SOURCES DE LA DOGMATIQUE
UÉglise et PÉcrUure,
Cf, SacKj Nitzsch et Lucre, Ueher das Ansthen der keiligen Sckri/t und ikr F^erhâltniss zur Glaubensregel in der protestantischen und in der alten KircAe. Bono, 1827. (Polémique contre Delbrùci^. Nitzsch traite la question plus dogmatiquement, Lùcke plus .historiquement.) DoiQiEA, Das Princip unserer Kirche nach deni inneren f^erhàltnisse seiner zwei Seiten betrackteU Kiel ,
1841. WiGGERS, KirchUcher oder reinbiblischer Superfiaturalismus ? 1842. Otto Krabbe, Bemerkungen ûber die Stellung der Apologetik zur heiUgen Schrijï, Harab.
1842. (Réponse au précédent. Wiggers a depuis répliqué.) Euangelische Kirchenzeitung y i842,.n«'^ 46 et suiv. et 92.
La question de savoir où la dogmatique doit chercher l'objet dont elle s'occupe, c'est-à-dire les dogmes chrétiens, se résout par la définition même que nous avons donnée de notre science. Puisque la dogma-
tique ne peut être traitée qu'au point de vue d'une Eglise particulière, elle devra nécessairement puiser la connaissance des dogmes au sein de cette Eglise, quelle qu'elle soit.
Cependant toute Église, manifestation concrète et empirique, par conséquent humaine et imparfaite du christianisme, repose, en tant que chrétienne, sur une forme abstraite, mais idéale, de la religion qu'elle professe [i]. Cette-forme est l'Écriture sainte. L'Église etFEcrituresont, comme expression du christianisme, les deux éléments d'un même fait, les deux côtés d'un seul principe. Le rapport entre elles est celui de l'idée et de là réalisation, de l'absolu et du relatif, de la norme et du jléveloppement.
La question de l'autorité dogmatique se résout dielle-méme par le rapport ainsi établi. La raison de l'autorité en matière de foi ne peut être, en dernier ressort, que le témoignage du Saint-Esprit, c'est-à-dire sa manifestation sensible, Tévideoce spirituelle de sa présence dans le fait qui prétend au titre d'autorité. Or, si l'Eglise est une manifestation de l'Esprit, elle est une manifestation soumise aux imperfections qui résultent de son état terrestre et militant, nne manifestation qui a be-» soin elle-même du type immuable et parfait de l'Ecriture pour apprécier et corriger ses insensibles déviations^ Si donc la manifestation du Saint-Esprit dans l'Église n'est pas immédiatement certaine et appréciable, mais seulement en tant quelle se
trouve conforme à FÉcriture, elle ne saurait non plus avoir pour nous d'autorité immédiate, et l'Écriture reste la véritable autorité dogmatique pour la science comme pour FEglise elle-même [2].
De ce rapport il résulte que , si l'Eglise fournit à la dogmatique la formule du dogme, c'est-à-dire la matière de l'exposition, ce dogme n'a point comme tel une autorité immédiate et absolue, mais doit étresoumis à une appréciation critique, et que cest dans rEcriture que la science doit chercher la norme de cette critique. Pur et absolu, mais élémentaire et abstrait dans l'Ecriture, concret et développé, mais relatif et exposé à l'altération dans l'Église, le dogme ainsi considéré dans le rapport de ces deux principes entre eux, paraîtra, comme l'Église elle-même, sôus sa doubla face et dans la réunion de ses éléments empirique et idéal, réel et normatif.
[1] L'Écciture est ane forme abstraite du christianisme par oppsition à la forme concrète, vivante, personnelle, que celui-ci prend dans la foi de l'Eglise.
[21 L'Ecriture, comme enseignement oral d'abord, puis écrit, est l'agent créateur et plastique de l'Eglise. L'Egljse a reçu l'Ecriture et ne se l'est pas donnée; elle ne l'a pas produite, mais a été produite par elle et dans la détermination du canon, par exemple, l'Eglise déclare seulement ce qu'elle a reçu. Cette détermination du canon re- *pose, il est vrai, sur l'autorité de l'Eglise, mais ce témoignage rendu au canon consiste précisément en cela , que l'Écriture canonique s'est imposée à l'Eglise ; il en est
• comme d'une empreinte qui reod témoignage au sceau dont elle est leicpression.