‹ Dogmatique de l'Église réformée, prolégomènesChapitre 14 sur 26 · MÉTHODE DE L.4 DOGMATIQUE · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE L.4 DOGMATIQUE

La méthode de la dogmatique, loin detre arbitraire, doit pai'tir du principe fondamental de la science, en exprimei' l'idée essentielle, et lui imprimer ainsi le véritable caractère scientifique.

La méthode est formelle ou matérielle, selon quelle soccupe de Forganisation générale de la science ou de la délermidation et de la disposition des éléments particuliers qui la constituent.

Méthode formelle.

Cf. (Thomasius) Grundbegriffe der Dogmatik; dans Zeiischrift fur Protestantismus u,Kircke. 1843, 3/cafa.

L'organisation de la dogmatique dépend du rapport plus ou moins naturel et nécessaire établi entre les dogmes. Cest ainsi que nous avons distingué (§. 26) deux éléments dans le christianisme : son point de départ, fondé dans Tétat religieux naturel de l'homme, et son' contenu spécifique, ou la doctrine de la rédemption. Une dogmatique divisée d après cette distinction en une partie générale et une partie spéciale, aurait Favantage de présenter dans toute sa netteté le caractère historique du christianisme et son rapport avec les . besoins de rhumanité; malheureusement toute tentative de ce genre échoue nécessairement contre la nécessité d'admettre dans la théologie naturelle des données spécifiquement chrétiennes, et par là de lui enlever son caractère propre [1]. Renonçant donc à effectuer la séparation des éléments chrétiens et ante-chrétiens, la dogmatique devra se contenter d'opposer les deux idées fondamentales du péché et de la rédemption , et parviendra à exprimer ainsi le caractère essentiel de la révélation évangélique. Cependant l'une et l'autre de ces idées étant relatives, puisqu'elles reposent sur la relation de Dieu avec l'homme, il devient nécessaire de commencer par

ridée de Dieu lui-même; oi% celle idt?e de Dieu diffère précisément des précédentes, en ce qu'elle est indépendante de la chute et de la rédemption de rhomme, en ce quelle constitué en quelque sorte le fondement commun de toute religion naturelle ou révélée, le twme invariable des rapports religieux de rhomme; en un mot, en ce quelle est absolue. De là résulte pour la science une division naturelle en doctrines absolues et relatives. La première partie renfierme la Théologie proprement dite, et traite' de Dieu et de la création; la seconde embrasse le dogme du Péché {status integritatis ^ status corruptionis) et celui de la Rédemption; ce dernier se divisant à son tour en Sotériologie (oeuvre de la rédemption), Ecclésiologie (communauté des rachetés), et Eschatologie (consommation de la rédemption).

[i] Il en est de même de la distinction subjective de ScHLEiERMACHER^ entre les faits de la conscience religieuse synthétiquenient impliqués dans les idées de péché et de rédemption, et ceux qui consistent précisément dans I opposition de ces teitnes*

Voy. un essai de détermination des cléments religieux naturels dans l'ouvrage de R'omang : System der nalùrlichen Rdigionslebre ^ 1841.

Méthode matérielle,

YjA détermination et la disposition des matériaux qui doivent entrer dans le cadre tracé par k mé-

tliôde formelle, dépendent paiement de Tidée dog^ matique mise à la base de la science* Notre tâche embrasse, pour chacun des points à traiter, Tex- * position et la critique du dogme. D après les principes posés, l'exposition devra remonter de la forme ecclésiastique du dogme à travers. son développement historique jusqua sa forme biblique, ou, pour adopter une marche génétique , devra suivre lelément scripturaire à travers son histoire jusqu'à la formule consacrée par TEglise évangélique. De là trois éléments, FEcriture, THistoire (des dogmes) et le Symbole. Quant à la critique,' elle consiste dans la comparaison du produit historique- sytnbolique avec les données scrîpturaires et dans le procédé dialectique, et doit préparer rintelligénce philosophique-spéculative du résultat dogmatique ainsi obtenu. Cest là que trouve surtout place l'élément subjectif- individuel, auquel la science ne saurait se soustraire.

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