‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 20 sur 127 · Y. 11961, fo 10 v · texte numérisé non relu

Y. 11961, fo 10 v

AU XVIir SIECLE 23

« Vers 1775, selon L. Kahn ', on apprit que Matard faisait écorcher des chevaux et des bœufs sur le terrain destiné aux inhumations. » Par un mémoire — rédigé en 1778, si nous comprenons bien l'article déjà signalé des Archives israéliies^ — l'aubergiste demandait une indemnité de 4.000 francs pour ne disposer de souterrain « que dans six ans à partir de la contestation survenue entre lui et les Juifs, qui cessèrent d'enterrer chez lui 5. »

C'est pour parer à ces difficultés que Pereire acquit le terrain voisin. Cet enclos était en principe réservé aux seuls Portugais, et les permis d'inhumer de 1780 distinguent bien un cimetière portugais et un cimetière allemand. En réalité il fut également utilisé un certain temps par les Allemands. Le 24 mai 1781, Silveyra, syndic delà communautéde Rayonne, protestait contre cet usage ^. Les Allemands essayèrent à nouveau de s'entendre avec Matard, qui répondit en menaçant d'exhumer les corps ensevelis dans son jardin, et il fallut l'intervention du lieutenant de police pour l'empêcher de donner suite à cette menace. C'est vers la même époque qu'une autre personnalité du temps, Liefmann Calmer, tentait de faire adopter comme cimetière aux Askenazim le terrain qu'il avait acheté également à la Villette au nom de sa femme K Mais de ce côté non plus les pourparlers n'abou-

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