‹ Dogmatique de l'Église réformée, prolégomènesChapitre 25 sur 26 · IV.* PÉRIODE {Temps modernes · texte numérisé non relu

IV.* PÉRIODE {Temps modernes

La réformatiôn avait cherché sa science dans la scholastique du 17.* siècle, mais ny arait trouvé en échange de son caractère hîhlique qu'une forme roidement et exclusivement objective, dans laquelle elle s'était pétrifiée. De là , pour parvenir à une expression scientifique plus conforme à sa nature, la nécessité de traverser une époque critique, au sein de laquelle s'opérât la distinction des éléments et se développât le principe intérieur. Malheureusement cette crise ne s'accomplit qu en relation avec des influences étendues et variées, et, passant par un mouvement réciproque dé la vie dans la science et de la science

dans la vie, s'identifia avec une ère d'irréligion gé-* nérale. C'est ainsi que commence, avec la seconde moitié du 19.** siècle, uùe époque destructive^ qui se place en opposition directe avec le caractère positif des deux siècles précédents." Une époque reconstfuctivè, qui date des trente dernières années environ , semble présenter la conciliation entre les deux termes antagonistes ainsi placés en présence, et nous amène jusqu'au mouvement actuel de la théologie.

L'histoire de notre période se divise donc en deux parties bien distinctes, la destruction et la reconstruction, la négation opposée à l'affirmation de la réformation et les essais pour s'élever de cette antithèse à une synthèse supérieure. Ce double mouvement se trouve précédé d'une époque de transition et préparé par des influences extérieures et intérieures qu'il faut énumérer. La distinction entre les confessions protestantes disparait dans un mouvement aussi profond, et depuis lors jusqu'à nos jours n'a plus d'importance, et presque plus de réalité dans l'histoire de la science.

Époque de transition,

Théologie JVoljienne.

L'apparition de Descartes avait marqué Favénement de la philosophie moderne , mais avait provoqué les soupçons plus que les sympathies de la

théologie. Son graiid successeur, Leibnitz (t 1716)9 agit plus directement, quoique surtout formellemeut sur la science religieuse. Ce ne fut pas tant le contenu particulier de sa doctrine qui passa dans la dogmatique, que la tendance à rechercher le côté logique -rationnel des vérités chrétiennes, et, en connexion ayec cette tendance, une prédilection décidée pour la méthode démonstrative mathématique [1]. Ce double élément fut développé, appliqué et popularisé par le disciple de Leibnitz, Chrétien Wolf (t 1754)» non sans des exagérations pédantesques et un abandon virtuel de l'esprit du maître. Quoi qu'il en soit, c'est par cette filiation quCe la dogmatique quitta lés voies plus heureuses où elle venait d'entrer pour revenir à une nouvelle espèce de schôlasticisme, mais en même temps pour faire sous celte forme un apprentissage d'idées rationnelles et de principes d'indépendance qui la préparerait graduellement à une nouvelle ère et une hardie émancipation [2]. Nous avons déjà nommé Stapfer (t 1 7 76) et Wyttenbach (t 1779), Tun plus populaire, l'autre plus scientifique, comme les représentants de l'école de Leibnitz et Wolf dans l'Église réformée [5]. Dans l'Eglise luthérienne elle trouve, malgré les attaques de Buddeus (f 1729) et de C. A. Crusius (t 1776), des adhérents assez nombreux, parmi lesquels se rangent Baumgartjsn (t 1757), Carpov (t 1768) et Reusch. La préface de Carpov nous montre la nouvelle méthode, obligée de se justifier contre l'accu-

nation du nattiraUsine. L'ouvrage de Baumgarien , publié par Semler, signale ainsi, en quelque sorte , la transition entre les deux périodes. Celui de Reusch n'est qu'une introduction à la dogmatique, mais présente, outre des considérations générales sur la religion et la révélation , un examen complet des doctrines chrétiennes, et une comparaison du christianisme avec le judaïsme, le mahométisme et le pa^ ganisme [4]. Enfin, le catholicisme lui-même trouve dans B. Stattler (+ 1797) un interprète du wolfianisme [5].

[1] Le rationalisme chrétien de Leibnixz est principalement exprimé dans le traité de la conformité de la foi avec la raison qui précède la Théodicée» Quant à la méthode mathématique j on sait qu'il avait eu, vers la fin de sa vicj Tintention de formuler lui-même sa métaphysique de cette manière.

[2] La scholastique wolfienne difiere de la précédente, en ce qu'elle consiste, non plus seulement dans une analyse, mais dans une critique logique du dogme. Elle n*est du reste pas moins extérieure et foiTuelle.

[3]Voy-S-58.

[4] S. J. Baumgarten, professeur à Halle. Evangeliscke Glaubenslehi'e ^ herausgegeben von Semler^ 3 vol. in-4.°, 1 769 — 1 760. Divisions et subdivisions inSnies. Les thèses sont en latin, les développements en allemand.

Jacques Carpov, professeur de mathématique à Weimar. Theologia ret^elata dogmatica metkodo sdenti/ica adornota. Francf. et Lips. 1737 — 1766, 4 vol. în-4.** Les Prœliminaria (prolégomènes) traitent la. question de la

révilatjon avep étendue. Du reste, là disposition des parties est arbitraire. L auteur^ dans sa préface^ réfute plus de vingt écrivains qui avaiisnt attaqué sa méthode, appliquée d'abord dans une dissertation spéciale au dogme de la Trinité.

J.P. Reusch. Introductio in t/ieologiamy seu theologiœ re^elatœ pars généralisa Jena, 1744, in- 8.°

[5] B. Statuer. Theologia christiana theoretica. Ingolst. 1776 — 1780J 6 vol.

Injluences sous raction desquelles s'est développé le mouvement de la théologie moderne.

Cf. TholxjcKj Àhriss einer GescMchte der Vmwàlzung welche seit 1760 auf dem Gebiete der Théologie in Deutschland statt gefunden. Dans ses FernUschte Schrif^ ten. Hamb. 1839, a.^ vol.

Le mouvement qui s'est opéré dans la théologie depuis le milieu du 18.° siècle peut être caractérisé, en général , comme rationaliste , mais dans un sens bien différent, selon les deux phases de ce mouyement. C'est que le rationalisme, au fond, n'est autre chose que l'essai d'harmoniser l'objectivité du dogme et la subjectivité de la conscience religieuse, que la recherche du rapport de la révélation avec la nature spirituelle de l'homme, c'est-à-dire, dans le sens le plus élevé du mot, avec la raison. Ce rapport étant en lui-même réel et nécessaire, l'examen en est légitime et important j mais si le rationalisme est

légitime en principe, il peut devenir erroné, iri'éligieux,* destructeur, par iine fausse application du principe et une notion infidèle, soit de la nature du christianisme, soit de la nature de l'homme. De là l'acception historique et restreinte du terme Rationalisme, selon laquelle il indique l'application d'un raisonnement vulgaire et borné à la doctrine religieuse. L'usage n'a pas encore confirmé cette autre acception, d'après laquelle il y a un rationalisme vraiment chrétien, qui embrasse tous les efforts de la pensée pour s'assimiler le christianisme par la voie de la réflexion et de la spéculation, les efforts d'un Or igène, d'un Anselme, d'un Schleiermacher. Ce dernier rationalisme appartient à notre époque ; l'autre est celui du siècle da^nier, et se distingue essentiellement par son caractère critique et destructif. . Le rationalisme a été un mouvement scientifique, et la théologie se trouvant, vers la seconde moitié du iS."" siècle, à peu près réduite aux pays de langue allemande, c'est en Allemagne qu'il a pris naissance et a parcouru ses différentes phases , pour se répandre de là, plus ou moins lentement, dans le reste de l'Europe protestante.

' Le rationalisme, comme tout grand phénomène, a ses causes profondes et multiples. Révolution théologique, il tient à la fois à la yie et à la science, et ne peut se comprendre que par l'état religieux dont il est sorti et sur lequel il a réagi. Mais, iadépendaniment de ces origines morales et éternelles en vertu

desquelles le rationalisole, sous forme d'incrëdulîté, esl étemel aussi, il s'est développé» dans sa forme particulière de néologie , sous l'action de plusieurs circonstances.

• Vers 1750,' la vie religieuse, réveillée par le pié* tisme, n'était encore rien moins qu'éteinte en Allemagne; mais, d'une part, elle avait pris un caractère timide et étroitement ascétique, et de l'autre elle avait contracté pour la science une indifférence, sinon une aversion qui laissait les croyances expo* sées de toutes parts. Les préoccupations militaires du règne de Frédéric le Grand, et surtout l'influence irréligieuse de sa cour, contribuèrent à corrompre l'esprit public. A ces influences négatives et positives toutes populaires , il faut en joindre une qui agit à la fois sur les masses et sur la science, celle des déistes anglais et des encyclopédistes français, dont les écrits, souvent spécieux ou brillants, pénétraient dans toutes les classes cultivées de la société. Enfin , parmi les influences qui affectèrent imm^iatément la théologie, nous comptons le wolfianisme, dont il a déjà été parlé, mais surtout le naturalisme allemand, contre-coup des tendances analogues venues de l'étranger, et la réaction exclusive de l'élément historique dans l'étude du christianisme. Ces deux derniers phénomènes doivent être considérés, à la fois comme causes et pomme premiers fr^iits du rationalisme^ il y ^ plus qu'une impulsion, il y a des produits déjà décisifs. Le but, ou au moins le

résultat commun , est la proclamation d'une religion naturelle, comme à peu près suffisante, par suite, l'indifférence pour toute doctrine positive et la négation ou l'escamotage des dogmes chrétiens, selon que l'on cherche à sacrifier ou à conserver le principe formel de l'autorité de l'Ecriture. Le naturalisme d'Edelmann (t 1 767), de Reimarus, professeur d'histoire naturelle à Hambourg et l'auteur des fragments de Wolfenbiittel (t 1768), de Babrdt, professeur de théologie , puis cabaretier (t 1 792), et dans un sens plus restreint de Lessing (11781), est donc plus philosophique, tandis que la critique des néologues est plus théologique. Les plus célèbres parmi ces derniers sont Ernesti, professeur à Leipzig (t 1781), qui réforma la philosophie et l'herméneutique sacrées, etSemler, professeur à Halle (t 1 791), qui, £^vec une érudition aussi confuse qu'étendue et un esprit à la fois sagace et vulgaire, découvrit, mais exagéra l'importance de l'élément historique dans l'exégèse comme dans la dc^matique, jusqu'à ne laisser à l'une ni à Fautif aucune substance religieuse propre. Le naturalisme perdit bientôt sa forme grossièremeat agressive, et ne survécut plus que dans la dogmatique du rationalisme vulgaire. L'école exégétique historique et .critique, à travers plusieurs phases et plusieurs nuances, s'est continuée jusqu'à nos jours en vertu d'un droit réel , et a toujours depuis côtoyé le mouvement dogmatique, le servant ou le dominant tour à tour.

1 r ÉPOQUE.

{Epoque critique -rationaliste , 1760—1830.)

Cf. TiTTMAHif , Pragmaiische Geschichte der christL Re- Ugion und Théologie in der protest. Kirche wâhrend der zweiten Hàljïe des xniiten Jarhunderts. Breslau, 1 80 5. Stjeudlin^ Geschichte des jRationalisnius und Suprana^ turalismus. Gœtt. iSaû. Pusey^ j^n historical enquiry into the probable causes of the rationalist character^ latefy prédominant in the theologj of Gerjnany. Load. 1828 — i83o^en 2 parties; traduit en allein. Elberf. i83o. TholucKj ouvrage dlé au précédent paragraphe. Amand Sau9tes^ Histoire critique du rationalisme en jillemagne. Par. 1841. (Ouvrage trop imparfait pour être d aucun usage.)

La dénomination de celte époque, est justifiée par sa tendance générale , mais cette tendance s'exprime de diverses manières: ici plus négativement, là plus agressivement , ailleurs , enfin , par des préoccupations toutes philosophiques. Il faut donc distinguer les directions variées de ce mouvement, afin de Tembrasser dans tout son ensemble.

Jje supranaturalisme est une espèce de juste-milieu théologique, dont lattitude change plus ou moins, selon la direction générale de la théologie. Cest ainsi que, timide novateur d'abord avec Michaêlis et jusqu'à Dœderlein environ, il sentie depuis lors reculer devant l'œuvre de destruction qui s'accomplit autour de lui, et prend avec Morus, et surtout

Storr, ce rèle de oonseryateur non moins . timide qu il retient ^ans les écrits de ses organes les plus distiilgués, Reinliard, Bretschneider , Knapp, Hahn et Steudel le dernier représentant de l'école de Tubingue^ elle-même représentant le plus fidèle d'une théologie pleine d'inconséquences et de bonnes intentions [i].

Le râtionaUsme théologique, ou. ipro^vem^ntàii^ a déjà été caractérisé comme essentiellement critique. Prenant le point de départ de sa critique dans un sens commun vulgaire , ou un éclectisme philosophique impuissant 9 il aboutit à une religion sans dogmes et une morale sans prii^çipes; dégénérant fréquemment en naturalisme, il ne s^en distingue guère que par un respect nominal pour le christianisme et des allures théologiques imposées par le caractère officiel de l'enseignement. Bahrdt personnifie cette relation. Les ouvrages d'Eckeripann , Henke et Wcgscheider peuvent être regardés comme les principaux systèmes dogmatiques rationalistes. Les leçons de Cramer développent soiis d'autres formules des principes identiques; celles de Tzschirner, également posthumes, consistent dans un simple parallélisme du supra naturalisme et du ratiomalisme, sans appréciation, et n'ayapt par conséquent qu'une valeur purement historique. Le rationalisme peut enfin réclamer Teller et Bretschneider comme transfuges tlu supranaturalisme [2].

A côté de ces deux tendances théologiques nous

devons placer les diffëretites écoles philosophiques qui se sont saccéde depuis Kant, et ont signalé les phases successiTes d un vasle mouvement scientifique. Toutes n'ont pas été également productives pour la dogmatique, mais toutes ont influé sûr ^cs destinées et prennent place dans son histoire sans perdre cependant leur caractère proprement et essentiellement- philosophique. C'est ce caractère et 'la subordination ainsi établie entre l'élément positif de la théologie et les systèmes des écoles qui distinguent les productions dues à cette tendance: moins destructive d'abord qu'étrangère au christianisme, elle ne prend intérêt à celui-ci qu'autant quelle peut l'interpréter -conformément k ses préoccupations, et dans la critique comme dans la cons^vation, agit sous l'empire des sympathies de' l'école ; plus tard cependant la philosophie renonce aux avances faites à l'orthodoxie, et se venge d'une alliance momentanée et îlhisoire par une hostilité déclarée.

Les idées de Kant forment plutôt le point de départ qu'une phase du développement de la philosophie moderne. En critiquant les données dé la raison empirique, son idéalisme ruina la cause du rationalisme vulgaire^ et parut ne plus laisser à l'esprit humain d'autre voie que les sentiers aventureux d'une construction spéculative et apriorique. Cependant, outre cette oeuvre critique, le kantisme a son coté positif, qui consiste dans là proclamation des droits absolus de la conscience moralej puis dans

une déduction éfchiquevles vérités religieuses. Ce&t ainsi qu'a pu se former une école dc^pnatique qui , substituant un. rationalisnoe -éthique et systématique au rationalisme vulgaire et éclectique, a cherché à se rattacher à plusieurs points de la révélation chré*tienne , sans s'élever néanmoins au-dessus d'un point de vue anthropologique borné, ni reconnaître les droits indépendants de la religion à côté de ceux de la morale. Tieftrunk a le plus fidèlement appliqué les principes du kantisme à la doctrine de l'Église, bien qu'en essayani d'amener le système religieux et le système philosophique à une exacte coïncidence, Staudlin et Ammon sont plus systématiques, plus indépendants du maître, et, dans l'origine surtout, moins soucieux de l'orthodoxie. Plus tard , l'un et l'autre se sont modifiés dans le sens d'un christianisme plus positif, mais Amman, après quelques oscillations, en est resté à. un rationalisme sjapranaturaliste sans couleur et sans valeur. Chr. Schmidt n'appartient au kantisme que par l'emprunt de quelques idées [3].

A l'idéalisme critique et au dogmatisme éthique de Kant succéda une nouvelle phase de la philoso* phie. Les trois grands systèmes de Fichte, Schelling et Hegel se suivirent, comme les développements d'une même idée, liés ensemble par un rapport étroit de génération et de tendance. Tous trois doivent être regardés comme de hardies tentatives d'explication philosophique universelle ; abandonnant la méthode anthropologique et partant de l'idée de l'absolu, ils

portent Clément le caraclere apriorique et liypo* tfaétique; préoccupés de rimmanence dWine, leur tendance pantliéi$te, alors même qu'elle se déguise, n'en est pas moins évidente ; enfin , dans leur prétention de résoudre tous les problèmes de la science ils ont dû s'occuper principalement des questions religieuses, et sont ainsi devenus essentiellement théologiques. De là leur influence inégale, mais considérable, sur la dogmatique. Ficbte, soit dans le panthéisme éthique-spéculatif de son idéalisme subjectif, soit dans le panthéisme mystique- religieux de son second système , imprima à la pensée allemande un élan plein de verve, mais ne trouva point d'iiîterprète direct dans le domaine qui nous occupe {4]- Schwarz ne relève de Técole de Schelling que par une tendance générale et non par une application de l'idée de l'identité absolue [5]. Le panthéisme logique de Hegel, plus systématique, plus mûri , appliqué avec rigueur par le maître lui-même à l'encyclopédie dés sciences- philosophiques , a^ produit un mouvement plus prolongé et fondé une école plus importante, mais précisément sur les questions capitales divisée en nuances opposées et même en fractions hostiles. La théologie s'est vivement ressentie d'une doctrine qui menaçait les dogmes fondamentaux et ridée même du christianisme. Désireux de faire rentrer le fait de cette religion et de l'Eglise dans les synthèses historiques du système, et de rattacher la spéculation aux croyances <îonsacrees

comme leur haute inlerprétaiion scientifique, quelques esprits ont cherché à consommer une alliance de l'hégélianisme et de la doctrine chrétienne^ soit en affectant par l'emploi de la terminologie dogmatique de prendre 1 orthodoxie dans toute sa rigueur, soit en dissolvant, au contraire, tout dogme positif en quelques formules panthéistes. Du côté, conser* vateur de l'école se rangent Daub et Màrheineke qui, tous deux avaient d'abord suivi la direction dé Schelling. La dogmatique de Strauss , au contraire, rassemblant tous les éléments critiques fournis par l'histoire de la science, a institué un vaste procès de la raison contre le christianisme, mais avec la dextérité d'un avocat plutôt que l'impartialité d'un juge [6].

Cest ainsi que les écoles philosophiques ont en définitive abouti à un rationalisme spéculatif plus radicalement destructeur que la critique du sens commun; le supranaturalisme, dominé par ces tendances hostiles, compromettant ce qu'il veut défendre, attaquant ce qu'il n'ose conserver, subit l'entraineihent général de Pépoque, et cette époque, dans son ensemble, ne trahit que trop la tendance critique-rationaliste que nous lui avons attribuée.

[i] Jean David Michaelis, professeur de philosophie à

Gôttingue (f 1791). Compendium theologiœ dogmaticœ. Gôtt. 1760. Dogmatiky ijQ/^. Le second ouvrage est un remaniement du premier. *

J. D, Heilmann, professeur à Gouingue (f 1764).

Gompèndium theologiœ dogmaikœ^ Gott. 1761V 1774 y 17-80.

J. C. Doederlein, professeur à Jena (f i792)« Insti^ tutio iheologi christiani in capitihus religionis theoreticœ nostris temporïbus accommodata, Nor. 1780; dernière édïU (6-*)j i797j 2 vol. m-8.® Christlicber Religions Unterrîcht nack den Beiurffdssen unserer Zeitj 1785 — i8o3 (continue par G. C. Junge), la tomes.

S. F. N. Morus, professeur à Leipag ("f 179a). £pitome theologiœ ckrisiianœ» Ldpz. 1789; dernière édit* (5.")^ i8ao; trad. en allem. par HeynatE^ ^794; P^r Scfandider, 1795. .

J. G* Storr^ professeur à Tubingue, puis ptédicaleur à Stuttgard (f 1806). Doctrinal christianœ pars tkeoretica e sacris libris repetita. Stuttg. 1793; 1807. Lehrbuch der chrisilichen Dogmatik^ ûbersetzt mit Erlàuterungen und Zusàtzen von Flatt. Stuttg. z8o3. Le second ouvrage est une traduction du premier.

Fr. V. Reinfaàrd^ professeur à Wittemberg, puis prédicateur à Dresde (-["i 8 1 a )• Forlesungen ûber die Dog-matijkj herausgegeben von Berger. Sulzb. 1801; dernière édit. (5.'), 1834.

H. A. Schott, professeur à Wittemberg et à Jena (f i835)r. Epitome theologiœ christianœ dogmaticœ. Leipz* 1811; i8aa.

G. P. C. Kaiser (né 1781), professeur à Erlangen. Monogrammata theologiœ christianœ dogmaticœ. Erl. i8i^.

G. Chr. Knapp, professeur à Halle (f i8a5). Forlesungen ïiber die christliche Glaubenslehre nach dem Lehrbegriff der euangeUschen Kirche-j heraùsgeg. von Thilo. Halle 18127,. a vol. Cf. Biblische Théologie y heraùsgeg. von Guerike. Halle, 1840.

A. Haiia, professeur à Kônigsbeig, Leipzig ^^ actueUemeot à Breslaa (né 179a). Lehrlach der christlichen Glaubenslehre* Leipz. 1828.

J. C. F. Steudel, professeur à Tubingue (f 1 83 7). Die Glauhenslehre der et^angelischen protestantischen Kirche nach ihrer guten Begriindungj mit Jtucksicht aufdas Bedurfaiss der Zeit» Tub. 1834.

[2] K. F. Babrdt, professeur à Giessen (t ^ 79 ^ )• Fer-such eines biblischen Sjstems der DognuUik, Gotha und Leipzig 1 769 — 1 7 70 ; 1 784 — 1 7 85, 1 vol. Ce livre n'est rien moins qu'une théologie biblicpe, mais n'appartient pas non plus au naturaUsme postérieur de l'autieur. Sjsiema theologÙB lutheranœ ortkodoxœ. Halle, 1785.

J. C'R* Eckermann , professeur à Kiel (f i.Q ^ ^ )• Cornpendium theologiœ christianœ. Altona ^ 1791; 1792* HandbuchJurdassjrstematischeStudium der christlichen (jdaubenslehre. Alt. 1801 — i8o3, 4 vol.

H. P. G. Henke, professeur à Helmstâdt (f 1 809). /#/neamenta insUtutionumJîdei christianœ Mstàrico-critica-' runu Helœst. 1793; 1795.

J. A. L. Wegscheider, professeur à Halle (né 1771). Institutiones theologiœ christianœ dogmaiicœ. Hall. 1 8 1 5 ; 7** édit., i833. L'ouvrage a subi, dan^ chaque édition, des ebangements et des additions. Cf. W. Steiger, Kriiik des RationaUsmus in PFegsçheider's Dogmatik. Berl. 1 8 3 o.

L. D. Cramer, professeur à Rostock et Leipzig (f 1 8 2 4 ). yorlesungen iïber die christliche Dogjnatik ^ herausgegeben von Nàbe. Leipz. 1829. " .

H. G. Tzschirner, professeur à Wittemberg et Leipzig (■j- 1828). Forlesungen uber die christliche Glaubenslehrej herausgegeben.von Hase. Leipz. 1829,

W. Abr. Teller, professeur ii. Helmstâdt, conseiller con-

sislorîal sopcriear à Berlin (f 1804). Lehrbuch der ckristUcken Glaubenslehre. HeltaisU 1764* Religion der Follkommnem» "Berh 1792. Cest le second de ces ouvrages qui appartient au rationalisme. L^ caractère en est popukire»

K. G. Bretsdioeider, surintendant général à Gotba (né 1776). Handbuch der Dogmatik der ef^angelischen Kirche. Leipzig/i8i4, 3 toL; 4/ édit*, i838.

Il faut joindre à ces ouvrages , pour la connaissance du rationalisme vulgaire, (Rdfar) Briefe ûher den Rationalismus, Zeitz, 1 81 3. ^ sur les principes du rationalisme, tels qu'ils sont exposés dans cet écrit et dans la dogmatique de Wegscheider j la dissertation académique de Kienlen : Les principfis Jbndameutaux du système rationaliste professé par Rœhr et fFegscheider. Strasb. 1840,

[3} Immanuel Kant, professeur de philosophie à Kôntgsberg (f 1804). Le ^^ de ses ouvrages qui nous concerne directement ici, est intitulé i Die Religion innerhalb der Grenzen der blossen Fernunji. Kôn. 1793. On en a traduit un abrégé en français, sous le titre : Théorie de Kant sur la religion dans les limites de la raison; trad. de Tallem. par Lortet. Par. 1842.

J. H. Tieftrunk, professeur de philosophie à Halle (f 1837). Censur des christlichen protesiantiscken Lehrbegriffsj nack den Principien der Religiohskritik^ mit besonderer Hinsicht auf die Lehrbùther der Herrn Dœderlein und Morus. Berlin, 1791 — '1796, 3 Vol.; 1796. Religion der Mûndigen. Berl. 1800, a vol.

G. F. Staudlin , professeur à Gôttingue (f 1 8 a 6 ). Lehrbuch der Dogmatik und Dogmengeschichte. Gôtt. 1800; 4.* édit., 1833.

C. F. Ammon^ professeur à ^rlangen et Gôttipgtte^ actuellement prédicateur dç la cour à Dresde (né }766). Entwurf einer -^vissensehafïlich-'praktischen Théologie ^ nach den Grundsàtzen des Christentkums und der Ver^' nunfu Gôtt. 1797* Summa tkeologiœ christianœ. Leipz^ i8o3, 4/ édit., i83o.

J. E. Chr. Schmidt, professeur à Giessen (f i83i). Lehrhuch der christlichen Dogmatik. Giessen^ i8oo. Ckristliche Religionslekre y 1808.

[4] J. G. Fichte, professeur de philosophie à Jena, Erlangen et Berlin (f 1814). Nous citerons parmi ses ouvrages : Fersuch einer Kritik aller Offenbarung. Kôn. 1*793. Anweisung zum seligên Leben odet Religions-* lehre^ in Vorlesungen^ gehalien zu Berlin. Berl. 180 6.

[5] F. W« }• von ScheUing, professeur dé philosophie à Jena, Wiirzbourg, Munich et depuis 1841 à Berlin (né 1775). Aucun de ses nombreux ouvrages ne présente l'ensemble de son système.

F. H. €• Schwarz, professeur à Heidelberg (f 1837). Sciagrapkia dognUtUces christianœ» Heidelberg, 180 8. Grundriss einer kirchlich^protestaniîschen Dogmatik. Heidelb. i8i6. Ce second ouvrage est la traduction et le remaniement du premier.

[6] G. W. F. Hegel, professeur de philosophie à Jena, Heidelberg et Berhn- (f i83i). Voy. surtout, pour l'ensemble du système, Encjclopàdie der philosophischen fFissenschaJten. Heidelb. 1817; 3.* édit., i83i. Parmi les œuvres posthumes, nous citerons : f^orlesungen ùber die Philosophie der Religion, Berl. i832, a vol.

C. Daub, professeur à Heidelberg (f i836). Theolo-gumena^ seu doctrinœ de réligione christiana ex naiura Dei perspecta repetendœ capita potiora. «Heidelb. 1806.

(O sont des prolégomènes à la dogmatique.) EinldUing in dos Studium der chrU^chen Dogmatik., Heidelb. 1 8 1 o. C*est dans les écrits suivants que Fauteur s'est tourné vers Thégélianisme : P^orlesungen ûher die Prolegomena zur Dogmatikj iQ3 g. System der christlickenDogmatiky !•" partie^ 1841. Cours imprimé sur les cahiers des élèves, et dont la base est la dogmatique de -Marlieineke.

Ph. Marheineke^ professeur à Heidelberg et à Berlin (né 1780). Vie Grundlehren der christUcken DogmMik als fFissenschaft^ 1819. Cette première édition reproduit plusieurs des idées de Schdlkig; 3«%édit« retravaillée, Berl. 1837.

D« Fréd. Strauss (né 1 8o8). Die christliche Glaubenslehre in ihrer geschichtlichen Entwickelung u. un Kampje mit der modernen fVissenschaft. Tub. 1840 — 1841, 2 vol.

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