Le catalogue (exclusif et inclusif) de ces livres
comme contenant seuls cette doctrine. (La collection consacrée.)
Le canon n*estpas seulement une collection^ mais comme tel implique la détermination préalable des écrits qui constituent cette collection.
Aperça historique.
Le canon de l'Ancien Testament, après s'être formé graduellement par l'addition successive des principaux écrits qui le composent, fut complété et fixé à l'époque qui suivit le retour de la captivité. Il a d'ailleurs pour lui la confirmation implicite et explicite de Jésus-Christ et de ses apôtres. Cîette approbation, non plus que la tradition des Juifs de la Palestine, ne s'étend pas aux livres dits apocryphes de l'Ancien Testament, et que nous ne possédons
que dans un texte grec. Depuis les apôtres Tliistoîre du canon de l'Ancien Testament se confond aTec celle du Nouveau.
Les écrits apostoliques durent se répandre dès leur origine par suite des besoins auxquels ils s'adressaient, non moins que du caractère de ceux dont ils émanaient. Ils durent être rassemblés avec un soin croissant à mesure que les disciples immédiats de Jésus -Christ disparaissaient, que les charismes de FEsprit tarissaient, que les hérésies paraissaient, en un mot, à mesure que l'appel à l'autorité, à renseignement apostolique comme norme de l'enseignement chrétien, devenait plus nécessaire.
Les traces de la formation graduelle de la collection sacrée nous manquent en grande partie ; mais l'état de cette collection et l'autorité dont elle parait revêtue vers la fin du a.^ siècle , nous montrent l'idée et le fait du canon du Nouveau Testament déjà fixés dans leurs éléments essentiels. Aux vingt écrits dès lors universellement admis {homologoumènes) y vinrent ensuite s'en ajouter sept autres, que plusieurs circonstances avaient d'abord privés d'une confirmation aussi générale de leurs droits {antHégomènes). La fixation du canon dans cette étendue fut enfin confirmée dans la seconde moitié du 4-° siècle par deux conciles^ l'un d'Asie mineiu^e, et l'autre d'Afrique. Le canon de l'Ancien Testament fut également fixé pour TÉglise par ces décrets, mais avec une difierence au sujet des apocryphes.
Le mojeD âge ne diangra rien à un catalogue qne rimy de la Volute contacta de plus en plus et que le concile de Trente samctkmna de son autorite Quant am Eglises de la réfonnation, dles distingpètent le» apocrypiies de FAncien Testament do liTres canoniques, et reçurent td quel le canon du Noureau Testament Qudques critiques partielles des doctemrs et la distinction posée çà et là entre les homologoumènes et les antil^omènes ou dentéro 'Canoniques, permettent de Toir dans le silence des symboles une certaine latitude ou une certaine incertitude que plusieurs conliessions réformées ont cependant cherché à prévenir [i].
Le 17/ siècle n^ligea la distinction des écrits dentéro- canoniques. La période du mourement tbéologique, qui s'étend jusqua nos jours, n'a pas moins attaqué le canon biblique que l'idée de l'inspiration , mais sans parvenir .à donner le change à la théologie sur la portée dogmatique de ces discussions en apparence purement critiques et historiques.
[1] Voy. Confessio Belgica^ Gallicana^ j^nglicana, Scoticana secuttda.
jduiorilé du canon,
L'auiorilé du canon ne saurait être ébranlée sans que l'autorité de l'Ecriture, c'est-à-dire, le fondement même de la foi évangéliquc, en soit également
ébranlée. Considérer la détermination du canon comme une affaire de simple critique et la ccmfîer aux discussions de Fécole, cest livrer à l'incertitude ce qui exige la plus haute certitude, le principe même de l'autorité dogmatique de notre Église. En un mot 9 le canon est matière de foi, non de science, et toute réserve ou distinction à cet égard méconnaît ce fait et porte atteinte à la conscience de l'Église et à la foi de l'individu [i].
S'il en est ainsi, nous chercherons le fondement de la foi.au canon dans l'autorité de l'Église, c'està-dire, dans la confiance que l'Eglise a été assistée du Saint-Esprit dans la détermination des éléments de la norme scripturaire qu'elle s'est posée ou plutôl qu'elle a reçue par l'un des actes les plus importants et les plus fondamentaux qu'elle ait eu à accomplir. La fixation du canon repose sur le iesii" monium Spiritus sanctiy non Individuel et immédiat, mais collectif et médiat, tel qu'il s'est manifesté et se manifeste dans TËglise et par l'Eglise à chaque fidèle individuellement [2].
[1] La dogmatique ne décide point en faveur d'un canon quelconque, cette ques^on étant au fond purement historique ; mais elle a le droit, et le devoir d'insister sur le principe général de la certitude inattaquable du canon.
[2] Calvim (InstiU IV, 9, J. 14) ne nie pas que l'autorité du canon résulte pour nous du témoignage de l'Eglise, mais seulement que ce soit l'autorité de l'Eglise qui détermine celle du canon. La confessio gallicanay art. IV,
allègue de même le testimotUum Spiritus s» comme fondement de la réception du canon ; mais les deux choses ne s'excluent point , le témoignage de TEsprit à cet égard ne pouvant être individuel et direct, mais un témoignage de l'Esprit à TÉglise, puis^ ensuite de l'Eglise à cet Esprit. Cf. $.27, note a.