505' retirées sur les chambrées du théâtre, à partir de la première représentation du Malade imaginaire jusqu'à la clôture des jours saints; les 1,024 livres formées, après la clôture, par la vente des contrepoids, par le prêt Du Cerceau, par le dernier quatorzième de la pension du Roi, qui suppléent à l'absence des chambrées.

La Grange a additionné les deux chiffres sur le verso du mémoire de Crevon, comme sur le premier papier qui lui serait tombé sous la main; l'opération lui a donné 3,530 livres qui sont également le total général de la dépense . conforme à celui de la recette.

entrée. Benserade lui reproche nettement la grossièreté de ses quolibets et le raille sur les sujets d'aigreur qu'il donne à la jalousie de sa femme :

A cheval, dans le cercle, aux bals, aux promenades, De nos moindres plaifirs il forme fes ébats, Et defcend quelquefois jufqu'aux turlupinades ; Chez les pauvres mortels on ne va point plus bas, Au cœur il a toujours quelque galanterie; Mais Junon dans le ciel n'entend pas raillerie.

Benserade n'avait pas tort d'écrire en tète de ces blasons réunis : « Vers fur la perfonne et le perfonnage de ceux qui danfent au Ballet. » La personne y était en jeu. Elle appartenait tout entière au maître blasonneur. Bon gré, mal gré, il en fallait passer par là. Heureux qui n'avait qu'à s'en vanter! Mais quelle jolie thèse il v aurait à faire pour la Faculté des lettres sur l'histoire de la cour de Louis XIV (165 1-1669) dans les ballets de Benserade !

MÉMOIRE DU PLUMASSIER.

Mémoire des plume ' que françois guiller a fourny à M. Huber; premièrement dans lix paralbl à 30 plume chalcun. Les fix font 180 plume. Six raquet à 12 plume chafcun.Les fix font 72 plume; Et quatre Et cran là où II ly a 104 plume pour les quatre; Et pour tous les frilons fourny au fix parafol, Et les fix raquet, cela fais 12 plume. Le tout an femble fais 368 plume Et quatre bâtons doré de 20'.

Kei

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