‹ Dogmatique de l'Église réformée, prolégomènesChapitre 21 sur 26 · Dogmatique mystique · texte numérisé non relu

Dogmatique mystique

La dogmatique mystique se distingue de la dogmatique scholas tique, non-seulement par un caractère plus religieux y mais aussi par une dialectique moins raffinée dans les détails , et souvent une plus grande simplicité dans la conception et renchaine* ment systématique. Son caractère propre a varié sans doute avec les individualités et les époques; néanmoins dans les travaux qui doivent nous occuper principalement ici, dans ses efforts vraiment scientifiques, elle office, en général , un mélange heureusement balancé de réflexion et d'intuition , de spéculation et de vie, se maintient par conséquent dans un certain milieu entre la scholastique aristotélicienne et le mysticisme extatique, et continue la grande tradition théologique d'Augustin et d'Anselme.

Au 1 3." siècle, la mystique ascétique de S. Bernard (t 11 53) et la mystique contemplative de Richard de Saint-Victor (t iiyS), n'ont laissé que quelques traités dogmatiques spéciaux. Le véritable représentant de la dogmatique mystique dans ce siècle est Hugues de Saint-Victor (t i \^\\i!ialler Àugustinus, * dans lequel les deux tendances du moyen âge s'harmonisent avec un équilibre remarquable. Outre un grand nombre d'écrits divers, des annotations sur

pr^qu6 toute la Bible, un commentaire sur la hiérarchie céleste, et une encyclopédie des sciences consid^ées dans leurs rapports avec la théologie, nous avons de lui deux essais de système dogmatique. Le plus court, mal à propos intitulé Summa sententiarunij est divisé en sept traités, dont les trois premiers se rapportent à la Trinité, aux anges et à Thomme, et les quatre derniers aux sacrements j l'autre écrit ^ De sacramentis christianœ fidei, est divisé en deux livres, et se partage en deux parties ou plutôt deux époques : i,^ a principio mundi usque ad incarnationem f^erhi; 2.° ab incarnatione V'erbi usque ad consummationem omnium. Cest un ouvrage étendu, systématique, indépendant, surtout dans la première partie, et qui mérite de recevoir dans l'histoire de la science un rang qu'il ne parait pas avoir ohtenu dans l'estime de ses contemporains [1].

On peut en dire autant deis écrits dogmatiques de Bonaventure (t 1274) qui, théologien dans le sens et l'esprit de Hugues, a joui de la vénération de son siècle , sans néanmoins être apprécié selon sa valeur scientifique. Nous avons de lui un recueil de sentences d'un caractère principalement éthique {Pharetra), une explication de la terminologie dogmatique de répoque, un commentaire sur Lombard, et deux abrégés de dogmatique, le Centiloquium et le Bre^^iloquium, Le premier est divisé en quatre parties, dans lesquelles l'auteur considère le mal comme faute et comme châtiment, et le bien comme grâce

et gloire éternelle. La troisième partie renferme la Trinité, Tanthropologie et les sacrements. Le Brevilùquitan se compose d'nn procemium sur l'Écritm'e sainte et du traité lui-même, dont Fenchaînement génétique et raisonné est soigneusement . indiqué d'avance. Les sept parties dont il se compose traitent de la Trinité, de la création, du péché, de l'incarnation, de la grâce du Saint-Esprit, des sacrements et de l'eschatologie. Chaque section ou chapitre consiste en une exposition du dogme méthodiquement suivie d'une explication philosophique ou « ratio ad intelligendum. ^ Cette explication elle-même a pour ohjet de déduire chaque point de doctrine de l'idée de Dieu considéré comme principe suprême. En général, le Breviloquium, sous quelque point de vue qu'on l'envisage, est l'un des produits les plus importants de la dogmatique au moyen âge. [2]

La dernière époque de la littérature de cette période nous montre, au 14.^ siècle, une mystique de sentiment qui se manifeste en plusieurs tendances diverses, et au 16.', une mystique purement ascétique et pratique. La première ne manque pas d'éléments spéculatifs ; mais ni l'une ni Fautre n'est animée d'un besoin scientifique, et par conséquent ne fournit de matériaux à l'histoire de la dogmatique.

[1] Hugonîs de S. Victore opéra omnia. Rothom. 1 648 ^ 3 Vi in-fol.', vol. III : Summa senientlamm^ tractaius 7. De sacrameniis christianœ Jidci lihri 2.

[2] Bonaventurœ opéra omnia., Lugd* 1668, 7 voL in-fol. Un index général a paru en 1681. ExposiUones in libros sententiarum^ vol. iv, v. Brci^iloquium ^ vol. vi. Centiloijuiumy ibid,

m.® PÉRIODE. {Réformation,)

Çf» W« HerrmanNj Geschichte der protestantischen Dogmatiky von Melanchto» bis Schleiermacher. Leipz.

jiperçu et divisions.

L'élëmeat essentiel de la réformatio» fut un besoin religieux et pratique qui se manifesta aussitôt dans toutes les sphères de la vie, et régénéra la théologie comme il avait régénéré l'Église. L'abus de la scholastique avait déjà provoqué sa transformation; le caractère du nouveau mysticisme annonçait également l'aversion pour les oiseuses spéculations; la culture des lettres anx^iennes depuis le milieu du 1 5.^ siècle développa rapidement , avec le goût littéraire, le dégoût des formes pédantesques de la science , et agit en même temps d'une manière plus positive sur le renouvellement de la dogmatique, en propageant l'intelligence et l'étude de l'Ecriture sainte.

Le grand mouvement religieux du 16.^ siècle, après s'être exprimé selon sa double portée, positive et négative, dans Aes expositions symboliques, ne tarda pas à chercher une forme .plus rigoureuse dans des essais dogmatiques proprement dits. Ces

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1^ yétiùàe de la féConoation se dhw, quant à tlêUuÀre âe la dogmatique, en dea& ^oqnes, dont Vutw embraiie le 16/» Fantre le 17/ siede Dans ebaome de eei ^oqoei non» avons à disringhfr les travattE de YÉf^ke refinrmée et de fÉg^ise hithé* rienneja marclie de la science dans ces dena Eglises étant à plusieurs égards ind^iradante et diverse. Enfin ^ notre esquisse resterait incomplète si nous négligions lliistoire de la dogmatique dans les sectes hétérodoxes du prolestanlisme, et dans le catholicisme lui-même*

1 /' Epoque : xvi/ siècle.

lues Réformateurs el leurs successeurs.

Les Loci theologici de Melanchcon avaient paru dès 1 522 , lorsque Zwingle (f i55i) publia son traité sur la vraie et la fausse religion eu 1 525. Le but était différeat; aussi le caractère symbolique -apor logétique y domine- t-il , et la polémique y tient-elle plus de place; le génie simple et antique du réformateur s'y manifeste non moins que son idéalisme religieux; la méthode en est purement locale. Le Coinpendiumstvo^ peu conau de Bullinger ( f 1 575), n'est pas indigne du successeur de Zwingle et se distingue par un ordre plus rigoureux , l'esprit biblique et l'excellence de l'exposition. Un chapitre d'introduction traite de l'Écriture sainte : la prér destination n'y est point discutée [i].

Mais le grand monument religieux et scientifique de l'Eglise réformée et de la réformation tout entière, est Y Institution chrétienne de Calvin (t 1 564)- Esquissé dès i535, lorsque l'auteur n'avait encore que vingt^ix ans, retravaillé à trois reprises différentes, mais dans un même esprit, et publié enfin en i559 sous sa forme définitive, ce livre n'a point encore été surpassé dans la dogmatique chrétienne. Plénitude de foi, profondeur du sentiment religieux,

vivacité de l'inleUigeaoe de l'Écriture» harmonie augnstiniome de la dialectique et de la mjatiqae, érudition abondante et £icile, tact exquis, perfection du style, tout concourt à assigner au traité de Calvin un rang parmi les chefs-d'œuvre. Il marque , d'ailleurs , un progrès formd aussi bien que matériel dans la dogmatique de notre période par l'abandon de la méthode locale pour une forme plus systématique, et, tout en suivant l'ordre général du symbcJe apostolique, enchaîne les dogmes, selon une genèse aussi simple qu'exacte. En un mot, l'Institution est un de ces écrits dont l'influence n'est pas épuisée malgré les révolutions éprouvées depuis par la science, et dans lesquels la pensée chrétienne peut aujourd'hui encore se retremper avec avantage. A côté de Calvin vient se placer Yiret, qui , par plusieurs traités publiés successivement, et plus tard, réunis et complétés en corps de doctrine, est devenu l'interprète populaire du dogme réformé. Cette Instruotion chrétienne n'est, à pn^rement parler, qu'une exposition familière et dialoguée du Déca* logue et du Symbole; mais les développements en sont très-riches, et la théologie naturelle s'y trouve traitée d'une manière spéciale. Les. Loci communes de Pierre Martyr (f iSôs) ne sont qu'une compilation de ses écrits exécutée par une autre main, et les traités théologiques de Théodore de Bèze (f i6o5) ne forment point un ensemble [3].

Parmi les successeurs des réformateurs, André

Hyperius (f i564) ^î^nt le premiar rang; sa dogma* tiqlie non achevée ue renferme que les trois points, Dîeu^ la création et l'homme, TÉglise, avec une in« troduction sur rËcriture. On y remarque le soin dans l'arrangement systématique, la proéminence accordée à l'idée de l'Eglise, les applications pratiques, l'érudition biblique et patristique. Les quatre livres de Ramus (f 1572) sur la religion chrétienne n emjnruntent pas tout leur intérêt au caractère ou au sort de l'auteur, mais offre, sur un plan ti*ès*simple^ un abrégé clair, biblique, et quelquefois distingué de la doctrine réformée. Malgré l'exemple de Cal- . vin , Wolfgang Muscnli» (t i663), Bénédict Aretius (t i574), Jérôme Zanchi (f iSqo) revinrent à une méthode locale plus ou moins confuse; les JRroblêmes d'Aretius surtout contiennent une foule de sujets hétérogènes. Le Volume du théologien hongrois, Etienne Szegedin (t lôya), se compose de tableaux synoptiques et analytiques fort détaillés. Tous ce$ ouvrages se distinguent par la modération dans la défense dea doctrines réformées, l'absence de polémique et le ton conciliant [3].

Qi] Uluic ^wingle. Brems et chrisiiana in étrange" licam doctrinam isagoge. Zuricli, i5 23. Ne traite que quelques points dogmatiques^ entre autres le péché et rÉvangile; principalement polémique. Commentarius de ver a et falsa reUgione» Zurich , i535. Rédigé en trois mois et demi; comme plus tard l'Institution de Calvui , Touvrage est adressé à François I."^ et devient ainsi une

espèce de profession de foi ; ainsi que le titre l'indique , la polémiqae y tient une place considérable; il renferme 29 loci.

H. BvLLiivaEii. Compendium christianœ relîgibnis .10 Ubris càmprekensum, Tiguri, 1 5 56 , in-i 2. Cette traduction latine n'est point de Bollinger lui-niéme, mais Toriginal allemand a paru la même année. Plusieurs fois réimprimé. L'auteur déclare avoir voulu donner une exposition des dogmes nécessaires au salut, toute biblique et sans controverse. Chaque livre renferme un locus. 1) De Biblicis scripturis. 2) De Deo ejusque operibus, 3) De peccato etpœna peccati. ^) De lege dwîna. 5) De graiîa et jus-tificatione per Christunu 6) Dejide et ei^angeUo. 7) De ùraiione et ioê^catione^ 8) De sacramentis. 9) De bonis operibus. 10) De morte beata et fine rerum omnium. — Plusieurs autres points sont traités dans TexplicatioD du symbole sous l'article 6, Defide.

[a] Jeajï Calvin. Il parait qu'il faut admettre une première esquisse de l'institution., en langue française, mais avec la dédicace à François I.*', et publiée en l535 sans nom d'auteur. Jusqu'ici, cependant, on n'en a retrouvé aucun exemplaire. C'est de ce travail que Calvin parle dans la préface de son Commentaire sur les Psaumes. L'édition deBâle, i536, dont on possède un exemplaire à Zurich et à Berne, est une traduction latine où plutôt un remaniement du premier travail : l'auteur s'y nomme. Cf. Paul Henry, Dus Lehen Jok. Caltnns^ 1.*' vol. Hamb. i835,p. 103 et suiv. V Institution fut encore retravaillée à deux reprises, en iS3g et 1S59, et du vivant de Calvin plusieurs fois publiée sous le pseudonyme d'Alcuin. Le$ éditions et traductions sont nombreuses. Réimprimée sur l'édition d'Amsterdam par les soins de Th«kck. Berlin , 1 834 , ^ v^l. in-8.^ '

VmET. Instruction chrétiennes 1664, 3 yoK ia-fo1.

Les traités dont cette Instruction se compose, furent

. publiés depuis 1044. Cf. Sayous, Études littéraires

- sur les écrivains français de la R^ornuùion. Par. 1841, i."vol.

Pierre Martyr Vermigli. Loci communes P. Martyris ex varus ipsius scriptis in unum librum collèctf et in 4 classes distributi» Lond. 1678, in*-fol. Robert Masson est l'auteur de cette compilation.

Tbéodoae de Beze* Quasiionum et responsionum christianarum libellus, lijo. Ce n'est quun catéchisme

, très-*court et très -élémentaire. Les thèses proposées par Th. de Beze et Ahtoinb La Faye, soutenues, à Genève et publiées dans un ordre systématique (Gen. 1^586^ in- 4.''), appartiennent encore à la dogmatique. Mais louvrâge principal de Th. de Beze, sous ce rapport, con-

' siste dans diverses tractationes theologiccBy recueillies en 3 vol. Genève, 1676 — i582 ^ ia-foL, a.* éditt

[3] Audré Hypeuius (Gérard), professeur de théologie

, à Marbourg. Meihodi tkeologiœ si^e prœcipuorum christ, religionis hcorum cômmunium libri 3. Basil. i568,

' in-8.'*; 2/ édit., 1674 , in* 8."^ L'auteur, dans une préface étendue, expose ses vues sur la méthode, et exprime ainsi l'idée de la dogmatique : ^ Deus condidit mundum et in eo hommes^ ut ex kis constitueretur ecclesia in qua ipse juxta pr4Bscriptum,verbi suijjide s charitate^ spe^ atpie usu signorum sive sacramentorum pure coleretur ad seculi usjjue consummationem,^ Il divise la doctrine chrétienne en six loci : Deus; Creatura attfue ftomp; Edclesia; Doctrina legis et e^angelii; Sacramenta; Consummaiio*

On a encore d'HypERivs : Elementa christ religionis

(Basil. 1Ô63, io^ia), sous forme catéchétique. Ses Topica théologien (Wittemb. i5dô^ m-ia) ne soot qu'une théorie de l'application de la dialectique à la théologie.

Pierre Ramvs, massacré à la S.^ Barthélémy^ Commenrtariorum de religione ckristiana hbri 4 , nunquam antea editi. Francof. 1576, in-8»" L'ouvrage se divise en quatre livres : Dejide (exposition da symbole apostolique); De lege (exposition du décalogue); De precatione (exposition de loraison dominicale); De sacramentis. Une biographie intéressante de Rahus se trouve en tête de ce volume.

WoLFGÀiïG MuscuLus DusAsus (dc Dieuze, en Lorraine) , professeur à Berne. Locî communes sacrœ theologiœ. Berne, i56i; Bâle, 1664, i^?^? ^^99» Divisé en 69 locù

Benedigt Aretius, Problemata theologica continentia prœcipuos christ, religionis locos bret^i et dilucida ràtione explicatosj 1673. Morges, i5 83, in-fol., etc. Renferme 184 locij qui traitent sans aucun ordre de sujets dogmatiques, éthiques, ascétiques, et même de questions telles que les tremblements de terre, les spectres, la médecine, etc.^ Cependant presque toute la dogmatique s'y trouve traitée. Emploi de la méthode causale. Examen iheologicum. Morges, ;584.

Jérôme Zanchi, professeur à Heidelberg. De religione christ. Jides. Neust. i685, in -8.* 3o chapitres ou loci divisés en paragraphes apodictiques. Compendium prœcipuorum capitum doctrinœ christ. Neust. 1698, in -8.', 1 6 loci^ incomplet. Ne traite ni de la Cène, ni de la prédesUnation.

Etienne Szibgédiii, Theologiœ sincerm loci communes de Deo et homine perpetuis expUcati tabulis et schotasticorum dogmatibus iUustrati. Basil. i585, in-foK, avec

tme dédicace de Grymjbos et une biographie de lauteur. Divisé en deax parties, Théologie et Anthropologie., et suivi d un appendice sur les doctrines de VÉglise romaine»

ÀNTorRE UL Faye, professcur à Genève (f 1616^^ (voy. plus haut Th. de Beze), a aussi laissé un Enchiridion theologicum. Grenève, i6o5«

ÂMANDtJs PoLÀiftJs (f 1610) a donné un Syntagma tkeologiœ ehrisU Han. 1 609 , a tomes in-fol. Gen. 1 6 1 a.

2/ Epoque : xvii.* siècle.

La Scholiistique protestante.

La dogmatique de la réformation £at bientôt détournée de sa direction primitive par l'exigence des décrets symboliques postérieurs et les controverses qui se livrèrent autour des articles de Dordrecht ou de Bergen, sans compter ceux de Trente. Le synode de Dordrecht (1618-1619) devint, pour TÉglise réformée, ce que la Formule de concorde fut pour TÉglise luthérienne, une détermination sans doute inévi-* table, mais trop raiEnée peut-être, et trop minutieuse de l'orthodoxie; la controverse renchérit sur ces arrêtés, et les outra en les appliquant; la scienee suivit l'Église dans cette voie de distinctions artificielles; et c'est ainsi qu#le 17/ siècle est devenu une époque de scholastique protestante, pleine de sagacité et de subtilité, d'érudition et d'étroiteâse, dans

laquelle la vie chrétienne se fiiît sentir an fond, n^tis parait comme étouffée sons les raffinements et quelquefois sous le zélotisme On peut, à peu près comme dans la scholastique du moyen âge, j distinguer trois phases successives qui se retrouvent en outre » et coïncident assez exactement dans l'une et l'autre Eglise évangélique. De libre et biblique qu elle était, la dogniatique devient d abord esclave des formules, et par-là symbolique. En poursuivant cette voie, elle prend un caractère de plus en plus formel et artificiel et devient strictement scholastique. Enfin, labus même et la grandeur du mal la ramènent à une conception plus religieuse du christianisme, et par suite aussi à une méthode plus scientifique. -. Malgré la variété des confessions de foi , l'éloignement des pays et la différence des circonstances politiques, l'Église réformée se maintient dans une grande et réelle unité. Le siège central de l'enseignement, et par suite de l'influence, reste à Genève , mais lés principaux débats théologiques s'agitent dans les Pays-Bas, où la liberté de la pensée semble développer la multiplicité des doctrines religieuses et philosophiques. L'Allemagne réformée, prend sa part au mouvement scientifique. La France tout particulièrement, l'Ecosse et les presbytériens anglais conservent et manifestent leur participation à cette <5ommunauté de vie» En dépit de quelques absences et de quelques réclamations, le synode de Dordrecht contribua a ranimer cette conscience

de i uQÎte essentielle des diverses parties de l'Église reformée. , .

Le rationalisme virtuel , et bientôt, rapidement dévdoppé de 1 arminianisme , avait provoq[uë la réunion de ce synode. La formule arrêtée fut explicite, sans manquer d'une certaine discrétion conciliante; et quant à l'enseignement, l'assemblée elle-* même avait essayé d'arrêter les envahissements du scbolasticisme; miais la controverse des deux partis poussa les deux systèmes à des conséquences extrêmes, et tandis que Thérésie dégénérait de plus en pélagianisme , l'orthodoxie se laissa entraîner à des exagérations dogmatiques et une méthode subtile. Cest dans cet esprit hyperbolique que les doctrines du synode furent représentées, et quelquefois dénaturées par le polonais Makowsky (Maccovius, f i 644)* Les ouvrages de Wendelin (t 16S2) sont plus estimés [i].

La scholastique proprement dite de cette époque est marquée par l'analyse toujours plus subtile à laquelle sont soumis les dogmes orthodoxes, la £Drme abstraite de l'exposition, les divisions ^ subdivisions de la matière, Tabus du raisonnement, en un mot, par un retour à la sécheress^e et la stérilité du moyen âge. La polémique domine aussi davantage, et les citations et réfutations prennent la place des développements religieux. Cette phase dure de 1640 à 1670 environ, et n'offre que des noms, mais aucun monument durable. La méthode,

en^nëral) reste locale et empirique, tens tentative de système raisonné. J. H. Al^ed (f i636), Antoine de Wale (t i65g), le célèbre Fr. Gomar (t 1641), H. Alting (f 1644)9 CJoppenburg (f i652), Samnel Desmarets (Maresius, f i663), Jean Hornbeck (t 1666)^ Gisbert Voet (t 1676) et André Essen (t 1677), ^représentent à la fois le scfaolasticisme ré^ formé et les universités des Pays ••Bas, où il se développe surtout [2]. Desmarets est célèbre par le nombre de ses écrits et les controverses, dans lesqudles l'engagea une orthodoxie trop farouche ou trop hardie. Les Discussions théologiques de Voet peuvent être regardées comme Texpression accomplie de la littérature dont elles font partie ; elles annoncent aussi, bien que négativement, le commencement de Tinfluence de Descartes et Cocceius sur la théologie. Les écrits des théologiens français, Daniel Ghamier (f 1621) , Josué de la Place (t i656) et Louis le Blanc (t 1676), et les recueils des thèses de Saumur et de Sedan , valent mieux que répoque a laquelle ils appartiennent [3].

La réaction dogmatique, qui occupe dans l'Eglise réformée la fin du 1 7/ siècle, s'opéra sous une double influence. Depuis le moyen âge la philosophie d'A^ ristote avait maintenu une autorité quelquefois combattue, mais dans les privilèges de laquelle aucune pensée moderne n'était parvenue à se substituer. Nous avons vu, qu'après les réformateurs, et malgré leurs anathèmes et leur exemple , elle arait

rapidement recouvré ses honneurs dans Tune ei l'autre Église protestante Enfin, les attaques de Ra*^ mus, l'empirisme de Bacon (t 16:26), et surtout le rationalisme aprioristique de Descartes (f. i65o) préparèrent la ruine de la syllogistique et la xe* cherche de la valeur religieuse et du coté subjectif des croyances. La philosophie du deitiier agit moins directement sur la dogmatique, qu'indirectement par son- spiritualisme idéaliste, sa méthode et son indépendance. Son application à la théologie, défendue en Hollande dès i656, ne s'en propagea pas moins, et affecta même matériellement le dogme dans les écrits de Louis Meyer, Balthasar Bekker et Roéll. Toutefois, son résultat le plus net fut l'es* prit de yie qu'elle communiqua à la science, et par suite, un abandon graduel des formes surannées du scholasticisme. A cette influence, vint s'en joindre une autre, plus intérieure, plus profonde, plus im^ médiate, et qui, religieuse autant que scientifique, présentait elle-même un exemple, quoique fort im* parfait, de la révolution quelle provoquait. Cette action est celle de G>cceius (f 1669), dont la méthode, dits fédérale, n'avait par elle-même aucune importance, mais dont la foi vivante à la Pai*ole divine et l'esprit biblique- mystique amenèrent, partout où ils pénétrèrent , le dédain des formes aristotéliques. Sa noûon de la. révélation considérée comme alliance eut, à la vérité, le màrite de sim* plifier la dc^matique, ou tout au moins de biîser

1^ liens de rempîrtsme systématique ; mais cette notioa elle-même, d'ua autre coté, touchait de près à Ferreur de Cocceius, qui consiste essentiellement dans une idée de l'inspiration plutôt faussée quexagérée, et dans l'attribution d'une valeur scientifique à des locutions ou des images bibliques. Cocceius appliqua lui-même dans deux ouvrages différents la méthode. fédérale à la dogmatique; mais ce furent ses disciples, Guillaume Momma (t 1677), I^i^^^uçois Bnrrmann(t 1681), J. van der Wœjen, Jean Braun (t 1709), et surtout Herman Witsius (t 1 708), qui perfectionnèrent cette trouvaille systématique et en étendirent Tusage [4]-

La véritable importance du Coccéianisme se manifeste moins, au reste, dans ces travaux, que dans la tendance à la fois plus religieuse et plus scientifique que prit dès lors la dogmatique entre les mains de ceux-mêmès qui surent rester plus indépendants de l'idée fédérale; De là une nouvelle et meilleure littérature, illustrée par les ouvrages de Pierre de Maestricht ( 1 1 706) et Nicolas Giirtler (+1711), qui , tous deux, ont ajouté des développements pratiques à chaque point de doctrine traité; deSalomon van Till (t 1713), qui a cherché à opposer la théologie révélée et positive à la théologie naturelle et spécu-? lative des scholastiques; du grand Yitringa (f 1 723), de Jean Marck ( 1 1 7 5 1 ) , qui se ressent davantage de la méthode abandonnée; enfin, et particulièrement des théologiens suisses, J. H. Hottinger (t 1667) et J- H.

Heidegger (f 1698), qui \ distingnés par leurs IrayautL sur l'Écriture, portèrent dans la dogmatique un nouvel élément exégétique; Fr. Turretin (1687), et Bénédict Pictet (1 7 24) 9 dont la Théologie chrétienne, nh peu prolixe, mais riche, savante, solide et pra« tique, mérite encore d'être étudiée [5].

Ici finit à peu près Thistoire de la dogmatique i^éformée. En France l'Eglise, après avoir brillé du plus grand éclat dans plusieui^s branches de la science, s'éclipse, mais sans s'éteindre, dans les persécutions et le désert. En Hollande la théologie devient pure érudition et participe à l'afTaissement général des croyances au 1 8.** siècle. Genève tombe dans toutes les pau vi^etés du socinianisme [6]. Quelques théologiens distingués honorent encore la science de notre Eglise en Allemagne, et signalent cette époque de transition qui précède immédiatement le grand* mouvement théologique moderne; ce sont : Bernsau (f 1765), Stapfer (t 1775) et Wyttenbach (f 1779) qui, parallèlement à des efforts semblables dans l'Eglise luthérienne, essaient l'application des idées de Leibnitz et de Wolff à la théologie [7]. Depuis lors le caractère ecclésiastique se perd, les nuances s'effacent, les différences dogmatiques des Églises protestantes disparaissent dans une révolution religieuse trop 'profonde pour ne pas détourner l'attention de tout point secondaire; et l'Eglise réformée n'a point le droit de revendiquer des hommes tels que Schleiermaoher et Daub, qui

ne lut appartiennent que par des circonstances extà*ieures ou accidentelles [8].

Relativement à la méthode , nous trouvons , en résumant des indications déjà données, que la dogmatique réformée ne suit point de marche uniforme. Locale avec Zwingle et BuUinger, avec Musculus, Aretius et Zanchi, elle s'attache avec Calvin à la forme traditionnelle du Symbole apostolique, et atteint, avec Hyperius, un degré. assez élevé de réflexion systématique. Une variété non moins grande se manifeste dans le traitement particulier des dogmes ; Aretius seul emploie la méthode causale. La séparation de l'éthique et de la dogmatique opérée par Càlixte dans l'Église luthérienne, devient génépale dans l'Église réformœ depuis Cocceius, mais s'opère d'une manière moins tranchée: ainsi Pierre de Maestricht, Gûrtler, et Heid^ger ajoutent à chaque doctrine un développement pratique ou moral. La partie isagogique du système se déve- Joppe graduellement ; BuUinger commence par un locus de bïblicis scripturis ; Hyperius de même, outre une dissertation sur la dogmatique en général sous forme de préface. C'est également vers lepoque <le Cocceius que ces préliminaires deviennent d'un uaage constant, embrassant les sources et la nature de la science, scriptura et theologia. $tapfer y joint, plus tard, des considérations générales sur la Religion, la Raison et la Révélation.

[i] Makowsky, professeur à Franeker. Loci communes theologicù Fran. 1639; éd. NicoL Arnold ^ 1 6 5 o , m-4.'*; i658.

Wendelin. ChristiaruB theologiœ libri a methodice dispositi. Han. 1634, in-S.^ Amst. 1646. Cf. Exercitationes theologicœ vindîces pro theologia cHristiana con^ tra J. Gerhardum. Cass. i65îi, 2 vol. m-4.* — Christ, théologies systema majus. Cass. i656, 10-4.^

[a] J. H. Alsted, professeur à Wissenbourg «u Transylvanie. Compendium theologicum. Hanov. 1624. Theo^ logia didacticay îh* 1627.

Akt. WaljEusj professeur àLeyde. Loci communes theologici. \jQjAe ,«1643 — 1647^ et Enchiridion religionis reformatée. Il est aussi, conjointement avec Polyakdre et Ant. ThysiuSj auteur de la Synopsis purioris theologiœ 52 disputatiombus comprehensa. Leyde, 1642; i658, în.8.*'

Fr. Gomak, professeur à Saumur et à 6roningue,»a laissé «des Loci theologici dans ses oeuvres. Amst. 1644. . H. Alting, professeur à Heidelberg et à Groningue. Loci communes theologici cum didactici tum elenchtici» Amst. 1646, 3 vol. Methodus tfieologiœ didacticœ. Amst. i65o, in -4.*^ Explicatio catacheseos Palatinœ. Amst. 1646^ in-4.^ Alting chercha à éviter la scholastique pour s'en tenir à l'Écriture. Il a servi de modèle à Hottinger ; voy. plus bas.

Maresius, professeur à Sedan, et à Groningue. Collegium theologicum sive bre^e systema unif^ersœ theologiœ. Gren. 1646, 1649, i656, 1673^ in-4.^ Fœderatum Belgicum orthodoxum^ sive confessionis eçcU Belgicarum exegesis. Gron. i65a^ in-4,^ Erudit et polémique, mais modéré.

CLOt»P£ifBUftG, professeur à Franefcer. Apliorismi theologiœ christ, FraûeL 1648^ in- 12. Erercitationes super locos comm. ikeoL Fraoek. i658, 10-4.^

J. HoaNBECKy professeur à Utrecht et à Leyde. Insti" tutiones theologicœ. Utr. i653; Leyde, i658, in-8.^

J. VoET^ professeur à Utrecht* Selectœ disputationes theologicœ. Utrecht, 1648 — 1669, 6 voL in-4^** Les deux premiers volumes surtout appartieonent à la dogmatiijue. Vaste érudition , controverse scholastique et à coups de citations.

A. EssEN, professeur à Utrecht. ^ iS^^^ema tAcologicum. Utr. i65 3,in-4.° Compendium theologiœ dogmaiicœ. Utr. 1669, in-8.® ,

C'est à la même époque quappartienoent divers ouvrages systématiques de Guillaume Bucan , professeur à Lausanne (Jnslitutiones theoL Gen. i63o, trad. en anglais, 1 6^9)9 Dan* Tilenus, professeur à Sedan, mais destitué pour cause d arminianisme (-}- i633); G. Amesius, professeur à Rotterdam (f 1 634) ; J» Çrocius, professeur à Marbourg (t 1 65.9); Abr. Hei4anus, professeur à j^eyde (f 1678); Jean WoUebe, professeur à Bâle {Compendium theoL christ y plusieurs fois imprimé, tr. en anglais, par Al. Ross. Lond. iGSy).

[3] Dan. Chamier, professeur à Montauban. Corpus theologicum swe loci comm. theoL Gen. 1 6 5 3^ , in-fol.

J. de la Place, professeur à Saumur. Compendium theologiœ. Non achevé. Se ti*ouve dans Placœi Opéra omnia. FraneL 1699, 1703, 3 vol. in-4.^

Louis Leblanc, professeur à Sedan. Thèses theologicœ variis- temporibus in academia sedanensi édita. Sedan, i646,in-4.^; publiées par Baxter. Londres, 1675 , in^-fol. Ibid. i683, in-fol.; ibid. 1708, in- fol.

Sjrntagma thesium theoL in acad. Salmuriensi variis iemporibus disputatarum sub prœsidio £• CapeUi^ Mos, Amyraldij Josuœ PlacasL Salm. 1660^ en trois parties. Xa. seconde édition, 16 65, in-4.*, est augmentée d*une quatrième partie, due à âmyrault* Ces thèses, ainsi que, les suivantes et celles qui ont été citées sous le nom de Théodore de Beze, étaient rédigées par les professeurs et formaient la matière d un examen bu soutenance hebdomadaire pour les étudiants. Ce sont des dissertations réunies ici dans un ordre systématique.

Thésaurus dispuiationum theoL in Sedanensi academia variis temp» hahitarum a Pet. Molinœo^ Jac. Cappelloj Ab. Ramburtio^ Sam. Maresioy Alex. Colvinoy Lud. Le Blanc y Jos. le Vasseur^ Jac. Alpcéo de S. Maurice. Gen. 1661, a vol. in-4.^ Dans cette collection les thèses de chaque professeur se trouvent réunies ensemble. Le plus grand nombre sont dues à Dcmoulut et Rambours.

[4] J. Cocceins (Koch), professeur à Leyde. Summa docirinœ de foedere et testatnento Deij 1648, in-12; 2.' édit. Leyde, 1664 , in-i 2 ; Genève, i665, in-4.*; 6/ éd. Francf. 1703, in-8/ L'ouvrage se divise en deux parties : 1 Fœdus operum. a Fœderis operum abrogatio 1) per peccatum; i) per fœdus gratiœ; 3) per promulgationem N. Testamenti; 4) per mortem corporis; 6) per resurrectionem ex mortuis. — Summa theologiœ ex scripturis repetita. Leyde, 1661, in-4.^ Gen. 166 5, in-4.** Divisée en 36' loci. — Cf sur Coccéius, Niceron, Mémoires y vol. viii.

G. Momma. De varia conditione et statu Ecclesiœ Dei sub tripUci œconomia. Amst. 1673. Francf. 1698 , in-4.*',

etc. La dernière édition est de Bâle, 1718, in-4."

F. Burrmann, professeur à Dtrecht. Synopsis theologiœ

et specUuim œconomiw Jœderum Dei. Utr. 1671, a vol. in-4.* Oen. 1678. Francf. 1698, m-4.®, etc. Synopsis synopseos tkeologùe.'AsQsU 1690,111-1 a.

Van der Wœyep, professeur à Franeker. Summa theolagiœ chrisU^ pars i. Fran. 1689, in-4.^ Theologices christ* enchiridion»

J« BrauD, professeur à Groningae.- Doctrina Jiederumy s. Sjrstema theologiœ didaeticœet elenckticœ* Âmst. 1688, in-4.^; 1691,10-4.°; etc.

H. Witsius, professeur à Franeker, Utrecht et Leyde. De œcononUafœderum Dei cum hominïbusiibii 4. Leuw. 1687. Utr. 1693, ia-4.''

[5] P. de Maestricht , professeur à Utrecht. Theareticopractica theologia^ qua per singula capita tlieologica^ pars exegeticay dogmaticà^ elenchtica et practica^ per^ petua successione conjungantur. Amst. 168a ; 1 6^87 ; éd. augmentée d'une morale et d'une ascétique, Utr* 1699, in-4.*', etc. Divisée en 8 livres, dont le dénier. De dispensatione fœderis gratiœ^ renferme toute une histoire ecclésiastique. Qiaque chapitre se compose d'un théorème développé ensuite, ainsi que le titre l'indique, de quatre manières di£férentes.

N.Giirtler. Institutiones theologicœ^ Amst. 1694, in- 4.°, etc. S'est appliqué à présenter les sentiments dogmatiques opposés dans les termes mêmes des auteurs. « Multa no^a (juadam ratione auctor proponity multa egregie observai^ adeotjue dubium non est (juin pr^stantissimis in hoc génère scriptis institutiones istœ sint adnumerandœy etsi in doctrina de absolulo decreto rigidiora placita setjuoMtur.^ Buddeus.

Salomon Van TiU, professeur à Dordrecht et à Leyde. T&eologiœ utrtustjue compendium cum naturalis tum^ re^

vdatasj imm appendice de origine controuersiarum nostri temporis, Lejdcy 1704,111-4.**

Campege Vitringa , professeur à Franeker. • Dodrina Christian^ reUgionis per aphorismos summatim descripta, Franek. 1690, 1693, 170a, iQ«-4.^ Dans cette dernière édition se trouve ajouté récrit suivant du même auteur ; JBypotjrposis theologiœ elenchtieœ grauiores exhibens controifersiàs ijùœ super chrisU reUgionis doctrina Ecdesùe reformates cum dii^ersis ejus sectis intercédant y 6/ édit., avec des notes de Martin Vitringa. Amh. 1731, 3 vol. in-4 .^ •

J. Marck, professeur à L^yàe. Compendium theologiœ christ» didactico-elenchticum. Gron. 1686; 2/ éd. 1690; 3/ édit. Amst. 172a, in-4.^

J. H. Hôttinger, professeur à Ziirich. Cursus theologicus methodo altingîana expositus. Heidelberg, 1660, in-8.* Tiguri, 1666, in-8.^ (auetiory

J. H. Heidegger, professeur à Ziîrich. Medulla theologiœ christ» Tig. 1696, in-4.° Corpus theologiœ christ. ^ exhibens doctrinam virtutis eamtfue contra adirer sarios ^uoscunufue ita asservis ut simul historiœ eccles. y. et Nm T. contineat Stetru^eofftv , adeo^ue sit plenissimum theologiœ didacticœ,^ elenchtieœ ^ moralis et historicœ systema. Tig. 1700, a tomes in-fol. ; 173a. Traite l'Histoire sainte à propos des fœdera. Polémique mais sans scholastique. Excellent ouvrage.

Fr.Turretin, professeur à Genève. Institutio theologiœ elenchtieœ* Gen. 1688, in-4.^ Amst. 1696, in-4.*' Utr. 1701, 4 vol. in-4.*

B. Pictet, pasteur et professeur à Genève. Theologia christiana. Gen. 1696, in-8.°, etc. Manuel qui servait aux cours de l'auteur et est devenu la base de louvrage

saivant : La théologie chrétienne et la science du salut ^ ou r exposition des vérités if ue Dieu a réglées aux hommes^ etc. Âmst. 1702, 3/ édition, augmentée dun 3r* vol. Gen. 1721. Le 3.* vol. renferme des travaux d'histoire ecclésiastique. Trad. en ail. Leipzig, 1 723, 2 v. in-4 •'' Médulla theologiœ , Gen . 1 7 1 1 , in- 1 2 •

On peut encore citer des ouvrages de H. Hulsius^, J. Meyer, etc. Cf. Pfaff, Introductio in Jùstoriam theologiœ liter. Tub. 1724, p. 261.

' .[6] Nous citerons, comme indices dune théologie déjà afiadie : J. Fr. Osterwald (f 1747), Theologiœ christ, compendium. Glasg. 1767, in*i 2 • Principes de la religion chrétienne; tr. en anglais, parH..Wanle7. Lond. 1704, in- 8.** — J. J. Vernet, pasteur et professeur à Genève (i* 1789), Instruction chrétienne. Gen. . 17 64, 3 vol. in-8,**5 tr. en allem. Berlin, 1764 — 1756 ^ 2 vol. în-8.° Renferme la morale; rationaliste. — Le dernier produit de cette école rationaUste socinienne est la Dogmatique chrétienne y par M. J. J. Chenevière. Gen. 1840. Cf. Archives au christ. 1840, p. 149. Voy. aussi les Essais théologiques du même auteur. Gen. i83i et suiv.

[7] H. W. Bernsau, professeur à Franeker. Theologia dogmatica methodo scientifica pertractata^ cum prœfi Cm JVolfii. Halle et Leyde, 1746 — 1747, 2 vol. in-4."; 2.' édit. Leipz. 17 55. Inachevé.

J. F. Stapfer, professeur à Berne. Grundlegung zur wakren Religion. Zur. 1 746 et suîv.; 2.* éd. Zur. 1761, 12 vol. in-8.** Semi-populaire, prolixe et pratique, mais argumentatif ; s'attache à relever le caractère rationnel de la révélation dirétienne; précédé d une introduction sur la religion en génér^tl, la raison , la révélation et rEcriture*

Dan. Wytlenbach, professeur à Marbourg. Tentamen

tbeologiœ domgaticœ methodo sdeniijicà pertractaine* vBerne, 1741,. 174 2. Francf. 1747, 3 vol. ia-8.° La division des /oc/' indique la réflexion systématique; il distingue i) De statu honùnis institutOy a) destitutOy 3) restitutOy 4) prœstituto* Cite beaucoup d auteurs, entre autres Xeîbnjt2(. — Compendiiim théologies dogmaticœ et moratis. Francf. 1745, in-8.°

{^8] On peut encore nommer, comme appartenant à FEglise réformée dans le xviii.* siècle, Sam. Endemann, professeur à Marbourg (t 1789), Institutiones theologiœ dogm. Han. 1777 — ^778« ^ vol. Compendium iheoL dogmaticœ. Francf. 178a. Eb. H. D. Stosch, professeur à Francfort sur l'Oder (f 1781) ^Institutiones theoL dogm. Francf. 1779. Sam. Mursinna, professeur à Halle (f 1 79^); Compendium theoL dogmaticœ. Halle, 1777-

• La dogmatique en Angleterre.

Tandis que L'Ecosse restait en rapport assez direct avec l'Eglise -réformée , l'Église d'Angleterre jouait un rple particulier. L'origine de sa réformation l'avait profondément distinguée des autres Eglises protestantes, et du mélange de ses articles évangé- Hques et de ses institutions catholiques épiscopales étaient sortis un édifice hétérogène, un caractère équivoque et des tendances opposées. Sous Elisabeth continua le mouvement réformateur, mais avec un calvinisme plus prononcé et en général une dogmatique plus arrêtée; la lutte du clergé avec le puritanisme ne portait encore que sur les ques-

tioiia relatives au gouvernement eccl^astique. Vers le commencement du 17.* siècle s*introduît, avec un attachement plus exclusif et plus intolérant aux formes ëpiscopales, un arminianisme croissant et une tendance générale vers l'antiquité, considérée comme autorité, par suite aussi une certaine sympathie, sinon pour le papisme, au moins pour le catholicisme, son esprit et ses cérémonies. Ce mouvement se prolonge, pendant une période de quara^nte ans , sous Jacques I.*' et Charles I.^, jusqu'à la guerre civile; c'est Fépoque de la formation de l'anglicanisme dans ce qui caractérise proprement sa tendance et sa théologie [1]. A la restauration, l'anglicanisme reparut avec sa tradition et se^ prétentions. L'arminianisme , dont il avait conservé l'héritage, fît place à rindifierence dogmatique des latitudinaires , et bientôt à une espèce de déisme moral , paré de quelques lambeaux de christianisme. Mais c'est à la même époque que se forma , par suite de l'acte d'uniformité (1662), une Église dissidente presbytérienne, remarquable par la science et la piété de ses docteurs, héritière du puritanisme et aïeule de la dissidence moderne, vrai représentant de l'Église réformée en Angleterre. Ce presbytérianisme fît graduellement place' au congrégationalisme, sans autre différence néanmoins que le gouvernement ecclésiastique et les vues particulières des baptistes sur l'un des sacrements. Le mouvement théologique de l'Allemagne au 1 8.* siècle n'eut aucun

retentissement en Angleterre, mais la Ultërature religieuse de celle-ci n'en avait pas mqins besoin d'une profonde r^énération. Elle la trouva dans^ le grand réveil opéré par- le méthodisme. C'est par réaction cqntre ce réveil et ses tendances purenient bibliques et souvent dissidentes que s'est reconstitué de nos jours t!esprit anglican proprement dit, entre les deux tendances opposées du parti évangélique qui représente l'élément réformé et les Sg articles, et du pusejspxe, qui représente, en les dépassant,, les éléments traditionnels, la doctrine pélagienne et les institutions hiérarchiques de l'Eglise d'Angleterre.

L'histoire de la théologie en Angleterre, n'ayant pas été interrompue par le néologisme, doit être considérée dans sa continuité jusqu'à nos jours. Elle se divise en^ deux nuances, d'après les deux parti» ecclési^tstiques et dogmatiques qui sont en présence, et en quatre époques qui se dessinent assez nettement. La première est celle de la réformation et du lô."" siècle. Elle se perd insensiblement dans la seconde, qui est celle de l'anglicanisme. La troisième , celle du latitudinarisme, va de la restauration jusqu'au milieu du dernier siècle. La quatrième est l'époque du réveil religieux et aboutit à une réaction dont l'issue se fait encore attendre.

Ce qui distingue la théologie en Angleterre, c'est son caractère pratique et populaire; la dogmatique y est le plus souvent de l'ascétique ; la langue latine

a été rarement employée. D'ailleurs, la position de rÉglise anglieane et <le ses adversaires produit des préoccupations peu favorables à la science; presque toute la théologie est apologétique et polémique , engagée dans des arguments historiques $ur le gouvernement de l'Eglise et des luttes ardiBntes conUre le papisme, ou des discussions sur les mérites respectifs de 1 episcopat et du presbytérianisme : une prodigieuse quantité de sermons complète cette littérature. Les systèmes dogmatiques, abstraction même faite du caractère scientifique, y tiennent tpès-peu de place. Les réformateurs anglais nont rien laissé en ce genre [2]. Dans la longue liste de ces écrivains, leurs successeurs, quon appelle les Pères de TEglise anglicane, et qui occupent la première moitié du iq^ siècle, on rencontre des expositions du symbole apostolique par John Smith (t 1616), Alexandre Giil (t i655), Thomas Jacksoa (t 1640), William Nicholson, évéque de GIocester (t 1673), Isaac Barrovv (t 1677), et surtout John Pearson, évéque de Chester (t 1686), et les écrits plus systématiques de Matth. Sutclifie (f 162g), de John Prideaux , professeur à Oxford et évéque de Worcester. (i65o), de larchevêque Jacques Ussher (t i655), de John Forbes, professeur à Aberdeen (t 1648), de John Da venant, évéque de Salisbury (t 1641), et du jurisconsulte John Godolphin (1,1678) [3].

Vis-à-vis de larminianisme anglican et de sa

ieadaaGe à rattaober lies doctriaes officicille$ k- celleft des six premiers siècles de TÉglise, vis-à-ris de lex^ clusisme croissant dont Laud déliât le représesH tant fanatiqucyse développa depuis ravénement des Stuart le caractère calviniste, presbytérien et non moiûs intolérant du puritanisme Les luttes et les jiersécutions ne lui permirent guère de penser à la science pendant cette époque. INous trouvons cepen» dant à signaler des travaux de William Perkins ( 1 1 603), Tbomas Cartwrîgbt (t i 6o5), Edward Leigb (t 167 1), Francis Roberts (t 1676) et Thomas Collier. Le grand nom de Milton lui-même (t 1674) est attaché à un système de la doctrine chrétienne, bizarre, hétérodoxe, strictement individuel, isolé au milieu des croyances de TÉglise, comme le génie de Fauteur au milieu des contemporains de sa vieillesse. En 1648, la publication de la confession de foi et des catéchismes de Westminster vint donner à la doctrine du parti une base plus arrêtée , et par là préparer des commentaires nombreux [4].

La période du latitudinarisme abonde en produits littéraires, mais, sous le rapport de leur valeur, est encore plus stérile que la précédente. Elle est dominée, depuis la restauration, par une école de théologiens, sortis de Cambridge, formés aux études philosophiques principalement par les écrits de Platon, mais étrangers à toute doctrine chrétienne positive, distingués, d'ailleurs, par la tolérance de leur attachement à TÉglise épiscopale et leur

■tèïe contre le catholicisme {5]. Les chefs étaient

Whichcot, Henri More» Gudworth. Parmi leurs disciples ou successeurs, Barro w, Tillotsôn, Patrick, South, Sherlock, hrillèrent comme sermonuaires ^ Stillingfleck, Bull et Warburton dans la controverse; Joseph Butler dans l'apologétique , etc. Les principales controTerses de l'époque roulent sur l'idée de la Justification émise par Bull, les vues sociniennes de William Sherlock, l'arianisme de Whiston et de €larke. Le poids d'une confession virtuellement rejetée commence à peser sur la conscience des théologiens anglicans ; une association du clergé se forme pour obtenir l'abolition de la souscription obligatoire aux Sg articles, mais le parlement décide la négative (177^). La théologie pratique tombe dans une froide morale, et la dogmatique ne fait que dégénérer malgré . quelques écrits estimables. C'.est à cette époque qu'appartiennent par la date, .mais non pas tous par Vesprit, les ouvrages de Roger Boy le, de Henri Hibbert , du pieux Leighton ( f 1 684)9 des évêques Beveridge (11704) et Burnet (t 1714)» de Thomas Burnet (f 1715), de. John Edwards (+171 6), N. Clark, R. Fiddes (f 1 735), Gastrel, évêque de Chester (f 1 7^5), Lamrence Fogg, Th. Stackhouse <t 1752) et Fr, Warner (t 1768) [6].

A coté de cette transformation de l'anglicanisme ^e développe d'abord le presbytérianisme persécuté par Charles U, puis les différentes dénominations dissidentes tolérées par Guillaume et ses successeurs.

Les doctrines du calvinisme» généralement maintenues dans leur sein, ne servent pas. moins à les distinguer du clergé établi que la différence de constitution ecclésiastique. Les controverses sur la justification et les décrets divins (1670-1680), et si^r Tantinomianisme (1691) occasionnées par Baxter et Crisp, n'afièctèrent point cet attachement aux. doctrines de Westminster. Les deux mille pasteurs non conformistes, expulsés par la Saint-Barthélémy anglicane devinrent, malgré les rares loisirs d'une vie persécutée, les auteurs infatigables d'ouvrages volumineux, dont un grand nombre forment encore aujourd'hui le fond de la littérature religieuse en Angleterre. Il en est peu cependant qui appartiennent à ùotre sujet. Owen, Howe, Charnock, Bâtes» etc., n'ont laissé que des traités détachés. La Théologie catholique de Baxter (f 1691) est polémique, mais sa Methoâus theologiœ est un véritable système de dogmatique et de morale [7]. Les générajdons suivantes payèrent aussi au 18.'' siècle leur tribut à l'engourdissement spirituel et même à l'hérésie, et l'unitarisme s'établit dans plusieurs des Eglises dissidentes : Kippis, Lardner, Prioe, Priestley [8], marquent les degrés de cette dégénérescence. Ce ne fut toutefois qu'une exception, et les dissidents orthodoxes restèrent la lumière d'un siècle obscurci ; quelques travaux attestent même une vague tendance à la science comme résultat de la vie chrétienne qui les animait : tels sont ceux de Samuel

GiadocL (t 1706), Thomas Ridgley (t 1754), Philippe Doddridge (t i75i), John GIll (f 1771), et plusieurs autres [gj.

Le réveil religieux de rAnglet^re au siècle dernier a peu favorisé les études théologiques : les méthodistes étaient trop préoccupés de levangélisation populaire pour penser à la science, et jusqu'à ce jour ils se sont recrutés parmi des laïques sans éducation, non moins que dans leurs établissements d'instruction pastorale. Les universités anglicanes n'offrent à peu près aucun enseignement religieux. Les dénominations dissidentes ont seules des écoles proprement dites; mais le caractère des études j est peu scientifique. On peut, d après cela, conjecturer que les matériaux pour l'histoire de la dogmatique ne sont pas moins rares dans cette dernière époque que dans la précédente. LÉglise établie n offre guère en ce genre que les Essais de Thomas Scot (f 1821) qui, d'ailleurs, ne représentent point Tesprit anglican, mais Torthodoxie calviniste ou les sentiments du parti dit évangéiique ; les leçons de Fellowes sont surtout éthiques et celles de 0>ny beare encyclopédiques [10]. Le wesleyanisme , après s'être exprimé dogmatiquement dans les sermotis de John Wesley (ti79i), a trouvé une forme pltis systématique dans les Instituts de R. Watson [11]. Les Indépendants et les Baptistes ont^ porté leurs efforts v»*s d'autres branches de la science {12]. Quant aux Quakers, TApologie de Barclay remonte au 1 7.* siècle.

et les Essais de Gurney appartiennent à la dogma-* tique chrétienne en. général [i 3]. Les unitaires s'en tiennent à une polémique de détail.

Par suite des destinées de l'Église réformée, TÉcosse religieuse s'est trouvée plus isolée du continent, mais non pas plus rapprochée de TAngleterre. Sa théo-f logie a conservé le caractère rigide et scholastique dont la réformation lui a légué la tradition j mais une littérature de brochures et d'obscures controverses a succédé aux sévères travaux d un autre âge. On peut citer néanmoins les Instituts de Greorge Hill et de Rankin de Glasgow, les leçons de George Campbell et J. Dick, et deux ouvrages de James Douglas, qui marquent une réaction théologique dans le sens d'une simplicité plus pratique [i4]*

Les États-Unis d'Amérique se rattachent étroitement à la Grande-Bretagne sous le rapport qui nous occupe. La vie religieuse, multiple et irrégulière, mais profonde, qui s'y est développée, n'est pas restée sans essai de manifestation scientifique. Le puissant génie métaphysique dé Jonathan Edwards (f i ySd) s'est appliqué, avec les ressources d'une proCpnde sagacité , à divers points de la controverse du calvinisme avec l'arminianisme, tels que le péché originel et la liberté morale. Il a moins bien réussi dans son Histoire de V œuvre, de la Rédemption ^ espèce de dogmatique sous forme historique. La Théologie de Timothée Dwight est une dogmatique en sermons, mais étendue et complète [i5].

Plus récemment YAméaAqoù sTest habîtoee à puiser la sdence tbéologiqiie aux wnroes allemandes, et sans efforts propres ni originalité marquée, prend cependant ainsi part à un mouvement auquel FAnglelerre et l'Ecosse restent encore presque totalem^it étrangères.

[x] n ne fimt pmnt perdre de vue l'analogie de FAng^canisme arec le Catholicisme^ ni prendre le change sur les attaques et TaversoD du pronier contre le Romanisme. La distinction entre Cadudidsme et Papisme, snr laqodle insiste anjonrdlmi le Pttseysme, est non-seulement fondée sur la nature des dioses, mais indispensable pour appré* der le caractère de l'Eglise anglicane» Celle-ci n'est, à vrai prendre, ainsi que la dit M. de Maistre, qu'un « catholicisme décapité. * Le système, au reste, n est pas homogène, et la confession de foi jure avec les institutions, ce qui explique Fantagonisme du parti évangélique et du parti dit de la haute Eglise. Yoy. sur ce sujet. De FjénglicanisFney Semeur, 1843, nJ'-ig»

[2] Je trouve, à la vérité, dans Ylsagoge de Boddeus (édit. de lyBo, p. 378) la mention de loci communesy sous le nom de Cranmer et réimprimés à Londres ea i6ai. Ce doit être une erreur. Les bibliographes Watt . et LoiviroES n'en parlent pas , non plus que Le Bas, dans sa biographie du Réformateur (Londres, 18 37, 2 vol.); enfin, l'édition complète des Œuvres de Chahmeh, publiée à Oxford (i833, 4 vol.), ne contient' rien de semblable. H parait cependant que l'on conserve dans une des bibliothèques d'Angleterre des fragments de divers auteurs et extraits de lectures rassemblés par CiunMEa , sous le titre de Loci communes y et telle est sans doute la source de Terreur.

[3] John Smith. An exposition ofthecreed and expla^ nation ofihe articles of. our Christian faith^ in 2 3 ser-monsj etc.^ i632, ior-foL

Alex. Gill. Sacred pMlosophy of holj scripture or a commentary on the creed. Lond. i63S ^ in-foL A la fin se trouve un traité sur la Trinité.

Thomas Jackson. Commentaries on the creed; en 1 1 livres publiés successivement à Londres, i6i3 — 16^7,

in-4.

William Nicholson. Exposition ofthe Aposiles creed^ in sef^eral sermons^ 1661 , in^fol. Exposition ofthe churck catéchisme Lond. 167,1.

Isaac Barrow. Exposition of the creedy Lor^s prajer and ten commandments. Lond. 1696, in-8.^

John Pearson. An Exposition of the creed. Londres, 1669, in-4.° Oxford j i8ao, a vol. in-8é® Souvent réimprimée. On en a publié plusieurs abrégés.

Sutcliffe. Religionis christ, institution

John Prideaùx. Lectiones 10 de totidem religionis capi^ tïbus prœcipue hoc tempore controf^ersis. Oxon. 1626, in -4.'' Lectiones 22 de totidem ^ etc. Ox. 1648. Scho^ lasticœ theologiœ syntagma mnemonicum» Oxon. i65i, m-4.

James Dssher. Body ofDiuinityy or the sum ùnd substance of Christian religion. Dubl. i638, in-4.® Publié sans Fautorisation de l'auteur; plusieurs fois réimprimé.

John Forbes (Forbesius a Corse). Instructiones histo^ rico-theologica. Amst. 1642, in-foL; 2.* édit. i6gg. Réimprimé dans les œuvres de lauteiir, Amst. 1703. Cet ouvrage, érudit et estimé, est une espèce de dogmatique historique, ou, si Ton veut,* dliistoife du dogme systématique et avec une Intention polémique. L auteur avait

eu- rintention d y ajouter un second volume. Forbes flottait entre les presbytériens et les épiscopaiix, mais fut excommunié ^r les premiers en 1641. Voyez sur lui, NicERON) Mémoires^ vol. xlii.

John Davenant. Detemnnattones 49 (juœstionum tkeo^ logicarum. Cantab. 1634, in -fol.

J. Godolphin. The holy harhour containing ihe whole hody of dwinity^ i65i.

Le docteur Pusey et ses amis publient^ depuis 1841 à Oxford y une collection des théologiens anglicans du xviii.* siècle, sous le .titre : The Ubrary of angto-catholic theology.

[4] WîU. Perldns. Armilla aurea. Cantab. lô^o; traduit en anglais sous le titre : Â golden chaùij or the description of theology^ containing the order of the causes of sahation and damnation ^ accofdingto God's word^ 1591. Œuvres complètes, Lond. 1608 — x6io, 3 vol. in-fol. Perkîns lut célèbre pour son calvinisme, sa science et sa piété.

Thomas Cartwright, l'un des chefs du puritanisme* Body of Vii^inity. Lond. 1616, in-4.*

Edward Leigh. A treatise ofDiifinity in 3 books. Lond. 1646, in-4«* j^ System or body of dii^inity-in 10 bçoks. Lond. 1654, in-fol. Leigh est célèbre surtout dans Thistoire de la lexicographie sacrée, par ses Critica sacra.

Francis Roberts. ^ synopsis oftheology. Lond. 1644, in-fol. Mysterium et medulla Bibliorum^ or the mysiery jandmarrçw ofthe Bible ^ concerning God's cot^enant with mon. Lond. 1667, a vol. in-foL

Thomas Collier (baptiste). The Marrqw of Christian nity. Lond. 1647, in-8.* AbriefBodyofDiv^iniîy. Lond.

i€j4 y in-S*'' ^. Nehemiah Co%y ffereaies^ etc. in Thom. CoUiers Body of Disnmtf eoi^uieJL

J».MâlJOiii Angïi) De doctrina christfana Ubri duo post-humiy (juos ex schedis mss. deprompsà et typis mon" dàri, primas curapit C. R. Sumner. Cantab. 1 8a5, 'iii-4.^ t^ublié^ en même' temps en anglais, par le même éditeur, in-4.^ Xe. traité se divise en deux parties, théorique et pratique* Opinions particuKères sur la divinité du fils et du Saint-Esprit, sur TÉglise et le mariage. Rejette le baptême des enfants. Calvinisme très-tempéré. Cf. Quarterly RevijBw, vol. XXXII, p. 443 etsuiv.

[5] Voyez sur cette école Burnet, History of his ovi^n t}me^ au commencement du second livre.

[6] Roger Boyie, arçbev. d'Armagh. Summa theolo^ giœ christiancBy 1671. Systema theolog. christ.

H. Hibbert. Syntagma theologicum^ or a hody of Dirinity. Lond. 1 6'Ç 2 , in-fol.

Hobert Leighton, atchev. de Glasgow. Prœlectiones tkeologicœ. Lond. 169.3, in-4.*

Beveridge, évêque de S. Asaph. Thésaurus theolo^ gicusy or a complète System of DMnity^ summed upjn brief notes upon sélect places ofthe Old and New Testa-' ment. Lond. 171 o — 1 711,4 vol. ih-8.*

Gilbert Burnet, évêque de Salisbury. Exposition ofthe 39 arliclé's ofthe church of England. Lond.\i699, înfol. ; soutent réimprimé.

Thomas* Burnet. Defide et officiis christianorum. Lond. 1722, în-4.^; 1727, in-8.° Ces deux premières éditions ont été imprimées à peu d exemplaires et distribuées sans être mises en vente. Réimprimé 1728; i733; et par Abr. Telier avec additions. Halle, 1786, in-8.? Traduit en français , Lausanne , 1778, in-8.* Ce livre est un Traité

sans méthode el latitadmaire sur quelques points dogmatiques et éthiques.

John Edwards. Feritas rediix or epongelieal truths restored. Lond. 1707, in-S * Theologia reformata ^ the bodj and substance of tke Christian religion. Lond. I7i3«^i7i6, 3 voL in*fol.

N. Clkrk. The way of truth or a' hody of Dif^initj consonant to' the doctrine of the church of England. Lond. 1717—1718, a Vol. in-8.^

Francis Gastrell. Christian institutes^ 1707. Ce n'est qu'un recueil systématique de passages de rÉcriture.

Laurence Fogg. Thèologiœ speculati^œ schéma, Lond.

Richard Fiddes. Theologia speculati^a et practica^ a hody ofDiûinity. Lond. 1718 — 17110, 2 vol. in-fol.

Thom. Stackhouse. A complète hody ofDii^inityy 1729, in-fo}. Traduit en français sous le titre : Traité complet de théologie spéculative et pratique y 5" vol. in-4.**, et en allem. pàr.Rambach: Rostock, 1764 — 17649 7 tomes În-S.'

Férdinàndo Warner. A System of Diinnity and moralityy in a séries of discourses on ail the essential parts ofnatural and reuealed religion^ compïledfrom the works ofeminent divines ofthe church ofEnglandp. 7 5 o,*5 vol. in-12. Réimprimé 1766 et 1767.

£7] Richard Baxter. Confession offaith, Lond. 1664, in-4.'' Catholic theology. Lond. 1676, in-fbl. Methodus thèologiœ christianœ. Londres, 1681, in-fol. Les oeuvres complètes de Baxter ont été publiées è Londres 1827—^ i83o,en23 volumes. Cf sur cet homme remarquable : Baxter et F Angleterre religieuse de son temps. Paris,

^840, iii'-S.'', et un travail de M. Macaulaj. Edinb. Review, voL Lxx.

f8] Joseph Priesdey (f 1804). Jnstitutes qfnatural and repealed religion. Lond. 1773^ 3 voL in-8»^

[9] Samuel Cradock. Knowledge and praciice^ orplain discourse of tke ckief things necessarjr to be known^ belieffed and practised. Lond* i65gj îa-8.^; avec ua supplément, i7t}2y in-foL

Th. Bidgley. j4 Bodj of Diwniijy heing an exposi-tion oftïie assefnbljs larger catechismy 1731 et suiv., 2 voL in-fol. Râmprimé en 1814, 4 vol. in-8.^

Ph. Doddridge. A course qf lectures on the principal subjects in Pneumatotogjr y Ethics and Dif^inity. Lond. 1763, m-4.^ 3«* édit. y avec additions; par Kîppis^ ^ 7^4 • a vol. In-8.^ Renferme des indications littéraires.

J.Gill. Bodyof doctrinal and practicc^l Dirinity. Lond. 1769; 1770, 3 vol. in-4.**

[10] Thomas Scott, auteur dun commentaire sur l'Ane, et le Nouv. Testament. Essays ofi the most important subjects in religion ^ 1793. Souvent réimprimé.

Robert Fellowe§. A bodjr of- theology^ principaUjpracticalj in a séries oflectures. Lond. 1807, a v. in-8.**

W.'D. Conybeare. An eUmentary course oftheolo-gical lectures delii^ered in Bristol collège , 1 8 3 1 —«1 833. 2.' édit. Lond. i;836, in-i3. La 3.* partie seulement est dogmatique.

William Davy. System of Dii^mity. Exeter, 1786, 6 vol. in-8.°

[11] Les sermons de Wesley, publiés successivement et souvent réimprimés collectivement , forment la norme de la doctrine du parti.

Richard Watson. Tkeological inslitutes or a vievi^ of tke eindencesj doctrines^ morals and institutions of^chri" stianitjj i83o, 3 vol. in-8.**

[laj II faiU cependant citer The Caltmistic and Socimon Systems compared (Lond. 1794) d'Andrew Fnller, ministre baptisle^ et plusieurs monographies dans la collection des Congregational lectures.

[i3] Robert Barclay, jipologyfor the tfue Christian Diuinity^ as the same is held forth andpreached bj the people in scorn called Quakers y 1676, in-4.®

J. J. Gumej. Essays on christîanity^ i82 5« A été traduit en allemand.

[14] George Hill. Theological institutes in 3 parts, Edinb. i8o3. Lectures in Dimnity. Edinb. 1821^ 3 vol.

A. Rankin. Institutions oftheology^ i8aa.

George Campbell. Lectures on systematic theology and pulpit éloquence y 1807.

J. Dick. Lectures on theology^ 1834, 4 vol. '

James Douglas de Cavers. Truths of religion^ i83o. Errors in religion ^ même année.

[i5] Jon. Edwards. History ofthe work of rédemption,^ 1774* Souvent réimprimé. Œuvres complètes^ Lond. 1817, 8 vol.in-8.*'

Tim. Pwight. Theology explained and defèndêd in a séries of sermons. Lond. 1819, 6 vol. in-8.°

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