‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 115 sur 127 · Cette dernicrc signature est en caractères allemands · texte numérisé non relu

Cette dernicrc signature est en caractères allemands

15 septembre 1780, — Acte de décès de Jacob Rodrigue Pereire. Y 15288.

Du vendredy quinze septembre mil sept cent quatre vingt, de relevée.

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Montmartre, vis à vis la rue de la Jussienne, dans une maison dont la boutique est occupée par un marchand mercier, où étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre à coucher, pardevant nous sont comparus S'' Hananel Rodrigue Pereire, Juif Portugais, et S"" David Silveyra, marchand portugais, demeurant tous deux susditte rue Montmartre, paroisse Saint Eustache.

Lesquels nous ont dit que Jacob Rodrigue Pereire, pensionnaire du Roy et agent de la nation juive portugaise, âgé d'environ soixante six ans, est décédé la nuit dernière vers minuit, de maladie, dans ladittc chambre, professant la religion judaïque. Pourquoy ils requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation dans le cimetière des Juifs Portugais, à la Villette, en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre masculin gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous ont déclaré et certiffié estre celuy dud. Jacob Rodrigue Pereire, il est resté en icelle pour y demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Dont et de quoy nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous :

Hananel Rodrigues Pereire, D. Silveyra, Duchesne.

Vu le procès verbal, je n'empesche pour le Roy le cadavre dud. Jacob Rodrigue Pereire être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs de la nation portugaise, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce quinze septembre mil sept cent quatre vingt.

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce quinze septembre mil sept cent quatre vingt.

Lexoir.

Et ledit jour quinze septembre aud. an cinq heures de relevée, est comparu led. S'' David Silveyra, lequel nous a déclaré que led. S"" Pereire a été inhumé le jourd'huy, il y a environ une demie heure en exécution de l'ordonnance cy dessus. Et a signé :\XQC nous :

DucHESNE, D. Silveyra.

(Eu marge) : Rapporté en 7'' 1780. Trois livres.

3 octobre 1780. — Acte de décès de Jeantieite, plie d'Isaac Lêvy. Y 15288.

Du mardy trois octobre mil sept cent quatre vingt, du matin.

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté enclos du Prieuré de Saint Martin des Champs, rue Payelle, dans une maison dont la boutique est occupée par un limonadier, où étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, pardevant nous sont comparus Baron Salomon, Juif de Berlin, demeurant rue Beaubourg, maison du S"" Julliard, boulanger, et Lipman Nathan, Juif allemand, demeurant rue Maubuée, chez le S"" Dudoiart, limonadier.

Lesquels nous ont dit que Jannette, âgée d'environ dix sept mois, fille d'Isaac Lévy, Juif de Vesthoven ' en Alsace, et de la nommée Racail, sa femme, est décédée de maladie, la nuit dernière vers minuit, dans lad. chambre, que ses père et mère, qui professent la religion judaïque, étoient dans l'intention de l'élever dans la même religion. Pourquoy les comparans requièrent que son cadavre soit inhumé au cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition avons donné acte. Et après qu'il nous est apparu du cadavre d'un enfant, sexe féminin, gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous ont déclaré et attesté estre celuy de laditte Jeannette, fille dud. Isaac Lévy et sa femme, il est resté dans lad. chambre

I. Westhafen, aujourd'hui canton do Wassclnhcim, cercle de Molslieim.

pour y demeurer jusqu'à ce que par Monsieur le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation. Et de tout ce que dessus nous avons dressé le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé avec nous led. Baron Salomon en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en François.

DucHKSXE, Barox (hchr.), ', Lipmax Natak ^.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. Jeannette être inhumé à la Villctte,dans le cimetière des Juits de la nation allemande, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce trois S^re mil sept cent quatre vingt.

MOREAU

Soit fait ainsv qu'il est requis. Ce trois octobre mil sept cent quatre vingt.

Lexoir.

2 novembre 1780. — Acte de décès de Lion Isaae. Y 15288.

Du jeudy deux novembre mil sept cent quatre vingt, dix heures du matin.

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Maubuée, dans une maison dont la boutique est occupée par le S"' Collignon, maître limonadier, où étant monté au deuxième étage et introduit dans une chambre ayant vue sur lad. rue, par devant nous est comparue Marie SouUieux, tcmmc de Joseph Trépas, compagnon teinturier en soye, travaillant actuellement à Lille en Flandres, elle occupant la chambre où nous sommes depuis douze ans, laquelle nous a dit que Lion Isaac, Juif de Wissembourg en Alsace, âgé d'environ cinquante ans, qui étoit en pension chez elle et qui occupoit depuis dix ans une petite chambre à coté de celle où nous sommes, est décédé ce matin subitement, sur les six heures, dans la chambre où nous sommes, que hier ils ont soupe ensemble entre six et sept heures, qu'après le souper ils sont descendus chez led. S"" Collignon, où ils ont bu un demy poisson d'eau de fleurs d'orange, qu'ils sont remontés sur

Page 1