‹ Documents sur les Juifs à Paris au XVIIIe siècleChapitre 76 sur 127 · En caractères allemands · texte numérisé non relu

En caractères allemands

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre de lad. Charlotte être inhumé à la Villette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce treize aoust mil sept cent soixante quinze.

MOREAU

Soit tait ainsy qu'il est requis. Ce treize aoust 1775.

Albert.

4 septembre 1775. — Jcte de ilàès d'Ak~^ar Vidal,

fils d'Israël Vidal, Y II 09 I .

L'an mil sept cent soixante quinze, le lundy quatre septembre, quatre heures et demie de rellevée, nous, Louis François Formel, conseiller du Roy, commissaire enquesteur examinateur au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Neuve Saint Eustache, maison à porte cochère, au dessus de laquelle un tableau portant : « Vidal l'aîné, privillegié du Rov, tient magasin d'étotfes de soye », et étant monté en un appartement composé de trois pièces sur le devant, au quatrième étage de lad. maison, nous y avons trouvé et par devant nous sont comparus S"" Jacob de Paul père, Juif, négotiant, demeurant à Paris, rue Màcon, paroisse Saint Séverin, et S"" Jacob de Castille, aussi Juif, négotiant, demeurant au coin des rues Dauphine et Mazarine, paroisse Saint Sulpice.

Lesquels nous ont dit que Alezar Vidal, âgé d'environs (sic) six ans, fils du S"" Israël \"idal l'ainé, Juif, négotiant, et de demoiselle Sara Alegre, aussi juive, son épouse, demeurans maison où nous sommes, est décédé ce jour d'huy entre neuf et dix heures du matin, à la suite d'une maladie de fièvre maligne dont il étoit attaqué depuis neuf jours, en une chambre à coucher dépendante de l'appartement où nous venons d'être introduit, dépendant des lieux occupés dans lad. maison par sesd. père et mère, dans les sentimens de la religion judaïque, sous l'empire de laquelle il est né, et que professent sesd. père et mère, et qu'ils ont requis notre transport à l'effet de constater led. déceds et de faire ordonner l'inhumation dud. Alezar Vidal, conformément aux déclarations de Sa Majesté à ce sujet. Et ont signé, à l'égard dud. S"" de Paul père en caractères hébraïques, sa signature ordinaire :

Jacob de Paul (bcbr.), J.\cob Castille.

Sur quoy nous, commissaire susd., avons donne acte auxd. S'"' De Paul et De Castillc de leurs comparutions, dire et réquisitoire cy dessus, et de ce qu'il nous est apparu, dans lad. chambre à coucher dépendant dud. appartement où nous sommes, éclairé par une croisée donnant sur la rue, d'un corps mort masculin, qui nous a paru de l'âge d'environs six ans, étendu sur le carreau, enveloppé de linges et d'une couverture de laine blanche, lequel corps lesd. comparans nous ont déclaré et affirmé en leurs âmes et consciences être celui dud. Alezar Vidal.

Et pour faire ordonner l'inhumation dud. Alezar Vidal, nous nous transporterons au plus tôt es hôtels de Monsieur le Procureur du Roy audit Châtelet et de Monsieur le Lieutenant général de police, pour obtenir leurs conclusions et ordonnance à cet effet.

Dont et de quoy nous avons rédigé le présent procès verbal pour servir et valloir ce que de raison. Et ont signé avec nous commissaire, à l'égard dud. S"^ De Paul père en caractères hébraïques, sa signature ordinaire :

Jacob de Paul (hehr.), Jacob Castille, Formel.

Vu le procès verbal, je n'empêche pour le Roy le cadavre dud. Alzar {sic) Vidal être inhumé sans bruit, scandale ni apareil, dans le cimetière des Juifs, à la Villettc, et être enjoint aux officiers du guet et de police d'y veiller et prêter main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce 4 septembre 1775.

Moreau.

Soit fait ainsi qu'il est requis. Fait ce 4 septembre 177).

Albert.

{En marge) : Rapporté en juillet 1781. Trois livres.

II septembre 1775. — Jctc de décès de Giiîloii, fille

de Mardochce Jacob.

Du lundy unze septembre mil sept cent soixante quinze, neuf heures du matin.

Nous, Hugues Philippes Duchcsnc, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue des Ménestriers, dans une maison tenue garnie par le nommé La Thélyze, chaudronnier, oià étant monté au deuxième étage, et entré dans une chambre avant vue sur lad. rue, occupée

par Mardochce Jacob, Juif de Velin ', près Sarelouis, et la nommée Naffier, sa femme, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Lazare Jacob, Juif dudit Velin, demeurant à Paris, rue Brisemiche, à l'hôtel Saint Pierre, et Salomon Salomon, Juif d'Amsterdam, demeurant rue des Petits Champs Saint Martin, maison du S'' Roger, tabletier.

Lesquels nous ont dit que la nommée Guiton, âgée d'environ huit ans, fille desd. Mardochée Jacob, et Naffir, sa femme, est décédée hier dix heures du soir, de la petitte vérolle, proffessant la religion judaïque. Pourquoy ils requièrent que le cadavre de lad. Guiton soit inhumé dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte, et encore de ce que les comparants nous ont déclaré que lesd. Mardochée Jacob et sa femme ne sont point en état de pourvoir aux frais ordinaires de l'inhumation de leur enfant. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous ont déclaré être celuy de lad. Guiton, iceluy cadavre est resté dans laditte chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé en hébreux, ayant déclaré ne pouvoir signer en françois :

Lazare Jacob (behr.j, Salomon Salomok (hehr.), Ducheske.

Vu le procès verbal, je n'enpéche pour le Roy le cadavre de lad. Guiton être inhumé à la Vilette, dans le cimetière des Juifs, en la manière accoutumée, et être enjoint aux officiers du guet et de police de prester main forte si besoin est et en sont requis. Fait ce unze septembre 1775 :

MOREAU

Soit fait ainsy qu'il est requis. Ce unze septembre 1775.

Albert.

1. Aujourd'hui Wellingen, coni. de Dentlngen, cercle de Boulay (Lorraine).

19 septembre 1775. — Acte de décès de Mardochéc Aaron, fils d' Aaron Moyse.

Du mardy dix neuf septembre mil sept cent soixiinte quinze, neuf heures du matin.

Nous, Hugues Philippes Duchesne, conseiller du Roy, commissaire au Châtelet de Paris, ayant été requis, nous sommes transporté rue Grenier Saint Lazare, dans une maison dont la boutique est occupée par le S"^ Dumange, marchand de vin, où étant monté au premier étage, et entré dans une chambre ayant vue sur lad. rue, occupée par Aaron Moyse, Juif d'Alsace, et Layer Franque, sa femme, y avons trouvé et par devant nous sont comparus Goudechoux Franque, Juif d'Apfic ' proche Schelestat en Alsace, logeant à Paris, rue Beaubourg, chez la demoiselle Lendormi, et Abraham Grinstad, Juif de Grinstad ^ en Allemagne, demeurant enclos de Saint Martin des Champs.

Lesquels nous ont dit que Mardochée Aaron, âgé d'environ huit ans, fils desd. Aaron Moyse et Layer Franque, est décédé hier neuf heures du soir de suitte de maladie, profFessant la religion judaïque. Pourquoy ils requièrent que son cadavre soit inhumé dans le cimetière des Juifs en la manière accoutumée. Desquels comparution, dire et réquisition nous avons donné acte, et encore de ce que les comparants nous ont déclaré que lesd. Aaron Moyse et sa femme ne sont point en état de pourvoir aux frais ordinaires de l'inhumation de leur enfant. Et après qu'il nous est apparu d'un cadavre gissant sur de la paille étendue sur le plancher de lad. chambre, que les comparants nous ont certiffié et attesté estre celuy dud. Mardochée Aaron, iceluy cadavre est resté dans lad. chambre pour y demeurer jusqu'à ce que par M. le Lieutenant général de police il ait été statué sur lad. inhumation et sur le contenu au présent procès verbal, que nous avons dressé pour servir et valoir ce que de raison. Et ont signé sçavoir led. S'' Abraham Grinstad en françois, et led. Franque en hébreux, ayant déclaré ne sçavoir signer en françois.

Duchesne, Abraham Gruxstad, Goudechoux pRAxauE (hchr.).

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