‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 54 sur 127 · Identification fantaisiste · texte numérisé non relu

Identification fantaisiste

où nous sommes depuis environ trois mois, et qu'il est décédé cejourd'huy environ le midy. Laquelle déclaration il font pour rendre justice à la vérité et servir et valoir ce que de raison. Et ont signé : Rayé dix mots dans la présente déclaration comme nuls.

Flamand, G. Maille, Warnier, Leclair.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de Benjamin Ourba dit Lange être inhumé nuitament, sans bruit, scandale ni apareil dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 13 may 1761.

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Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 13 mav 1761.

De Sartine.

(En marge :) Charité. Procès verbal d'inhumation de Benjamin Ourba dit Lange, Juif de nation.

5 juin 1761. — Acte de décès de Jdcoh Dalpiiget le jeune. Y 13953.

L'an mil sept cens soixante un, le cinq juin, huit heures du matin, en notre hôtel et pardevant nous, André François Leclair, avocat en Parlement, conseiller du Roy, commissaire au Chàtelet de Paris et ancien préposé pour la police au quartier S' Martin, est comparu S'' Israël D'Alpuget, Juif de nation, négociant de Bourdeaux, v demeurant ordinairement, étant de présent à Paris, logé rue de la Vieille Bouderie, en une maison dont est principal locataire le nommé Marye, marchand laictier.

Lequel nous a dit que Jacob D'Alpuget le jeune, âgé d'environ quarente cinq ans, aussy Juif de nation, négociant à Bordeaux, est décédé cejourd'huy sur les six heures du matin, en une maison appellée l'hôtel de La Marche, scis à Paris, rue des Potdevins, paroisse S' André des Arts, où il logeoit, et comme il est nécessaire de pourvoir à son inhumation, il nous requiert de nous transporter aud. hôtel de La Marche à l'effet de constater sa mort aux fins de ce que dessus. Et a signé :

Israël Dalpugkt.

A l'instant, nous commissaire susd. et soussigné, sommes transportés susd. rue des Potdevins, dans led. hôtel de La Marche, où

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étant monté dans une petite chambre au premier étage ayant vue sur lad. rue, y avons trouvés un corps mort et avons aussy trouvé dans lad. chambre deux particuliers, qui nous ont dit s'appeller, l'un, Jacob Dalpuget père, oncle dud. Jacob Dalpuget le jeune, et l'autre Josué Petit, cousin issu de germain dud. Jacob Dalpuget le jeune, lesd. Jacob Dalpuget père et Petit, tous deux Juifs de nation, négocians en la ville de Bordeaux, y demeurant ordinairement et étans de présent à Paris logé Çsic) en l'hôtel où nous sommes, lesquel nous ont certiffié et attesté que le corps mort cy présent est celuv dud. Jacob Dalpuget le jeune, âgé d'environ quarente cinq ans, aussy négociant à Bordeaux, décédé cejourd'huy en la chambre où nous sommes. Laquelle déclaration ils font pour rendre justice à la vérité et servir ce que de raison. Et ont signé : Jacob Dalpuget père, Josué Petit, Leclair.

Vu le procès verbal je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Jacob Delpuget le jeune être inhumé nuitament, sans bruit, scandale ni apareil, dans le jardin du nommé Camot, aubergiste à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et tenir la main si besoin est et en sont requis. Fait ce 5 juin 1761.

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Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 5 juin 1761.

De Sartixe.

23 janvier 1762. — Acte de décès de Jacob de Soiievat et information relative à sa mort.

L'an mil sept cens soixante deux, le samcdv vingt trois janvier, quatre heures de relevée, sur l'avis donné à nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Chàtelet de Paris, par M'' le curé de la paroisse Saint Séverin qu'un particulier à luy inconnu venoit de mourir dans les sentimens de la religion juive, chez la veuve Sirjan, logeuse, demeurant rue Zacharie, dépendante de sa paroisse et de nostre de nostre (m") département, nous nous sommes à l'instant transporté susd rue Zacharie, chez lad. veuve Sirjan, et étant entré dans une chambre au premier étage ayant vue sur la cour d'une maison de laquelle elle dépend, scituée dans lad. rue, et dont le principal locataire est le S"^ Flon, bourgeois de Paris, nous y avons trouvé et est comparue pardevant nous Marie Regnault, veuve de François Sirjan, remou-

leur, elle logeuse, demeurante à Paris en la maison où nous sommes présentement, paroisse Saint Séverin.

Laquelle nous a dit et déclaré que le vingt huit décembre dernier un particulier qui s'est dénoncé nommer Jacob de Soucvat, Juif du Bourg de Saint Esprit près Bagniol ', est venu loger chez elle, suivant laquelle dénomination il est inscrit sur ses registres qu'elle nous a représenté et que nous luy avons rendu, que depuis ce tems jusqu'à présent qu'il n'a point discontinué de demeurer chez elle, elle luy a toujours entendu dire qu'il vouloit se faire baptiser et n'a point remarqué quels exercices de religion il professoit, mais a obser\-é qu'il a toujours eu une toux considérable dont il se plaignoit et qui luy occasionnoit même de fréquens crachemens de sang, qu'hier, sur les cinq heures du soir, rentrant chez la comparante, il s'est assis près du feu de cette dernière et a poussé plusieurs gémissemens comme provenant d'un asmatique, qu'environ une demie heure après ayant récité ses prières, il est allé se coucher dans la chambre où nous sommes, qu'il avoit coutume d'habiter et où se retirent plusieurs autres particuliers logeant chez la comparante, que ses douleurs avant continué, elle a esté obligée de le veiller et faire soigner pendant toute la nuit et le matin, que sur les dix heures un particulier, dont elle ignore le nom, la profession et la demeure, mais qu'elle croit estre Juif, est venu dans lad. chambre voir led. Souevat, pour lequel il a fait apporter du vin, et s'est retiré en luy disant de ne pas manger de viande dans la journée parce que c'estoit le jour de sabat ^, qu'il y a plus d'une heure led. Souevat est décédé sans expliquer aucuns scntimens nv volonté. Pourquoy et attendu et que dessus, elle nous fait la présente déclaration et requiert qu'il soit présentement par nous dressé procès verbal du décès dud. Souevat, de constater Testât de son cadavre et de nous transporter ensuitte ez hôtels de Messieurs les magistrats pour estre par eux requis et ordonné ce qu'il appartiendra à ce sujet, nous déclarant qu'il n'a apporté chez elle et n'y possède que les vétcmens qui le couvroient, consistans en habit de draps, une veste de camelot, le tout gris blanc doublé de laine de pareille couleur, l'habit à boutons de piersete et la veste de poils de chèvre, une culotte de draps noir, une paire de bas de laine de même couleur, une chemise non garnye, à laquelle sont attachés

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