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L'Église comme source des dogmes

Forme ecclésiastique du dogme.

Il résulte de ce qui a été dit plus haut sur les rapports de TÉcriture et de l'Eglise, que le dogme chrétien prend dans l'Église une forme concrète et historique. L'auteur dogmatique ne saurait, sans Élire une abstraction aussi illusoire qu'inutile de son caractère comme membre d'une Église donnée, chercher à reproduire le dogme sous une autre forme. Cette forme ecclésiastique ou symbolique du dogme occupe le milieu entre la forme scripturaîre et la forme scientifique ^ en ce qu'elle est à la fois pratique et systématique , et tient de la vie et de la science, sans être simplement pratique, car elle cherche à se rendre compte d'elle-même par la réflexion, ni science véritable, car elle répond à un besoin de la vie plus que de l'intelligence.

La tradition ecclésiastique.

Voy. Marheineke, Ueber den wahren Sinn der Tradition un katholischen Lehrbegriff und das rechte Verhàltniss derselhen zur protestantischen Lehre^ dans Daub II. Crexjzebs Studieriy vol. iv. Pelt, Fon der Tradition dis Princip der protestantischen Dogmatik^ dans les Theologische Mitarbeiten^ i838, i." cahier. Môhler, Die Einheit in der Kirche^ 1826^ p. 56 et suiv.

Nous entendons, par la tradition ecclésiastique , la conscience religieuse de l'Église produite par l'Esprit saint , réglée d'après la parole de Dieu , développée à travers les destinées de la société chrétienne. Cette conscience s'exprime dans la forme systématique donnée aux éléments dogmatiques scripturaires selon les besoins et les temps.

La tradition n'est point coordonnée, mais subordonnée à l'Ecriture^ elle ne lui est pas identique, mais en diffère comme le développement diffère du principe et la forme de l'élément.

On peut reprocher à l'Église réformée une certaine négligence des droits du développement historique, sans que néanmoins sa théorie ou sa pratique aille jusqu'à ériger cette négligence en principe.

Confessions de foi.

Les livres symboliques de TÉglise réformée ont été recueflbs dans le Corpus et sjrntagma confessionum^deij 161a, 2 YoL in-4.*, par Avgusti, 1837. La meilleure collection est celle de Niemeyer : Collectio confessionum in Ecclesiis reformatis puhlicatarum. Halle, 1840.

Le résultat du développement historique des dogmes et l'exposition de la croyance des diverses sociétés chrétiennes, se trouvent dans leurs Symboles ou Confessions de foi. Les symboles de l'Église réformée consistent en une variété d'expositions dues à différentes nationalités, et en partie à différentes nuances de cette dénomination. Ils datent du 16.' siècle , mais se rattachent en général à la tradition ' ecclésiastique par l'adoption des antiques formules orthodoxes [i].

[1] 1* Symboles Zwingllens : 1.* Zwinglu fidei ratio ^ i53o (adressée à Cbarles Y); 2.* Z^vinglii christianœ fidd expositioy 1 63 1 (adressée à François L").

3. Symboles calvinistes : 1 / Confessio GalUcana^ 1 5 Ô9 (confirmée à La Rochelle en 1Ô71); i^'.C. Scoiicana^ i56o (rédigée par Kwox); 3.' C. Belgica^ i56i (rédigée par Guy de Bres, adoptée en Hollande et confirmée à Dordrecht) ; 4.* Hehetica posteriorj 1 5 66 (rédigée par BiiLLiKGER y adoptée en Suisse , France , Palatinat j Pologne , Hongrie et Ecosse); 5/ Décréta Dordracena^ 1619 (dirigés contre larmlnianisme); 6.'' Catechismus Genet^ensisy 1641 (Calvik en est l'auteur). La confession et le caté-

chisme de Westminster 9 1643, aujourd'hui encore adoptés en Ecosse, appartient également au calvinisme. Le Coitsensus Tigurinus et le Consensus Genet^ensisj tous deux rédigés par Calvin, traitent l'un de la sainte cèn^, l'autre de la pi^destination.

3. Symboles d'un caractère moins déterminé : 1.** Con^ fe^io Tetrapolitana^ i53o t rédigée par Bucer et Capiton); 2#** C. Basileensîs prior^ i532 (d'après un plan d'CBcolampade; n'a pas eu d'autorité générde); 3.*" Hel-^ i^ica prior seu Basileensîs posteriori 1 6 36 (rédigée par BiJLLiNGEii, My^onius, Gryvjeus, etc., adoptée dans presque toute k Suisse); 4.*' Caieckismus Palatinensis (Cat. dUeidelberg), i563 (parOLEviANusetUisuius, approuvé à Dordrecht : calvinisme très-modéré). — La Confessio AngUcana ou les xxxix articles, i562, adoptés par le parlement en iSyi, appartient aussi à un calvinisme modécé, mais se distingue à quelques égards du caractère général de fÉglise réformée.

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