‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 58 sur 127 · I. Avec seconde signature hébraïque · texte numérisé non relu

I. Avec seconde signature hébraïque

dans le lieu destiné à la sépulture des Juifs, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce douze janvier mil sept cent soixante six.

MOREAU

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce douze janvier 1766.

De Sartine.

(En marge :) Charité.

28 septembre 1766. — Acte de décès d'Emmanuel Dalpuget. Y 11082.

L'an mil sept cent soixante six, le dimanche vingt huit septembre, onze heures du soir, en l'hôtel et pardevant nous, Louis Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, sont comparus Sieurs Joseph Petit, Jacob Petit et Mardoché Ravel, tous trois Juifs, négociants, demeurans à Paris, Les deux premiers, rue Saint Martin, paroisse Saint Méry, et le troisième, rue de Montmorency, paroisse S* Nicolas des Champs.

Lesquels nous ont dit que S"" Emmanuel Dalpuget, âgé d'environ cinquante ans, aussy Juif, négociant, demeurant à Paris rue de la Verrerie, vis à vis celle du Cloitre Saint Méry, en une maison à porte cochère dont le rez de chaussée sur la rue est occupé par le S"" Therouenne, marchand mercier, vient de décéder il y a environ cinq heures en une salle au rez de chaussée au fond de la première cour de laditte maison avant vue sur un passage qui conduit au fonds d'icelle et faisant partie des lieux qu'il y occupoit, et comme led. S"" Emmanuel Dalpuget est mort dans les sentimens de la religion judaïque, ils requièrent que nous nous transportions présentement avec eux dans la ditte salle, où est gissant le corps dud. S'' Dapulget, à effet de constater son décès et de faire ensuitte ordonner son inhumation conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont signé la présente comparution, où il a été rayé six mots nuls :

Joseph Petit, Jacob Petit, Ravel.

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donné acte auxd. S" Petit et Ravel de leurs comparutions, dires et réquisitoire cy desdus, et, en conséquence, pour faire droit aud. réquisitoire, nous nous sommes à l'instant transporté avec eux susd. rue de la Verrerie en lad. maison à porte cochère cy devant désignée, et ayant été introduit en une salle au rez de chaussée au fonds de la première

cour de lad. maison ayant vue sur un passage qui conduit au fonds d'icelle et précédée d'une petite antichambre, nous y avons trouvé et veu, enveloppé d'un drap et étendu sur le carreau, un cadavre masculin, qui nous a paru de l'âge d'environ cinquante ans, que lesd. S"^^ Petit et Ravel nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences estre celui dud. deffunt S"" Emmanuel Dalpuget.

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. S"" Emmanuel Dalpuget, nous nous transporterons es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous commissaire :

EoRMEL, Joseph Petit, Jacob Petit, Ravel.

Wi le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Emmanuel Dalpuget être inhumé sans bruit, scandale ni appareil, dans la maison du nommé Cabot', à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 28 septembre 1766.

More AU.

Soit fait ainsi qu'il est requis. Ce 28 septembre 1766.

De Sartixe.

(/:» marge ;) Police.

Rapporté en avril 1781. Trois livres.

Habui 10 1. De Joigxv.

27 novembre 1766. — Acte de décès de Sara de Paul. Y II 082.

L'an mil sept cent soixante six, le jeudy vingt sept novembre, neuf heures et demie du matin, en l'hôtel et par devant nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, est comparu S-^ Jacob de Paul père, Juif, négociant, demeurant à Paris, rue et paroisse Saint André des Arcs.

Lequel nous a dit que Sara de Paul, âgée de seize mois et demy

I . Mot écrit postérieurement dans un blanc laissé à cette intention .

AU XVIIl^ SIECLE 109

OU ciniron, fille de S' Ange de Paul, aussi Juif, négociant, et de demoiselle Anna de Perpignan, vient de décéder il y a environ une heure en une pièce servant de cuisine ayant vue sur une cour et faisant partie des lieux qu'occupent lesd. père et mère, au premier étage sur le devant d'une maison seize en cette rue de la Harpe, presque vis à vis la rue Poupée, dont le rez de chaussée est occupé par le S'' Merlin, libraire, et comme lad. Sara de Paul est morte dans les sentimens de la religion judaïque, led. S"" de Paul comparant, son ayeul paternel, requiert que nous nous transportions présentement avec luy dans lad. pièce où est gissant le corps de lad. Sarra de Paul, à l'effet de constater son décès et de faire ensuitte ordonner son inhumation conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et a signé en caractères hébraïques :

Jacob de Paul. (Jjchr.).

Sur quoy nous, commissaire susdit, avons donné acte aud. S' de Paul, comparant, de sa comparution, dire et réquisitoire cy dessus, et, en conséquence, pour faire droit à sond. réquisitoire, nous nous sommes à l'instant transporté avec luv susd. rue de la Harpe en lad. maison cy devant désignée et ayant été introduit en lad. pièce servant de cuisine au premier étage, faisant partie des lieux qu'occupent led. S"" Ange de Paul et sa femme etaussy désignés cy devant, nous y avons trouvé exposé sur un berceau d'enfant un cadavre féminin d'un enfant qui nous a paru de l'âge d'environ seize mois, que led. S»^ Jacob de Paul et led. ?>' Ange de Paul, demeurant dans lesd. lieux où nous sommes, à ce présent, nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences estre celuy de lad. defiunte Sarra de Paul, fille dud. S"" Ange de Paul etpetitte fîlle dud. S'' Jacob de Paul.

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. Sarra de Paul, nous nous transporterons es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous commissaire, à l'égard dud. S'' Jacob de Paul en caractères hébraïques :

Jacob dh Paul (bcbr.). Lange de Paul, Formel.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy la cadavre de lad. Sara de Paul être inhumé sans bruit, scandale ni apareil dans le cimetière des Juifs à la Villette, et être enjoint aux officiers du

no DOCUMENTS SUR LES JUIFS A PARIS

guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 27 novembre 1766.

Soit fait ainsy qu'il est requis. Fait ce 27 novembre 1766.

De Sartine.

(^En marge ;) Police.

Rapporté en avril 1781. Trois livres.

Habui 10 1. De Joigky.

13 mars 1767. — Acte de décès de Rebecca Cosie, femme d'Isaac Estèves Y 11083.

L'an mil sept cent soixante sept, le vendredy treize mars, unze heures et demie du soir, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Chàtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Saint Honoré, du même costé et près l'églize Saint Roch, en une maison dont le rez de chaussée est occupé par le S"" Regnault, maitre rôtisseur, et ayant été introduit en un appartement au premier étage au dessus de l'entresole ayant vue sur lad. rue Saint Honoré, nous y avons trouvé et par devant nous sont comparus Sieur Jacob de Paul fils, Juif, négociant, demeurant à Paris, rue Poupée, paroisse Saint Séverin, S"" David Raphaël, négociant, demeurant à Paris, rue du BouUois, à l'hôtel de Grenoble, paroisse Saint Eustache, et S"" Salomon Sylva, aussy négociant, demeurant à Paris, rue de la Croix des Petits Champs, à l'hôtel de la Couronne, susd. paroisse Saint Eustache, ces deux derniers aussy Juifs.

Lesquels nous ont dit que demoiselle Rebecca Coste, épouse de S"" Isaac Esteves, pareillement Juif, négociant, demeurant dans les lieux où nous sommes, vient d'y décéder ce jourd'huy vers les six heures du soir, âgée d'environ trente neuf ans, dans les sentimens de la religion judaïque, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater son décès et de faire ensuitte ordonner son inhumation conformément aux Déclarations de Sa Majesté rendues à ce sujet. Et ont déclaré ne pouvoir ce jourd'huy, heure présente, attendu le soleil couché, écrire ny signer eu égard aux rits et usages de lad. religion judaïque • dans les sentimens de

I. Les pratiquants n'écrivent pas le jour du sabbat, qui commence le vendredi soir au coucher du soleil.

laquelle ils vivent, de ce interpellés suivant l'ordonnance. Sur quoy nous, commissaire susd., avons donne acte auxd. S""* susnommés de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, et, en conséquence, ayant été introduit en une chambre à coucher faisant partie dud. appartement cy dessus désigné, laquelle a vue sur la rue, nous y avons trouvé, exposé sur un lit à housse et baldaquin de toille de coton bleue et blanche, un cadavre féminin, qui nous a paru de l'âge de près de quarante ans, que lesd. S. de Paul, Raphaël et Sylva nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences estre celuy de lad. feue demoiselle Rebecca Coste, épouse dud. S. Esteves.

Et pour faire ordonner l'inhumation de lad. demoiselle Rebecca Coste, épouse dudit. S"" Esteves, nous nous transporterons incessamcnt es hôtels de M. le Procureur du Roy et de Monsieur le Lieutenant général de police pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valloir ce que de raison. Nous, commissaire, avons signé ; à l'égard desd. S''^ de Paul, Raphaël et Sylva, ils ont déclaré ne pouvoir ce jourd'huy, heure présente, attendu le soleil couché écrire ny signer eu égard aux rits et usages de lad. religion judaïque qu'ils exercent, de ce interpellés suivant l'ordonnance.

Formel.

\'u le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de la demoiselle Rebecca Coste, femme Esteves, être inhumé sans bruit, scandai ni apareil, au cimetière des juifs à la Villette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 13 mars 1767.

MOREAU

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 13 mars 1767.

De Sartine.

(fn marge) : Doit.

Rapporté en avril 1781. Trois livres.

Habui 10 1. De JoiGNY.

1 1 avril 1767. — ■ Acte de décès de Raphaël Bachi

L'an mil sept cent soixante sept, le samedy unze avril, cinq heures du matin, nous, Amable Pierre Touvenot, écuyer, conseiller

du Rov, commissaire au Chàtelet de Paris, substituant M^ Gilles Pierre Chenu, notre confrère, ayant été requis, sommes transportés quay Conti, en la maison dont le S"" Lemaignen est principal locataire, oij étant montés en l'appartement du deuxième étage et entrés dans une chambre à coucher avant vue sur Icd. quay, y est comparu par devant nous Pierre Michalot, dit Saint Pierre, laquais au service du S"" Bachi, demeurant en l'appartement où nous sommes.

Lequel nous a dit que le S'' Raphaël Bachi, peintre en miniature, juif de nation, natif de Turin, âgé de cinquante un ans, demeurant dans Icd. appartement, vient d'y décéder il y a une demie heure dans les sentimens de sa religion ; et comme il est nécessaire de pourvoir à son inhumation, il a à cet eifet requis notre transport pour estre statué ce que de raison. Et a signé :

Michalot.

Et à Tinstant comparut par devant nous Si^ Pierre Jacques Guesdon, bourgeois de Paris, demeurant rue de la Chanverrerie, lequel nous a dit qu'il a connoissance que led. sieur Raphaël Bachi, Juif de nation, peintre en miniature, natif de Turin, âgé de cinquante un ans, est décédé il y a une demi heure dans la chambre à coucher où nous sommes d'une catare à la tète, dont il a été attaqué il y a environ deux mois, dans les sentimens de la religion juive. Pourquoi requièrent qu'il soit pourvu à son inhumation. Et a signé :

Michalot, Gulsdok.

Sur quoy nous, conseiller commissaire susd., avons donné acte des comparution, dires, déclarations et réquisitoire cy-dessus, et, en conséquence, pour être statué lad. inhumation nous avons ordonné qu'il en sera par nous référé à Monsieur le Lieutenant général de police pour être par lui, sur les conclusions de Monsieur le Procureur du Roy, ordonné ce qu'il appartiendra, et jusqu'à ce nous avons laissé le cadavre dud. Raphaël Bachi en la garde dud. Michalot qui s'en s'est chargé pour en faire la représentation toutes fois et quand il en sera requis. A l'eftet de quoi il a élu son domicile en sa demeure susd. ¥a a signé avec nous. Raie dix mots nuls ci-dessus.

TouvEKOT, Michalot.

Vu le procès verbal cv dessus, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Raphaël Bachi être inhumé nuitament, sans bruit,

scandale ni appareil, dans le jardin de la maison où pend pour enseigne l'Htoille, occupe^e par la veuve Cameau à la \'illette, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 1 1 avril 1767.

MOREAU

Soit tait ainsi qu'il est consenti. Fait ce 11 avril 1767.

De Saktixe.

(L» iiiaroc) : Rapporté'.

II avril-25 juin 1767. — Scellé de Raphacl Bachi -. Y 1158^.

Scellé de Raphaël Bachi, peintre en miniature, 51 ans, quai Conti, maison du S"" Avet de Loyzerolle, avocat au Parlement.

Commissaire : Touvenot, remplaçant Chenu.

Déclarant : Pierre Michalot, domestique du défunt.

La présence du cadavre est constatée, le corps étendu sur un lit en niche à housse de camelot rayé vert et gris. Outre Michalot, figurent à l'acte, sa femme, Madeleine AUuine, cuisinière de Bachi ; la veuve Jean Charpentier, garde-malade ; Lange de Paul, Juif, négociant, rue de la Harpe, paroisse Saint Séverin, exécuteur testamentaire du défunt en vertu du testament reçu par J. B. P. Bevière, notaire ; la sœur et le frère du défunt : Abigaïl Juste Bachi, femme de GratiaDioBazcri, banquier à Turin, présentement à Paris, hôtel du Saint Esprit, rue de l'Hirondelle, paroisse Saint André des Arts, légataire universelle ; — Samuel Jacob Bachi, de Turin, représenté, vu son absence, parle substitut du Procureur du Roi au Châtelet. L'ambassadeur de Sardaigne qui avait commencé par demander la mise sous scellé, se désiste « attendu qu'il se trouve avoir nommé un exécuteur testamentaire ». Parmi les oppositions, celles de François Dupuis, bourgeois, rue Saint-Honoré, auquel Bachi avait prêté huit louis d'or contre nantissement d'argenterie ; et le comte de Maillé, le prince de Condé, le comte de Tessé, le chevalier d'Arc pour divers portraits confiés ou commandés au défunt.

L'inventaire est dressé par les notaires Jean-Baptistc-Pierrc

1 . Ce procès-verbal a déjà été publié, de même que les parties intéressantes au point de vue artistique du scellé suivant, par J. Guiffrey, Xoiivelles Archives ih l'Art fiançiiis, 2* série, t. V (1884), p. 396-403.

Page 1