Arch. Nat., S
Mais elle n'avait encore rien acquitté ' quand elle mourut le 30 novembre 1773. Elle était même loin d'avoir acquitté le prix d'achat de sa maison. Sur un total de 6.000 1., 1000 avaient été versées comptant, le reste devant être réglé en 5 annuités avec intérêts à 5 °/'o : au bout de quatorze ans et demi elle restait devoir 5 .000 1. et les intérêts. La propriété revint donc aux vendeurs, qui se hâtèrent de faire apposer les scellés ^, et le 8 janvier 1776 ils la revendaient par acte sous seing privé à François-Alexandre Matard et à Marie-Marguerite Duval, sa femme. C'est dans la famille de ces derniers qu'elle allait désormais rester jusqu'au 23 novembre 1833, date à laquelle elle passait entre les mains du comte Auguste-Jean-Benoît de Ribes, auteur des propriétaires actuels 5.
Au moment de son décès, la veuve Caraeau habitait la maison, mais elle en avait loué une partie à destination d'auberge à un nommé Marie, et celui-ci au cours de la procédure des scellés apposés par le commissaire Bourgeois, déclarait avoir par devers lui une somme de 48 1. « reçeues pour l'enterrement d'un Juif-* ». Matard devait utiliser de la même manière le terrain placé derrière sa maison pour en tirer les mêmes bénéfices, et de graves difficultés devaient surgir entre les Juifs et lui.
1. La propriété figure en eflfet dans un « État de la situation du terrier du fief du Cens-Commun pour les art. à reconnoistre «, c'est-à-dire des propriétés qui ne sont pas enregistrées aud. terrier, avec ces deux notes : « Appartenoit à la Ve Cameau, il y a sentence ; mais cette maison est nouvellement vendue : sçavoir à qui ». « C'est la maison de l'Etoille ». Ces notes renvoient au n° 27 de la carte 15 correspondante.
2. Minutes du commissaire François Bourgeois, ler décembre 1775, Y. 11961.
3. Nous devons ces renseignements à l'obligeance de M. le comte de Ribes. François- Alexandre Matar était mort à 40 ans, le 5 janvier 1783 (Archives de la Seine, Reconstitution de l'Etat-Civil : copie annexée à un acte de notoriété reçu le le"" mars 1836 par Me Ferrière, notaire). La vente de 1855 fut faite par sa fille, Marie-Josephe-Emilie, veuve de Louis-Joseph- Simon Bevicrre. Les époux Bevierre n'avaient eu quittance définitive de Heguin fils que le 27 octobre 1822. Notons que ce sont ces mêmes époux Bevierre qui en 181 3 rachetèrent une partie du terrain du 44 acquis par Pereire (L. Kahn, Cimetières, p. 109, n. 3).