Avec une seconde signature de Schwabe en hébreu
5é DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS
Venise aud. hôtel de France occupé parle S"" Parmentier, où estant arrivé et monté en une chambre au premier estage d'icelle ayant vue sur lad. rue, où il nous est apparu du cadavre dud. Moyse Schuvabe, que nous avons fait enlever et enterrer en notre présence et dud. Rubin Schuvabe, Lyon et autres Juifs dans le jardin du S"" Camot, hôtelier àla Villettc, à l'Étoile, et ce en la manière ordinaire et accoustumée. Et ont... {sic)
Blanchard.
17 novembre 1737. — Scellé, acte de décès etproch-verhnJ d'inhiinmtion de Ruben Schouabe.
L'an mil sept cent trente sept, le dimanche dix sept novembre, huit heures du matin, en notre hôtel et par devant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, sont comparus Samuel Cahain, Juif de Mets, et Ruben Daltroff, Juif de Mets, demeurants à Paris, rue Saint Martin.
Lesquels nous ont dit que, sur l'avis à eux donné par la nommée Carra, tenant chambres garnies, rue Saint Martin, chez le S''Chalée, perruquier, que le nommé Ruben Schouabe, Juif de Metz, étoit tombé le jour d'hier dangereusement malade d'une oppression de poitrine ; que s'y étant transportés sur les minuit, ils auroient effectivement trouvé ledit Schouabe dans son lit, très malade, lequel leur auroit dit qu'il ne pouroit pas revenir de ladittc maladie et qu'il les prioient (5/f) très instament de vouloir bien avoir soin du peu d'effets qui luy restoit, affin de pourvoir aux frais de son inhumation ; que pour cet eifet, en la présence de lad. Carra et d'une autre particulière qui s'est trouvée présente, ils auroient pris plusieurs petites nippes qui étoient épars dans lad. chambre, entr'autre la culotte dud. Schouabe, dans laquelle led. Ruben Schouabe en auroit tiré la clef d'une armoire pour le tout y enfermer, et laquelle clef il auroit remis sur le champ èz mains dud. Samuel Cahin, à la charge par luv d'y prendre ce qu'il conviendra pour son inhumation, en cas qu'il vint à décéder, et luv a dit en hébreu qu'il ne croyoit pas avoir assez d'argent dans lad. armoire pour faire son dit enterrement ; que led. Ruben Schouabe étant tombé dans le même moment à l'agonie et menaçant d'une mort prochaine, ledit Samuel Cahin, attendu sa qualité de saccrdoty ', s'est retiré avec
I. Les descendants ou pseudo-descendants de la famille sacerdotale fondée par Aaron, frère de Moïse, (en hébreu, cohatiitn) ont dans la
la clef de lad. armoire, dont il est en possession ; et comme led. Schouabe est décédé sur les une heure après minuit, il nous requiert de présentement nous transporter avec led. S'' Daltrof dans la chambre où est le corps dud. Schouabe à l'effet par nous d'apposer nos scellez et cachets sur lad. armoire, de laquelle il nous a remis la clef, et de prendre dans icelle néantmoins la somme qu'il conviendra pour taire les frais de lad. inhumation, ainsy que l'a ordonné led. S"" Schouabe avant son décez, et que le tout soit laissé, ainsy que ce que nous retirerons de lad. armoire, en la garde et possession dud. S"" Rubin Daltrof. Et ont signé :
RuBEN Daltrof', Samul Cahen.
Sur quoy nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, avons donné acte auxd. sieurs Cahin et Daltroffe de leurs comparutions, dires et réquisitions, et en conséquence sommes transportez susditte rue Saint Martin en une maison occupée par bas par le S"" Chalée, perruquier, et étant monté au troisième étage et entré en une chambre avant vue sur la rue, y avons trouvé et est comparue par devant nous Louise Hamelle, veuve de Pierre Carra, tenant chambres garnies dans la maison où nous sommes, à laquelle avons fait entendre le sujet de notre transport, nous a dit qu'elle n'empêche l'apposition de nos scellez, même requiert à la conservation de ses droits. Et a signé :
Blanxhard, Louise Hamel Duamel (sic).
Et après qu'il nous est apparu du cadavre dud. Ruben Schouabe gissant sur une paillasse, étant dans le milieu de lad. chambre, et après serment fait par lad. femme Gara et par Marguerite Pehu, fille majeure, étant dans lad. chambre, ne n'avoir rien détourné, veu ny fait détourner aucuns effets de la succession dud. Schouabe, soit avant ny depuis son décez, directement ny indirectement, avons avec la clef qui a été remise en nos mains par led. S"" Cahin fait ouverture d'une armoire à quatre guichets fermées (sic) et en avons tiré la culotte dud. deffunt à la réquisition dud. S'' Daltrof, où nous avons trouvé dans les poches trois louis de vingt quatres livres pièces (.wV), trois demy louis de douze livres chacun, sept
célébration du culte certains privilèges ou certaines préséances. Le Lévitique, XXI, i sqq., leur interdit de rester sous le même toit qu'un mort.
I . Dans cette pièce la signature de Daltrof est chaque fois accompagnée de sa seconde signature en hébreu.
écus de six livres et un de trois livres, faisant le tout ensemble la somme de cent cinquante trois livres, avons aussv tiré de lad. armoire trois timballes, un étuv et une tabatière d'argent, le tout poinçon de Paris, pesant ensemble un marc trois onces deux gros, après quov avons remis dans lad. armoire plusieurs habits et effets à l'usage dud. deffunt étant dans lad. chambre, et avant refermé les quatre battans de lad. armoire avec leur clef restée en nos mains, avons sur les serrure, ouverture et fermeture d'iceux mis et apposé nosd. scellé (sic) dud. sceau et cachet de nos armes sur les bouts de trois bandes de papier ; item avons apposé nos scellez dud. sceau et cachet de nos armes sur les bouts de quatre bandes de papier posées sur les quatre tiroirs, serrure, ouverture et fermeture d'une commode de bois de noyer, après avoir refermée (^/c) lesd. tiroirs avec leur clef restée en nos mains.
Ce fait et ne s'étant plus rien trouvé à sceller ny à décrire dans lad. chambre, tous nos scellez sains et entiers sont restez en la garde et possession de lad. V^ Carra, laquelle s'en est volontairement chargée et promis les représenter touttes fois et quantes elle en sera requise comme dépositaire de biens de justice, et à l'égard de lad. somme de cent cinquante trois livres cy dessus décrite, desd. trois timballes, ctuv et tabatière d'argent cassée, ainsy que de deux boutons de manche d'or à grains qui se sont trouvez à une chemise salle, ont été laissez en la garde et possession dud. $■■ Ruben Daltrof, qui s'en est aussy chargé comme dépositaire de biens de justice, le tout pour parvenir aux frais qu'il convient faire pour l'inhumation dud. deffunt, à la charge de compter du tout quant et à qui il appartiendra. Et pour être statué sur lad. inhumation dudit Ruben Schouabe avons ordonné qu'il en seroit communiqué à Monsieur le Procureur du Rov pour être par Monsieur le Lieutenant général de police [ordonnéj ce qu'il appartiendra. Rayé (sic) mots comme nuls au présent procez verbal.
MARGUERnT(^/V) Pehue, Louise Hamel, Ruben- Daltrof,
Bl.AKCHARD.
Veu le présent procès verbal, je requiers pour le Roy le cadavre dud. Ruben Schouabe estre inhumé dans le chantier de la Villette, nuitament, sans bruit, scandale ny apareil, et estre enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est. Fait ce 17 9^''^ I737-
MOREAU
Veu le procès verbal de l'autre part et les conclusions cy dessus
AU XVIIl' SIÈCLE 59
du Procureur du Roy, nous ordonnons que le cadavre dudit Ruben Schouabe sera inhumé de nuit et sans scandai dans le chantier de la Villette. Fait ce 17^ 9'"-e 1737.
Hérault.
Et lesd. jour et an que dessus, sept heures du soir, nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, sommes transportez au village de la Villette, au chantier du S'' Camot, à l'enseigne de l'Étoille, où étant et en présence des S"'^ Ruben Daltrof et Moyse Spire Levy, Juifs de Metz, le cadavre dud. Ruben Schouabe a été inhumé en la manière accoustumée. Et ont signé avec led. S'' Camot:
Camo, Ruben Daltrof, Moyse Spir Levi, Blanchard.
* [La suite de l'acte comprend les différentes oppositions à la levée des scellés. La V^ Carra demande 60 1. pour 5 mois de loyer dûs par Schouabe et 39 1. 3 s. pour débours durant sa maladie. Le substitut du Procureur du Roi comparait « pour l'absence » d'Anne Levy, femme du défunt, Judiq Le\T, son fils, et autres, héritiers présomptifs ; ceux ci sont ensuite représentés par un fondé de procuration, Louis Lévv, négociant à Paris, rue Grenier Saint-Lazire. Elie Schouabe Raby, de Hagnenau, de présent à Paris, rue Saint- Martin, à la Cloche, réclame le paiement de 20287 1. 10 s. adjugés par arrêt des commmissaires du Conseil, députés pour juger les contestations concernant les vivres, fourrages et étapes. Les honoraires de Sauveur de Hauga, chirurgien, sont de 33 1. 10 s. Olry Spir Levy, banquier à Metz, fait opposition comme tiers porteur de 3 billets montant à 3000 1. signés par Gaud à Schouabe et contestés par le débiteur. La vente des bardes devant être insuffisante pour couvrir les frais de scellé et autres, un billet de 475 1. signé au défunt par un sieur Nivert sera mis en recouvrement.
L'inventaire est dressé par Jacques Gillet, notaire.]
7 juin 1738. — Acte de décès et procès-verbaî d'inhumation de Rachel Tohar.
Y 14535, dossier spécial, n° 24.
L'an mil sept cent trente huit, le vendredy sept juin, neuf heures du matin, par devant nous, Louis Pierre Blanchard, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris, en notre hôtel, est comparu Ribca de Léon, femme de Isac Tobar, marchand juif d'Hol-
lande, demeurante à présent à Paris, rue Saint Denis, vis à vis la rue Thevenot.
Laquelle nous a dit et déclaré que le jour d'hier sur les huit heures du soir Rachel Tobar, sa fille, âgée de dix mois, est décédée. Pourquoy elle vient nous en faire la présente déclaration et être par nous pourvu à son inhumation en la manière accoustumée. Et a déclarée ne sçavoir écrire ny signer, de ce interpellée suivant l'ordonnance.
Sur quoy, nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, nous avons donné acte à lad. femme Tobar de sa comparution, dire, déclaration et réquisition. En conséquence, nous avons ordonné que le présent procèz verbal seroit communiqué à Monsieur le Procureur du Roy du Châtelet (i'/V) pour avoir ses conclusions sur laditte inhumation et être par Monsieur le Lieutenant général de police ordonné ce que de raison. Dont et de quov nous avons dressé le présent procèz verbal.
Bl.ANXHARD.
\'eu le procès verbal, je n'empesche pour le Rov le cadavre de laditte Rachel Tobar estre inhumé nuitament, sans bruit nv scandai, en la manière accoutumée, dans le lieu à ce destiné et enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est. Fait ce 7 juin 1738.
MOREAU
Vu le procès verbal du commissaire Blanchard de l'autre part, ensemble les conclusions cy dessus du Procureur du Roy, nous ordonnons que le corps de lad. Rachel Tobar sera inhumé de nuit, sans bruit nv scandale, en la manière accoutumée, dans le lieu à ce destiné. Fait ce 7 juin 1758. Raves cinq mots nuls '.
Hérault.
Et lesd. jour et an que dessus, dix heures du soir, nous, conseiller du Roy, commissaire susdit, pour l'exécution de l'ordonnance de Monsieur le Lieutenant général de police cy dessus, nous nous sommes transportez au village de la Villette, en la maison du S"" Camot, à l'Etoille, où, en présence du S"" Emanuel de Léon et du S"" Ruben Daltrof, Juifs de Bordeaux ^ le cadavre de lad. Rachel
1. Il avait été précédemment écrit : Ribca de Léon femme de Isac.