‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 112 sur 127 · I. Suite du n" précédent · texte numérisé non relu

I. Suite du n" précédent

nourrir, qu'il lui avoit dit de la nommer Félicité, que cette petite fille vient de décéder sur les quatre heures après midy, à la suitte d'un abcès qui a percé par la bouche et le nez, et à l'instant nous l'a représenté couchée dans un petit berceau d'osier, et après avoir remarqué le corps mort d'un enfant nouvellement née, du sexe féminin, nous ordonnons qu'il va être communiqué de sa mort à Monsieur le Procureur du Roy et ensuitte référé à Monsieur le Lieutenant général de police, pour être requis et ordonné ce que de droit, et jusqu'à ce, le corps de lad. fille Félicité Naquet est demeuré en la garde de lad. femme Loire, qui le reconnaît et s'en [est] chargée pour en faire la représentation quand et à qui il appartiendra. Et avons signé avec lad. femme Loire :

De Graville, C. Henry.

Vu le procès verbal cy dessus, je n'empêche pour le Roy le corps de lad. D. Félicité Naquet être inhumé sans bruit, scandai ny appareil et nuitamment, dans le cimetière des Juifs de la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce seize mars mil sept cent quatre vingt.

More AU.

Vu les conclusions du Procureur du Roy, nous ordonnons que le corps de lad. Félicité Naquet sera inhumé nuitamment et sans bruit, sans scandai, ni appareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villette, en la manière accoutumée, enjoignons aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis, et sera notre présente ordonnance exécutée nonobstant oppositions ou appellations quelconques. Fait ce seize mars mil sept cent quatre vingt.

Non signé.

6 mai 1780. — Acte de décès de Samuel, fils de Jacob Rodrigue Pereire. Y 15288'.

Du samedy six may mil sept cent quatre vingt, entre huit et neuf heures du soir.

I. Cardozo de Bétliencourt, Revue des études juives, XXVI, p. 244, publie d'après les papiers de la famille Pereire un extrait de ce procès- verbal signé Duchesne.

Nous, Hugues Philippes Duchcsnc, conseiller du Roy, commissaire enquestcur, examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Plastrière, près l'hôtel des Postes, dans une maison en laquelle demeure le S"" Jacob Rodrigues Pereire, agent de la nation juive portugaise, où étant monté au premier étage et entré dans une chambre ayant vue sur ladite rue, pardevant nous sont comparus S'' Hananel Rodrigues Pereire, marchand portugais ; et S'' David Silveyra, aussi marchand portugais, demeurants tous deux susditte rue Plastrière, paroisse Saint Eustache.

Lesquels nous ont dit que Samuel Pereire, âgé de huit ans, fils dudit Sieur Jacob Rodrigue Pereire et de Mirian ', sa femme, est décédé ce jourdhuy, une heure après midy, dans la chambre où nous sommes, de maladie, professant la religion judaïque. Pourquoi ils requièrent qu'il soit poun^u à son inhumation dans le cimetière des Juifs Portugais, à la Villette, en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparans nous ont déclaré et certiffié être celui dud. Samuel Pereire, il est resté en icelle pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Dont et de quoi nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous. Rayé deux mots nuls.

Hananel Rodrigues Pereire, D. Silveyra, Duchesne.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Samuel Pereire être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs de la nation portugaise, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce six mai mil sept cent quatre vingt.

Moreau.

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce six may mil sept cent quatre vingt.

Lenoir.

(En marge) : Gratis.

I. Miriam Lopès Dias, qu'il avait épousé le 5 novembre 1766 (E. La Rochtlïe, Jacob Rodrii^uics Pereire, p. 281).

15 niai 1780. — Aclc de décès de Fayllet, fille d'Isaac Naymark. Y 15288.

Du lundy quinze may mil sept cent quatre vingt, unze heures du matin.

Nous, François Bourgeois, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, comme substituant M*^ Duchesne, notre confrère, qui avoit été requis, sommes transporté rue du Poirier dans une maison dont le S"" Cellier, fripier, occupe la boutique, où étant monté au premier étage et introduit dans un cabinet sur le derrière, ayant vue sur une cour, y avons trouvé et pardevant nous sont comparus Baron Salomon, Juif de Berlin, en Prusse, demeurant à Paris, rue Beaubourg, chez le S"" Chevillot, maître boulanger, et Louis Moïa, Juif de Darmstadt, demeurant susd. rue Beaubourg, chez le S''Touprier, maître menuisier.

Lesquels nous ont déclaré que Fayllet, âgée d^reu^mois, fille d'Isaac Naymark ■, Juif de Pompiere ^ près Me^^^H^Édingle, sa femme, est décédée de maladie, dans led. cabiner^^uBpt heures du soir, que ses père et mère sont pauvres et horsd'étafde pourvoir par eux-mêmes aux frais de l'inhumation de lad. Fayllet, leur fille, laquelle ils auroient élevée dans la religion judaïque, qu'ils proffessent. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à l'inhumation de lad . Fayllet, au cimetière des Juifs allemands en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, paroissant de l'âge d'environ treize mois, gissant sur de la paille étendue sur le plancher dud. cabinet, que les comparants nous ont certiffié et attesté être celuy de lad. Fayllet, fille dud. Isaac Naymark, il est resté dans led. cabinet pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous, led. Baron Salomon, en hébreu, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois, de ce interpellé. Rayé en les présentes un mot comme nul. Bourgeois, Baron Salomon (bchr.), Louis Movea.

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