Mémoire pour les héritiers d'Abraham Vidal, p
2. Ibid., p. 23-24. Pour établir que les privilèges des Portugais ne sont pas restreints aux généralités d'Auch, Bordeaux et Bayonne, il établit que les arrêts rendus depuis 1723 par le Conseil ou par divers Parlements s'appliquent seulement à des Avignonais ou à des Allemands. — De même en insistant pour l'enregistrement des lettres de 1776 au Parlement de Paris, Jaladon sacrifie « le reste des Juifs » (1783) (Bibl. Nat. Ms. Joly de Fleury, 472, fos 29-30).
3. Cf. sur cette tentative les lettres de Bertin des 5 août et 13 septembre 1776 à Joly de Fleury et les réponses du Procureur général des 9 et 13 septembre (Bib. Nat., Ms. Joly de Fleury, 472, fos 12, 19, 87). Voir aussi pour les efforts parallèles des Portugais (1776) en vue de faire étendre leurs privilèges aux colonies, A. Cahen, Les Juifs dans les colonies françaises au XVIII' siècle, dans Kei'iie des études juives, V, p. 180.
4. Bib. Nat. Ms. Joly de Fleury, 472, fo 32 : lettre de Jaladon, procureur au Parlement, chargé des intérêts de Silveyra, au secrétaire de Joly de Fleury.
5. Ibid., fo^ 85-86 : lettres de Vergennes à Joly de Fleury (21 mars 1784 et 30 mars 1785).
reur général oppose la résistance la plus inébranlable. Pour lui il n'abandonne rien de la doctrine deLefèvre de La Planche ', qui travaillait sous les yeux du chancelier d'Aguesseau et du premier Joly de Fleury- ; il maintient « qu'il y aurait de l'inconvénient d'accorder aux Juits Portugais, qui ont pu des généralités d'Ausch et de Bordeaux s'étendre et passer dans quelques autres villes considérables du Royaume, une confirmation qui s'étendît au ressort du Parlement de Paris, où on tient pour maxime qu'il ne faut rien changer à l'état de cette nation en général » ' ; et à ses yeux les arrêts mêmes des 20 avril 1783 et 8 février 1784 « n'ont point jugé leur existence légale dans le ressort du Parlement et que le Parlement ne se prêtera jamais à leur accorder... » +. C'est l'opinion du conseiller d'Ammecourt, du premier président d'Aligre^. Et jusqu'au bout l'Administration du Domaine affirmera ses droits. En 1787, elle interviendra dans la succession de Samuel Hirsch ^, et en novembre 1789 encore, à la sœur du graveur Heckscher, qui revendique — et finit par recouvrer — son héritage ■', l'avocat Doulcet répondra que « les Juifs sont incapables d'aucuns effets civils en France » ^.
De tels exemples ? précisent non seulement l'état juridique,
1. Ibid., f°. 88 vo : lettre de Joly de Fleury à Bertin (9 septembre 1776).
2. La charge de Procureur général au Parlement a été successivement occupée par trois magistrats de ce nom : François (1717-1746), son fils Guillaume-François-Louis (1746-1775) et un neveu de celui-ci (1775- 1789). (A. Molinier, Inventaire sommaire de la collection Joly de Fleury,
p. VII-VIIl).
3. Bib. Nat. Ms. Joly de Fleury 472, f» 105. Cette lettre est suivie dans le dossier de notes et extraits qui semblent avoir été utilisés en mars 1790 (voir le fo 107).