‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 105 sur 127 · I. La signature comporte en outre un mot illisible · texte numérisé non relu

I. La signature comporte en outre un mot illisible

Nous, Hugues Philippes Duchcsne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue des Vieilles Etuves, dans une maison dont le nommé Delmotte, aubergiste et tenant chambres garnies, est principal loccataire, où étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, par devant nous sont comparus S"" Xavier Pierron, négotiant à Paris, et S"" Charles Mabille, menuisier à Paris, demeurants tous deux susd. rue des Vieilles Etuves Saint Martin, paroisse Saint Nicolas des Champs.

Lesquels nous ont déclaré que Judith, femme de Benjamin Michel, Juif d'Amsterdam, locataires en garnie de lad. chambre, est accouchée mardy dernier au soir, au terme d'environ sept mois, d'un enfant sexe masculin, qui est décédé hier entre dix et unze heures du soir, qu'il n'avoit point encore de nom, n'ayant point été circoncis, et comme ses père et mère proft'essent la religion judaïque, ils désirent qu'il soit inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs. Pourquoy les comparans requièrent qu'il soit pourvu à lad. inhumation dans ledit cimetière en la manière accoutumée. Déclarent en outre qu'il est à leur connoissance que ledit Benjamin Michel et sa femme sont pauvres et chargés de quatre enfans en bas âge. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant sexe masculin gissant sur de la paille étendu sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré et attesté être celuy de l'enfant dont lad. femme Benjamin Michel est accouchée mardy dernier, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous. Rayé en ces présentes un mot comme nul :

Mabille, Duchksxe, Pierrok.

Vu le procès-verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de l'enfant sexe masculin, dont lad. Judith, femme de Benjamin Michel, Juif, est accouchée et qui est décédé trois jours après, soit inhumé au cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce deux octobre 1779.

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Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce deux octobre 1779.

Lenoir.

15 octobre 1779. — Acfe de décès de Bernard Nathan,

fils de Nathan Israël.

Du vendredy quinze octobre mil sept cent soixante dix neuf, au matin.

Nous, Hugues Philippcs Duchcsne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Taillepain, dans une maison dont le S'' Isoard, tailleur, est principal locataire, où monté au deuxième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Nathan Cahen, Juif de Metz, demeurant rue Beaubourg chez le S'' Felize, limonadier, et Isaac Léon, Juif de Scandhrehen ' en Allemagne, demeurant rue Saint Martin, chez le S"" Anginot, marchand boursier.

Lesquels nous ont dit que Bernard Nathan, âgé de deux ans et demv, fils de Nathan Israël, Juif de Grinschtat ^, près Manhem, et de Cadassan, sa femme, est décédé de maladie, ce jourd'huy huit heures du matin, dans lad. chambre, que ses père et mère sont pauvres et hors d'état de frayer aux frais de l'inhumation dud. Bernard Nathan, lequel ils auroient élevé dans la religion judaïque, qu'ils professent. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à lad. inhumation au cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré et attesté estre celuy dud. Bernard Nathan, il est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont lesd. comparans signé en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce interpellé. Et nous commissaire avons aussy signé :

Nathan Cahen (hcbr.), Isaac Léon Çhcbr.), Duchesne.

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