DOCUMENTS SUR LE ROVAUME
l'ogii dans sa chambre où la Reine se troi tenu avec moi familièrement. Le 16, Sa la Reine a été lui faire ses adieux à Pc royale située sur la roule de Pistoye. !
satisfaite de l'accueil qu'Elle a reçu en '
M. le cardinal Fesch, qu'une inRamr forcé de s'arrêter à Saint- Quirico, n'est î [irès le départ du Pape, dans la journée logé au palais Pilti, où je me suis trou arrivée, et Elle est partie hier aprf's i Cajano, chez S. M., qui m'avait égalei m'inviter à y aller.
Je prie Votre Excellence, Monseignei de mon respect.
Le général Gravina, ambassadeur de le Ministre des Relations exl
Pa Excellence,
M, Siraéon a remis à M. le sénatei Affaires étrangères de S. M. la reine ■ date du 17 brumaire pour l'informer des l'Angleterre, en pleine paix, contre qua dont trois ont été prises et amenées dans on même temps, au nom de S. M. I. , que fasse arrêter tous les bâtiments neutre (Iraient d'Angleterre ou qui seraient chî anglaises, et de les faire séquestrer pro^
S. M. la reine d'Etrurie a appris ave( ce fâcheux événement qui ne peut qu'é l'humanité, surtout dans son pays natal naître à M. Siméon, par l'organe de son qu'il sollicitait serait trop désastreuse aucune utilité pour la France ni pour 1' poBYait pas l'adopter sans compromet
(1) Pie VII se rendait à Pari» pour sacrer Napolén 12) Air. Etr., Toscane, ISG, p. 313 ol verso (n" 236),
oi. DOCUMENTS SUR LE ROYAUME D ÉTRURIE.
royaume. Votre Excellence ne peut pas ignorer que la Toscane n'existe et ne peut exister que par sa neutralité; sa situation politique, tous ses rapports physiques et moraux ne lui permettent pas de varier ce système qui n'a pu et ne peut pas être désapprouvé par les grandes puissances qui sont en guerre. L'arrestation et le séquestre provisoire des bâtiments provenant d'Angleterre avec des marchandises anglaises la mettraient en état de guerre vis-à-vis cette puissance, et la Toscane n'a ni vaisseaux, ni forces, ni aucun moyen pour la soutenir ni pour lui nuire. La Grande-Bretagne, au contraire, en prenant les bâtiments toscans, en bloquant Livourne, détruirait tout à fait son commerce et la priverait de toute ressource. Aucun vaisseau neutre n'oserait plus venir dans ce port de peur d'y être arrêté et de perdre ses marchandises qu'on pourrait soupçonner de fabrique ou de production anglaises.
La cour d'Espagne s'intéresse vivement à la neutralité de la Toscane, parce qu'elle en reconnaît la nécessité pour son existence. Je crois aussi avoir l'honneur d'observer à Votre Excellence que, ai elle était en guerre avec r4ngleterre^ l'Espagne et surtout la France perdraient les avantages réels qu'elles retirent de sa neuti'alité. Effectivement, Livourne est pour ces deux puissances un entrepôt où elles peuvent trouver toute espèce de provisions pendant qu'il est neutre. Ce port est ouvert pour leurs vaisseaux, et il est fermé aux Anglais par la garnison française. Ainsi, le propre intérêt de la France doit la déterminer à laisser jouir la Toscane de sa neutralité.
Federico Gravina.
Le chevalier de SantivaneSy chargé d'affaires de S, M. C, à S. Exe, le Ministre des Relations extérieures (1).
Paris, le 21 février 1805 (2 ventôse).
Excellence,
J'ai eu l'honneur de faire connaître à V. Exe. par mes notes précédentes l'état désastreux des finances de la Toscane, qui ne permet pas d'acquitter la solde des troupes françaises. Je ne m'é-
(i) Aff. Elr., Toscane, 157 A, p. 80 et verso (n« 30).
St.*'.
par le fondé de pouvoirs du général Verdier (1) ; elle est relative au courant et regarde le 62" régiment. J'ai fait passer à M. de Mozzi la note ci-jointe, dont j'ai Thonneur d'envoyer copie à V. Exe. J'aurai celui de lui observer que l'Etrurie est, dans ce moment-ci, dans une crise vraiment fâcheuse ; les sommes que j'ai fait payer successivement et, à de très courtes époques, le passage de S. S., les fléaux qui ont privé la Toscane des ressources journalières par la suspension des droits de douane, etc., j'ajouterai le vice d'une administration lente et compliquée, tout a contribué à épuiser ce pays; les caisses sont vides et le pays ne vit que d'anticipations.
Malgré ces observations qu'il était de mon devoir de soumettre à V. Exe, je n'en exécuterai pas moins les ordres du Gouvernement.
Agréez, Monseigneur, l'hommage de mon respect.
Fr. DE Beauharnais.
S. M. la Reine régente est partie le 25 floréal pour Poggio a Cajano, maison de plaisance distante de huit milles de Florence.
Le corps diplomatique n'est point invité.
M""*" de Staël est à Florence, elle doit se rendre à Bologne et à Milan ; son passeport a été donné par le chargé d'affaires de France à Rome.
On croit avoir reconnu à sa suite M. Benjamin Constant.
Les nouvelles concernant les frères B. de S. M. L et R. sont connues ici.
\.-rJi
Note des Affaires étrangères (2).
Le soussigné, ministre des Relations extérieures de S. M. l'empereur des Français, roi d'Italie, a été chargé de sa part d'adresser à LL. EE. le prince Corsini et M. le chevalier Fos-
(1) Le général Verdier commandait le corps français d'observation en Toscane à cette époque, et le marquis PYançois de Beauharnais, beau-frère de l'impératrice Joséphine, venait d'être nommé, depuis le 25 février dernier, ministre plénipotentiaire de France en Etruric.
(2) Aff. Etr., 157 B, p. 23 et 24 (no 179). — Cette note fut remise à Milan en mai 1805, par Talleyrand, aux députés de la reine d'Etruric venus pour assister au couronnement du nouveau roi d'Italie.