Epoque : xvi.' siècle
Melanchton et ses commenialeurs.
Autant le génie héroïque et pratique de Lutber était peu .propre aux travaux de la science, autant l'esprit ifaiéditatif et réfléchi de Melanchton devait se sentir porté à systématiser la foi de la réfofmation. Les Loci communes, publiés vers la fin de 1621, sont le premier essai dogmatique de Tépoque, et ont exercé une influence considérable. Rédigés d'abord pour l'usage privé de l'auteur, devaiit leur origine à ses travaux sur lepitre aux Romains, d'un
cdractère strictement biblique , ils marqueitt, par leurs transformations successives , les progrès du besoin dogmatique dans TÉglise nouvelle, non. moins que les variations de sentiments de Alelanchtbn luimême. Les principaux remaniements sont de i555 et 1543. Sans encbainement rigoureux, sans ordre aucun dans plusieurs des points inférieurs, la première édition avouait l'intention dç laisser les mystères chrétiens de côté, et traitait principalement du péché, de l'Évangile, de la foi et des sacreiAents[i]. I^es éditions subséquentes abandonnèrent le déterminisme, se modifièrent dans le sens du synergisme, et, pour la sainte Cène, du calvinisme, s^occupèrent davantage des questions théologiqties débattues , et comblèrent les lacunes relatives à la Trinité, à la personne de. Christ, a la* création, à l'Eglise, à l'eschatologie. La doctrine de scriptura s. n'y est cependant point comprise [2].
L'excellence du traité, le b€;3oin auquelil répondait, la réputation 4e l'auteur, la haute approbation de Luther; valurent aux Loci une autorité presque symbolique. Ce fut pendant cinquante ans la seule dogmatique dé l'Église luthérienne , et , jusqu'à la fin du sièele, le texte des cours publics. La littérature théologique de l'époque ne nous offre point-de travail systématique indépendant, mais seulemètit des commentaires sur Melançh ton.. Nous citerons les Institutiones de Selnecker (f 1602), les Loci de Strigél (t irSâg), rédigés dans le sens des dernières
idçes de Melaacht<m , et surtout les Loci.de Cliemnitz (f 1574)9 auquel ou doit aussi ua manuel dogmatique en langue allemande, rédigé en Toe des exameïis de pasteurs. Chemnitz n'a pas achevé le premier de ces ouvrages, qui, par cette raison, ne traite point l'eschatologie : Fesprit en est plus sym-^ bolique que celui dé Melanchton, et la polémique y est enrichie dç détails historique^ sur les controverses [3.]. ' ,
Le i6.^ siècle en resta donc à ia méthode Ipéale. Les commentaires cités sur les Loci sont tous les trois précédés de dissertations isagogiques.
[1] Voyez rintrod.uction dans les premières éditions. Dans la préface d'une édition postérieure^ Melanchton déclare que la théologie ne doit pas suivre la méthode démonstrative de la philosophie j parce que les vérités religieuses ne se prouvent point par des arguments, mais par la parole de Dieu.
• [2] Ph. ^lelanchton. Loci commune^ rerurh theologi- . carums» hjpotyposes theologicœ. Witt. 1 5a 1 (anonyme)* Cette première édition a été reproduite telle ^quelle par AuGusTi) Leipzig, i82i. Les additions et changements datent des édifions de i525, i535, 1643 et 1569. Cf. les prolégomènes des Loci communes de Hutter; et Strobel,
Versuch einer Literargeschichte von Ph. 'Melanchton s
Loci theologici. Altorfjiyye.
[3] Nicolas Selnecker. Institutiones thrisU réligionîs^ 1673 — 1579;, 3 vol.
Viçtorin Strigel; Enchiridion locorum theolog» Witt. 1541, iti-S."^ Loci theologici quibus loci comm. Melanch--
tonis illusttantur ; cura Pezelii (théoL réforipé). Nettst. i58i — i585, 4, vol. in-4.*?
Martin Chemnitz. /<oci theologiciy quitus loci contm» Melanchtbnis perspicue explicantur; édit. Leyser. Francf. et Witt. i5c^i, 3 tomes in-4.®; 1699; 1604, etc. — Die fïtrnehmsten Hauptstûcke der christUchen^ Lehre, Guelf. 1669, m-8.*^