‹ Dogme et critique (volume 2)Chapitre 16 sur 113 · De Jà le mot « surtout » dans U note <& cause · texte numérisé non relu

De Jà le mot « surtout » dans U note <& cause

ses actes et de son enseignement, bien que de son propre aveu la réalité de Tobjet les déborde toujours infiniment. En d'autres termes, il y a des propositions — dites propositions dogmatiques — auxquelles un catholique est tenu de souscrire sous peine d'être censuré avec la note d'hérésie. Eh bien, en quoi consiste au juste une proposition de cette sorte? Quelle est sa nature, sa modalité, sa signification ? Sous quelles espèces et dans quelle mesure traduit-elle à notre esprit la réalité sous-jacente ? Sur quoi porte l'obligation d'adhérer qui l'accompagne? Et quel genre de donnée nous faitelle injonction de recevoir ? Telle est là question précise que j'ai voulu poser et à laquelle, pour ma part, j'ai tenté de répondre. C'est en somme une question de théologie plutôt que d'apologétique.

Cette question a pourtant un intérêt apologétique. L'obligation de souscrire et d'adhérer aux propositions dogmatiques est en effet l'un des principaux « motifs de répulsion » que mettent en avant les adversaires modernes de la foi; non pas le seul sans doute, mais à coup sûr l'un des premiers et des plus vivement sentis. Or il m'a semblé que la plupart de ces adversaires (imités d'ailleurs en cela par beaucoup de catholiques) voient avant tout dans l'adhésion requise une adhésion intellectuelle à des énoncés d'ordre théorique, d'ordre spéculatif. Et, si je ne me tronipe, c'est justement cette conception, c'est justement cette attitude qui donnent une force irréfutable aux « quatre objections » que j'ai rappelées. En sorte que ces quatre objections peuvent servir à mettre en évidence la nécessité de se faire une autre idée du dogme et qu'elles constituent ainsi une manière de démonstration par l'absurde valable pour ceux qui croient. A^oilà le but que j'ai poursuivi. Voilà le point sur lequel j'ai dirigé mes efforts. Mon travail s'adresse donc aux croyants, en vue de préparer les voies à une apologétique future.

On aperçoit peut-être maintenant en lumière assez vive l'erreur d'interprétation commise par M. Wehrlé dans sa critique de l'attitude adoptée par moi. Il fait^

en deux pages de début (^), la « psychologie » de mon article, et je dois dire que je ne me reconnais pas du tout dans cette psychologie.

M. Wehrlé se méprend d'abord tout à fait sur mes mtentions lorsqu'il m'attribue de ne pas vouloir excéder les limites d'une contestation verbale, lorsqu'il raisonne comme si mon seul but conscient était de critiquer tel ou tel type de formulaire théologique. Partant de là, il n'a pas de peine à montrer que certaines des objections que je résume vont beaucoup plus loin. Elles vont plus loin en effet. Mais en cela je ne deviens nullement infidèle à mon projet primitif et je ne dépasse nullement les bornes que je m'étais fixées. Car je ne me suis pas proposé seulement de remplacer par un autre un certain système de définitions estimées caduques; je ne m'attaque pas seulement à telles ou telles formes de conception et de discours auxquelles j'en préférerais d'autres; je ne cherche pas seulement à substituer une scolastique à une autre, un langage théologique à un autre (2). De propos délibéré, de résolution expresse, j'ai voulu bien plus que cela, ou plutôt autre chose. Ce que je viens de dire sur le sens dans lequel je prends les mots proposition dogmatique peut suffire à le faire apercevoir. Le beau résultat que serait un simple changement de couleur dans le vêtement I Et comme on aurait ainsi avancé la solution du problème I II ne faut pas que des circonstances historiques accidentelles fassent illusion. On mettrait à la place du formulaire scolastique un autre formulaire inspiré d'une philosophie différente <îue ma question se poserait encore et dans les mêmes termes, si cette philosophie était toujours intellectualiste ou du moins maniée à la façon intellectualiste (car, par un abus dont peut-être M. Wehrlé donne Texeimple, la philosophie même de l'action peut être maniée ainsi). La question que je pose concerne tout formulaire, quel

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