‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 25 sur 127 · Voir ci-dessus p. 25, n · texte numérisé non relu

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6. Ce transport se faisait en voiture. Voir les pièces nos 2 et 11 (« le cadavre... que nous avons fait conduire... ») Parmi les frais d'établissement du cimetière de 1780, Pereire prévoit « un corbillard ou voiture à transporter les morts » (L. Kahn, Cimetières, p. 107). Cf. ci-dessus p. 28, n.

t-il, n'ait songé à peindre ou à décrire un spectacle aussi curieux — et aussi émouvant ^

Ces restrictions durent au reste s'atténuer vers la fin du règne de Louis XVI. Très souvent les rédacteurs des actes mortuaires emploient une formule atténuée et disent simplement que l'inhumation se fera « à la manière accoutumée ». L'en-

I . Ainsi Mildmay qui décrit si minutieusement l'organisation de la police à Paris (The Police of France, or an account of the latus and régulations estahlished in that Mngdom for the préservation oj peace and preventing of rohheries, to ii'hich is added a particiilar description of the police and governnient of the city of Paris. London, printed by E. Owen and T. Harrisson, 1763 ; in-40, 138 p. [Bibl. Nat., 4° F. 939(1)]) et fournit des renseignements détaillés sur le pavage et l'éclairage des rues, semble se désintéresser de la situation non seulement des Juifs, mais de ses compatriotes. — Ni Walpole (Lettres de Horace Walpole écrites à ses amis pendant ses voyages en France, l'jj^-iy/^, traduites et prcccdces d'une introduction par le C*e de Bâillon. Paris, 1875 ; 2' éd.), ni T. SmoUett (Travels through France and Italy. London, 1766, 2e éd. [Bibl. Nat., 8° 1^9. 58]), ni Heinrich Storch (Ski~:^en, S:;;^enen and Bcmerkungen auf einer Reise durch Frankreich. Heidelberg, 1787 ; [Bibl. Carnavalet, 12448]) ne semblent s'être préoccupés de cette question. H. Sander, qui fournit cependant quelques détails sur les Juifs (Beschreibuvg seiner Reisen durch Frankreich, die Xiederlande, Holland, Deutschland und Italien. Leipzig, 1783 ; in-80, 1, p. 212), fait visite a l'aumônier de l'ambassade de Suède et va même l'entendre prêcher (ibid., pp. 44 et 65 ; Nemeitz, qui de son côté renseigne ses lecteurs sur les trois assemblées des Protestants étrangers {Séjour de Paris, c'est-à-dire Instructions fidèles pour les voiageurs de condition. Leide, 1727 ; in-80) ne font pas mention des formalités ou cérémonies funéraires. Ph. Thicknesse, dans ses Usefull Hints to those u'ho viake the tour of France (Xondon, 1768; Bibl. Nat., 8° L29. 3), mentionne seulement l'inhumation de Protestants enterrés sans cercueil dans la forêt de Saint-Germain (p. 145), et dans ses Observations on the custonts and manners of the French nation (Dublin, 1767 ; bibliothèque de M. P. Lacombe), se contente de noter (Lettre XVII, p. 88, 10 septembre 1766): « It is much to be wondered at, that so politic a nation should not remove every objection and give every encouragement to strangers to settle among them. I suppose their refusing Christian burial to ail such who do not die in the faith of the Church of Rome, has deterr'd and does continually deterr thousands from living for fear of dying hère... The Germans hâve a particular spot of Ground at Paris for burying their dead under ; and so might the English, if any English ambassador should ever think it worth while to make such a request ; and it is, in some measure necessary, to prevent the e.xpence of sending the dead bodies... over to England for inter-

terrement de Jacob Rodrigues Pereire a eu lieu à 4 heures 1/2 un après-midi de septembre % — peut-être, il est vrai, à cause de la situation du défunt - ; et l'article 30 de l'édit de novembre 1787 5, concernant ceux qui ne font pas profession de religion catholique, autorise les parents et amis à « accompagner le convoi, sans qu'il leur soit permis de chanter ni de réciter des prières à haute voix », mais sans qu'il soit prescrit que la cérémonie doive se faire de nuit 4. Ces défenses ne devaient du reste apporter que peu de gêne aux enterrements juifs^ pour lesquels le rite prescrit seulement la récitation de prières dites au cimetière par n'importe qui en présence d'un nombre quelconque d'assistants ; et peut être à voir le procès-verbal de l'inhumation de Golschemik >, faite, il est vrai, dans des conditions un peu exceptionnelles ^, — et à examiner de près les ratures qui surchargent le permis d'inhumer d'Hélène Benjamin Salomon ',

ment... ». — C'est sans doute que les hommes du xviii« siècle n'attachaient pas le même caractère que nous à ces enterrements nocturnes. En 1764, Sartine et Moreau (procureur du roi au Châtelet), donnant leur avis sur la création de cimetières hors Paris, ajoutent que les cérémonies se feront comme par le passé ; mais les corps resteront tout le jour dans une cave spécialement préparée dans chaque paroisse ; « puis la nuit venue, un charrier... attelle de deux chevaux conduit par un ou plusieurs fossoyeurs... accompagné d'un ecclésiastique choisi à cet eft'et et d'un luminaire suffisant ira dans les paroisses de l'arrondissement... enlever les corps et les transporter au cimetière désigné. (Y. 5500 : avis du 30 mai 1764). — • Tous les matins à 4 heures, un charriot «roulant dans le silence de la nuit » emportait à Clamart les morts décédés à THôtel-Dieu. Cf. Mercier, Tableau de Paris, t. III, (Amsterdam, 1782), 232.

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