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Eglise catholique

Le catholicisme, en tant quil veut s élever à la science, devient nécessairement scholastique : cependant il peut se contenter de rassembler les autorités< Nous avons déjà' vu, soit successivement, soit concurremment, se développer ces deux tendances, spéculative et positive : nous les retrouvons encore dans l'Eglise romaine après la réformation. L'émulation polémique et littéraire a dû, jusqu'à un certain point, affecter la méthode de l'enseignement chrétien dans le catholicisme; mais, le principe restant le même, la forme elle-même n'a pu être altérée que superficiellement et momentanément.

Le concile de Trente , en déterminant plus exactement le système catholique , a resserré encore les limites étroites de l'orthodoxie romaine, et par là enchaîné la dogmatique. Il n'a pu cependant surmonter le schisme intérieur de l'augustinisme et du pélagianisme qui , se rattachant à une autorité patristique contradictoire, avait éclaté vers la fin du moyen âge dans les discussions des Thomistes et des Scotistes , et se continue ou se réveille au 1 6!' siècle, entre Baius (Michel de Bay, chancelier de l'université de Louvain, f iSSg) et les franciscains

des Pays-Bas, entre les dominicaii» et les molinistes (Louis Molina, jésuite, professeur à Évora, f 1600), et surtout au 17.'' siècle ^ entre les jansénistes et le puissant ordre des jésuites^ deyenus les représentants du pélagianisme catholique. Leur doctrine devait triompher, et le dogme de l'Eglise fut virtuellement décidé dans ce sens. Ces luttes cependant s'exprimèrent plus dans les monuments d!une controverse interminable que dans des systèmes dogmatiques. Le monopole de l'enseignement par les jésuites exerça plus d'influence sur la marche de la science. L'Eglise gallicane, grâce à son indépendance, se distingua par un mouvement plus libre et des essais plus heureux, sans toutefois parvenir à rompre le joùg accablant de la routine.

Les Lieux communs ^ opposés par le célèbre Jean Eck (t 1S45) à ceux de Melanchton, appartiennent à la polémique. On doit en dire autant du grand ouvrage de Bellarmin (t 16^1) vers la fin du même siècle, et de V Exposition de Bossuet (t 1704) au siècle suivant. Les Loci du dominicain Melchior Canus (t i56o) ne font pas moins époque dans cette littérature, mais sont une topique plutôt qu'une dogmatique [1].

La dogmatique catholique, depuis le \6.^ siècle jusque vers le milieu du t8.^, offre trois genres de productions, qui forment aussi à peu près trois époques successives. Elle continue d'abord la tradition du moyen âge, et ne présente guère que des com-

méntaires sur Lombard ou Thomas, tels que ceux de Gr^oîre de Valentia (t i6o3), de Vasquez (t i6o4)> d'Esté (t i6i3 ), et de Suarez (t 1617) dont les écrits sur Thomas forment dix -neuf volumes in-folio [:a].

Le 17.* siècle renonce pUis tard à ce schôlasticisme stérile pour en revenir à la méthode positivé et la compilation des autorités; la dogmatique devient ainsi en quelque sorte histoire des dogmes , travail patristique surtout, et s'enrichit de plusieurs ouvrages importants. Les plus célèbres sont ceux de Petau (Pfetayius, f i652), Thomassin (tiôgS), du Hamel (+ 1706) et Noël Alexandre (t 1 724)- On peut y joindre la Théologie de Berti (+ 1 766) [3].

Enfin, pendant le cours du 18.* siècle la science entre davantage au service de l'enseignement, et produit moins de systèmes originaux ou des recherches érudites que des cours académiques ou des manuels à Tusage des univei^ités et des séminaires. Le but immédiat de ces écrits ne laisse pas que d'influer sur leur caractère, dans lequel prédominent, d'ailleurs, généralement l'élément historique et la forme scholastique. C'est dans cette classe que se rangent les compilations de Habert (ti7i8), Opstraet (t 1720), Tournely (+ 1729), du cardinal Gottî (t 1742)1 les douze volumes de Concina (j 1766), les dix-neuf de Billuart (i* 1757) et les leçons de Gazzaniga. Le Traité de la doctrine chrétienne de Dupin (t 1719) n'est,- dans sa forme inachevée, qu'une introdiiclion à la dogmatique catholique [4].

Au milieu de la profonde torpeur de l'Eglise grecque on se félicite d'avoir à citer, moins, il est vrai , pour Timportance , que pour la rareté du phénomène, labrégé de P. Platon, archevêque de Moscou (ti8i2),la dogmatique de Th. Procopowicz (t 1756) et celle de Théophy lacté [5].

[1] J. Eck. Enchiridion locorum communiant adt^ersus lutkeranos. Col. i6a6, in-8.*^ Ingolst. 1627, etc.

Robert Bellarmin. Disputationes de contropersiis ckris-tianœ fidei adversus kujus temporis hœreticos. Ingolst. 1687 — 1690, 3 v. in-fol. Ibid. i6oij 4 v. in-fol., etc. La meilleure édition est de Prague, 17a 1,-4 vol.in*fol.

J. B. Bossuet. Exposition de la doctrine de r Église catholique sur les matières de controverse. Paris, ^^7^j etc. En latin, Gôtt. 1736. En anglais, Lond. i685, in- 4.^ En allemand, Bamb. 1828, in-8.°.

Melchior Ganus. De locis theologicis. Salam. i562, in-fol., etc. Padoue, 1727, in-4.° avec prolégomènes du Père Serry, Ven . 1769, in-4 .'

[2] Gr. de Valentia, professeur à Ingolstadt et à Rome. Commentarii theologici in summam D. Thomœ. Yen. 3600, 4 vol., etc.

G. Vasquez, professeur à Alcala. Commientationes ac disputationes in S. Thomœ summam. Ingolst. i6o€. Yen. 1608. Anv. 1621, 8 vol. in-fol.

G. Estius, chancelier de luniversité de Douai. Comment taria in 4 libros sententiarum. Douai, 161 5, 4 v. in-fol. La meilleure édition est de Paris, 1696, 2 vol. in-fol.

Fr. Suarez, professeur à Salamanque et à Rome. Com^ mentationes ac disputationes in summam theologiœ Tho^ ma yà(fuinatis. May. 1619. — ^1629, ^9 voL in-foK

[3] Deoys PetaUf OpuS de theologicis dogmatibus. Paris j .1644 — i65o,5 vol. in -fol. édit. Théopb. Alethious (J. Leclerc), Anv. (i. e. Amat.) 1.700, 3 vol. infoL L'ouvrage est resté inachevé.

Louis Tbomassin , professeur à Paris. Dogmata theologica. Paris J 1680 — 1684, 3 vol. in- fol.

. J. B. du Hamel, professeur de philosophie à Paris. Théologia speculatwa et practica juxta s* patrum dogmata pertractata. Par. 1691 , 7 vol. in-B.*" Ven. 1734, in-fol. . Theologke clericorum seminariis adcommodatœ summarium. Paris, 1694, 5 vol.in-12.

Noël (Natalis) Alexandre. Theologia dogmatica et moralis secundum ordinem catechismi TridentinL Pai'is , 16935.10 vol. in-8.°; 1703, 2 vol. in-fol.

J. L. Berti, professeur à Pise. Theologia historico-dogmatico'scholastica. Rom. 1739 — i747j 10 vol. in-fol. Le même ouvrage sous le titre Opus de . theologicis disdplinis. Ven. 1760 et suiv., 7 vol. in-fol. L'édition la plus complète est de Naples, 1792, 10 vol. iu-fol.

[4] Louis Habert, docteur en Sorbonhe. Theologia dogmatica et moralis ^ ad usum semin, Catalaun, Paris, 1707, 7 vol. iji-12.

J. Opstraet. Institutiones theologicœ, Leod. 1710, 3 v.

Antoine Tourpely, professeur à Paris. Prœlectiones theologicœ. Par. 1726 — i73o, 16 vol. in-8."

Vincent Louis Golti. Theologia scholastico- dogmatica juxta mèntem />* Thomœ Aij. Ven. 1760, 3 v.

Daniel Concina. Theologia christiana dogmatico-moralis, Rom. 1746, 12 vol. in-4.°

C. R. Billuart. Summa S* Thomœ hàdiernis academiarummoribus accommodata. Wirceb, 1768 et suiv., 19 v. Summa s» Thomœ ^ s. compendium theologiœ, Gaudav. 1763, 6 vol. Rom: 18 36, 4 vol. in-fol.

p. M. Gazzàniga, professeur- à Vienne. Prœlectiones theologicœj 3/ édit. Vienne, 1776 — i779j ^v. ki-8.^

Ellies Dûpm« Traité de la doctrine chrétienne et ortho^ doxe. Par. 1703, in- 8/ L'auteur annonce son plan à la fin du vplume, mais n'a publié que cette première partie.

[5] P. Platon, archevêque de Moscou. Rechtglâubige Lekrey oder kurzer jàuszug der christUcIien Théologie. Riga, 1770; trad. en latin, Moscou, 1774; en français, Pétersb. 1776. L'original russe est de 1766.

Théophane Procopowicz, professeur à Kîew, puis archevêque de Novogorod. Christiana orthodoxa theologia. Kpnigsb. 1773 — 1776 ,6 vol,. in-8.° Lepremier volume seul est de Procopowicz.

Théophylacte, recteur de Tacadémie de Moscou. Dog-mata christianœ orthodoxa? reUgionis. Mosc. 1773.

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