‹ Dogme et critique (volume 2)Chapitre 105 sur 113 · Page 331 de son deuxième article · texte numérisé non relu

Page 331 de son deuxième article

3. Cf.. ce texte de S. Bernard sur la foi (Serm. 76 in CanL, n. 0): « Attingit inaccessa, deprehendit ignota, cornprehendit immensa, apprehendit novissima, ipsam denique aetcrnitatem sUfO illo sinu vastissimo quodammodo circumcludit. Fidenier dixerirriy aetf'rnam beatamque trinitatem, quant non intelligo, credo: et fide teneo, quant non capio mente. » — Cf. aussi le Concile du Vatican déclarant Dieu « super omnia, quae praeter ipsum sunt et concipi possunt, INEFFABILITER excclsus ». (Const. Dei Filius, cap.

4. Si M. Portalié réclame et prétend qu'on peut interpréter sa phrase dans un sens acceptable, je lui demanderai pourquoi il ne nous applique pas une méthode semblable: ce serait assurément plus facile que dans son cas.

qu'est-ce qu'un POGME? 339

sur le même plan, dans la même perspective, — en les appelant les unes et les autres des théorèmeSy en leur attribuant un . même caractère spéculatif, — les affirmations proprement dogmatiques, envisagées en tant qu'on leur doit une adhésion irréformable et absolue, et les affirmations scientifiques ou philosophiques, dont l'essence est 4'être toujours en transformation et en progrès.

La question est un peu plus complexe que ne le croit M. Portalié. Je recueille cette çhrase de lui: « Sans doute la chimie, l'histoire naturelle, l'astronomie sont étrangères à la sphère des connaissances religieuses. » Pour l'astronomie, il n'y a pas si longtemps que d'aucuns le reconnaissent. Et pour ce qui est de l'histoire naturelle, M. Portalié veut-il signifier par là qu'à ses yeux le problème du transformisme et de l'évolution n'a aucune portée religieuse? Pour moi, je répondrais sur ce point dans les mêmes termes que M. Sertillanges (^). Mais que M. Portalié veuille bien nous dire comment, avec sa conception, il évite en ce cas toute rupture d'unité dans l'esprit!

Pour le reste, à quoi bon discuter des objections qui reposent sur un contre-sens initial? En vérité je ne reconnais pour mienne aucune des sottises que M. Portalié m'attribue. Il s'indigne avec beaucoup de véhémence. Mais son indignation porte à faux. Je n'ai jamais voulu séparer la morale du dogme ni l'action de la pensée: s'il y a un reproche auquel je ne pouvais pas m'attendre, c'est assurément celui-là. Je n'ai jamais non plus méprisé la connaissance religieuse comme inutile et inféconde: ce que j'ai osé dire et ce que je répète, c'est tout simplement que la conception intellectualiste risquait de la faire paraître telle. Quant à la dernière chicane que me cherche mon contradicteur à propos des épithètes « immuable », « étranger au progrès », j'observe qu'elle implique une confusion complète

1. Béponse à M. Franon^ dans le Bulletin de littérature eeeîésiastique, n° de juillet-octobre 1905, p. 252. (Voir la note IV à la fin de ce volume.)

entre théologie et dogme: ce qui me dispense d'insister. En terminant, M. Portalié déclare n'avoir pas « le courage de poursuivre ». Sur ce point, il aurait mieux fait de ne pas commencer. Car c'est plutôt à moi qu'il appartient de m'étonner du contraste offert par des arguments si faibles et si mal dirigés « avec l'assurance triomphante qui les propose comme invincibles ».

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