Pages 29-31 du présent volume
2. Cité par H. Brémond: Newman, Psychologie de la foi, page 32, Paris, Bloud, 1905.
DOGME BT CRITIQUE
t à la portée de tous?(')*Le pragmatisme (') une la solution de ce problème, en présentant mes comme appartenant à l'ordre de l'action et ie. Leur signification, dit-il, est avant tout prat morale. Car Dieu ne se révèle à l'homme ue du travail de la fin dernière. Et c'est pourquoi été sert plus que le génie pour entrer dans les leurs de la vérité religieuse : fait remarquable, ntellectualisme rend mal compte.
de ce qu'un dogme a essentiellement en tant me une valeur vitale et une signification pratique, e droit de déduire qu'il soit sans rapports avec êe ? Ce serait s'inspirer d'une psychologie bien et, pour tout dire, de l'intellectualisme même
combats. Car c'est l'intellectualisme seul qui l'intelligence et la volonté comme deux pouvoirs juement juxtaposés dans l'homme, l'intelligence ssant alors purement théorique et la volonté radit aveugle. M. Portalié s'exprime comme si la n était de choisir entre un primat de l'idée : un primat du geste pur. Comment ne voit-il lue poser ainsi la question, c'est toujours se lu point de vue de l'intellectualisme, c'est toujours ie la dissociation conceptuelle qui le constitue? ax termes de l'antinomie pensée théorique et action
sont corrélatifs; il suffit d'adopter l'un pour itôt l'autre apparaisse en contraste; ils forment it et l'envers d'une même conception ; en sorte
Portalié se trompe entièrement en m'attribuant ctrine — appelée volontarisme — que je repousse ne titre que la sienne et comme étant de même puisqu'elle est simplement son contraire (3).
Mallet, Ann:iLj de r'.iihiopliie chrétienne, octobre ige 70.
vertis une fois pour toutes que je ne prends pa^ ce ns l'acception restreinte où il désigne une certaine ihie anglo-américaine dont William James peut être
comme l'initiateur. Voir ci-dessus, p. 104.
j'ai choisi le mot action (d'oil pragmatisme), c'est juspour prévenir la méprise à laquelle pourrait donner nom de « faculté » particulière.
je n'ai jamais accusé les dogmes eux-mêmes d'absu?:dité irrémédiable; je ne les ai jamais prétendus condamnés en eux-mêmes sans retour par les progrès de la philosophie moderne; je n'ai jamais conclu à une irréductible antinomie entre les affirmations du Credo et la pensée raisonnable; je n*ai jamais soutenu l'existence d'une incompatibilité absolue et radicale entre l'intelligence humaine et l'acte de foi. Ce que j'ai déclaré intenable, c'est la conception intellectualiste du dogme, c'est-à-dire une certaine philosophie du dogme, non pas le dogme lui-même. Ce que j'ai jugé inconciliable, c'est la conception du dogme comme théorie spéculative et l'adhésion irréformable qu'il exige, nullement la raison et la foi. Le postulat intellectualiste sous-jacent, voilà ce qui donne aux objections modernes leur force irréfutable; en sorte que l'examen de ces objections €t la reconnaissance de leur solidité relative devient une réfutation de l'intellectualisme par l'absurde, réfutation valable pour les croyants auxquels je m'adressais. Le rationalisme, au fond, n'est qu'un intellectualisme conséquent avec lui-même. Est-ce à dire qu'il soit nécessaire, pour penser chrétiennement, de ne plus penser du tout; qu'il faille renoncer à toute raison, à toute vie intellectuelle, sauf à se consoler en répétant — dajis un sens qui ne serait pas du reste celui de leurs auteurs — le Credo quia absurdum ou le fameux Abêtissezvous? J'ai dit et je redis explicitement le contraire. De ce qu'une certaine manière de penser ne peut être maintenue, il ne s'ensuit pas que toute pensée soit proscrite; de ce qu'un certain système apparaît caduc, il ne s'ensuit pas que tout soit perdu ni que la raison elle-même soit attaquée jusque dans ses fondements. Ce sont là des conclusions beaucoup trop simplistes. L'esprit humain est plus riche que cela, plus complexe, plus fécond en ressources. « Démolir la raison sous prétexte d'aller à Dieu par le cœur », nul de nous n'y a songé. Mais irait-on jusqu'à prétendre que le moral n'est affaire que de sentiment ou de geste et n'a aucun rapport avec la pensée? « Soutenir que l'existence de