Voir la Note III à la fin du volume
mon article. Tout ce que dit excellemment mon interlocuteur à ce sujet (^) me paraît la vérité même et avec lui je pense qu'il y a là de quoi faire tomber plusieurs des difficultés que propose la pensée incroyante moderne, difficultés que rendrait au contraire insolubles une conception intellectualiste. Mais il reste que c'est exactement ce que j'avais dit, et ce que je prétends — à juste titre, je crois, — que ne dit pas assez l'enseignement commun de nos jours.
La distinction une fois ainsi faite, je n'estime pas du tout que la théologie soit chose inutile ou condamnable, mais simplement qu'elle demeure affaire de spéculation libre, sous la seule réserve de ne point altérer la signification vitale du dogme (^). Ce qu'il faut retenir, c'est que le dogme en tant que tel, c'est-à-dire en tant qu'il requiert de notre part une adhésion irréformable et absolue, doit toujours être lu comme écrit en langage vulgaire, en langage de sens commun, donc en langage appartenant à l'ordre de la connaissance pratique, de cette connaissance qui se borne à désigner les objets par leurs relations avec notre activité et notre conduite. Que si la langue technique d'une philosophie particulière intervient parfois en apparence, — et les mots même les plus usuels constituent déjà une terminologie philosophique si l'on adopte l'attitude intellectualiste, — • entendons que cette philosophie ne joue qu'im rôle de véhicule pour le sens proprement dogmatique. En effet comment l'adhésion absolue que l'on doit au dogme irait-elle au vêtement humain dont on sait « l'aptitude partielle, et plus ou moins grande, mais toujours relative » à s'adapter aux réalités mystérieuses qui seules constituent l'objet de la foi? Mais, pour dégager ainsi du véhicule verbal le sens véhiculé, pour purifier les notions qu'on utilise de toute signification théorique et spéculative, par conséquent pour retrouver la valeur authentique de la formule doctrinale, à auel critère